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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 1, numéro 7, octobre 1989 |
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Satellite Famille et communautés culturelles
Séance de clôture
Monsieur Bernard Fortin
Président
Conseil de la famille
Monsieur Bernard Fortin présente le but et les objectifs poursuivis par le Conseil de la famille et nous livre ses réflexions personnelles suite au Colloque. L'harmonie des rapports entre les communautés culturelles passe par le respect des différences fondamentales car le pluralisme culturel constitue une richesse pour la société québécoise.
Le respect des différences fondamentales
Au nom des membres du Conseil et en mon nom personnel, je suis heureux que le Conseil de la famille ait été associé B cette rencontre d'aujourd'hui. Une réflexion aussi sérieuse que celle que j'ai entendue aujourd'hui correspond aux priorités et aux objectifs que s'est donne le Conseil suite a la loi le créant par rapport à la politique de la famille au Québec. Notre grande préoccupation au Conseil. c'est de proposer, suggérer au ministre responsable du dossier de la politique familiale des mesures et des moyens pour que les familles québécoises, puissant répondre adéquatement à leurs responsabilités parentales, qu'elles soient au niveau économique, éducatif, affectif ou social. Les recommandations formulées dans le cadre de ce Colloque aideront les membres du Conseil quant à leur réflexion sur la question des familles et des communautés culturelles.
De plus. je tiens à remercier ceux qui ont permis de donner B ce Colloque l'importance qu'il mérite. Je pense à madame Nicole Brodeur, g madame Juanita Westmoreland-Traore et a madame Diane Gagnon. Je tiens aussi B remercier vous tous qui venez de tous les coins de l'horizon et peut-être de tous les coins de notre planète. C'est vous et moi qui faisons la société dont nous parlons ici, au Québec.
En écoutant les recommandations formulées précédemment, je me suis demandé comment comprendre cette complexité des problèmes discutés aujourd'hui? Je vous livre une réflexion en mon nom personnel et non pas au nom du Conseil. Ma façon, un peu simpliste peut-être de comprendre les problèmes discutés, c'est de les ramener au niveau de ma famille. Si toujours je les mets, à l'échelle de la province ou du pays, je me sens dépassé.
On forme ensemble une grande famille. Un colloque comma celui-ci est une occasion d'échanger antre les représentants des différentes communautés culturelles. U n ami africain me confiait un jour "J'ai sauvé mon ménage lorsque j'ai développé dans mon couple le devoir de m'asseoir. Le devoir de s'asseoir implique aussi le devoir de se parler et le devoir de se parler appelle le devoir de se pardonner". Un colloque comme celui-ci exige des gens qu'ils puissant se parler, mais aussi le devoir de se pardonner si on veut grandir ensemble. Pardonner quoi? Je l'ignore. Mais il me semble qu'il y a quelque chose quelque part qu'il faut se pardonner; parce que je demeure convaincu que votre participation et la mienne dans la a>nstruction de notre société sont essentielles.
La base de l'intégration harmonieuse des rapports entre nos différentes communautés culturelles se situe au niveau du respect de ce que vous êtes et de ce que je suis. II faut le respect d'une part, et l'acceptation réciproque des valeurs de ces communautés d'autre part, qu'elles soient immigrantes ou qu'elles soient salon l'expression fort ambiguë "de souche". J'ai besoin d'être respecté comme vous avez le besoin de d'être. Je pense qu'on ne peut pas vraiment avancer s'il n'y a pas d'abord cette réciprocité. II faut aussi qu'ensemble, en se parlant vous et moi, on trouve des solutions à l'intégration des familles immigrantes avec les familles québécoises "de souche". On a soulevé cette question, lors d'un atelier où j'ai assiste en disant qu'on a ici un problème systémique. Je suis absolument d'accord.
Un enfant adopté provoque un problème systémique dans une famille. L'enfant vient changer tout le système familial On était heureux de le prendre chez soi, mais lorsqu'il est arrive, il atout change. II faudra que ses frères et soeur, un pur, lui pardonnent d'être là. II faudra que lui-même pardonne à ses frères et soeurs d'être plus grands que lui.
II faudra s'asseoir autour de la même table dans ce dialogue clair, net, précis et sincère avec le pardon comme seul outil pour avancer et trouver ensemble des moyens afin de faciliter l'intégration des familles immigrantes aux différentes sphères de notre société. On a du chemin à faire, c'est certain. Du cote des familles immigrantes, elles aussi ont à apprécier ce qu'elles reçoivent en arrivant ici. Je pense qu'on a une société qui leur offre quelque chose. Une fois que nous aurons réalise cela ensemble, alors nous pourrons avancer afin d'améliorer la situation : améliorer l'accès des familles immigrantes aux services publics et prives, dans les écoles, dans les services sociaux. Faciliter l'intégration des familles immigrantes au marché du travail. Je pense que c'est d'un contrat de société dont il faut parler ensemble.
II faut aussi moduler nos lois, nos règlements et nos pratiques administratives aux conditions de vie et aux valeurs particulières des familles immigrantes. Le pluralisme culturel constitue une richesse pour notre société et il faut que nos lois ne viennent jamais démanteler les cultures, mais plutôt les respecter.
II faut développer la qualité de la vie familiale au Québec. Or doit trouver collectivement des solutions pour assurer un soutien économique aux familles, pour permettre la conciliation des responsabilités parentales aux responsabilités individuelles. Chaque culture doit être profondément respectée. Peut-être est-ce cela la métamorphose dont on parlait dans un atelier aujourd'hui : travailler ensemble pour l'établissement d'une nouvelle société. Travailler ensemble et non détruire une culture par rapport ~ une autre. Je ne pourrais pas détruire un de mes enfants par rapport à un autre. Je dois pouvoir composer un tissu familial chez moi en tenant compte de chacun, à condition que chacun puisse y mettre du sien.
Voilà le contenu de ma réflexion faite en écoutant les propos tenus aujourd'hui. Dans un deuxième temps, j'aimerais vous présenter ce qu'est le Conseil de la famille, car il se peut qu'il soit pour vous et pour nous le véhicule de nos attentes, de nos rêves, de nos possibilités et de nos capacités au Québec. Depuis le mois de m ai 1 988, le Conseil de la famille représente un organismes important dans la structure gouvernementale actuelle. Il est constitué de personnes nommées par le Gouvernement et qui provient de différents milieux économiques et de différents milieux culturels à travers la province
Ces personnes ont comme responsabilité d'essayer d'assumer les préoccupations familiales dans la province de Québec. À ce titre-là, la première partie du mandat du Conseil est d'écouter : écouter les demandes, les revendications et les désirs de la société québécoise et des familles québécoises plus particulièrement. Un deuxième aspect du mandat concerne les recommandations et les avis qu'il semble nécessaire et obligatoire de transmettre au ministres responsable. Un troisième volet du mandat, c'est de développer, de supporter et d'initier certaines recherches par rapport aux questions familiales au Québec. Comme quatrième mandat, tenter par les moyens dont il dispose d'informer la population sur certaines questions lui apparaissant importantes. Voici donc en gros le mandat du Conseil.
Le Conseil a propose un certains nombre de critères de réflexion nous permettant de développer une analyse et une appréciation des politiques, des mesures et des orientations gouvernementales en matière de politique familiale au Québec. Je voudrais vous livrer rapidement ces critères. Toutes les mesures ou toutes les interventions doivent encourager et renforcer l'engagement conjugal et parental afin de favoriser la stabilité des familles. Une mesure qui menacerait la stabilité familiale devient pour nous une mesure anti-familiale. Un deuxième principe : soutenir les efforts des familles plutôt que de se substituer à elles afin qu'elles remplissent leur fondions. Un troisième principe : tenir compte de la force des liens de parente, ainsi que de l'influence que les membres de la famille exerce les uns sur les autres. Un autre principe est de considérer les familles comme des partenaires compétents. Ne pas présumer qu'elles ne sont pas capables ou qu'elles n'ont pas la compétence. ni la force, ni l'énergie. Un cinquième principe : Reconnaître la diversité des familles, autant dans leur structure que dans leur taille. Toute pratique qui ne respecterait pas cette diversité vient briser la famille considérée comme la base de la société. Finalement, accorder la priorité aux familles les plus vulnérables et dont les besoins psychologiques, sociaux, économiques sont criants.
J'espère, qu'ensemble, nous serons capables de nous offrir de l'écoute mutuelle. Que nous serons capables de nous donner une patrie commune. Que nous serons capables de nous offrir du travail et des justes salaires. Que nous pourrons réunifier les familles le plus rapidement possible. Que nous serons capables a travers toute cette métamorphose que nous sommes en train de vivre de conserver nos identités culturelles. J'espère que dans un avenir rapproche notre esprit rejoindra notre corps.