Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 1, numéro 7, octobre 1989

Les recommandations du Colloque

Au ministère de l'Immigration

Principe général proposé
1. Que la non-séparation des familles ou tout au moins leur réunification rapides soit à la base des choix du ministère, ce qui apparaît, aux niveaux de la santé mentale, des relations interpersonnelles et de l'intégration à la société québécoise, comme infiniment plus souhaitables que la situation actuelle.

2. Que les structures d'accueil et des services d'aide à l'intégration soient soutenus pour une réponse adéquate aux besoins.

Parrainage
3. Que l'on permette à plus d'un membre d'une famille de parrainer une même personne, en vue de faciliter la réunification des familles, puisque le revenu du parrain est le critère central.

4. Que le traitement des demandes et les procédures soient accélérés; des délais de six ou sept ans pour la réunion des membres d'une même famille sont désastreux sur le plan des relations interpersonnelles.

Femmes
5. Que la durée d'obtention de la citoyenneté et du parrainage deviennent les mêmes, et qu'on les raccourcissent (actuellement dix ans). Parce ce que le lien de dépendance aux conjoints est difficile pour les femmes surtout en cas de violence conjugale.

6. Qu'une information adéquate sur notre système scolaire soit dispensée aux femmes immigrantes à même les cours de francisation.

7. Que les parrainées aient plus facilement accès à la formation professionnelle.

Divers
8. Que toutes les restrictions de droits soient abolies dès l'obtention de la citoyenneté.

9. Que ceux qui travaillent auprès des arrivants aient une formation plus adéquate, car certains préjugés sont tenaces. Dans ce domaine, il faudrait aussi embaucher plus de membres des minorités visibles.

10. Que le barème de 35 000$ exigés pour le parrainage soit réduit et que l'on tienne compte de l'aspect humain et non plus seulement financier lors des demandes de parrainage. Que l'on tienne plus compte des critères humanitaires qu'économiques dans les demandes.

11. Que les délais soient raccourcis pour les membres des familles hors du pays en ce qui concerne la réunification des familles. Que les personnes en attente de statut qui sont dans des situations habituellement très précaires puissent bénéficier des droits aussi élémentaires que les allocations familiales ou le crédit d'impôts pour enfants.

12. Pour une meilleure intégration, que le pays d'accueil s'associe avec des représentants des communautés culturelles pour permettre une meilleure adaptation des nouveaux arrivés en donnant par exemple à chaque famille qui arrive deux parrains, un Québécois pour faciliter son adaptation physique et sociale et un parrain de sa communauté pour lui permettre une meilleure adaptation psychologique.

13. Reconnaissance de l'autonomie des personnes, c'est-à-dire de l'égalité entre les hommes et les femmes.

14. Reconnaissance de la pluralité des formes de famille (bi- parentale ou monoparentale, reconstituée ou élargie).

15. Abrogation sinon modification profonde des lois C-55 et C-84 (distinction entre les procédures d'immigration avant l'admission au pays de celles postérieures à l'arrivée au pays, relatives à la reconnaissance du statut de réfugié).

16. Assurer aux femmes l'égalité d'accès au statut de réfugié en agissant au niveau de la sélection, sans empêcher que celle-ci ne favorise que les plus valides, les plus instruites, les plus riches .

17. Les femmes parrainées devraient avoir les mêmes droits que les autres immigrants selon le principe de l'égalité des conjoints.

18. Pour les travailleuses domestiques avec permis de travail temporaire, il serait important de mettre sur pied de mesures facilitant l'accès au statut d'immigrant reçu.

19. Renforcer les structures d'accueil des organismes communautaires et populaires au niveau des services d'aide de première ligne aux immigrants et aux réfugiés. En créer au besoin.

20. Soutien régulier et adéquat de l'État par une série de mesures d'aide à la famille (allocations familiales substantielles, allocations de logement, services de garde, congés parentaux et de maternité).

À plus long terme
21 . Modification des structures du marché du travail et de son organisation pour rechercher l'équité en matière d'emploi.

22. Soutien aux programmes d'aide à la relocalisation et au développement dans les pays d'origine (principalement du Tiers-Monde).

23. En politique extérieure, ne pas cautionner des politiques qui forcent les populations à émigrer et à demander l'asile.

Au niveau de la santé et des services sociaux
24. Que les différents groupes ethniques dans tous les milieux: écoles, services sociaux, services de santé, etc... puissent bénéficier d'interprètes et d'intermédiaires pour faire connaître leurs besoins spécifiques.

25. Que tous les intervenants oeuvrant dans les domaines des services sociaux, de la santé, de l'éducation, aient une formation obligatoire dans le domaine de la communication interculturelle et du fonctionnement des différentes cultures.

26. Faire en sorte que les structures d'accueil soient bien adaptées et en place partout au Québec, plus spécifiquement en région (ex.: Sherbrooke, Chicoutimi).

27. Embaucher et/ou augmenter le personnel multilingue dans les services de santé et de services sociaux et culturels.

28. Préconiser un partenariat entre les services sociaux et les organismes communautaires s'occupant des communautés culturelles, afin de partager les ressources ethniques disponibles dans le milieu.

29. Que les enfants des communautés ethniques reçoivent l'attention voulue dans les services de santé.

30. Que les immigrants soient bien informés de leur droit d'accès à tous les services (ex: garderie).

31. Que le ministère de la Santé et des Services sociaux mette en place des mécanismes assurant la présence des communautés culturelles sur les conseils d'administration de ces établissements.

Au niveau de l'Éducation
32. On recommande que la CÉCM développe un réseau d'agents de relations avec les communautés culturelles équivalant à celui de la CÉPCM.

33. Augmenter la représentativité des communautés culturelles dans les manuels scolaires de façon à refléter les transformations du Québec au niveau démographique.

34. Dans une perspective d'équité sociale et d'accès à l'égalité dans l'emploi, on suggère d'augmenter le nombre d'enseignants issus des communautés culturelles de façon à refléter les changements s'opérants dans le corps estudiantin.

35. Dans le cadre scolaire, mettre sur pied des programmes d'échanges interculturels entre les familles des différentes communautés culturelles.

36. Encourager l'enseignement des langues et des cultures d'origine auprès des enfants. Pour les parents, enseigner la langue et la culture du pays d'accueil, ainsi que l'histoire de l'immigration pour qu'ils puissant mieux comprendre le pays d'accueil.

37. Sensibiliser les parents au rôle important des enfants dans le processus d'acculturisation et leur donner des pistes de solution pour à la fois conserver leurs traditions et s'adapter à des nouvelles valeurs.

38. Créer des bureaux dans les écoles afin d'éveiller l'intérêt des étudiants face aux différentes cultures.

39. Prévoir une formation pour les professeurs dans le domaine des relations interculturelles. Faire connaître aux Québécois les valeurs et la culture des autres communautés.

40. Embaucher des agents de liaison scolaire afin de facilite les échanges entre les différentes communautés.

Au niveau des Affaires municipales
41. Au niveau municipal favoriser une table de concertation avec des partenaires de tous les domaines. Définir ce partenariat sur une base égalitaire.

42. Créer des lieux de rencontres pour favoriser les échanges entre les communautés culturelles et les Québécois. Créer des tables de concertation à cet effet au niveau des municipalités.

Au niveau de l'Habitation
43. Éviter de concentrer les immigrants dans des ghettos, dans des quartiers, par exemple Côte-des-Neiges.

44. Avoir des politiques municipales d'habitation pour faciliter l'accès aux communautés à des logements adéquats, et augmenter le nombre de logements sociaux (H.L.M.).

Au niveau des Communications
45. Que les médias tiennent compte de la présence des minorités ethniques dans le pourcentage de leur personne et de leur programmation.

46. Présenter les membres des communautés culturelles dans diverses situations. Normaliser l'accent, la couleur, etc...Représenter les initiatives des membres des communautés culturelles qui collaborent à l'amélioration et à l'avancement de notre société québécoise par le biais des arts, du théâtre ou de la littérature. Sensibiliser les médias face à la réalité muti-ethnique.

47. Aborder les problèmes que vivent les membres des communautés culturelles en terme de difficultés humaines et économiques temporaires plutôt qu'en terme de conflits raciaux.

48. Que les immigrants soient bien informés des différences qui existent au niveau de la langue entre le "Québec et le Canada".

Objectifs généraux
49. Veiller à ce que ces recommandations soient acheminées aux bons ministères.

50. Former un comité non-gouvernemental avec un groupe de recherche pour développer un plan d'intégration des communautés culturelles dans les services publics.

51. Dans les programmes d'intégration des communautés culturelles proposés par les partis politiques, il devrait y avoir la présence de membres de ces communautés.

52. Encourager les rencontres entre les intervenants sociaux et les fonctionnaires de l'État chargés de la question des communautés culturelles.

 

Retour à la table des matières

Retour à la liste des activités