Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 1, numéro 7, octobre 1989

Satellite Famille et communautés culturelles

Séance d'ouverture

Madame Nicole Brodeur
Sous-ministre associée
Direction générale des communautés culturelles et des services aux immigrants
Ministère des Communautés culturelles et de l’lmmigration Québec

Madame Nicole Brodeur propose d'examiner les causes de l’immigration et de son contexte québécois, les caractéristiques de son évolution au Québec, son impact sur notre société ainsi que les exigences posées par l’ouverture du Québec à l’immigration.

L’immigration : un défi

Après avoir longtemps vécu isolé des influences extérieures, le petit village d'irréductibles Québécois que forme la province est de plus en plus recherché par des personnes désireuses de s'y établir. Saura-t-il conserver ses caractéristiques ancestrales, ses habitants devront-ils au contraire modifier leurs perceptions et habitudes ou sauront-ils faire des nouveaux arrivants d'irréductibles Québécois aussi bien tricotés serrés qu'eux ?

Certains d'entre nous voyons cette analogie du point de vue gallo-québécois : on est assez forts pour résister. Obélix est tombé dans la potion étant petit et le druide est immortel. D'autres voient les choses à la romaine et sont certains que la loi du nombre va jouer et que les Gaulois d’Amérique que nous sommes, seront assimilés à l’immense société romana-saxone qui nous entoure.

Si vous le voulez bien, nous allons regarder ensemble ce sujet complexe qu'est l’immigration et son effet sur la société québécoise. Je vous propose d'abord d'examiner les causes de l’immigration et son contexte québécois, pour aborder par la suite les caractéristiques de son évolution au Québec et son impact sur notre société. Je terminerai finalement sur les exigences posées par l’ouverture du Québec à l’immigration.

1. Les causes de l’immigration

Dans un premier temps, attardons-nous aux causes de l’immigration et à son contexte en terre québécoise.

L'immigration est fondamentalement la rencontre de deux besoins interreliés, ceux des individus et ceux des pays. II y a d'une part les besoins de l’immigrant, besoins qui sont de nature économique, mais également de nature sociale et familiale.

Certains veulent croquer un morceau d'Amérique afin d'y entreprendre une nouvelle vie riche en espoirs divers. II existe de moins en moins d'oncles d'Amérique qui retournent dans leurs pays riches comme Crésus, mais c'est dans cette partie du monde, et au Québec, que plusieurs immigrants croient que leurs chances de réussir économiquement sont les meilleurs.

D'autres émigrent, malgré eux, afin de quitter des pays déchirés par la guerre, l’intolérance religieuse, le manque de libertés démocratiques, et viennent au Québec dans l’espoir d'assurer un avenir prometteur à leurs enfants.

S'il existe des gens souhaitant émigrer, ceux-ci trouveront des pays prêts a les accueillir. De tout temps, l’immigration a été utilisée par les pays pour combler des besoins de main d'oeuvre. Lorsqu'un pays ou une province en pleine croissance économique exige une main-d'oeuvre abondante l’immigration est la clef. Aujourd'hui, avec la spécialisation de l’emploi, on cherche ailleurs les travailleurs qualifiés qui nous manquent. A ceux-ci s'ajoutent les investisseurs désireux de mettre leurs capitaux au services de notre économie.

La société québécoise n'est donc pas, à ce chapitre du moins, différente des autres. Les immigrants viennent ici pour combler des besoins économiques immédiats, les leurs et les nôtres.

Si jusqu'ici le Québec a surtout articulé sa politique migratoire sur ses besoins économiques, il tient de plus en plus compte d'autres facteurs. Alors que le nombre de naissance ne cesse de diminuer, bien qu'une légère remontée soi notée cette année, l’immigration permet de ralentir le vieillissement de notre population et concourt à sa croissance. L’arrivée de nouveaux résidents québécois permet également au Québec de conserver son poids politique au sein de la fédération canadienne.

En plus des considérations économiques et démographiques, le Québec assume aussi ses responsabilités à l’égard de la réunification familiale et de l’accueil des réfugies. Ces deux catégories, les familles et les réfugiés, bien que ne faisant pas l’objet de sélection à strictement parler, sont également, sensibles aux aléas de l’économie, et les gens qui les composent cherchent également à améliorer leur bien-être.

Si l’économie influence directement la politique québécoise d'immigration, la vigueur de celle-ci va également peser lourd dans la décision d'un immigrant ou d'une immigrante de choisir le Québec au détriment de l’Ontario, des États-Unis ou d'un autre endroit. Un Québec en récession comme en 1982 et 1983, et le nombre de demandeurs de visas diminue fortement. Ainsi en 1984, seulement 14 600 personnes son arrivées au Québec en provenance de l’étranger, un nombre inférieur à la moyenne des 20 dernières années, qui est de 22 000 personnes.

On le voit, l’immigration et l’économie son interdépendantes. Du reste, depuis 1986, c'est dans la catégorie des candidats dit indépendants (travailleurs autonomes, entrepreneurs, investisseurs), que le volume a le plus augmenté, comptant en 1988 pour la moitié des immigrants. C'est d'ailleurs dans cette catégorie que le Québec exerce son rôle prédominant en matière de sélection.

2. L’évolution du phénomène migratoire au Québec

Je viens d'esquisser les grands traits du phénomène migratoire québécois. Regardons maintenant comment l’immigration s'est modifiée au cours des dernières années. Voyons d'abord les chiffres avant de nous attarder à certaines caractéristiques qui nous rendent plus sensibles à l’accroissement de l’immigration. Nous pourrons ainsi mieux comprendre quels sont les impacts de l’immigration sur notre société, ce qui sera l’objet de la troisième partie de cette intervention.

Le Québec a toujours reçu des immigrants. Alors que cette année nous prévoyons en accepter entre 30 et 33 000, ce nombre a été atteint ou même dépassé à plusieurs reprises depuis 1951, allant même jusqu’à 55 000 immigrants en 1967. Depuis 1985, nous assistons à une hausse progressive des niveaux d'immigration.

Certains pointent un nouveau phénomène, soit l’écart entre le nombre de naissances et le nombre d'immigrants, qui, selon eux, se réduit rapidement, et ils croient par conséquent que l’immigration peut constituer une menace pour la population francophone.

Mais si on examine attentivement les données des recensements faits au Canada depuis 1901, on se rend compte que le pourcentage d'immigrants par rapport au groupe francophone a peu varié, si ce n'est que les Québécois d'origine britannique sont aujourd’hui remplacés par ceux d'autres origines. D'ailleurs, jamais le pourcentage de francophones n'a été aussi élevé que maintenant au Québec.

C'est probablement la provenance de notre immigration qui la rend plus perceptible. Plus marquée culturellement, parfois même plus visible, l’immigration québécoise récente parle aussi moins le français et l’anglais que naguère.

Avant 1941, le Royaume-Uni, l’Europe et les États-Unis étaient les réservoirs naturels de notre immigration. L'Asie ne fournissait que 1,5% de celle-ci, et l’ensemble des autres pays, hormis ceux déjà cités, un maigre quatre dixième d'un pour-cent. Entre la Deuxième guerre et la Révolution tranquille, le Royaume-Uni a été supplanté par les pays du sud de l’Europe. C'est à compter des années soixante qu'on observe une lente croissance des arrivées en provenance des Antilles, de l’Asie et de l’Amérique latine. L'accroissement du nombre de réfugiées accueillis et la réunification des familles ont également été déterminants durant les dernières années. II en est résulté une féminisation de l’immigration au Canada. Depuis 1975, les femmes sont majoritaires. On sait par ailleurs que certaines d'entre elles sont sous-scolarisées et manquent de formation professionnelle.

II y a également le phénomène de la métropolisation : Montréal accueille toujours plus de 85% des nouveaux arrivants.

Accroissement marqué du nombre d'immigrants depuis 1985, modification de la composition de cette population, provenance et catégorie, concentration à Montréal: tels sont les facteurs qui nous rendent l’immigration plus présente.

3. Les conséquences de cette nouvelle immigration

Nous venons d'examiner l’immigration et comment elle se présente au Québec. II est maintenant temps de cerner quel est son impact sur la société québécoise. On verra d'abord que cette nouvelle immigration, à cause de ses caractéristiques différentes, pose de nouveaux défis d'insertion au sein de la société québécoise, et que, conjuguée à d'autres influences, l’immigration contribue à pluraliser le Québec. Habitués à notre immigration européenne et de tradition judéo-chrétienne, nous accueillons maintenant des personnes d'origines, de religions et d'ethnies plus variées que par le passé. Ces nouveaux Québécois amènent avec eux des valeurs, des habitudes, des styles de vie différents. Parce qu'ils sont dissemblables de nous, nous les remarquons davantage.

En outre, la concentration de l’immigration à Montréal ne facilite pas la compréhension de ce phénomène dans le reste du Québec. Les valeurs, habitudes de vie, us et coutumes de ces Québécoises et Québécois récemment arrivés viennent s'ajouter a la série d'influences, tant internes qu'externes, qui modifient nos comportements, nos idées, notre façon de vivre. Notre société se pluralise et chacun doit s'ouvrir pour faire face a ces changements. Or, comme le dit un passage d'un avis produit en 1987 par le Conseil supérieur de l’Éducation sur « Les défis éducatifs de la pluralité »:

<<Vivre dans une culture, c'est vivre comme dans une seconde nature, si l’on peut dire. C'est pour cela que l’accueil de la différence culturelle n'est jamais spontané : il dérange << l’allant de soit >>, il ébranle les certitudes, il trouble les sécurités, il relativise les absolus. >>

L'immigration, et surtout la diversité de cette immigration, s'ajoute donc à ces phénomènes qui incitent la société à se remettre en question. On pourrait se dire que c'est là un défi nouveau, que le Québec ne sera pas capable de surmonter sans déchirements et qu'il vaudrait mieux fermer les portes.

L'histoire récente nous démontre toutefois qu'au contraire, ce pluralisme de notre société n’est qu’une des évolutions fondamentales qu'elles a surmontées. Pensons à l’urbanisation rapide d'une société qui était, il n'y a pas si longtemps, de nature rurale. Rappelons-nous ensuite comment nous sommes passés en moins de quarante ans d'une société fortement influencée par le clergé catholique à une société laïque et multi-confessionnelle. Et que dire de la modification en profondeur du monde du travail, de la révolution technologique, du développement du secteur des services et de l’arrivée de la main-d'oeuvre féminine. Ce sont là, vous en conviendrez, des bouleversements à travers lesquels le Québec a su évoluer, prospérer et se développer. Pour favoriser l’évolution des mentalités et l’acceptation plus large de ce visage pluraliste de notre société, des mesures doivent être prises, même si certains ajustements se font déjà, de façon inconsciente, individuellement ou collectivement. Les changements survenus dans la mode vestimentaire, l’alimentation et le monde du spectacle, par exemple, témoignent de ces ajustements.

4. Les défis posés aux gouvernements et aux institutions

Voyons maintenant quels sont les modalités et les champs d'intervention dans lesquels les gouvernements doivent agir et comment les divers paliers de gouvernements peuvent jouer un rôle de leadership au sein de la société.

Pour favoriser à la fois l’intégration harmonieuse des nouveaux arrivants dans une société majoritairement francophone au coeur d'une Amérique anglophone et l’acceptation par les Québécois de ces nouveaux arrivants le gouvernement doit assumer le leadership d'interventions planifiées et concertées engageant bien sûr ses propres structures, mais également les secteurs para et péri-publics, les municipalités et l’entreprise privée. Car en tant que pourvoyeur de services, législateur et employeur, le gouvernement doit jouer un rôle à plusieurs facettes.

D'abord, il doit inviter les divers secteurs de la société à assurer la pleine participation des membres des communautés culturelles dans tous les aspects de la vie de la société, que ce soit au niveau économique, culturel, social ou politique. II a en outre le rôle de veiller à ce que les Québécoises et Québécois des communautés culturelles aient un meilleur accès aux emplois et aux services offerts.

Ainsi, le gouvernement-employeur doit faire en sorte que sa fonction publique et les organismes publics soient accessibles aux membres des communautés culturelles, donnant ainsi l’exemple à l’entreprise privée.

Cette participation. les gouvernements l’encouragent aussi avec des programmes comme celui de l’obligation contractuelle, incitant ainsi les entreprises qui contractent ou reçoivent des subventions à mettre sur pied des programmes d’accès à l’égalité pour des clientèles cibles. Dans le domaine de la francisation, les actions doivent être renforcées, compte tenu du pourcentage plus élevé d'immigrants qui ne connaissent pas le français à leur arrivée. Le ministère des Communautés culturelles et de l’immigration a reçu depuis deux ans $13 millions de fonds supplémentaires afin d'améliorer ses interventions au niveau de l’accueil, de l’établissement et surtout, de la francisation des immigrants.

Sur ce dernier point, les programmes de francisation offerts aux nouveaux arrivants adultes sont actuellement en voie de révision afin d'en améliorer les contenus et d'en multiplier les formules, pour les adapter aux besoins particuliers des groupes des communautés culturelles. Des projets pilotes sont en voie de réalisation afin de franciser dès l’étranger les candidats sélectionnées. D'autres initiatives visent l’enseignement du français sur les lieux de travail et dans les entreprises regroupant une forte main-d'oeuvre allophone. Le ministère de l’Éducation a lui aussi injecté des ressources additionnelles pour assumer les changements importants survenus dans la composition linguistique des élèves des écoles de la région de Montréal. II vient d'ailleurs d'adopter un excellent plan d'ensemble afin de systématiser ses interventions à ce chapitre.

II faut également que le public soit sensibilisé à la richesse de l’apport des membres des communautés culturelles à l’essor du Québec, et ce dans tous les domaines. La valorisation des cultures d'origine et les rapprochements entre les groupes des communautés culturelles et la société majoritaire francophone sont à encourager. La discrimination et le racisme doivent être combattus en tout temps. A ce chapitre, le gouvernement québécois en 1985, et la ville de Montréal cette année, ont adopté des déclarations sur les relations inter-ethniques et interraciales dans lesquelles ils dénoncent la discrimination et le racisme, et expriment leur volonté d'en combattre toutes les manifestations.

À d'autres niveaux, le ministère des Communautés culturelles et de l’immigration, qui a précisément pour mandat de veiller à assurer l’intégration des immigrants la plu harmonieuse possible, joue un rôle de plus en plus actif à mesure que ses moyens sont accrus. En plus de faire de la francisation un moyen d’intégration des immigrantes et de immigrants, le Ministère soutient et conseille des organismes et entreprises afin de les sensibiliser aux nouveau besoins des Québécoises et Québécois des communautés culturelles, de même qu'à cette nouvelle réalité pluriculturelle. II intervient encore davantage auprès des autre ministères qui transigent avec une clientèle diversifiée.

II faut se féliciter que les municipalités où vivent un nombre important de membres des communautés culturelles intensifient leurs actions, notamment par la mise sur pied de comités interculturels. On favorise ainsi des échanges directs entre tous les groupes de la municipalité et une rétroaction sur les services offerts.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a établi un bureau de coordination des services aux communautés culturelles, afin de donner à son réseau des nouveaux outil pour servir efficacement cette clientèle aux attentes et besoins particuliers.

Enfin, compte tenu de la croissance prévue des niveau d'immigration, le gouvernement du Québec sollicitera davantage l’avis des groupes socio-économiques pou établir une concertation aussi étroite que possible avec l’ensemble des intervenants. De cette façon, la participation de toute la société à ces nouveaux défis sera assurée. D'autre part, il est prévisible que les diverses communautés culturelles articuleront leurs demandes avec plus de force et de cohésion. Les gouvernements, les institutions et les entreprises devront écouter avec une attention accrue les revendications de ces Québécoises et Québécois désireux d’accéder à tous les avantages d'une société prospère.

Pièce par pièce, la réponse québécoise à ce nouveau défi du pluralisme culturel et social se met en place. Ouvert et intéresse par ce qui se fait ailleurs, le Québec doit toutefois garder à l’esprit que le modèle qui fonctionnera ici devra avoir une couleur locale afin de pouvoir s'adapter aux caractéristiques de notre société. Montréal n'est ni Toronto, ni New York, ni Marseille. II nous appartient de définir les modalités d'accueil et d'intégration propre à notre société distincte.

Conclusion

Nous avons donc vu que l’immigration est loin d’être un phénomène figé. L’évolution constante des facteurs, surtout économiques, qui la déterminent fortement, la rend constamment mouvante et changeante. Par ailleurs, la société québécoise se pluralise en raison des influences internes et externes qu'elle vit. Les perceptions et valeurs de notre société sont confrontées au choc des idées et manifestations nouvelles qui ont germé ailleurs et qui viennent nous interpeller.

Si la société se pluralise, nous pouvons nous rendre compte que c'est là un de ces nombreux changements profonds qui ont marqué et continueront de marquer le Québec contemporain. Les actions des gouvernements doivent, pour favoriser l’intégration et l’acceptation, refléter le leadership qui leur revient, tout en soutenant les gestes posés par les organismes et institutions. La réussite de ce projet collectif ne dépend toutefois pas seulement des gouvernements et des instituions. Chacun, individuellement ou en groupe, peut et doit faire sa part pour que le défi soit relevé.

Dans ce rôle qui lui incombe, la région de Montréal et les gestionnaires de services publics qui y travaillent doivent s'assurer de partager leurs préoccupations avec ceux de leurs collègues oeuvrant dans les diverses régions du Québec.

Ne sommes-nous pas conduits à reconnaître en effet, tel que le mentionne l’avis du Conseil supérieur de l’Éducation cité précédemment que :

« La règle d'intégration n'est plus la conformité au modèle, mais la possibilité pour quiconque de réaliser son projet individuel dans la gamme des possibles permis. Au sein d'une telle société, tous les individus et les groupes ne se calquent pas selon l’un ou l’autre de ces modèles, mais peuvent se situer à toutes les positions entre ces pôles ».

En guise de conclusion et pour fermer la boucle, je dirai qu'à la suite de leurs nombreuses aventures, Astérix et ObéIix ne sont peut-être plus aussi Gaulois qu'ils ne l’étaient et, dans leur langage imagé, qu'ils s'accorderaient sans doute avec la citation que je viens d'évoquer. Quant au druide, toujours immortel, il concocte ses potions qu'il adapte désormais aux goûts des nouveaux résidants du village. Et quand le barde massacre les règles du solfège, ils sont tous là, Gaulois anciens et nouveaux, à lui jeter un regard torve tout en festoyant côte-à-côte à la table du banquet.

Merci.

 

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