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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 14, numéro 71, décembre 2002 |
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Madame Sylvette Chanel Image de la conférence Écouter la conférence
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conférence
Artisane - Enfant
Jésus de Montréal
Fabrication & Restauration de personnage de cire
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Sylvette Chanel Personnages de cire Diplômée de
l'École des Métiers Commerciaux Ses séjours à
l'étranger l'amènent En 1985, Après trois
années d'apprentissage En 1988,
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Sylvette Chanel (1-514) 849-7445 |
Crêche |
| Présentation La pratique des métiers d'art traduit à n'en pas douter une façon de voir, de sentir et de vivre. Bien enraciné dans notre passé cet héritage constitue une mémoire vive, richesse collective que vient revitaliser la création de nos artisans. Sylvette Chanel fabrique des Enfants Jésus en cire depuis plusieurs années déjà. Au Québec, elle sera la première laïque à perpétuer ce savoir faire dont les religieuses des couvents et cloîtres étaient les seules dépositaires. La confection de ces figurines jadis très répandue risque pourtant de disparaître faute d'intérêt. Soucieuse de sauvegarder une tradition qui remonte au début de la colonie, Sylvette Chanel apporte un nouveau souffle à une coutume qui, selon elle, mérite d'être maintenue. Il s'est agit pour elle de reprendre, un à un, ces gestes que des mains habiles ont inscrits dans la matière depuis plus de trois siècles, de les réinventer dans cet esprit de respect et d'excellence qui animait jadis les artisans. La réalisation de ces Jésus correspond à différentes étapes d'un processus qui n'a guère changé depuis des centaines d'années. À travers son expérience, Sylvette Chanel affinera tant soit peu les méthodes de travail habituelles, améliorations et modifications de techniques qui faciliteront la réalisation de ces figurines tout en assurant l'exactitude et le raffinement de leur rendu. Au départ, Sylvette Chanel utilise des moules en élastomère qu'elle confectionne elle-même à partir d'un prototype en argile ou, dans certains cas, d'un premier spécimen en cire. Elle recourt aussi à des matrices de plâtre, traditionnellement en usage, qui favorisent la mise en valeur des détails. Ces deux méthodes permettent d'assurer la constance des formes et la qualité de leur reproduction. Soulignons ici le rôle du moule par lequel l'artisane perpétue telle ou telle posture de l'enfant qui est ainsi transmise de génération en génération. La cire d'abeille est d'abord teintée de pigments puis ensuite coulée dans le moule selon la vieille technique de la cire perdue. L'exercice prend alors un tout autre registre de signification avec cette matière malléable qui épouse pour ainsi dire les parois de la matrice. La cire se plie alors aux caprices des formes sous l'impulsion de la chaleur, puis en conserve jalousement les moindres traces reprises comme de fidèles souvenirs incrustés dans la matière. Un polissage des surfaces leur donne enfin ce fini épidermique et presque réel. L'implantation des cheveux, la pose des yeux et l'habillage du nouveau-né constituent alors les touches finales qui mettent fin à un long et délicat processus. Chaque figurine bénéficie ainsi d'interventions particulières, traitements qui font de chacune une pièce presque unique, et ce malgré la standardisation de ces diverses opérations. Ce type de production déborde largement le cadre religieux pour rejoindre une réalité à la fois sociologique et culturelle. Le travail de Sylvette Chanel débouche alors sur une nouvelle réflexion au niveau du pouvoir de la représentation, de cette capacité d'évocation de la matière qui permet au regard de saisir par et au-delà de l'apparence les réalités profondes qui en émergent. Jules Arbec Critique d'Art |
| Les petits Jésus de Sylvette Chanel Journal Le Plateau - Dimanche 17 décembre 1996 Sylvette Chanel ne fait que dans le vrai et l'authentique. Elle fabrique ses Jésus à partir de blocs de cire d'abeille blanchie au soleil. Les cheveux qu'elle pose sur la tête de ses Jésus sont véritables. Cette tendance à l'authenticité se reflète même dans sa cuisine et ses carrés au sirop d'érable sont à se rouler par terre! Son histoire a débuté avec une religieuse qui fabriquait des Jésus en cire selon la véritable tradition qui remonte au XVIle siècle et qui avait besoin d'aide. À l'époque, Sylvette Chanel travaillait comme designer de mode pour des vêtements pour enfants de 0 à 6 ans. Une boutique mettait ses vêtements en vente au bénéfice d'un organisme qui possédait des ateliers qui venaient en aide aux femmes. Une fois par semaine les femmes venaient m'aider à faire des ourlets sur les vêtements que je confectionnais. Il s'agissait d'un lieu qui favorisait la participation directe des femmes, explique Mme Chanel. Un des ateliers était réserve à la fabrication de berceaux. Puis, en ayant connaissance des travaux effectués par la religieuse, Sylvette s'est jointe à elle et appris pendant trois am et demi à fabriquer des Jésus en cire. La religieuse avait besoin d'aide et a agi avec moi comme les artisans le font en Europe avec le compagnonnage, où les apprentis suivent les traces des artisans. J'ai ensuite -ouvert mon propre atelier, raconte-t-elle. Elle travaille en atelier depuis huit ans et confectionne des Jésusd epuis 11 ans. La soeur m'a véritablement transmis son patrimoine. J'ai poursuivi mes recherches sur la confection de statuettes en cire et j'ai recherché à parfaire cet art en donnant ma touche personnelle. Les visages de mes Jésus ressemblent à rien d'autre qu'aux expressions que je leur donne, fait-elle remarquer. Au fil des années d'expérience qu'elle a acquises, elle a développé ses propres techniques et ses propres recettes. Manipuler la cire c'est un peu comme le chocolat. La cire est mangeable puisqu'il s'agit d'un produit naturel, mais c'est la digestion qui risque d'être plus difficile, lance Sylvette en ricanant. Ses Jésus sont fabriqués à 85 p. cent de cire. Un matériau qu'elle considère noble sans être précieux. À contre courant Elle est membre du Conseil des métiers d'arts et fait partie de la Corporation des vieux métiers, une banque d'artisans qui interviennent lors d'animation et qui regroupe J'ensemble des métiers traditionnels allant des fabricants de savon aux blanchisseuses. C'est ce qui explique pourquoi elle ne se concentre que sur ses Jésus. Il n'est pas question pour elle de verser dans le commercial en faisant des anges qui connaissent une popularité grandissante auprès des amateurs. De toute façon, les anges on les accroche et ils prennent la poussière. Après un certain temps, ils auront l'air de quoi? Accrocher un ange au mur avec de vrais cheveux, il va être complètement anéanti au bout d'un an. De toute façon, en étant fabriqués avec de la cire, ils décoloreraient à la lumière. Les Jésus, par contre, ne sont exposés que pendant le temps des Fêtes et ensuite sont rangés pour le reste de l'années, fait-elle valoir. J'ai toujours été à côté de tous les courants populaires et de la folie furieuse qu'ils amènent. J'ai tout de même embarqué un peu dans ce moule de société trop rapide. C'est rendu que je pitonne plus vite que le guichet automatique! Elle réussit à composer entre ses principales qualités, la patience et l'endurance, et ce que la société actuelle ne permet plus d'être. Le 9-1-1 des Jésus En plus de fabriquer des Jésus en cire naturelle, cette artisan s'affaire également à restaurer le patrimoine. Il y a certains inconvénient à ce que les Jésus soient en cire. S'il étaient en ciment, il suffirait de passer une éponge pour les nettoyer Mais la tradition et l'authenticité demandent à être respectées. Au moment de notre visite elle s'affairait à réparer un Jésus qui lui a été confié par la paroisse Sainte-Bibiane du quartier Rosemont. Elle reçoit des Jésus pour restauration qui proviennent de Nouvelle-Écosse, du Manitoba, de la France et des États-Unis. En les restaurant, je fais vivre Jésus plus que 33 ans. Je suis un peu comme le 9-1 -1 des Jésus. Sylvette s'est vue confier un Jésus Irlandais vieux de 200 ans. Je traite les morceaux de cire vieux de plus d'une centaine d'années, qui me sont apportés ici, avec un énorme respect. Respect du personnage que représente le Christ et le respect de l'art des artisans qui ont travaillé sur ces modèles avant moi. Je viens d'en recevoir un en mille miettes que je dois refaire. Il n'y a pas longtemps, les boutiques d'articles religieux s'approvisionnaient en important les statuettes d'Autriche. Aujourd'hui, la production de Sylvette Chanel se retrouve sur les tablettes de ces boutiques spécialisées. Perfectionniste, elle avoue devoir s'arréter de peaufiner ses Jésus qui mesurent entre quatre et vingt pouces. Ce que les autres ne voient pas, moi je le vois. Travailler à l'aide d'une loupe serait effrayant pour moi. La pièce ne serait jamais assez parfaite même si les gens n'y verraient aucune différence. Dans ce que je fais, il faut désacraliser le travail et percevoir d'abord l'art. Je respecte les croyances de tout le monde. Ce que je trouve le plus important c'est que le patrimoine québécois, à tendance rehgieuse ou pas, soit connu et apprécié. Avec le travail que je fais, je crois qu'il faut être croyant. Mais je ne confectionne pas des Jésus pour qu'on adore un morceau de cire, je suis loin du fétichisme, confie-t-elle. Elle expose au Salon des métiers d'arts. C'est l'occasion d'observer le travail minutieux de cette artisane hors du commun. |
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