Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 15, numéro 75, décembre 2003

     
Éditorial

Monsieur le Ministre (Troisième lettre)

Montréal, le 12 janvier 2004

Monsieur Claude Béchard
Ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille
425, rue Saint-Amable, 4e étage
Québec (Québec) G1R 4Z1

   Monsieur le Ministre,

   Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec, selon son habitude, profite de l'éditorial de son bulletin Pensons famille pour vous écrire et partager avec vous ses réflexions et ses préoccupations sur la politique familiale au Québec.

   Vous en êtes le responsable de par le mandat que vous avez reçu du Premier ministre, Monsieur Jean Charest, à la suite du choix démocratique exprimé par les citoyennes et les citoyens du Québec.

   D'abord un remerciement pour votre participation à notre dernière Assemblée générale annuelle, le 20 novembre 2003.

   La rencontre a été très amicale et chaleureuse, comme une réunion de famille.

   Vous nous avez proposé des constats et livré vos orientations :

   « Premier constat : les familles qui n'utilisent pas les services de garde reçoivent un soutien minime voire inexistant.

   « Second constat : le soutien financier actuel est très complexe, et cette complexité a deux conséquences malheureuses : c'est que les clientèles visées par les mesures financières ne peuvent pas toujours s'en prévaloir et les programmes ont entre eux des “ interactions non désirables ”.

   « Lorsque les revenus de travail augmentent, certains programmes peuvent entraîner des variations importantes dans les montants qui sont versés.

   « Troisième constat : certaines familles à très faible revenu peuvent recevoir de l'État québécois un soutien moins généreux que les familles à revenu moyen.

   « La problématique s'accentue pour les familles qui ne reçoivent pas de supplément pour leur revenu de travail.

   « Dernier constat : les ménages sans enfants auraient peu ou pas contribué à l'effort de la politique familiale.

   « L'ensemble de ces constats contribue à alimenter notre réflexion sur les mesures à mettre en place pour répondre aux besoins des familles québécoises.

   « Lors de la consultation sur les services de garde tenue en août dernier, plusieurs groupes ont clairement exprimé le désir que le gouvernement du Québec révise le soutien aux familles.

   « La conciliation travail-famille

   « La conciliation travail-famille est une des grandes priorités de notre gouvernement.

   « Les changements sociaux d'envergure que nous avons connus au cours des dernières décennies nécessitent une adaptation aux nouvelles réalités de la famille et du monde du travail.

   « Nous avons donc la ferme intention de proposer des mesures qui aideront concrètement les parents du Québec qui sont sur le marché du travail à passer plus de temps avec leurs enfants.

   « Cette politique s'adressera aux parents qui doivent s'occuper de jeunes enfants mais aussi de leurs proches âgés ou en perte d'autonomie.

   « La politique touchera bien sûr les milieux de travail, mais elle impliquera aussi les milieux de vie, les écoles, les services de garde et toutes les autres structures qui peuvent faire une différence dans la vie des familles et qui sont souvent mieux placés que le gouvernement pour favoriser la conciliation entre le travail et la famille.

   « J'espère ainsi que d'ici un an, nous serons en mesure d'adopter une politique de la conciliation travail-famille qui sera englobante, qui encouragera la collaboration de tous les acteurs sociaux et qui saura proposer aux familles des solutions qui correspondent vraiment à leurs besoins. »

   Quant à nous, nous vous avons dit que nous avions besoin de vous, et vous de nous.

   Nous vous avons rappelé que vous avez dans ce gouvernement la responsabilité du bien-être et du mieux-être des familles. C'est vous qui portez l'espoir des familles québécoises dans la construction d'une société aimable, juste et conviviale.

   Vous avez besoin de nous pour appuyer vos demandes et vos politiques auprès du Premier ministre et au Conseil des Ministres où très souvent les arbitrages sont difficiles et les ressources limitées.

   Vous avez également besoins de nos revendications, quelques fois pressantes, pour faire valoir nos points de vue auprès de vos collègues gouvernementaux qui seraient moins sensibilisés que vous l'êtes aux nécessités de la politique familiale.

   Nous vous avons également rappelé les quatre grandes caractéristiques de la politique familiale :

  • l'autonomie : la politique familiale est autonome, elle n'est le volet d'aucune autre mission de l'État;
  • l'horizontalité : la politique familiale est horizontale, elle englobe toutes les missions de l'État;
  • la verticalité : la politique familiale est verticale, elle comprend tous les âges de la famille;
  • la subsidiarité : la politique familiale est subsidiaire, elle vient en soutien aux parents et aux familles, elle ne les remplace pas.

   Nous vous avons dit notre grande insatisfaction devant le traitement fait aux dossiers des aînés : à la Santé plutôt qu'à la Famille!

   Nous espérons vivement qu'un correctif et une meilleure considération seront apportés à cet égard.

   Enfin, nous avons considéré une autre de vos responsabilités ministérielles, celle de la Solidarité sociale, en ce qui concerne la reconnaissance et le financement des organismes communautaires autonomes, plus spécialement les organismes communautaires Famille.

   Nous vous avons encouragé à en poursuivre la politique de reconnaissance et de financement déjà engagée.

   Nous terminons en vous offrant notre meilleure collaboration : faites avec nous, pour le mieux-être des familles du Québec.

Le Président
Richard Sarrasin
Membre du Conseil des aînés

Le Yves Lajoie
Directeur général

 
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