Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 13, numéro 69, mars 2001

Éditorial

Madame la Ministre (5)

Montréal, le 23 juillet 2002

Madame Linda Goupil
Ministre d'État à la Solidarité sociale, à la Famille et à l'Enfance
Ministre de la Solidarité sociale
Ministre de la Famille et de l'Enfance
Ministre responsable de la Condition féminine
Ministre responsable des Aînés
1122, chemin Saint-Louis, 3e étage
Québec (Québec) G1S 4Z5

Madame la Ministre d'État,

Nous voulons d'abord vous saluer chaleureusement et vous assurer de notre meilleure collaboration dans l'exercice des nombreuses responsabilités que vous a confiées le Premier ministre du Québec.

Est-il besoin de les nommer : la Solidarité sociale, la Famille et l'Enfance, la Condition féminine, les Aînés.

Nous voulons vous dire que le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec se considère un partenaire privilégié et majeur depuis vingt années dans la construction d'une politique familiale au Québec.

À chacun ses responsabilités.

Vous, par la volonté du peuple et celle du Premier ministre, dans l'exercice de la démocratie parlementaire, avez ces responsabilités politiques de faire en sorte que le peuple et l'État du Québec jouissent d'une politique familiale qui reconnaît la famille comme base de la société et les parents comme premiers responsables de l'éducation de leurs enfants.

Nous, par la volonté des nos membres issus de la libre association de parents, de familles, d'organismes, dans l'exercice de la citoyenneté et de la démocratie sociale, avons assumé ces responsabilités civiques et sociales de doter le Québec d'une politique familiale au Québec.

Vous et nous avons voulu dans l'exercice de nos responsabilités et charismes propres d'être partenaire pour le mieux-être des familles québécoises.

Dans une lettre et un envoi en date du 12 juin 2002, vous nous livriez un exemplaire du Plan concerté pour les familles du Québec que vous rendiez public le 14 mai dernier, lors du Forum des partenaires de la politique familiale. (Voir la lettre en page 2 du présent bulletin).

Le Regroupement participe, en effet, depuis mars 1999, et bien avant cette date, aux travaux ayant mené à l'élaboration de ce plan. Membre du Forum des partenaires, le Regroupement participait à cet événement du 14 mai. Plus, un représentant du Regroupement a été intimement associé à l'élaboration de ce plan concerté quand vous l'avez nommé membre du Comité de suivi de ce même plan.

Vous affirmez dans votre lettre : «  La mise en oeuvre du Plan concerté pour les familles du Québec s'étalera sur quatre ans et totalisera un investissement de plus de 24 000 000 $. Ce plan vise à coordonner l'ensemble des actions gouvernementales en ce qui a trait au soutien à apporter à la famille. Ce plan propose une mobilisation générale des secteurs d'activité autour des valeurs familiales. Notre gouvernement mettra en place des mesures destinées à produire des effets de levier auprès de certains acteurs clés. »

Le Regroupement se réjouit de la mise en marche du Plan concerté pour les familles du Québec et il y collaborera Il considère cependant que ce n'est qu'un début et qu'il faut aller plus loin.

Car, si ce Plan concerté consolide certaines avenues et en ouvre d'autres, il en est une qui n'est pas encore complètement achevée, bien qu'en partie déjà tracée. C'est celle du financement des organismes communautaires Famille.

Déjà, sous votre autorité, existe une politique gouvernementale intitulée L'action communautaire : une contribution essentielle à l'exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec . Cette politique gouvernementale affirme la reconnaissance et le soutien de l'action communautaire.

On y consacre le respect de l'autonomie des organismes d'action communautaire, le financement en appui à la mission globale des organismes communautaires sur une base triennale, le financement par projet et le financement par entente de services. (L'action communautaire - page 44, 3.6).

On y affirme de plus que les ministères et organismes gouvernementaux seront responsables de la participation au soutien de la mission globale des regroupements nationaux, régionaux et locaux de leur secteur d'activité. (L'action communautaire - page 30).

Dans cet énoncé de politique gouvernementale, en page 44, on y mentionne que la mise en place de toutes les mesures prévues «  appelle l'octroi de crédits supplémentaires et récurrents. Ces crédits supplémentaires seront consacrés en majorité au financement en appui à la mission globale des organismes communautaires ».

En effet, le gouvernement a annoncé des crédits nouveaux de 50 000 000 $ sur trois ans pour se conformer à cet énoncé de politique, devant être répartis comme suit : 10 000 000 $ en 2001-2002, 20 000 000 $ en 2002-2003, et 20 000 000 $ en 2003-2004.

En date du 13 juin 2002, le Regroupement recevait du Directeur général du Secrétariat à l'action communautaire autonome, M. Daniel Jean, une lettre dans le cadre de la mise en oeuvre de la Politique de reconnaissance de l'action communautaire. (Voir en page 30 du présent Bulletin). Nous avons répondu à cette lettre en date du 17 juillet 2002, et en avons informé nos membres en copie conforme.

Donc, on peut constater la mise en marche d'un processus.

Cependant, nous avons, madame la Ministre, quelques observations et interrogations à vous soumettre.

Il nous semble, mais peut-être sommes-nous mal informés, que des 10 000 000 $ accordés en 2001-2002, que 500 000 $ aient été attribués au ministère de la Famille et de l'Enfance, que ces sommes aient été attribuées au financement de projets et non à la mission de base. Regroupement national, s'il en est un, le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale aurait-il dû profiter de ces sommes ?

En date du 27 juin 2002, nous recevions du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, à la Protection de la jeunesse et à la Prévention une lettre nous annonçant une subvention pour l'année financière 2002-2003. Cependant, le montant accordé est le même que pour l'année 2001-2002. Se peut-il que le Regroupement n'ait pas reçu une part de l'octroi de 20 000 000 $ consenti pour 2002-2003 ?

Enfin, selon l'Énoncé de la politique gouvernementale, il nous tarde, Madame la Ministre, que les subventions accordées par le Gouvernement aux organismes communautaires Famille soient le plus rapidement administrées par le ministère de la Famille et de l'Enfance, tel que longuement réclamé par le Regroupement et si nous avons bien compris tel que voulu par vous-même. Cela serait conforme à la réalité des choses et éviterait aux organismes familiaux de se peinturer «  santé et services sociaux ».

Nous préférons que la ministre de la Famille et de l'Enfance coordonne toutes ces choses, plutôt que quiconque autres !

Madame la Ministre d'État, vous souhaitant de bonnes et méritées vacances, nous vous saluons chaleureusement et vous assurons de notre meilleure collaboration.

Le Président
Richard Sarrasin

Le Directeur général
Yves Lajoie

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