Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 14, numéro 71, décembre 2002

Madame Marie Leahey  Écouter la conférence   partie 1   partie 2    Voir la conférence   partie 1    partie 2
Directrice générale de SORIF
Service d'Orientation et de Recherche d'emploi pour l'Intégration des Femmes au travail

Un accès limité à la formation continue pour les femmes avec enfants

Présentation de l'organisme

Le Service d'orientation et de recherche d'emploi pour l'intégration des femmes au travail (SORIF) fête cette année son 25e anniversaire. Notre mission est d'aider les femmes cheffes de famille monoparentale à intégrer ou réintégrer le marché de l'emploi, soit directement soit en passant par un retour aux études générales ou professionnelles. Nous nous adressons donc uniquement à des femmes cheffes de famille monoparentale, très majoritairement prestataires de l'Assistance-emploi (aide sociale), quelquefois bénéficiaires de l'Assurance-emploi (chômage) et de plus en plus aux nouvelles pauvres « sans chèque » [1], vivant avec une pension alimentaire, travaillant à temps partiel, etc.

Dans les mesures d'emploi offertes par Emploi-Québec, SORIF est financé à titre de ressource externe dans la mesure PPE (programme de préparation à l'emploi). Cela indique donc que l'organisme offre une programmation axée sur une démarche de groupe de plus de 180 heures; que les postulantes doivent avoir l'accord de leur agent du Centre local d'emploi pour participer à la mesure (même si elles sont « sans chèque »); que les participantes reçoivent une allocation de participation de 30,00$ par semaine ainsi que des frais de garde et, à l'occasion, des frais de transport. Dès maintenant, avec le mode de financement des ressources externes et de participation des clientes, nous pouvons identifier des obstacles à la formation continue pour les femmes cheffes de famille monoparentale. Nous y reviendrons dans la section obstacles à l'entrée en formation, après une présentation des caractéristiques des femmes admises à notre service.

Durant nos 25 ans d'existence, nous avons su adapter notre programmation pour répondre aux besoins des femmes, du marché du travail et des bailleurs de fond, tout en gardant la problématique de la conciliation famille-travail au coeur de notre intervention.

Les travaux du Conseil du statut de la femme et du Comité femmes et développement régional du Conseil régional de développement de l'Île de Montréal [2] ont bien démontré la sur-représentation des femmes vivant dans la pauvreté et la sur-représentation des familles monoparentales ayant une femme comme cheffe chez les familles vivant dans la pauvreté. Sans malheureusement être exclusif, on peut noter que la pauvreté touche les adultes qui sont hors du marché de l'emploi. Les caractéristiques socio-économiques des femmes que nous avons admises dans notre service montrent la pauvreté économique mais aussi la pauvreté dans les moyens pour accéder au marché du travail montréalais. Un des moyens pour accéder à ce marché de l'emploi est de retourner aux études et d'ainsi améliorer ses compétences professionnelles. C'est le choix que plusieurs de nos clientes ont fait et nous voulons ici illustrer les difficultés qu'elles ont rencontré dans la réalisation de leur projet.

Les obstacles à l'entrée en formation et à la persévérance scolaire

Malgré le déploiement des formations offertes, à tous les niveaux d'enseignement, sur l'Île de Montréal et malgré un discours gouvernemental d'accessibilité, on peut identifier une série d'obstacles empêchant les adultes économiquement défavorisés et très souvent sous-scolarisés de retourner aux études. À cause de leur charge familiale, de leur âge, de leur situation socioéconomique et de leur genre, les femmes cheffes de famille monoparentale sont particulièrement touchées par ces barrières érigées par les services publics d'emploi, le ministère de l'Éducation, les institutions d'enseignement, les autres services gouvernementaux.

La réduction du concept de formation continue à la formation axée sur l'emploi
Plusieurs femmes, notamment celles qui n'ont pas de diplôme de secondaire général, ont une perception d'elle-même dévalorisée face aux études et ont souvent des souvenirs pénibles de leurs années d'écolières. Ce qu'elles savent – car c'est le discours le plus largement répandu – c'est qu'il faut, pour gagner sa vie, avoir un métier et donc aller à l'école. Trop rarement, on reconnaît les apprentissages qu'elles ont fait tout au long de leur vie, dans leurs activités familiales, de travail, de loisir, de bénévolat : elles ne se voient pas comme capables d'apprendre. Or, la reconnaissance de la capacité d'apprendre est préalable au désir de retourner étudier. Pour reprendre confiance en elle, pour apprendre à concilier son rôle de mère avec d'autres rôles sociaux, pour débuter sa réinsertion professionnelle, il peut être nécessaire à une maman monoparentale pauvre d'un jeune enfant d'avoir des activités d'apprentissage : cours parent-enfant, cuisine collective, centre de femmes. Mais qui paiera pour les inscriptions à ces activités, où faire garder le bébé et comment payer le service de garde? Ce n'est pas relié à l'obtention d'un diplôme officiel? Ce n'es pas relié à l'emploi? Il n'y a donc pas de programme de financement qui répond à ses besoins.

Les services publics d'emploi
De par sa mission et avec l'aide d'Emploi-Québec (et son réseau de centres locaux d'emploi - CLE), le ministère de l'Emploi est un acteur important en formation continue. On l'a vu, les femmes clientes de notre service sont fortement prestataires de la Sécurité du revenu et donc leur démarche d'insertion sociale et professionnelle est tributaire des politiques et règles d'Emploi-Québec.

La règle du plus court chemin vers l'emploi
Cette règle désavantage les femmes faiblement scolarisées. Combien de fois l'agent CLE a-t-il dit : « va passer un test de classement, si t'es trop bas, le retour à l'école va être trop long et trop cher, tu ne pourras pas y aller »?

Même si, théoriquement, un prestataire peut avoir jusqu'à 36 mois de formation payée par Emploi-Québec, c'est également cette même règle du plus court chemin qui fait qu'une adulte ne peut pas s'inscrire à un Diplôme d'études collégiales d'une durée de 3 ans : Emploi-Québec s'engage à payer une Attestation d'études collégiales (AEC), d'une durée généralement de 1 an. Ceci n'a donc rien à voir avec les intérêts de la personne, de ses aspirations professionnelles, ou l'offre de service. C'est également vrai pour une prestataire qui voudrait finir son secondaire général pour étudier au cégep (même si elle s'engage à utiliser le programme Prêts et bourses) : l'agent s'engagera à payer la formation secondaire qui permettra à la femme de s'inscrire dans un Diplôme d'études professionnelles (DEP), c'est-à-dire un Secondaire V spécialisé. Nous n'entrons pas ici dans la saga que peut vivre une prestataire qui voudrait faire des activités d'alphabétisation dans un groupe populaire!

Auparavant, il existait le Programme de retour aux études postsecondaires pour les chefs de famille monoparentale. Avec le REPS, les femmes monoparentales pouvaient étudier l'équivalent de 4 sessions consécutives, à temps plein, dans une discipline de leur choix, soit au niveau collégial, soit au niveau universitaire. Cela ne couvrait pas la durée normale d'un DEC professionnel ou d'un BACC (généralement de trois ans) mais cela avait un énorme effet incitatif. La pauvreté des femmes bénéficiaires les amène à gérer leur maigre budget (et leur vie) d'un chèque mensuel à un autre. Arriver à se projeter dans un projet professionnel s'échelonnant sur plusieurs mois est déjà une victoire importante face à leur insécurité financière. Leur demander de s'engager dans un processus éducatif de trois ans, tout en apprenant à gérer les finances familiales à partir des 2 ou 3 chèques annuels du programme Prêts et bourses, tout en jonglant avec les responsabilités familiales, la réaction des enfants à la nouvelle vie de leur mère et le retour aux études est un défi que peu d'adultes ayant des conditions de vie plus facilitantes ne relèveraient pas. Le programme REPS avait l'avantage de permettre un passage plus doux entre l'inactivité professionnelle et le retour aux études. Il reconnaissait également la difficulté particulière des femmes élevant seule leur(s) enfant(s), reconnaissance non négligeable pour ces femmes qui ont besoin également d'un soutien social et moral.

Les règles financières
Emploi-Québec de Montréal (comme dans chacune des régions administratives du Québec) dépose un plan d'action où on retrouve les effectifs prévus pour chacun des programmes et mesures offerts. De même, chaque centre local d'emploi détermine le nombre de personnes qui auront droit aux différentes mesures ou, dans le cas qui nous intéresse, à la Mesure de formation de la main-d'oeuvre. Les ressources externes ont vite compris qu'il ne faut pas envoyer les clientes au CLE en février pour demander de faire du rattrapage scolaire : les cibles prévues sont atteintes, les budgets sont déjà engagés. La réponse générale de l'agent est « tu n'y as pas droit » et non pas « revenez en avril, au début de la nouvelle année financière ».

La gestion locale des budgets amène aussi une inégalité de traitement. Nous avons remarqué que certains CLE qui signent des ententes locales de formation avec des institutions d'enseignement ou des groupes communautaires ont tendance à s'assurer que les cours « achetés » aient le nombre d'étudiants prévus. L'agent pourrait dire « non au DEP en secrétariat (12 à 18 mois) parce que vous pouvez aller à un cours d'informatique en environnement Windows-Office dans le groupe InformatiK (durée 3 mois) et c'est suffisant pour se trouver un emploi ».

L'absence de règles uniformes et de mécanisme d'appel des décisions
En voulant établir des parcours individualisés d'insertion sociale et professionnelle, la dernière réforme de la Sécurité du revenu (aide sociale) et la fusion des services avec la création d'Emploi-Québec ont donné beaucoup de latitude aux organismes locaux que sont les CLE et leurs agents. Au-delà de grandes directives nationales ou régionales, il y a donc place à beaucoup d'interprétation, d'adaptation et de décision par le palier local. Il est donc très difficile pour une bénéficiaire (et encore plus pour une professionnelle de ressource externe) de connaître les directives précises et de contester la décision de son agent : quelquefois, on pourrait regretter habiter dans un quartier plutôt qu'un autre. D'ailleurs, il n'y a pas de mécanisme formel d'appel de la décision d'un agent concernant le parcours. Le mécanisme d'appel actuel ne s'applique que pour des décisions d'ordre financier et ce mécanisme est mal connu et peu utilisé.

La formation pour les métiers en pénurie
Une des règles qui semble assez bien établie est que l'agent accepte une formation professionnelle si cette formation mène à un métier en pénurie de main-d'oeuvre dans la région montréalaise. On pourrait contester longtemps l'utilisation d'une liste des métiers en pénurie actuelle de main-d'oeuvre pour l'acceptation d'une démarche de formation qui peut s'échelonner sur 36 mois. Deux exemples pourront illustrer notre propos. Au début des années '90, il y avait dans la liste montréalaise des pénuries de main-d'oeuvre les métiers reliés au cirque. Or, il n'y avait qu'un seul employeur de cirque à Montréal : si celui-ci fait faillite ou déménage, il n'y a plus de pénurie. Plus récemment, on a contingenté les cours collégiaux en soins infirmiers car on évaluait qu'il y aurait un surplus : avec le programme des retraites anticipées offert aux infirmières par le gouvernement québécois, plusieurs infirmières actuelles doivent faire du temps supplémentaire obligatoire et le métier est en pénurie de main-d'oeuvre partout au Québec. La formation initiale collégiale en soins infirmiers est de 3 ans et très souvent les hopîtaux universitaires (que l'on retrouve beaucoup à Montréal) engagent préférablement des bachelières (3 ans d'études universitaires).

Les cours de langue
Outre une expérience dans le cadre de la Relance de l'Est, nous n'avons aucun souvenir d'une formation intensive pour apprendre l'anglais payé par Emploi-Québec (ou la SQDM d'alors) : la règle semble que l'on peut gagner sa vie en français à Montréal. Or, nous avons vu une cliente se voir refuser une formation en secrétariat sous prétexte qu'il fallait maîtriser l'anglais pour travailler dans ce domaine à Montréal : on ne lui offrait pas d'aller suivre des cours d'anglais même à temps partiel.

Une difficulté similaire surgit pour les femmes immigrantes scolarisées dans leur pays et qui viennent de finir les cours de français au COFI. Elles ont besoin d'apprendre à mieux parler mais surtout d'écrire minimalement français.

Le manque d'argent et les effets de la pauvreté

La peur de s'endetter
Vivre pauvrement c'est avoir peur de manquer d'argent pour payer son loyer, pour nourrir les enfants. Vivre pauvrement c'est « budgéter » à très court terme. Vivre pauvrement c'est craindre que le frigo lâche et qu'on doive payer 50$ par mois pendant des mois pour le remplacer par un modèle usagé.

Dire à une femme cheffe de famille monoparentale qu'elle pourrait vivre avec un prêt étudiant et une bourse d'étude pendant qu'elle fait son secondaire V en secrétariat, c'est lui dire de vivre dangereusement. Le passage à une vie plus active à l'extérieur de la maison coïncide avec un passage à une gestion du budget familial à plus long terme. C'est un risque financier encore plus grand quand le salaire espéré après la formation est de 24 000,00$ et que l'on a deux enfants à charge.

Payer ou perdre la garderie
L'instauration des frais de garde à 5$ (pour ceux et celles qui bénéficient d'une place) a eu des effets bénéfiques sur le budget familial de travailleuses. Le succès de ce programme a toutefois provoqué une pénurie de place de garde dans les centres de petite enfance. Il est extrêmement difficile de trouver une place libre pour une mère qui veut recommencer à être active à l'extérieur de la maison. Si elle trouve une place pour son enfant, elle a tout intérêt à garder cette place. Tant qu'elle participe à une mesure désignée, les frais de garde sont remboursés par Emploi-Québec. Or, la difficulté surgit quand elle est en attente d'une mesure (par exemple entre le processus d'orientation à SORIF et le début d'une formation, il peut se passer de 2 à 6 mois) : l'aide financière d'Emploi-Québec n'est plus accordée. Elle doit débourser 100$ par mois pour un revenu d'aide sociale d'un peu plus de 500$ ou risquer de perdre sa place et de ne pas avoir de service de garde quand la mesure active débute.

Deux chèques plutôt qu'un
Le passage entre l'ancien système où on majorait le chèque de l'Aide sociale avec les frais de participation et de garde et le nouveau système où le chèque de l'aide demeure inchangé et que l'on reçoit d'Emploi-Québec les frais de participation et de garde aux deux semaines s'est fait difficilement pour deux raisons. La première est qu'il y avait (et a encore malgré une très grande amélioration) des erreurs commises par les services publics (les femmes se retrouvaient avec des « dettes » face au ministère). La seconde raison tient à la situation de pauvreté des femmes et la difficile gestion financière de la maisonnée.

Problèmes plus spécifiques aux immigrantes

Le privé c'est bon
Les femmes immigrantes ont plus souvent tendance que les femmes nées ici à penser qu'une formation professionnelle sera nécessairement meilleure si elle est offerte par une école privée. Elles sont souvent victimes de petites entreprises qui n'hésitent pas à leur faire payer cher une formation plus ou moins adéquate (exemple : cours de préposée aux bénéficiaires d'une durée de 45 heures alors que la formation du secteur public est d'un an) ou bien elles se sont endettées de plusieurs milliers de dollars pour une formation équivalente offerte dans plusieurs cégeps mais où il y a un surplus de main-d'oeuvre (agente de voyage, par exemple).

• La complexité de la reconnaissance des acquis
La procédure pour faire traduire un diplôme obtenu à l'étranger et comparer aux diplômes d'ici par le ministère concerné est longue et très souvent décevante. Que faire avec une équivalence d'un an en génie du bâtiment alors que l'on a 8 ans d'expérience de travail dans son pays d'origine? Aucun cégep n'acceptera de vous exempter de la première année d'un DEC.

Les problèmes liés aux institutions d'enseignement

Les écoles, les cégeps et dans une moindre mesure les universités offrent des cours à des adultes comme s'il s'agissait d'enfants ou d'adolescents et nous ne parlons pas de pédagogie. Plusieurs femmes monoparentales ne peuvent suivre une formation à cause des heures de cours : la garderie n'est pas ouverte au moment où elle devrait partir pour se rendre au cégep, la garderie ferme avant que la mère n'est le temps de revenir de sa formation. Et que dire des cours du soir? Ou des cours d'été quand l'école des enfants est finie? Il est vrai qu'à Montréal, contrairement à d'autres régions du Québec, on peut bénéficier d'un service public de transport mais il ne faut pas mésestimer le temps de voyagement entre la maison, la garderie (ou l'école des enfants) et le lieu de formation pour l'adulte.

Tout adulte peut retourner en formation initiale pour faire du rattrapage scolaire. Ce que peu d'adultes savent c'est qu'il y a un nombre d'heures de formation que l'on ne peut pas dépasser (le « 2000 heures ») : ne le sachant pas, ils n'avertissent pas l'école quand ils doivent manquer une semaine parce que leur enfant a contracté une maladie contagieuse qui amène un retrait de l'école ou de la garderie. On remarque aussi que pour certaines femmes immigrantes qui ont des difficultés importantes en français, le temps alloué pour le rattrapage scolaire est trop court. On remarque aussi que plusieurs femmes sont démotivées, peu enclines à poursuivre leurs études ou incapables de faire des apprentissages sérieux à cause de la forme même du rattrapage scolaire : elles auraient besoin de cours magistraux avec un professeur qui fait les liens entre les différents apprentissages et qui développe un sentiment d'appartenance à une classe.

Plusieurs formations techniques sont offertes aux adultes bénéficiaires de soutien financier d'Emploi-Québec sous la forme de formation intensive : la formation se donne en 10 mois plutôt que 18 mois. Ce rythme accéléré d'apprentissage n'est pas toujours approprié pour des adultes qui ont peu confiance en eux, qui ont quitté l'école ou le marché du travail depuis plusieurs années, qui ont des charges familiales importantes (vacances d'été, de Noël, relâche scolaire, etc.).

Conclusion

Nous avons tenté dans ce texte d'énumérer les obstacles rencontrés par les femmes cheffes de famille monoparentale clientes de notre service dans leur désir de reprendre des études. Ces obstacles sont réels, fréquents et on doit s'y attaquer pour tenter de les réduire sans quoi on ne pourra parler d'une société axée sur le développement des savoirs ou d'une société qui prône un accès de tous les citoyens et citoyennes à la formation.

Plusieurs de ces obstacles pourraient disparaître en assurant un meilleur arrimage entre des mesures qui existent déjà. Un processus de connaissance de soi associé à une meilleure connaissance du marché du travail et du système d'enseignement (organisation et financement) semble être une condition essentielle de réussite scolaire, surtout pour des adultes sous-scolarisés, ayant une longue absence du marché du travail, comme le sont les femmes monoparentales que nous rencontrons. Il faut aussi s'assurer que ces étudiantes et étudiants aient un support psycho-social adéquat : la vie familiale est perturbée par le retour du parent aux études et il faudra recréer l'équilibre dans la maison tout en sachant que cet équilibre sera à maintenir tout au long des études. Le concept de conciliation famille-travail devrait aussi inclure les études.

Plusieurs mesures financières gouvernementales aident effectivement les adultes à retourner aux études mais la succession des contraintes et conditions pour y avoir droit devrait s'amoindrir. Une fois le plan d'action approuvé par Emploi-Québec, la bénéficiaire devrait pouvoir s'attendre à des frais de garde remboursés (même entre deux mesures), une meilleure coordination entre le chèque d'aide sociale et le chèque de prêt étudiant, etc. Certaines mesures abandonnées devraient être réinstaurées : le programme Retour aux études post-secondaires pour les chefs de famille, le droit de faire un secondaire V général dans la mesure rattrapage scolaire, à titres de derniers exemples.


[1] Dans le jargon de l'employabilité, une personne « sans chèque » ne reçoit aucun chèque gouvernemental de prestations sociales. Ces personnes ne sont donc pas incluses dans les statistiques de chercheuses d'emploi ou de bénéficiaires de l'assistance-emploi. Elles n'ont pas accès aux médicaments gratuits, à une allocation logement; elles sont très souvent exclues des formations professionnelles achetées par les instances gouvernementales et ont peu accès aux mesures d'emploi et de développement de l'employabilité.

[2] Conseil du statut de la femme, Parce que la jeunesse concerne aussi la femmes, Propositions d'actions en vue du Sommet du Québec et de la jeunesse, octobre 1999; CRDIM, Comité femmes et développement régional, Une île, une ville, vingt-sept arrondissements, des réalités multiples : un portrait comparatif de la situation socio-économique des femmes et des hommes dans la nouvelle ville de Montréal, février 2002.


SORIF
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