Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 14, numéro 73, juillet 2003

Monsieur Richard Sarrasin   Image de la conférence  Écouter  Parite 1 Partie 2   Voir   Parite 1 Parite 2
 Président - Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale
 au Québec

le jeudi 19 juin 2003

Vingt ans d'actions communautaires

Chers amis,

Parler de 20 ans d'actions communautaires en matière de politique familiale québécoise m'a été confié. 20 ans, ça signifie3 73 000 jours ou 36 500 heures ouvrables pour une centaine d'organismes communautaires. Plus la date du 20e anniversaire du Regroupement approchait, plus je mesurais l'ampleur de la tâche à remplir. Plus le temps passait, plus l'angoisse me travaillait. Je pris conscience, en effet, que malgré les recherches entreprises, la cueillette de nombreux documents parcourus, le monde communautaire a cette caractéristique d'être discret, “ le coeur porté sur la main “ . Alors combien de faits, combien d'actions demeurées inconnues font partie de ce monde de 20 ans de vie communautaire qu'il m'est impossible de vous livrer ?

Parler de 20 ans d'actions communautaires en matière de politique familiale a cependant droit de cité, malgré la crainte de traduire imparfaitement ce que furent ces années où nous tous et toutes pouvons nous glorifier d'avoir été actifs, inlassablement présents, collaborateurs et collaboratrices à l'action gouvernementale, parfois mobilisateurs et mobilisatrices de l'action gouvernementale.

Ces vingt dernières années nous font remonter à 1983, soit à la création du Regroupement. Il m'apparaît toutefois devoir, dans un premier temps, évoquer la préhistoire de notre politique familiale québécoise, cause de la création de notre Regroupement. Je désire toutefois, avant d'entreprendre ce déroulement historique, vous rappeler que je ne suis, par profession, ni historien, ni chercheur, et qu'il ne faut donc pas trouver ici un document d'archive scientifique. Pour ce, je vous réfère à deux recherches connues, soit Le Mouvement familial au Québec, les débuts: 1937-1965 de Marie-Paule Malouin, et, plus récemment, de Denise Lemieux et Micheline Comeau, Le Mouvement Familial au Québec 1960 à 1990. Ces deux excellents volumes publiés avec la collaboration du Conseil de développement de la recherche sur la famille du Québec s'avèrent, pour moi, la bible de l'histoire des organismes communautaires familiaux.

Revenons à mon intention de vous faire part de mes souvenirs personnels sur la vie sociale et communautaire que j'ai vécue au cours des 50 dernières années. Le 5 juin dernier, l'Université de Montréal fêtait les 50 ans de ses diplômés de 1953. Je suis l'un d'eux en la faculté de service social. Ce souvenir me fait revivre ce qu'à mon avis était alors la famille pour nous tous, opinion fort antérieure aux premiers balbutiements de notre politique familiale actuelle.

La préhistoire de la politique familiale québécoise

En 1950, l'École universitaire de service social n'existait que depuis une dizaine d'années, les agences de service social s'étaient développées dans les années 40. Parlait alors de la famille au niveau national québécois l'organisme Caritas-Canada. Les associations familiales étaient préoccupées à ces moments d'abord par l'éducation des parents, rappelons l'École des parents de ces années, puis par la spiritualité des couples inspirée à ce sujet, notamment par les équipes Notre-Dame de France. Je me souviens ainsi d'avoir vécu, peu après ma sortie de l'université, durant les années 55 à 60 en équipe de ménage avec, entre autres, comme compagnons et compagnes, les Mathieu, co-fondateurs de l'Association des parents catholiques et, plus nommément connu, le couple de Pierre Laporte qui vivait peu après une fin si tragique.

Durant la décennie 50, on glorifiait la famille dans les congrès. Les services sociaux se voulaient “familial“, les groupes communautaires s'agitaient in vitro, l'État était relativement absent de la scène familiale. Exception faite en 1932 de la loi d'Assistance aux mères nécessiteuses et, en 1945, de l'entrée des allocations familiales fédérales. En somme, à ces heures, c'est surtout l'Église qui désire sauver la famille traditionnelle.

Au début des années de la Révolution tranquille, la famille au Québec ne compte pas beaucoup de supporters bruyants. Caritas-Canada, qui avait créé un comité des directeurs d'agences de service social, la plupart d'entre elles situées dans les diocèses du Québec, décide de concentrer son action sur la spiritualité et d'abandonner son leadership dans l'organisation administrative et professionnelle de ces agences. Les directeurs de ces agences, se retrouvant seuls, créent à

Trois-Rivières, en 1963, la Fédération des services sociaux à la famille du Québec. Ils se souviennent alors que la famille doit demeurer au centre de leurs préoccupations. Le ministre de la Famille et du Bien-être social du Québec, M. Lafrance, invite en cette même année 63, les organismes s'occupant de la famille à s'unir afin de hâter la mise sur pied du Conseil supérieur de la famille. Le Conseil canadien du Bien-être, pour sa part, tient à Ottawa en 1964, sa conférence nationale sur la famille, et, à Montréal, la même année, la Fédération des services sociaux à la famille tient son premier congrès.

Cependant, bien qu'on parle alors beaucoup de la famille, les politiques et mesures gouvernementales pro-familiales sont à peu près inexistantes. Ainsi, en témoigne en 1965, au second congrès de la Fédération des services sociaux à la famille du Québec, le Président du Conseil Supérieur de la Famille, Philippe Garrigue, qui déclare que le gouvernement du Québec, malgré la création d'un ministère de la Famille, ne donne à ce ministère aucun moyen administratif pour la mise en marche d'une politique familiale. Il ajoute qu'il faut reconnaître que non seulement l'État, mais la société québécoise elle-même, malgré de fréquentes déclarations de principes pour la famille, se préoccupe peu de vraiment solutionner les problèmes familiaux. Dans la foulée de ce témoignage, une collègue en service social, Ruth Laliberté Marchand, écrivait alors, en parlant des agences de service social diocésaines à la famille, qu'elles n'avaient de préoccupations “famille“ que dans leur titre. Ces agences consacraient en ces moments leur énergie à se tailler une place dans le réseau des affaires sociales. Par ailleurs, les organismes communautaires familiaux qui jusqu'alors nous apparaissaient au stade de l'organisation primaire de la recherche de membership et de mode de financement, seront, comme on le constate encore aujourd'hui, les déclencheurs de la préoccupation familiale. C'est cependant de l'extérieur du Québec que vient cette poussée.

En effet, en 1967, l'Union internationale des organismes familiaux organise à Québec une conférence internationale portant sur les données économiques et sociales de la vie des jeunes familles. Cette conférence fournit l'occasion aux familiaux de s'organiser sous le patronage du Comité canadien de l'UIOF présidé par la Fédération des unions de familles du Québec.

Toutefois, malgré ces rebondissements, on ne peut pas encore parler de mouvement d'ensemble pour la revendication d'une véritable politique familiale québécoise. Au début de l'année 70, la pensée familiale accumulera cependant des points grâce notamment à la fondation du Conseil des affaires sociales et de la famille du Québec. En 1971, ce Conseil forme un comité spécial ayant pour mandat de développer une problématique relative aux politiques et aux programmes familiaux. Un plan directeur est déposé par le Conseil en 1972, prévoyant deux projets d'envergure devant servir de base à l'élaboration d'une problématique de la famille québécoise, soit une consultation auprès des organismes familiaux qui sera réalisée en 1973 et une recherche inventaire produite par la sociologue Colette Clarisse en 1974 sous l'appellation, “La famille, mythe et réalité québécoise“. La consultation auprès des organismes familiaux fera découvrir aux membres du Conseil des affaires sociales et de la famille combien est important l'actif bénévole des organismes familiaux à la société québécoise.

En ces mêmes moments, la Commission d'enquête Castonguay-Nepveu sur la santé et le bien-être social fait appel à Philippe Garrigue qui rédige l'annexe 16 du rapport de cette Commission, annexe intitulée “Les fondements d'une politique familiale“. Garrigue, dans cette annexe, définit les 12 principaux éléments d'une politique familiale.

Les mesures d'aide économique aux charges d'enfants

Le logement et l'aménagement de l'espace humain

Le travail et les responsabilités familiales

L'éducation familiale

Les mesures de santé

Les loisirs familiaux

Les services sociaux à la famille

Le droit familial et les mesures d'ordre juridique

L'information à la consommation

Les organismes gouvernementaux

Les associations et organismes familiaux

La recherche scientifique et la famille

Ce fut alors le début d'un temps nouveau. Les organismes familiaux prirent le leadership d'une grande poussée d'ensemble pour la revendication d'une politique familiale québécoise. En 1973, l'OFAQ, devenue par la suite la COFAQ, soit la Confédération des organismes familiaux du Québec, publie un premier document synthèse sur les besoins des familles. L'OFAQ revendique des recommandations ayant pour but la mise sur pied de programmes d'aide au couple et à la famille avec le soutien des CLSC. En 1974 et 1980, l'organisme poursuit la publication de documents sur ce que doit être une politique familiale. La Fédération des unions de familles, en mai 1981, suit aussi de près la démarche en matière de politique familiale et à son tour publie le document “ Pour une réflexion efficace et soutenue entre l'État et les familles québécoises “.

La table est mise. L'État entre en scène, le Premier Ministre René Lévesque en juillet 1981 répond à la FUF en ces termes: “Parce ce qu'il est conscient que la famille constitue la pierre d'assise dans notre société, le Conseil des ministres, comme vous le souhaitiez, a dernièrement donné au ministre de l'État au Développement social le mandat de procéder à la formation d'un groupe de travail dont la tâche consistera, d'une part, à identifier la problématique de la famille québécoise et d'autre part, à élaborer un projet de politique d'ensemble sur la famille“.

L'année 1981 se poursuit au fil de nombreuses interventions favorables au projet de politique familiale. Aussi, en août, l'Union internationale des organismes familiaux tient un congrès à Montréal faisant appel, pour son organisation, à un comité composé de représentants d'organismes familiaux. Denis Lazure, ministre d'État au Développement social, y prend la parole en faisant référence aux propos tenus par le Premier ministre Lévesque, un mois plus tôt. Il précisait alors qu'il mettait sur pied un comité devant identifier les problèmes et les besoins des familles québécoises et lui formuler des recommandations qui devront le mener à entreprendre une consultation auprès des organismes familiaux ou qui s'intéressent à la famille.

Il est important ici de souligner que le ministre Lazure fait appel non seulement aux familiaux mais aussi à ceux et celles qui s'intéressent à la famille. On comprendra pourquoi le Regroupement a, dès sa création, sollicité l'adhésion et des familiaux et des groupes à intérêt familial.

Le 6 novembre suivant, à la demande du ministre Lazure, un comité consultatif d'organismes familiaux est créé. Ce comité est appelé à travailler en parallèle avec le comité interministériel créé, lui, en août précédent. Puis, peu après, ce dernier comité se fusionne au comité des organismes familiaux. Sept membres en font partie.

L'expérience vécue par ce dernier comité des sept semble avoir été peu probante. Selon les renseignements obtenus, le comité s'est réuni à trois ou quatre reprises durant les six mois qui suivirent sa création et ce, pratiquement toujours suite à une demande gouvernementale. Peu satisfaite de ce rendement, la Fédération des unions de familles invite, le 22 février 1983, tous les organismes intéressés à la politique familiale à se regrouper au sein d'un nouvel organisme désigné sous l'appellation: le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec. Vingt-neuf associations délèguent trente-cinq représentants à cette première rencontre. On y côtoie des organismes familiaux, des organismes à intérêt familial, des organismes du domaine parapublic telle l'Association des CSS et des organismes gouvernementaux comme l'Office de garde.

Le Regroupement est né. Il se donne alors deux objectifs principaux:

- Préciser collectivement les attentes et les éventuelles contributions des organismes à la consultation de l'État sur la politique familiale.

- Recueillir des commentaires et des réactions à un modèle de consultation suggéré par eux.

Le nouveau groupe ne fut pas long à entrer en action. Un conseil d'administration provisoire, appelé comité de coordination et plusieurs comités de travail furent créés dans les semaines qui suivirent la première rencontre du 22 février 1983. Un modèle de consultation sur le besoin d'une politique familiale à présenter à la population fut ébauché et transmit au ministre Lazure. En décembre 1983, le Regroupement entreprend des actions régionales pour préparer la consultation gouvernementale à venir. Ces actions visent à sensibiliser la population et, en particulier, les groupes familiaux à se préparer à la consultation gouvernementale.

Un grand nombre d'organismes du nouveau Regroupement produisent au cours de l'année 1984 des mémoires sur une éventuelle politique familiale. Citons, au risque d'en oublier, les organismes suivants:

Les organismes familiaux associés du Québec (OFAQ)

La Fédération des unions de familles (FUF)

Les Cercles de Fermières du Québec

Le Comité provincial de pastorale familiale

Le Conseil du statut de la femme

L'Association des parents catholiques

L'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFÉAS)

La Fédération des associations de familles monoparentales

L'Association des Centre de services sociaux (ACSSQ)

Une brève analyse de ces rapports fait ressortir que soient reconnus dans une éventuelle politique les principaux éléments suivants:

Reconnaissance de l'autonomie des familles;

Reconnaissance du champ diversifié d'application d'une politique de la famille;

Reconnaissance de la solidarité des familles et de leur représentation au sein de la société;

Reconnaissance du rôle de l'État qui doit faciliter et non diriger la vie familiale et son épanouissement.

On le voit, ces principes énoncés il y a 20 ans sont toujours à la page lorsque nous proclamons aujourd'hui qu'une politique familiale doit être autonome, horizontale, verticale et subsidiaire.

Le 27 juin 1984, l'État annonce la création d'un Secrétariat provisoire à la politique familiale avec mission de se préoccuper du besoin pour la famille de compter sur une politique qui lui soit propre. Monsieur Maurice Champagne Gilbert est désigné secrétaire général de ce secrétariat, notre collègue Ruth Laliberté Marchand y accédera par la suite.

Sans doute sous l'impulsion de ce secrétariat, le 23 octobre de la même année, Camille Laurin chargé alors du dossier de la politique familiale, dépose le “Livre Vert“ intitulé “Pour les familles québécoises“. Cette publication gouvernementale répond en quelque sorte au désir qu'avait formulé au printemps 1983 le Regroupement lorsqu'il réclamait de l'État une phase de sensibilisation à une politique de la famille avant que la consultation publique à cet effet ne soit commencée.

1985 sera l'année de consultation annoncée par le Livre Vert. Le comité présidé par Maurice Champagne fait appel à Christine Bérubé-Gagnon et à Nicole Boily, l'actuelle présidente du Conseil de la famille et de l'enfance. Le comité entend visiter toutes les régions du Québec et détermine le choix de treize municipalités. Notons que le Regroupement avait, en 1983, dans le schéma de consultation qu'il avait proposé à l'État, prévu la visite de 52 municipalités. Rappelons le choix retenu des villes suivantes: Québec, les 12 et 13 janvier; Trois-Rivières et Laval, les 9 et 10 février; Montréal, les 23 et 24 février; Hull, les 2 et 3 mars; Sherbrooke, les 9 et 10 mars; Chicoutimi. les 16 et 17 mars; Amos, les 23 et 24 mars; Baie-Comeau, les 30 et 31 mars; Gaspé, les 13 et 14 avril; Saint-Jérôme, les 20 et 21 avril.

On peut catégoriser en trois importantes phases le déroulement de cette consultation:

1 - Janvier à avril 1985, tenue de forums régionaux. Les statistiques révèlent que 1719 personnes ont participé à ces forums.

2 - Avril à juin 1985, tenue d'audiences nationales; 76 organismes s'enregistrent à ces audiences.

3 - Présentation de mémoires écrits.

À la demande du comité, 233 mémoires sont présentés et 21 pétitions comprennent 21 000 signatures favorables à l'avènement d'une politique familiale québécoise sont déposées au Comité.

Cette année 1985, on peut la décrire comme dédiée à la famille. Le Regroupement se donna comme tâche de se présenter à chacun des forums. À la veille des rencontres de deux jours, soit le vendredi soir, un délégué du Regroupement rencontre les organismes familiaux de la région visitée pour préparer les uns et les autres à la rencontre du lendemain Ce fut pour nous du comité de coordination du Regroupement, une campagne extraordinaire. Nous étions réellement les mouches du coche de Lafontaine.

Le 23 octobre 1985, le Comité Champagne dépose son rapport titré: Le soutien collectif réclamé pour les familles québécoises. Six mois plus tard, le 29 avril 1986, le Comité dépose, au terme de son mandat, un dernier rapport de consultation intitulé: Le soutien collectif recommandé pour les parents québécois.

Entre temps, le gouvernement du Québec avait posé les bases administratives requises pour assurer le développement de la future politique familiale. Encore ici, des échanges de lettres indiquant la présence du Regroupement réclamant une telle organisation systématique. Voici quelques nominations illustrant la volonté gouvernementale de penser la famille.

16 juin 1985 - Yves Beaumier, nommé ministre délégué à la famille

10 juillet 1985 - Le secrétariat provisoire à la politique familiale devient permanent. Maurice Champagne devient le secrétaire général associé.

10 décembre 1985 - La ministre Thérèse Lavoie-Roux est nommée responsable de la politique familiale

12 août 1987 - Nomination du ministre Robert Dutil, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et responsable de la politique familiale. Nous reviendrons plus tard sur les liens priorotaires que le Regroupement avait entre autres tissés avec M. Dutil.

L'année 1987 nous apparaît être pour les organismes familiaux et, particulièrement pour le Regroupement, l'an premier de la politique familiale. Le 5 juin, le gouvernement tient une consultation auprès des organismes familiaux sur un projet de politique familiale. Le 12 août suivant, nomination du ministre Dutil évoquée il y a un instant, et, le 9 décembre, l'apothéose de la poussée, par l'adoption d'une politique familiale québécoise, soit la votation de l'Assemblée nationale et ce, à l'unanimité, de La Politique familiale : énoncé des orientations et de la dynamique administrative. L'État venait de reconnaître l'importance de la famille dans la société et la nécessité pour lui de l'appuyer.

Comme on peut s'en douter, ce fut un moment de jubilation pour les familles. En somme ce fut un moment historique dans l'histoire de la politique familiale, une base et tout à la fois, un sommet.

Peu après cette fin d'année 1987, les six premiers mois de l'année 1988 seront surtout consacrés à l'étude de la Commission permanente des affaires sociales sur le projet de loi 94 relatif au Conseil de la famille. Cette étude débuta le 16 février pour se terminer le 12 mai. La sanction de la loi est prononcée le 1er juin 1988.

Le Regroupement fut encore très actif pour l'adoption du projet de loi 94. Il participa à toutes les sessions de la Commission, sessions qui se tenaient à Québec. Il rencontra même des membres de l'Opposition officielle et supporta le ministre Dutil au point que ce dernier cita comme appuyeurs au projet les noms des 42 organismes membres que comptait alors le Regroupement. On peut retrouver dans le journal des débats cette déclaration d'appui.

Le 3 octobre suivant, monsieur Bernard Fortin, le président de l'époque au Regroupement, était désigné premier président du Conseil de la famille. Les premiers mois de l'année 89 sont un moment de répit quant aux interventions gouvernementales majeures dans le dossier de la politique familiale. Le Regroupement est toutefois toujours actif. Des lettre adressées au Premier ministre Bourassa en fin d'année 1988, demandaient à ce dernier que le ministre responsable de la famille soit rattaché au ministère du Conseil exécutif, soit à son bureau, la politique familiale étant une politique horizontale au-dessus des politiques sectorielles. Nous y écrivions “La structure administrative minimale du gouvernement pour assurer l'élaboration d'une politique familiale étant mise en place, c'est maintenant au contenu d'une telle politique qu'il faut s'attaquer“.

La réponse viendra le 13 septembre suivant alors que la ministre Thérèse Lavoie-Roux devenue le 21 décembre 1988 responsable de la famille, dépose le 15 septembre 1989 le Premier plan d'action gouvernementale en matière de politique familiale. Ce plan, intitulé “Famille en tête“, comprend 58 mesures, y implique une dizaine de ministères et couvre les années 89 à 92. Un premier contenu est là. Le Regroupement réalise une série de sept rencontres, une sur chacune des sept chapitres de ce premier plan.

Entre temps, la demande présentée au Premier ministre Bourassa à l'effet de rattacher le ministre responsable de la famille au ministère du Conseil exécutif a été satisfaite par le dépôt le 11 octobre 1989 d'un décret gouvernemental à l'effet que madame Violette Trépanier, ministre déléguée à la Condition féminine soit en outre ministre Responsable de la famille et devienne pour les affaires familiales rattachée au ministère du Conseil exécutif parce qu'elle était déjà rattachée à ce ministère comme responsable de la Condition féminine.

Le 13 avril 1992 madame Trépanier dépose le deuxième Plan d'action. Ce plan comprend 88 mesures et son étude s'étend jusqu'aux premiers six mois de l'année 1993. Peu après, soit le 18 novembre, le Regroupement publie un document intitulé “La politique familiale au quotidien“ qui se veut un sommaire de l'ensemble des rencontres qu'il a tenues sur l'un ou l'autre des deux plans d'actions gouvernementaux.

Cette présence assidue du Regroupement se poursuivra pour les études du 3e Plan d'action déposé le 18 mars 94 et celle du quatrième Plan déposé en 1995. Tout au long des années suivantes une série de nominations gouvernementales confirme la volonté de l'État de se préoccuper de la famille. Le 26 janvier 1996, la ministre Responsable de la Famille devient ministre de la Famille et ministre responsable des relations avec le Conseil de la famille.

Le 4 juillet 1997, voilà le ministère de la Famille réclamé par le Regroupement.

S'ouvre peu après l'ère des forums des partenaires où fonctionnaires du ministère de la famille et représentants d'organismes familiaux partagent des responsabilités et en arrivent à parler de la reconnaissance par le gouvernement du rôle des organismes familiaux et de leur financement.

Le 26 mars 1999, le Forum des partenaires familiaux;

le 10 février 2000, le Forum des partenaires de la politique familiale;

le 2 juin 2000, le Forum élargi des partenaires de la politique familiales

le 15 février 2001, la troisième rencontre du Forum des partenaires de la politique familiale

le 14 mai 2002, la quatrième rencontre du Forum des partenaires de la politique familiale

où madame Linda Goupil, devenu depuis le mars 2001 ministre d'État à la Famille et à l'Enfance, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre responsable de la Condition féminine, ministre responsable des aînés, lance Le Québec en amour avec la famille Plan concerté pour les familles du Québec. Le Regroupement fut associé avec d'autres partenaires de la société civile à l'élaboration et au suivi de ce plan concerté en participant au Comité de suivi.

Entre temps également en septembre 2001, la ministre Nicole Léger rendait public L'action communautaire : une contribution essentielle à l'exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec. Le Regroupement et les organismes communautaires furent également furent partenaires de cette politique gouvernementale en étant associés au Comité aviseur du SACA, le Secrétariat à l'action communautaire autonome. Cette politique prévoit la reconnaissance et le financement des organismes communautaires, en respectant leur autonomie et finançant leur mission globale de base.

Le Regroupement a également fait partie durant ces années, et encore, au Comité d'orientation des centres de la petite enfance au ministère de la Famille et de l'Enfance.

Le Regroupement est aussi fièrement associé à sept autres organismes familiaux nationaux collègue dans ce qu'on nomme le Secteur famille. De très nombreuses rencontres ont eu lieu avec les fonctionnaires du ministère de la Famille et de l'Enfance, notamment pour la reconnaissance et le financement des organismes communautaires Familles.

Personnellement, je suis membre du Conseil des aînés depuis xxxxx et concoure ainsi à l'élaboration de la politique familiale dans son volet vertical, incluant une politique des aînés.

Cependant, il nous faudra être vigilant car la Condition des aînés, retirée de la Famille a été confiée à la Santé!

Le Regroupement a contribué et contribue au développement de la politique familiale en développant la recherche dans le domaine de la famille en organisant ses fameux déjeuners-croissants. Nous en sommes ce matin au dixième (10e) de notre quinzième (15e) année, le 160e !

Tous nos travaux sont publiés dans notre bulletin Pensons famille, nous en sommes au 73e.

Nous avons innové en créant un site Internet considérable, où se retrouvent les 73 bulletins sous forme électronique avec moteur de recherche. De plus, ce site comporte un répertoire en ligne de ressources familiales : plus de 1500 organismes et 2000 personnes y sont répertoriés.

Ce matin, nous innovons encore en lançant dans quelques minutes la version CD du Pensons famille.

Des élections au Québec ont amené un changement de gouvernement et une réorganisation des structures concernant la famille. Un nouveau ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, ont dispersé cependant la Condition féminine et la Condition des aînés ! Il faut voir.

Voilà, chers amis, où nous en étions dernièrement. Le Comité du suivi du Plan concerté, le Comité d'orientation des centres de la petite enfance, le Comité conjoint Secteur famille / MFE sont en attente de développement, comme nous tous d'ailleurs.

Le plan concerté pour les familles du Québec doit réussir à mettre la famille au coeur de notre société. Tel est notre désir après notre engagement de 20 ans de lutte pour ce faire, lutte qui n'aurait pas pu être réalisée sans l'appui de nos propres membres et de nos partenaires familiaux.

Comme toujours nous présentons au ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, à la ministre déléguée à la Famille, l'assurance de notre meilleure collaboration et d'un partenariat sincère et constructif.

Nous les assurons également de notre vigilance !

Nous aurons l'occasion au cours de cette journée de nous attarder sur la gratitude que nous devons ressentir envers toutes et tous.

Merci à toutes et à tous.

 


Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale
au Québec

4837, rue Boyer, bureau 110
Montréal (Québec) H2J 3E6

Vox : (1-514) 527-8435 / 1-877-527-8435
Fax : (1-514) 527-8816

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