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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 13, numéro 68, mars 2002 |
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Monsieur Pierre Goyer
Coordonnateur
Réseau québécois des OSBL d'habitation - RQOH
Les premiers temps de l'allocution permettront de présenter les principales caractéristiques du parc québécois de logement OSBL, du RQOH et de ses instances régionales. Cette introduction permettra de présenter les principales caractéristiques de l'habitation sans but lucratif, en mettant particulièrement l'accent sur l'implication communautaire et les relations de partenariat que les OSBL entretiennent avec leur communauté d'insertion.
Nous présenterons par la suite les perspectives d'avenir de la méthode OSBL à la lumière de deux tendances récentes : l'utilisation de la méthode OSBL pour répondre aux besoins des familles et la place des différents modes de tenure dans le développement du logement social. Nous voulons ainsi proposer que la population québécoise doit pouvoir choisir librement le mode de tenure le plus pertinent à la réponse de ses besoins variés en habitation.
Qu'est-ce qu'un Osbl ?
Qu'est-ce qu'un OSBL ? Qu'est-ce que le Réseau ?
Et dans ces questions, une grande trame sous-jacente : à quoi servent les Osbl?
Et plus particulièrement quel rôle peuvent jouer les OSBL pour répondre aux besoins de familles québécoises ?
Donc, qu'est ce qu'un OSBL ?
Nous nous sommes aperçus dernièrement, dans le cadre des discussions entourant une plate-forme de revendications du milieu communautaire, dans le cadre des discussions sur le logement abordable, dans le cafre enfin des discussions sur le projet de loi 49, que persiste une très surprenante ignorance des organisations sans but lucratif.
Et cette ignorance se comprend aisément.
Nous sommes des organisations communautaires en habitation sociale, nous favorisons la prise en charge des résidents. Mais nous ne sommes pas des coops, mode de propriété fort connu.
Nous sommes des organisations de logement social et nous abritons les personnes les plus démunies, mais nous ne sommes pas des HLM.
Notre image de marque est de s'intéresser de près aux personnes vivant des handicaps physiques mais nous ne sommes pas et nous ne serons jamais- des instances du réseau de la santé.
Nous sommes un peu tout ça. On parle de nous dans le logement social. On parle de nous comme mode privilégié pour les personnes âgées, particulièrement celles en perte d'autonomie. Ou pour les sans-abri. Nous sommes un peu tout ça et on a l'impression que dans l'opinion publique, auprès des intervenants comme auprès du gouvernement, on a une image éclatée.
Ce degré d'ignorance, C'est un peu effarant mais en même temps légitimant : c'est pourquoi nous avons mis sur pied, il y a un peu plus de onze mois, le Réseau. Si le personnel du service de soutien aux intimations communautaires de la SHQ, l'équipe de Paul Sénécal, qui ont té nos premiers alliés dans les démarches étaient présents, ils pourraient témoigner de la nécessité de notre organisation.
Il y a environ 25 000 unités OSBL au Québec. Un parc aussi grand que le parc de logements coopératif, mais qui comprend une telle diversité de modèles, de clientèles et d'expériences distinctes que nous comprenons fort bien l'état actuel de méconnaissance.
Ces 25 000 unités sont réparties sur l'ensemble du territoire québécois, avec bien évidemment une bonne concentration dans les grandes agglomérations.
Avec une forte dominante d'organisations dédiées aux personnes vivant des difficultés particulières : pers. Âgées, itinérants, personnes seules, personnes atteintes de handicaps physiques ou sociaux.
Presque toutes ces personnes abritées dans nos résidences sont pauvres, très pauvres, bénéficiant en plus d'un gîte, d'aide au financement du loyer (le Supplément au loyer ou autre programme de même nature).
Depuis maintenant 7 ou 8 ans, en fait depuis le désengagement du gouvernement fédéral, le mouvement Osbl a pris un essor considérable. Regardons par exemple le rendement du programme ACL.
Il s'est engagé, depuis 1997, début de ce programme dédié exclusivement au logement communautaire, plus de 4120 unités de logements dans le cadre des 3 volets.
De ce nombre, 2700 unités - soit plus de 65% du parc - ont été développées sous la forme OSBL.
Parmi ces unités, il y en a plus de 700 pour les personnes âgées en perte d'autonomie et plus de 700 pour l'ensemble de clientèles dites spéciales. Il y en a aussi plus de 740 pour les projets destinés aux personnes seules ou les familles autonomes.
| Tableau | |||||
| AccèsLogis | |||||
| Unités engagées | |||||
| 30 septembre 2001 | |||||
Volets |
Projets |
Unités |
|||
| I | II | III | |||
| 1997 | 584 | 403 | 141 | 61 | 1128 |
| 1998 | 670 | 247 | 110 | 47 | 1027 |
| 1999 | 662 | 356 | 191 | 71 | 1209 |
| 2000 | 225 | 256 | 275 | 42 | 756 |
| Total | 2141 | 1262 | 717 | 221 | 4120 |
| 51,97% | 30,63% | 17,40% | 5,36% | 80,00% | |
| Tableau | ||||||||
| AccèsLogis | ||||||||
| Type d'organismes | ||||||||
| 30 septembre 2001 | ||||||||
| Volet I | Volet II | Volet III | Total | |||||
| Unités % | Unités % | Unités % | Unités % | |||||
| Coopératives | 1399 | 65,34% | 5 | 0,40% | 8 | 1,12% | 1412 | 34,27% |
| Osbl | 742 | 34,66% | 1257 | 99,60% | 709 | 98,88% | 2708 | 65,73% |
| Total | 2141 | 100,00% | 1262 | 100,00% | 717 | 100,00% | 4120 | 100,00% |
Ce que les Osbl ont fait dans ce programme illustre bien ce que nous sommes : nous sommes particulièrement efficaces dans la fourniture de services d'habitation à des clientèles particulières, mais si nous constatons depuis peu que près de 20% du parc Osbl abrite des résidents normaux, dont le seul problème dans la vie est d'être pauvre ou d'avoir des revenus modestes. Dans le restant du parc OSBL, ils sont pauvres et vivent des handicaps importants.
Alors que faisons-nous exactement. On peut émettre certains clichés et fournir certaines images : nous disons souvent que ce que nous faisons c'est plus que de la brique et du béton. C'est un cliché mais il est signifiant.
Ce que nous faisons c'est, par exemple, abriter plus de 120 personnes, supportées par un personnel employé, de 8 personnes, appuyé par un bataillon de bénévoles dans trois résidences.
Trois résidences dont la réputation n'est plus à faire
C'est l'Accueil Bonneau. Que font les gens de l'Accueil Bonneau : ils abritent des itinérants, ils offrent du support communautaire, de l'aide à la personne, ils fournissent trois repas par jour, ils font de l'animation, etc. Bref, ils fournissent, en plus d'un toit, un milieu de vie adapté aux groupes les plus marginalisés de Montréal.
C'est aussi, la Maison d'un Nouvel Élan, une résidence pour personnes âgées en perte d'autonomie, à Jonquière. Qui aujourd'hui s'agrandit. Qui fournit un milieu de vie, animation, 3 repas par jour, surveillance continue, animation, accompagnement physique, etc., à ses résidents.
C'est, pour prendre un cas exemplaire, à Hull, Mon Chez-nous, une résidence pour les plus marginalisés, des ex-chambreurs dans une ville où le taux de vacance frôle le 0%. Un projet qui a soulevé, à son démarrage, une manifestation importante du syndrome pas dans ma cour mais qui est un des plus beaux exemples de réinsertion sociale. Pensez-y deux secondes, le voisinage participe maintenant aux fêtes de la Maison. Un résident s'est même présenté aux dernières élections municipales beau cas de réinsertion sociale et la Maison gagne des prix.
C'est aussi une résidence pour personnes autonomes dans Châteauguay dont le seul handicap est de vivre avec des revenus faibles dans une banlieue où ça ne semble pas approprié.
C'est aussi, ce qu probablement vise plus directement vos préoccupations, des projets pour familles. Un à Montréal, L'autre à Laval.
Qui plus que lieux d'habitations sont des milieux de vie complets.
Avec des services de garde dans les murs. Des groupes d'entraide familiale. Des services d'aide et d'accompagnement aux résidentes. Des plans d'activités pour ados, de l'aide aux devoirs scolaires, des mesures d'aide à L'emploi, etc.
A Montréal, le projet est de 34 unités (MAP). A Laval, C'est le FAHMO : 18 unités
Il y a comme ça des centaines d'organisations au Québec. Une formule originale qui vient en aide aux plus démunies, en fait à toutes les personnes marginalisées ou qui pourraient l'être, en raison de leur âge, de leur condition physique ou de leur condition économique.
Mais aussi, de plus en plus, au grand dam de certains partenaires, pour des groupes familiaux, avec ou sans problématiques particulières.
Dans les faits, ce qui nous distingue, c'est notre mission qui est de constituer un milieu de vie le plus complet possible, ouvert sur la communauté et sur des partenariats importants de milieu.
Comment fait-on tout ça ?
Les Osbl ont la particularité d'être gérés par les intervenants de la communauté locale. En effet, les membres des Conseils d'administration proviennent de toutes les couches de la société : d'abord des résidents - c'est une obligation faite dans le cadre des programmes québécois, certains parlementaires ont tendance à l'oublier et à douter de notre caractère démocratique -, des intervenants communautaires et sociaux, des représentants des milieux professionnel et commercial locaux, des intervenants du réseau institutionnel de la Santé et des services sociaux, etc.
Autre particularité importante, ces Osbl d'habitation offrent souvent aux clientèles qu'ils abritent une impressionnante gamme de services sociaux et communautaires, à partir, d'une part, des ressources bénévoles et des employés de chaque organisation mais aussi, d'autre part, par des partenariats locaux originaux avec les organismes du milieu et avec le réseau des services sociaux.
Notre manière de faire est le reflet de l'avancement de la société québécoise dans son ensemble. Les citoyens se prennent en main, la responsabilisation des communautés est de moins en moins théorique et de plus en plus visible. On fait de la prise en charge du milieu, par le milieu, en regroupant le plus grand nombre possible d'acteur autour de la même table.
Nos organisations sont l'expression de cette prise en charge par le milieu. Aucune bureaucratie gouvernementale, régionale ou locale, ne saurait remplacer cette dynamique.
Voila. C'est ça un Osbl d'habitation. Ce n'est pas une coopérative où un certain bagage d'aptitudes ou d'intérêts motivent l'appropriation collective. C'est aussi utile d'être dotée de ce bagage de connaissances au sein des osbl, mais ce n'est pas une condition obligatoire. À défaut de ce bagage, on fait appel, on s'adjoint les intervenants du milieu.
Ce n'est rien que ça, mais c'est une telle masse d'expériences. Ce n'est pas un HLM qui est géré par une administration publique. Ce n'est que ça un OSBL, un lieu communautaire d'habitation avec des services, avec une communauté qui s'implique. Ce n'est que ça : mais c'est pourtant terriblement populaire comme mode d'intervention auprès des exclus, auprès des pauvres, auprès des intervenants communautaires que cela méritait d'être mieux défendus et mieux connus. Et c'est pourquoi nous avons mis sur pied le Réseau.
Le Réseau
Le Réseau québécois des organismes sans but lucratif d'habitation a officiellement été constitué le 22 septembre 2001, à l'occasion de son assemblée générale de fondation à laquelle participaient des représentants de plus de 130 organismes sans but lucratif.
Cette assemblée venait ainsi concrétiser les efforts des responsables des fédérations de Montréal (FOHM) et de Québec-Chaudières-Appalaches (FROHCQ) auxquels s'étaient joints les représentants de l'Association nationale des OSBL d'habitation et d'hébergement pour personnes âgées (ANOHPA).
C'est suite à ces efforts conjugués que les Osbl - régions de l'Outaouais (COSO), du Saguenay et du Lac Saint-Jean (RQOH-FSLSJ) et ceux situés sur les territoires des municipalités régionales de Roussillon, du Jardin du Québec et du Suroît (FOHRJS) - ont par la suite mis sur pied leurs fédérations régionales.
Depuis lors, des démarches de promotion et d'organisation sont menées dans les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. D'autres démarches sont envisagées pour les régions de la Mauricie, de la Gaspésie et du Bas-du-Fleuve, régions où des Osbl d'habitation ont manifesté le souhait de se regrouper régionalement.
L'essentiel de la mission du RQOH est de faire reconnaître les interventions des Osbl d'habitation, de mobiliser nos membres et nos partenaires, d'échanger avec les divers intervenants dans le domaine, de promouvoir la qualité des services et d'inspirer, dans la mesure du possible, les politiques gouvernementales.
A l'heure actuelle, le Réseau rassemble cinq fédérations régionales pour un total de plus de 150 Osbl regroupant plus de 4000 unités de logements - et un certain nombre d'organismes dans les régions non desservies par ses membres. De manière générale, le Réseau assume la coordination générale des activités des fédérations et vient en soutien à l'organisation et au développement de ses membres. Il élabore aussi les outils nécessaires à l'implantation des outils nécessaires à la livraison des services offerts par les fédérations à leurs membres OSBL.
Le RQOH a été vite reconnu, par l'ensemble des intervenants de l'habitation, comme le seul interlocuteur légitime pour représenter le parc de logement sans but lucratif. En effet, le RQOH participe activement à tous les lieux de discussion et de développement du logement social au Québec. Mentionnons particulièrement la présence de deux représentants du RQOH au Conseil d'administration du Fonds québécois d'habitation communautaire, organisme créé par le gouvernement québécois afin de développer le logement social, notamment par la mise en oeuvre du programme Accès-Logis. Mentionnons enfin que nous tentons d'être partout, comme ici aujourd'hui ou en début de semaine chez les membres de l'Assemblée nationale à la Commission de l'aménagement du territoire.
Dans les faits, le Réseau fait de l'organisation, de la promotion et travaille à la survie de ce mouvement communautaire.
On a souligné plus tôt qu'une importante caractéristique du parc de logement Osbl est qu'il s'adresse principalement à des clientèles particulières. Particularité, éprouvant des besoins sociaux autres que les seuls besoins économiques. Nous avons, pour ces clientèles, développé une expertise maintenant reconnue par l'ensemble des acteurs et des observateurs de l'habitation sociale. Cette expertise est évidemment reconnue par les institutions publiques gouvernementales ou municipales; les Offices municipaux d'habitation, pour ne mentionner qu'eux, font souvent fait appel à nos ressources, par le biais d'entente de services ou de partenariats.
| Réseau québécois
des Osbl 2165, rue Tupper, bureau 102 Montréal (Québec) H3H 2N2 |
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