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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 13, numéro 68, mars 2002 |
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Monsieur Marc Lamarche
Président
Confédération québécoise des coopératives d'habitation
Fédération des coopératives d'habitation de l'Île de
Montréal - FÉCHÎM
Familles et logement : Les coopératives d'habitation
La crise du logement que connaissent plusieurs régions importantes du Québec fut largement médiatisée l'été dernier, faisant quotidiennement la une des journaux et les manchettes des médias électroniques. Les évènements du 11 septembre dernier, ainsi que leurs suites, ont peut-être supplanté dans l'actualité les problèmes que connaît le Québec en matière de logement, mais ceux-ci demeurent toutefois tout aussi aigus.
En fait, la pénurie tend à s'aggraver et à s'étendre à la plupart des régions. Le taux officiel d'inoccupation se situe présentement à 1 %. En réalité, il n'y a plus de logements disponibles, particulièrement pour les familles à faible et à moyen revenu dans les régions de Montréal, Québec et Hull ! Les prévisions avancées par plusieurs des intervenants font état d'une situation encore plus dramatique pour juillet 2002.
Au début des années 90', les personnes sans emploi condamnées à rester à ne rien faire dans leur logement constituaient un drame social aux conséquences majeures et on nous a incités à faire de l'emploi une priorité. Les personnes et les familles mal logées deviennent une réalité de plus en plus présente dans notre environnement. Cette situation, pas moins dramatique et socialement inacceptable, comme la situation de l'emploi l'était, doit nous motiver maintenant à se mobiliser vers l'habitation.
Dans ce contexte, la coopérative d'habitation s'avère une alternative (trop souvent méconnues ou mal connues) pour les familles qui y trouvent un milieu de vie enrichissant et sécuritaire. La coopérative d'habitation est un milieu inclusif qui favorise la prise en charge et l'entraide, le contrôle de ses conditions de logements (et donc une amélioration de la qualité de vie) et l'acquisition de savoir-faire. La coopérative d'habitation, c'est aussi un milieu de vie qui encourage la mixité sociale, culturelle et générationnelle et où la tolérance et l'ouverture face aux différences est de mise.
1. Le contexte
2. Le mouvement coopératif en habitation
Les premières coopératives d'habitation mises sur pieds au cours des années 40'. Elles visaient davantage la construction de maisons neuves et constituaient, en fait, de grandes corvées collectives. Le modèle privilégié depuis les années 60' jusqu'à nos jours vise, pour sa part, à faciliter aux membres l'accès à un logement de qualité en contrepartie d'un loyer abordable payé par le membre à la coopérative.
En orientant ainsi son développement vers une forme de propriété collective à possession continue, la formule coopérative en habitation a permis à un grand nombre de personnes et de familles de satisfaire leurs besoins en matière de logement, des besoins changeants, au sein d'un environnement social et économique bouleversé entre autres par l'évolution des valeurs.
La Coopérative d'habitation a pour objet principal de faciliter à ses membres l'accès à la propriété ou à l'usage d'une maison ou d'un logement. C'est un projet collectif pour l'accès au logement et le contrôle de ses conditions de logement.
2.2. La formule coopérative : un important vecteur de l'intervention de l'État
Depuis la fin des années 70' et, plus particulièrement, au cours des années 80', les coopératives d'habitation se sont développées à un rythme accéléré, voire spectaculaire. La coopérative d'habitation s'est en fait imposée comme la plus efficace et la plus rentable formule de livraison et de gestion du logement social. Cela lui a permis de tisser d'importants partenariats avec les différents gouvernements dans le but de fournir des logements aux familles qui en avaient le plus besoin, dans un cadre qui respectait leur autonomie et leur dignité, en plus de favoriser leur prise en charge.
En réaction aux problèmes rencontrés au cours des premiers grands projets de HLM, lesquels regroupaient parfois plusieurs centaines de résidants dans un seul immeuble, les coopératives d'habitation ont préconisé un développement à une échelle plus humaine et mieux enracinée dans leur milieu. La coopérative d'habitation typique au Québec est propriétaire de deux immeubles de 10 logements chacun.
Aujourd'hui, plus de 50 000 personnes ont choisi d'habiter et d'administrer près de 23 000 logements coopératifs. Les quelque 1 100 coopératives d'habitation en opération actuellement possèdent des actifs de plus de 800 millions de dollars et génèrent un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 130 millions de dollars.
2.3. Le réseau coopératif en habitation
3. Le projet de développement coopératif en habitation
3.1. Les objectifs
3.2. La clientèle
3.3. Les services
4. La rentabilité sociale et financière
4.1. La coop n'est pas une solution aux crises, mais notre projet peut en atténuer les effets et les prévenir :
4.2. La coop responsabilise les individus, bien au-delà du logement :
4.3. La coop d'habitation favorise un milieu de vie porteur de valeurs socialement positives :
4.4. La coop d'habitation constitue une école de vie enrichissante :
4.5. La coop d'habitation favorise la qualité de l'environnement urbain :
4.6. Un développement historiquement fondé sur la conservation et l'amélioration des quartiers et des milieux de vie :
4.7. Des retombées économiques importantes :
4.8. La formule coopérative dispose d'un potentiel de développement autonome :
5. L'environnement économique et social des années 2000
Les valeurs sociales, l'ouverture sur le monde, les tendances démographiques, ainsi que l'environnement économique et technologique en perpétuelle mutation, constituent autant de facteurs qui contribuent à l'évolution accélérée de la société québécoise. Les impacts engendrés par les changements sociaux sur le marché de l'habitation sont nombreux et méritent qu'on s'y arrête.
5.1. Le vieillissement de la population
La combinaison du boom démographique qu'a connu le Québec au milieu du siècle dernier et la chute tout aussi soudaine du taux de natalité survenue à la fin de ce même siècle a pour conséquence un accroissement rapide du nombre de personnes âgées et de la proportion relative qu'elles occupent et occuperont au cours des décennies à venir.
Cette tendance marquée entraîne un accroissement des besoins en termes de logements et de services connexes. Elle suppose aussi une diminution des ressources disponibles pour répondre à ces besoins. Face au désengagement de l'État et à l'affaiblissement de la cellule familiale, la prise en charge par les individus eux-mêmes et par leur milieu constitue la seule voie permettant d'éviter une impasse lourde de conséquences sur le plan humain et social. Cette situation est particulièrement alarmante pour les personnes âgées ayant un revenu modeste.
Non seulement les personnes âgées doivent de plus en plus demeurer autonomes, mais pour la plupart d'entre elles, elles souhaitent également continuer à contrôler leurs conditions de logement et demeurer ainsi un moteur actif dans leur environnement, en collaboration avec leur milieu de vie immédiat.
La formule coopérative constitue la meilleure solution-logement pour les personnes âgées qui ont besoin d'une plus grande proximité de services adaptés, mais qui souhaitent et sont en mesure de prendre en charge leur lieu d'habitation et leur milieu de vie. Les législateurs, les gouvernements et le milieu, dont le mouvement coopératif, ont l'obligation de favoriser et de soutenir cette prise en charge et de la mettre à l'avant-plan des solutions utilisées.
5.2. L'éclatement de la cellule familiale
Au cours des 20 dernières années, la famille québécoise a subi de profondes transformations. L'accroissement du nombre de familles monoparentales, de familles dont les deux parents travaillent à l'extérieur et de jeunes qui quittent le domicile familial pour aller vivre seuls en constituent les meilleurs exemples.
Ces mutations ont crée ou accentué de nouveaux besoins, qu'il s'agisse de services de garderie, d'entretien et de soutien familial. Comme pour les personnes âgées, le rythme de vie accéléré de ces nouveaux ménages engendre un besoin de proximité des services, par rapport au lieu d'habitation.
5.3. La dévitalisation des zones urbaines et rurales
La dégradation économique, immobilière et sociale de plusieurs quartiers urbains, souvent les quartiers centraux, ainsi que l'abandon et l'exode de certaines régions rurales sont deux phénomènes qui comportent un coût économique et social très élevé.
Si la formule coopérative en habitation a démontré au cours des récentes années son efficacité par son implication majeure dans le processus de revitalisation de plusieurs centres urbains au Québec, il nous semble nécessaire de l'actualiser et, surtout, de mieux soutenir le mouvement dans ses efforts en régions. La place que pourra prendre l'habitation coopérative en milieu rural sera à la mesure de nos capacités d'innovation et de développement.
5.4. Le désengagement de l'État et l'avènement de l'économie sociale
Le désengagement de l'État dans plusieurs domaines, tant sur le plan économique que social, constitue à la fois un défi de taille pour le mouvement coopératif dans son ensemble, mais aussi une opportunité unique de développement, particulièrement pour l'habitation coopérative.
Le retrait total en 1994 du gouvernement fédéral dans le financement du logement social a laissé un vide immense, à peine comblé par le gouvernement provincial, par les municipalités ou par les intervenants du milieu.
Pour parvenir à répondre aux besoins criants et croissants des familles québécoises concernant un des aspects les plus fondamentaux de leur vie, soit le logement, le mouvement coopératif en habitation doit établir avec l'État et les autres partenaires sociaux, communautaires et économiques une relation nouvelle, plutôt fondée sur le partenariat que sur la dualité ou la dépendance.
Pour que nous y parvenions, il importe de créer des conditions de développement axées davantage sur la reconnaissance de la formule coopérative en tant qu'entreprise, dans le cadre d'une économie sociale. À ce titre, les axes fondamentaux priorisés par le MIC dans l'Avant-projet de politique de développement des coopératives à savoir, des outils de financement efficaces, un cadre législatif novateur et souple, le renforcement des regroupements sectoriels et la promotion de la formule coopérative, sont tout à fait pertinents.
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Fédération
des coopératives dhabitation de lÎle de
Montréal FÉCHIM 1000, rue Amherst, bureau 201 Montréal (Québec) H2L 3K5 fechim@fechim.qc.ca www.coop-habitation.org/federations/fechim/index.asp |