Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 13, numéro 68, mars 2001

Éditorial

Madame la Ministre (4)

Montréal, le 3 avril 2002

Madame Linda Goupil
Ministre d'État à la Solidarité sociale, à la Famille et à l'Enfance
Ministre de la Solidarité sociale
Ministre de la Famille et de l'Enfance
Ministre responsable de la Condition féminine
Ministre responsable des Aînés
1122, chemin Saint-Louis, 3e étage
Québec (Québec) G1S 4Z5

Madame la Ministre d'État,

Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec a déjà eu l'occasion de vous féliciter pour la grande confiance que le Premier ministre vous a manifestée en vous maintenant dans vos fonctions antérieures, mais en vous nommant de plus Ministre d'État à la Solidarité sociale et Ministre de la Solidarité sociale.

Nous vous écrivons cette présente lettre pour partager avec vous certaines de nos préoccupations.

Parmi celles-là, se situe notre très grande préoccupation de ce qui est convenu de nommer la reconnaissance et le financement des organismes communautaires.

Nous le faisons, parce que nous nous reconnaissons le pouvoir et le devoir dans une société démocratique qui lève des impôts et des taxes, de dire à l'État où nous voulons que le produit de ces impôts et de ces taxes soit redistribué.

L'État n'a pas d'argent et n'en produit pas, ce sont les citoyens qui produisent les biens et les services par leur travail. Devenus volontairement contribuables, ces mêmes citoyens ont le pouvoir et le devoir de dire à l'État, c'est-à-dire à l'ensemble des appareils mis sur pied à leurs demandes démocratiques, où justement ils veulent que ces argents soient affectés.

Voilà, pour les principes ! Voyons maintenant leurs applications.

Dans notre société québécoise (et dans ce qu'on appelle les démocraties), les citoyens, qui manifestent individuellement leurs volontés en exerçant leur droit de vote, ont aussi décidé de se regrouper en différents corps constitués et associations. Ces associations sont de différents types et très variées. Ainsi, entre autres, les citoyens se sont donnés sur une base volontaire, ce que nous nommons des organismes communautaires.

Ces organismes communautaires sont des associations ou regroupement de personnes ou d'organismes qui poursuivent des objectifs d'entraide mutuelle, de défenses de droits, de sensibilisation, de promotion, de représentation, visant le mieux-être de leurs membres ou de la société en général.

Suite à de nombreuses années d'activités, de revendications et de représentations, le gouvernement du Québec présentait, en septembre 2001, une politique gouvernementale de reconnaissance et de soutien de l'action communautaire, intitulée L'action communautaire : une contribution essentielle à l'exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec.

Cette politique de reconnaissance et de soutien répondait, au dire même de la Ministre déléguée à la Lutte contre la pauvreté et l'exclusion, à deux exigences essentielles : l'autonomie des organismes communautaires dans les différents rôles sociaux qu'ils assument et soutenir adéquatement l'exercice de la citoyenneté.

Cette politique s'assortit de trois modes de financement : le financement en appui à la mission globale, les ententes de services, les projets ponctuels.

Cette politique est gouvernementale, elle s'applique à tous les ministères et elle est coordonnée par le Secrétariat à l'action communautaire autonome (SACA).

Ainsi, nous nous adressons à vous aujourd'hui, à deux titres : en votre titre de Ministre d'État à la Famille et à l'Enfance, vous avez la responsabilité d'appliquer cette politique dans votre ministère, en votre titre de Ministre d'État à la Solidarité sociale, vous avez à coordonner cette politique à travers votre Ministre déléguée à la Lutte contre la pauvreté et l'exclusion.

Aussi, nous vous assurons de notre meilleure collaboration, mais nous vous rappelons qu'il ne saurait y avoir de politique de reconnaissance et de soutien sans l'attribution de fonds monétaires suffisants et convenables. Sans ces fonds suffisants et convenables, cette politique ne serait qu'une inconvenance sociale et politique. Et nous sommes assurés que tel n'est pas l'intention ni la volonté du Gouvernement !

Concrètement, le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec collabore au secteur famille du Comité aviseur du SACA (Secrétariat à l'action communautaire autonome) sous votre chapeau de la Solidarité sociale, et au Comité conjoint Ministère de la Famille et de l'Enfance / Organismes communautaires Famille, sous votre chapeau de la Famille et de l'Enfance.

Plus concrètement encore, le Regroupement sent le besoin de vous dire qu'il doit faire des prodiges pour assurer sa vie et ses activités.

Nous n'avons pas, comme d'autres organismes, de kiosques de Loto-Québec, car nous croyons que notre financement ne doit pas reposer sur le jeu.

Nous n'avons pas, comme d'autres organismes, de numéro de charité, car nous croyons que nous ne faisons pas oeuvre de charité, mais oeuvre de justice.

Nous n'avons pas dans les Caisses populaires, comme organisme à but non lucratif, de crédit ou marge de crédit. Cette marge de crédit est consentie à un administrateur qui doit donner des garanties personnelles pour des avances de fonds.

Pour parvenir à accomplir notre mission de base et ces missions particulières, nous avons recours à un financement de base insuffisant et nous devons compter sur plusieurs Projets et Programmes qui offrent de l'aide à court terme mais qui demandent beaucoup d'encadrement et doivent sans cesse se renouveler sans jamais savoir d'une fois à l'autre si ces Projets ou Programmes seront effectivement renouvelés.

Pour citer les nôtres dans l'année courante : Programmes (3) de subventions salariales pour l'intégration à l'emploi (Emploi-Québec), Fonds de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, Financement de projets d'organismes communautaires intervenant auprès des familles (Ministère de la Famille et de l'Enfance), Placement Carrière-Été (Développement des ressources humaines Canada), Soutien à l'action bénévole (SAB du Comté de Mercier).

En conclusion, nous vous disons, Madame la Ministre d'État, que nous nous voulons partenaires de la politique gouvernementale L'action communautaire : une contribution essentielle à l'exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec, mais nous vous disons, comme citoyens, contribuables, communautaristes, que nous exigeons que l'État dégage les fonds nécessaires à la réalisation de ce partenariat.

Madame la Ministre d'État, nous vous saluons chaleureusement et vous assurons de notre meilleure collaboration.

Le Président
Richard Sarrasin

Le Directeur général
Yves Lajoie

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