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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 15, numéro 73, septembre 2003 |
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Madame Micheline Gamache Image
de la conférence Écouter Voir
Sous-ministre adjointe
Ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la
Famille
Projet de notes
le jeudi 19 juin 2003
Vingt ans de réalisations gouvernementales
Salutations d'usage
Je suis très heureuse de me joindre à vous et de pouvoir partager ce retour sur 20 ans de belles réalisations, lesquelles sont, et nous en sommes fiers, le fruit de la mise en commun de nos réflexions et de notre travail soutenu en matière de politique familiale.
C'est par ailleurs, avec fierté que je représente le gouvernement du Québec. Car vous aurez compris que mon collègue André Trudeau, sous-ministre au MESSF, initialement inscrit à votre carton d'invitation, n'a pu se libérer. Il regrette de n'avoir pu partager ce moment avec vous et me prie de vous saluer très cordialement.
Permettez-moi d'abord de féliciter le Regroupement pour ses deux décennies d'existence. Dernier-né des quatre grands regroupements familiaux québécois, il a su se tailler une place qui lui est propre et il constitue un acteur incontournable du mouvement familial et du développement de la politique familiale.
Nous sommes tous au fait que la famille québécoise a subi d'importantes transformations au cours du dernier siècle, particulièrement à partir des années soixante. Mais en dépit de cette évolution marquée, la famille demeure une valeur fondamentale au sein de la population québécoise.
C'est en 1967 qu'on a vraiment commencé à parler de politique familiale, et c'est au cours des années soixante-dix, que les groupes familiaux ont réclamé l'adoption d'une telle politique.
Permettez un retour aux sources ;
l'exercice, un peu fastidieux, permet de bien se situer dans le
temps.
Ma présentation couvre donc trois périodes distinctes :
Alors, Mesdames et Messieurs, allons-y d'un peu d'histoire.
Pour faire suite au mandat qu'il avait confié en 1981 au ministre d'État au Développement social, le gouvernement publie, en octobre 1984, le Livre vert intitulé « Pour les familles québécoises ». On y affirme notamment que le développement d'une politique familiale signifie la reconnaissance de la famille et vise à intégrer la dimension familiale dans les politiques sectorielles chaque fois que cela est nécessaire.
Le Livre vert est suivi d'une vaste consultation nationale. Ainsi, ce sont 2 000 participants et une soixantaine d'organismes familiaux qui démontrent leur grand intérêt en participant à diverses séances
Quelque 6 500 recommandations couvrant 12 thèmes sont formulées. Elles donneront lieu ultérieurement à un rapport de consultation remis à la ministre responsable du dossier, Thérèse Lavoie-Roux. Ce document proposait sept priorités, notamment celles touchant la violence familiale et conjugale, le réaménagement et l'augmentation des allocations familiales, l'adaptation du monde du travail aux besoins des parents et la mise sur pied des services de garde, des services aux adolescents ainsi que des services de santé aux familles.
C'est à la fin de 1987 que le gouvernement adopte l' « Énoncé des orientations et de la dynamique administrative » de la politique familiale. L'objectif général est de reconnaître l'importance de la famille en tant qu'institution et milieu de vie, notamment par le soutien collectif aux parents, qui sont les premiers responsables de la prise en charge des enfants et du milieu familial. Le Conseil de la famille est alors constitué. Le Secrétariat à la famille est quant à lui chargé de coordonner le développement horizontal de la politique familiale à l'intérieur du gouvernement.
Enfin, l'Énoncé reconnaît l'importance de la contribution des autres acteurs sociaux que sont les municipalités, les intervenants économiques et le monde du travail.
À l'automne 1988, le gouvernement et les unions municipales invitent les autorités municipales à penser et agir en fonction des familles. L'année suivante, le Conseil de la famille diffuse le guide « Penser et agir famille » à l'intention des intervenants publics et privés.
La période 1990-1996, c'est celle des trois plans d'action « Familles en tête ».
Le premier (1989-1991) contient 58 engagements pris par divers ministères et organismes gouvernementaux. On y retrouve les priorités suivantes : soutien économique aux familles, responsabilités familiales et marché du travail, services de garde, santé et services sociaux, famille et école, violence familiale.
Le second plan d'action (1992-1994) comporte pour sa part 92 engagements gouvernementaux, regroupés sous cinq domaines d'intervention : prévention, conciliation famille-travail, soutien financier, amélioration du milieu de vie et accentuation du virage familial.
Finalement, le troisième plan d'action (1995-1997) regroupe non seulement le gouvernement, mais aussi les secteurs communautaires, municipaux, du travail, de l'éducation, de la santé et des services sociaux. Outre les questions du soutien financier et de l'importance de la prévention, la conciliation travail-famille est reconnue comme une nécessité.
Ce troisième plan d'action s'appuie sur un vaste processus de consultation avec les réseaux de partenaires concernés par les questions familiales. Mentionnons le Forum des partenaires, la constitution de six tables sectorielles ainsi que d'un comité de suivi.
Au-delà de la réalisation de presque tous les engagements qu'il comporte, l'exercice permet surtout de mobiliser l'ensemble des acteurs socio-économiques autour d'un projet commun : assurer un meilleur soutien aux familles.
Enfin, au début de 1997, le gouvernement publie son Livre blanc sur les dispositions de la politique familiale. Les objectifs sont d'assurer l'équité entre les familles en accordant une aide accrue à celles à faible revenu, de faciliter la conciliation travail-famille et de favoriser le développement des enfants et l'égalité des chances.
On apporte des changements aux services éducatifs et de garde à la petite enfance. La nouvelle allocation familiale voit le jour, de même que le régime d'assurance parentale.
C'est en juin 1997 que le gouvernement crée le ministère de la Famille et de l'Enfance. Ce dernier est chargé de veiller à ce que la société accorde une meilleure place aux familles et aux enfants, de mieux soutenir les parents pour leur permettre d'assumer leurs responsabilités et enfin de préserver le lien avec leurs enfants.
Le Conseil de la famille adopte la nouvelle appellation ministérielle et devient le Conseil de la famille et de l'enfance.
En mars 1999, le Forum des partenaires de la politique familiale est constitué. Il est composé de près d'une trentaine d'organisations nationales et a pour objectifs de consulter les intervenants-clés au sujet du développement de la politique familiale et d'en optimiser la concertation en vue d'assurer la complémentarité des actions.
Lors de la première rencontre, deux groupes de travail ont été mis sur pied : reconnaissance/financement des organismes communautaires « famille »et soutien au rôle parental. Leur rapport est déposé l'année suivante, lors du second forum, en février 2000. Les travaux du groupe de travail sur le soutien au rôle parental conduiront à l'adoption du « Plan concerté pour les familles du Québec ---Le Québec en amour avec la famille ».
Ce plan, qui s'appuie sur une démarche partenariale, a été rendu public par la ministre responsable lors de la 4e rencontre du Forum des partenaires, il y a un peu plus d'un an. Les objectifs, comme vous le savez, sont de mobiliser l'ensemble des partenaires de la politique familiale et d'orienter la conception d'activités, de mesures ou de projets autour des axes suivants : soutien au rôle parental, l'adaptation des milieux de vie aux besoins des familles ainsi que la conciliation travail-famille.
Un comité de suivi du Plan concerté a été mis en place. Il est composé d'un représentant de chacun des grands secteurs d'intervention touchant la question familiale représentés au Forum des partenaires.
20 ans et quelque résumés ainsi illustrent bien la convergence et la continuité des préoccupations : services de garde, adaptation des milieux, soutien financier, conciliation travail-famille.
Et, au terme de ces vingt années de travail, quel bilan peut-on en faire? Quels ont été les gains pour les familles? Voici quelques résultats dont on peut être fiers :
Cela dit, l'heure n'est pas encore à la « Satisfaction du devoir accompli et complété », donc du « Repos du guerrier ». Nous avons toujours le coeur à l'ouvrage et le désir d'aller plus loin. Voici un aperçu des priorités actuelles qui nous occuperont pour les prochains mois :
Le réseau des services de garde sera complété à 200 000 places au cours des trois prochaines années financières. Il faudra par ailleurs s'assurer de bien répondre aux choix des parents quant au type de places à développer.
Les discussions avec le gouvernement fédéral en vue de la mise en place d'un régime québécois d'assurance parentale seront intensifiées, et ce, de façon à en arriver le plus rapidement possible à une entente conforme aux attentes des Québécoises et des Québécois.
Les travaux se poursuivent et nous souhaitons raffermir notre collaboration avec les milieux de travail et les milieux de vie.
Les travaux en cours pour la mise en place d'un programme de reconnaissance et de financement des organismes communautaires « Famille »seront complétés pour 2004-2005.
Pour l'essentiel, la mise en oeuvre du Plan concerté pour les familles sera complétée selon le calendrier prévu.
Il n'est nullement question que l'ensemble de ces travaux soit fait en vase clos. Nous avons toujours privilégié le partenariat et nous entendons plus que jamais poursuivre dans cette voie.
La politique familiale adoptée par le Québec se veut globale et multisectorielle. Elle s'adresse à toutes les familles. Elle fait appel à la concertation de tous les agents socio-économiques dont l'action peut avoir un impact sur les familles. De plus, elle veut contribuer à contrer la baisse démographique du Québec en facilitant la réalisation du désir d'être parent. Elle rencontre, je crois, vos priorités en terme d'autonomie, d'horizontalité, de verticalité et de subsidiarité.
Plus que cela, elle doit évoluer, s'adapter pour répondre aux besoins changeants des familles.
Le gouvernement est convaincu que pour rester libres de leurs choix et guider leurs enfants vers l'âge adulte, les familles ont besoin de politiques solidaires, soucieuses d'équité et respectueuses de leur vie privée. Il travaille en ce sens.
En terminant, permettez-moi, de réitérer, au nom du Ministère, notre intérêt à oeuvrer de concert avec vous à l'objectif d'un mieux-être des familles québécoises. Si celles-ci sont notre richesse ainsi que l'âme de notre société, vous êtes, Mesdames et Messieurs, à la fois individuellement et à titre de regroupement, une magnifique inspiration. Votre détermination crée pour nous l'exemple à suivre.
Bravo
Je vous remercie.
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