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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 13, numéro 68, mars 2002 |
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Madame Martine Desbiens Conférence partie 1 Conférence partie 2
Directrice
École Du Moulin
Sainte-Julie
Une direction d'école pas comme les autres et qui croit en l'importance d'un sgms
C'est normal de penser comme ça...! - Martine Desbiens
par Maurice Locas
ASGEMSQ
Pour ostentatoire que puisse sembler cette assertion, il n'en demeure pas moins qu'il est possible de rencontrer d'heureuses exceptions qui nous permettent, non seulement d'abattre ces fallacieux préjugés, mais également d'espérer le meilleur.
Prenez, par exemple, Martine Desbiens, directrice de l'École Du Moulin à Sainte-Julie, Commission scolaire Des Patriotes. Non seulement n'est-elle ni fermée, ni austère, mais elle fait preuve d'une ouverture et d'un intérêt envers les sgms qui confinent presque au modèle du genre!
Comment vous dites? C'est pas possible et j'en remets? Mais pas du tout, voyons, je sais de quoi je parle, je l'ai rencontrée pour vous. Et croyez-moi, toutes et tous, à la lecture de ce qui suit, allez souhaiter qu'un beau jour ensoleillé, le destin vous envoie une telle direction d'école.
Le sgms : une réelle préoccupation
Devenue directrice de deux écoles en 1998, Martine Desbiens affiche, dès le départ, une réelle préoccupation envers le sgms. À l'École Saint-Denis-sur-Richelieu (238 enfants) survit à grand peine un sg, tandis qu'à l'École Saint-Charles-sur-Richelieu (140 enfants), il n'y en a aucun.
Devant une telle situation désastreuse, Martine, convaincue de la nécessité d'héberger des sgms de qualité, se met à l'oeuvre. Levée de fonds pour créer des locaux adéquats pour le sgms, intégration des activités du sgms avec celles de l'école, partage des locaux, etc., tout y passe!
Si bien qu'après un an la situation est redevenue normale au sein de ces deux écoles qui abritent, chacune, un sgms de bonne qualité. Il s'agissait simplement de replacer les rôles de chacun dans l'école. Le sgms est un service que l'on offre aux parents. Chacun doit respecter le travail de l'autre. C'est juste normal de penser comme ça. Après tout, ce sont les mêmes enfants qui transitent de l'école au sgms et vice-versa. Il m'apparaît normal que tous en soient conscients , explique Martine.
Bon, voilà qui est simplement exposé. Sauf que Martine a accompli un tel boulot qu'elle a remporté le Prix Mésange dans la catégorie Hommage, cette année-là. Ce n'est pas rien, ça!
Un plus gros défi encore...
Janvier 2001, Martine Desbiens devient directrice de l'École Du Moulin à Sainte-Julie où grouillent quelque 590 enfants, dont près de 390 d'entre eux fréquentent le service de garde Touchatout. Là encore, la situation est dramatique, quasi tragique. La pauvre responsable du sgms est livrée à elle-même.
Avec la préoccupation que j'ai des sgms, ce fut un choc pour moi de constater cette situation et cela a soulevé de nombreuses questions. C'était mon rôle de m'en mêler. Il fallait mettre sur pied une organisation qui réponde aux besoins , nous raconte Martine. Devant les résistances rencontrées, elle a mis sur pied un comité à dessein que les gens se parlent.
Il fallait que tous réalisent que l'on parlait des mêmes enfants. S'il est vrai qu'ils sont importants en classe, ils le demeurent au sgms où ils passent encore plus de temps bien souvent .
Outre ces premières mesures, Martine a instauré des rencontres, à toutes les deux semaines, avec les 20 éducatrices du sgms, auxquelles elle se fait un devoir d'assister. Je voulais m'assurer que toute l'information disponible est dispensée . Elle accorde également beaucoup de temps à la responsable pour lui donner un coup de pouce au niveau de la gestion.
Une implication qui va au-delà...
Et c'est pas fini! Loin de là. Son implication à la cause des services de garde en milieu scolaire s'étend bien au-delà de ces considérations. Elle a mis sur pied une sorte de mini-colloque pour huit sgms de Sainte-Julie, regroupant une centaine d'éducatrices et responsables.
Pas tout, ça...Elle est parvenue à convaincre sept directions d'écoles de Sainte-Julie, de l'importance des sgms et à tenir une rencontre aux six semaines, à laquelle prennent également part les responsables des sgms. Des sujets, comme l'ambiguïté de la tâche des responsables, les pratiques courantes, les ressources communes, le perfectionnement, y sont abordés.
C'est dans un esprit de co-gestion sgms/école, que se tiennent ces rencontres. On y aborde les grands sujets qui nous touchent, on échange des informations, on met sur pied des projets communs. Je pense sincèrement qu'à partir du projet éducatif de l'école, il est possible de mettre sur pied des projets pour le sgms qui sache véhiculer les mêmes valeurs.
Sa conception de l'école prise dans son entier est particulièrement intéressante : Dans l'école, nous travaillons tous ensemble, le sgms inclus. Je tiens au concept d'une équipe élargie qui inclut tout mon monde et à l'intérieur duquel les rôles et missions de chacun sont très clairs. C'est extrêmement important.
L'ASGEMSQ, une ressource!
Plusieurs directions d'école, pour dire le moins, hésitent à recourir aux services de l'Association. Qu'en pense Martine? L'ASGEMSQ, loin de constituer une menace représente, bien au contraire, une ressource de premier plan, notamment au niveau de la formation où elle donne un précieux coup de main.
La formation, c'est, à mon point de vue, un placement. Développer une personne rapporte beaucoup. C'est un geste de reconnaissance qui accroît la motivation du personnel. Quant à la formation sur mesure, c'est tout simplement génial! Elle nous propose des conditions facilitantes et se veut un gain pour les éducatrices. Ça ne pourrait pas être mieux que ça!
Martine Desbiens, vous le comprenez maintenant, n'est pas comme les autres directions d'école : Je suis une fille de terrain, d'action. Moi, faut que ça bouge! Je sais que ça n'est pas reposant et qu'à mon arrivée, les filles ne l'ont pas trouvé drôle. Je suis très exigeante et ce que je veux, c'est un sgms de haut calibre. Après un an, je vois déjà beaucoup de changement, mais on n'a pas encore fini!
Et elle poursuit : Les sgms, il faut y croire, croire en leur mission. C'est notre rôle de leur donner du souffle. Il faut changer la culture qui veut qu'une école n'abrite pas un service de garde. Les filles doivent apprendre à cohabiter ensemble, avec des missions différentes, oui, mais complémentaires. Un sgms, c'est un plus dans une école!
Un dernier message, Martine? Il faut savoir prendre le temps de se parler et écouter. C'est du temps bien investi. Moi, je crois qu'il faut provoquer les changements avec de petits projets quotidiens. C'est avec de petits gestes que l'on peut accomplir les grandes réalisations.
Alors, hum...? N'en voudriez pas d'une direction d'école comme celle-là? Hum? C'est bien ce que je pensais... Merci beaucoup, Martine, pour ce témoignage et bon succès.
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Vox :
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