Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 13, numéro 68, mars 2002

Madame France Alarie   Écouter la conférence
Présidente
La Fédération des unions de familles
Directrice
La Maison À Petit Pas Organisme communautaire famille

Le soutien aux parents

La Fédération des unions de familles

La Fédération des unions de familles regroupe près de deux cents organismes communautaires Famille dans dix-sept régions du Québec.

Les organismes communautaires Famille (OCF) sont issus des besoins des familles. Ils prennent les couleurs du milieu dans lequel ils s'implantent. Et donc, naturellement, chacun a sa spécificité qui lui est propre.

Les OCF sont accessibles à toutes formes de familles celles-ci étant définies par le lien parent-enfant et régulièrement caractérisées par la dynamique intergénérationnelle.

Nous favorisons, avant tout, la prise en charge des familles par elles-mêmes, le développement de leur autonomie et d'initiatives dans lesquelles elles peuvent s'impliquer tout en considérant que la famille est constituée d'individus distincts ayant des besoins spécifiques. Ce ne sont pas aux familles à s'adapter aux besoins de l'organisme mais bien l'organisme qui évolue en fonction des besoins des familles.

Il est également important de mentionner que cette adaptation ne se fait pas aux cinq ans, mais bien de façon journalière. Une structure de base est essentielle afin d'accueillir chaleureusement et de façon professionnelle, mais toute la construction de la charpente se fait en fonction du contexte. À part la base, rien n'est coulé dans le ciment. Il est certain que ça demande à l'équipe de travail une flexibilité et une énorme croyance en la famille pour travailler dans des conditions non exceptionnellement, mais régulièrement ardues, mais tellement enrichissantes.

Nous nous préoccupons de la qualité des relations entre les enfants et leurs parents par, entre autres, la valorisation du rôle de parent et la reconnaissance, le partage et l'enrichissement de l'expérience parentale à travers des activités qui peuvent prendre diverses formes et toucher tous les cycles de vie.

Tout organisme communautaire est avant tout un milieu de vie. L'échange, le partage, le ressourcement, l'aide et l'entraide font de nos endroits des ressources importantes et diversifiées pour tout citoyen qui veut s'engager dans la société.

Quelle que soit la spécificité de l'organisme, le groupe communautaire est un milieu de vie et non un distributeur de services ou uniquement un endroit à fréquenter quand la personne a besoin d'aide. À partir de cette dynamique, au besoin, les interventions faites auprès des mères ou des pères, reposent sur une adaptation répondant aux besoins de l'un comme de l'autre.

Leurs façons de faire, d'agir, d'être perçus sont souvent différentes, mais notre écoute active doit demeurer la même. Il m'apparaît beaucoup trop réducteur d'avoir des cadres d'intervention auprès des pères sans prendre en considération qu'ils et elles sont avant tout des êtres humains avec des bagages différents l'un par rapport à l'autre et non, uniquement la femme par rapport à l'homme. Donc, il n'y a pas deux marches à suivre différentes.

L'apport important de tels milieux de vie pour pallier à une forme d'individualisme croissant dans la société correspond au besoin d'ancrage dans la communauté et permet un enracinement dans la vie active et une société où les relations seront plus humaines et généreuses.

La confiance, envers les parents, comme étant les premiers éducateurs de leurs enfants, est la base première de notre façon d'agir. Les personnes y travaillant ne font pas à la place des parents. Oui, nous leur donnons du soutien et des outils, au besoin. Mais nous croyons très fort que leurs façons de faire est, quelles qu'elles soient, une base solide pour faire des petits pas sûrs et enrichir l'expérience parentale. Plus les parents sont soutenus et écoutés sans jugement, plus les parents sont heureux et confiants ainsi que les enfants.

Il devient de plus en plus difficile financièrement pour un organisme communautaire Famille, de bâtir un milieu de vie accueillant, éducatif et chaleureux. Nous ne pouvons compter sur un financement de base adéquat qui nous permettrait d'être autonome, et de sélectionner les projets des divers ministères qui seraient liés de près à notre mission. Pour survivre, il faut malheureusement, entrer dans des programmes où les problématiques sont clairement identifiées avec les clientèles distinctes. Comment être un rassembleur et un déclencheur pour s'investir dans la société quand il faut miser sur les performances et l'atteinte de résultats à très court terme. Et plus encore quand le dit-projet est terminé, il faut déjà passer à un autre. Où se retrouvent le suivi, le sentiment d'appartenance et le goût d'aller plus loin.

En plus de faire une évaluation même informelle de notre intervention, nous devons constamment ajuster notre façon d'agir. Les pères, les mères et les enfants n'ont pas beaucoup d'infrastructures sociales pour vivre leurs relations et surtout de la façon dont ils veulent la vivre.

Il faut, avant tout, partir avec une croyance positive. La mère et le père sont compétents pour s'occuper de leurs enfants. Mais malheureusement, ils sont parfois freiner par certaines situations. Il faut les percevoir, ce besoin est autant chez la mère que chez le père, avec des regards bienveillants plutôt qu'avec des regards remplis de préjugés. C'est en les soutenant qu'ils pourront lutter contre certains obstacles de l'engagement parental.

Il est beaucoup plus facile d'ajuster notre lunette, voire notre vision sur les parents qui supposément ont de grosses difficultés, plutôt que sur la société. La communauté ne réussit pas à répondre à leurs besoins. Il faut toujours garder en mémoire que le seul soutien communautaire ne comble pas le soutien de la société.

L'organisme communautaire qui est conscient et confiant dans sa spécificité n'éprouve aucun malaise dans le réel partenariat avec d'autres organismes et donc l'élargissement de l'aide apportée aux familles en les référant à d'autres organismes, au besoin.

Il faut toujours miser sur ce qui est beau, bon et enrichissant. Si nous arrêtions un peu de parler que de pères et de mères en difficulté et que les OCF sont là pour du monde avec des problématiques, la difficulté pour eux d'entrer dans l'organisme serait moins grande. Ils y entreraient de la même façon qu'ils entreraient au dépanneur sans être catalogués comme parents “ fuckés ”.

Collectivement, faut-il se rappeler que ce que l'enfant a de plus chers et de plus importants : ses parents ? Et ce que le parent a de plus chers et de plus importants : ses enfants.

Sommes-nous face à une urgence de première ligne ? Redonner son sens au statut des parents pour faire en sorte que la famille soit le noyau central d'une société active et responsable.

La Maison À Petits Pas

La Maison À Petits Pas, organisme communautaire Famille, fondé en 1976, a comme mission de bâtir un milieu de vie accueillant, éducatif et chaleureux pour les familles en tenant compte de leurs besoins afin qu'elles vivent une relation harmonieuse. L'organisme a une spécificité très bien définie qui module notre quotidien, soient les activités parent-enfant.

Deux principes de base forment le coeur de notre relation avec les familles : le respect et la recherche du mieux-être. Le respect de la personne implique son droit total à l'intimité, à la discrétion et à l'intégrité physique et psychique.

Ces valeurs fondamentales ne peuvent se concrétiser que dans une série d'objectifs tout aussi fondamentaux, autant pour les bénévoles que pour les permanents : créer des liens de confiance; travailler à développer l'autonomie plutôt qu'à favoriser la dépendance; accueillir plutôt que “ problématiser ”; favoriser le développement des relations plutôt que la consommation des relations; etc.

Savoir et vouloir écouter sont essentiels dans la philosophie de l'organisme. C'est essentiel, mais pas suffisant. La confiance et le respect dans la relation doivent être authentiques et totaux.

Nous leur permettons une infrastructure sociale pour créer des liens signifiants et évolutifs. Pour nouer des liens signifiants, il faut avant tout se reconnaître comme personne importante dans la société.

La Maison À Petits Pas a comme vision :

. Considérer la famille comme le coeur et le pivot de la société.

. Reconnaître les droits des familles.

. Respecter les diverses réalités des familles.

. Reconnaître que la famille est le premier milieu de vie de la personne et du développement de l'enfant.

. Reconnaître que les parents ont le potentiel nécessaire pour aimer, éduquer et entourer leurs enfants.


info@maisonpetitspas.com
www.maisonpetitspas.com

La Maison À Petits Pas
Organisme communautaire Famille
3511, rue Rouen
Montréal (Québec) H1W 1L8

Vox : (1-514) 522-6461
Fax : (1-514) 522-6269

   
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