![]() |
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
|
Pensons famille |
Volume 15, numéro 76, mai 2004 |
|
Le mercredi 17 mars 2004 La Maison des Grands-Parents de Sherbrooke Son histoire Ses principes et ses objectifs Des faits marquants Des programmes inter La Maison des Grands-Parents de Sherbrooke a vu le jour officiellement le 7 mai 1998, lors de la promulgation de sa charte provinciale. Mais cet aboutissement était le fruit d'un an de réflexions et de travail intensif de la part d'une équipe de six personnes. L'âme de cette équipe était Madame Priscille Lambert. Laissons-lui nous rappeler ses souvenirs: « On m'a demandé de vous raconter la petite histoire de la Maison des Grands-Parents, sa conception, son implantation et son développement. Ce n'est pas toujours facile de faire ce genre de chose, mais j'ai surmonté cette difficulté en me disant que c'est une obligation de tout organisme communautaire de faire état de ses origines et de son développement, de laisser des traces de ses expériences, de ses expertises et de ses réussites. Le milieu communautaire est un milieu qui sait répondre aux besoins des collectivités et de façon novatrice. Je me fais donc un devoir aujourd'hui de vous raconter la Maison des Grands-Parents depuis ses débuts. « Dès 1988, j'avais le projet de réunir des aînés, des jeunes et des familles dans le cadre d'habitations coopératives pour que les jeunes et leurs parents puissent avoir accès à l'affection, à la tendresse, au savoir, au savoir-faire, au savoir-être des aînés, des grands-parents. Je rêvais de recréer une mini-société où se vivent des relations significatives entre toutes les générations, du soutien mutuel et des activités bénéfiques pour tous. Je n'acceptais pas que l'on « parque » les aînés, ni que l'on catégorise et que l'on détermine les environnements selon le statut, l'âge et le revenu des individus... parce que cela brise, casse la chaîne de la vie humaine et apporte détresse et isolement pour de nombreuses personnes. J'ai bénéficié très jeune de la présence des aînés. Leurs paroles, leurs gestes, leur générosité, leur tendresse ont guidé mes choix dans la vie basés sur des valeurs de respect, d'autonomie, d'équité et de responsabilité, de valorisation et de reconnaissance de l'être humain. « Le projet est resté en dormance jusqu'au printemps 1997, jusqu'au jour où mon ami Clément Vallières l'a réveillé. Fort de plus de cinq ans d'expérience dans les maisons de jeunes, Clément désirait participer à la réalisation de mon rêve : un lieu de rencontre intergénérationnel. « Le « timing » était bon. J'avais lu un article sur la Maison des Grands-Parents de Villeray dans la revue L'Agora. J'ai demandé à Clément d'aller la visiter et de recueillir de l'information pour voir si ce modèle pouvait correspondre à la philosophie de notre projet. Dans l'idée de créer un réseau de maisons de grands-parents, nous avons travaillé, Clément et moi, de concert avec la Maison des Grands-Parents de Villeray, dès le mois d'août 1997. « Certains se souviendront peut-être de notre petite maison bleue. Elle nous a permis de présenter notre concept de la Maison des Grands-Parents à quatre personnes aînées judicieusement choisies. Le 19 janvier 1998, elles adhéraient au projet et acceptaient de faire partie du comité provisoire de fondation de la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke. Ces personnes choisies pour leur connaissance approfondie de la jeunesse, de la famille et des aînés sont Madame Marie Rose De Groof, Soeur Germaine Pouliot, Soeur Suzelle Roberge et l'abbé Claude Laberge. « Elles se sont engagées avec coeur, sagesse et intégrité dans tout le processus d'implantation de l'organisme. Monsieur Pierre Audet, conseiller à la vie communautaire de la ville de Sherbrooke s'est aussi joint à l'équipe. « Durant cette période, nous avons défini les orientations, les principes, l'approche, les valeurs que les grands-parents voulaient transmettre ainsi que le territoire que la Maison desservirait. Quatre mois après la formation du comité provisoire, la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke recevait ses lettres patentes, soit le 7 mai 1998. Elle recevait aussi l'appui d'une trentaine d'organismes du milieu et bénéficiait gracieusement d'un local et de l'accès à la bibliothèque de la Congrégation des Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus. « Le 21 mai se tenait l'assemblée générale de fondation et étaient élus les membres du premier conseil d'administration composé de : Soeur Germaine Pouliot, présidente, Mme Marie Rose De Groof, vice-présidente, l'abbé Claude Laberge, trésorier-secrétaire, Soeur Suzelle Roberge et Mme Nicole Dorin, administratrices. Le 22 juin avait lieu l'inauguration officielle de la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke en présence de dignitaires, de partenaires, de représentants des médias et d'une douzaine de grands-parents. Le 31 octobre suivant, à l'Halloween, avait lieu l'ouverture officielle de la Maison aux jeunes du quartier. Grâce à la complicité des écoles, au-delà de 200 jeunes se sont succédés à la Maison ce jour-là pour découvrir les surprises concoctées pour eux par les grands-parents. Depuis, la fête de l'Halloween y est devenue une tradition. « Dès ce premier automne, un projet a été réalisé avec des enfants de l'école Sainte-Anne. Ils sont venus à quatre reprises, selon un calendrier planifié avec la direction de l'école. Les jeunes venaient prendre leur dîner avec les grands-parents qui avaient bien sûr préparé une bonne soupe chaude pour faire descendre les sandwiches. « Telle fut la première année de la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke. Déjà, à ce moment-là, vingt personnes avaient obtenu leur carte de membre et une dizaine d'autres se montraient très intéressées ». Les membres de l'équipe fondatrice gardent de cette expérience de bons souvenirs. Soeur Germaine Pouliot, la première présidente de l'organisme, en témoigne : « Même si un événement capital survenu dans ma vie en juillet 2001 m'a forcée à prendre une distance, tout au moins géographique, avec la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke, votre invitation à venir exprimer ce que ma présence à l'organisme signifie comme expérience de vie est pour moi l'occasion de nommer ce que furent ces moments et comment ils contribuent encore à enrichir mon aujourd'hui. « Je mentionne en premier lieu le temps de gestation de la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke, période d'environ un an, faite de moments de réflexion, de recherche, de partage et de consensus. Les rencontres entre les membres de l'équipe fondatrice m'ont permis de faire le point sur les valeurs humanitaires et évangéliques que j'ai choisi de privilégier dans ma vie, pour les temps actuels et d'exprimer les priorités que je fais miennes en solidarité avec mes frères et soeurs jeunes et aînés de notre temps. Ce fut aussi pour moi une chance d'approfondir des liens d'amitié et d'en créer de nouveaux en dehors de mes lieux habituels d'engagement. C'était un lieu pour apprendre, pour découvrir, pour explorer la nouveauté, pour m'émerveiller. « Je tente aujourd'hui de préciser l'esprit que je voulais pour notre organisme, je dirais la spiritualité de la Maison des Grands-Parents. En fréquentant la Maison des Grands-Parents, j'ai découvert l'importance d'avoir mon âge, surtout l'importance de reconnaître la sagesse dont mes expériences diverses m'ont gratifiée. J'ai ressenti le désir, je dirais même le besoin de partager cette sagesse, de fréquenter les jeunes, de leur communiquer gratuitement ces richesses que la vie m'a donné d'acquérir, et cela en toute authenticité, simplicité et fraternité. Je ne pouvais malheureusement pas investir directement auprès des enfants et des adolescents autant de temps que je l'aurais voulu. J'avoue que j'aurais bien aimé être à la place des grands-parents qui donnaient si généreusement de leur temps auprès des jeunes. J'ai aussi appris à aimer avec tendresse, en cohérence avec mon état de vie de femme consacrée, des jeunes en mal d'amour et des bénévoles capables de partage désintéressé. « Ce sont des souvenirs bien vivants qui m'habitent et que vous me donnez l'occasion de partager. Je peux dire que mon passage à la Maison marque mon service auprès des Filles de la Charité du Sacré-coeur de Jésus en France, aux Etats-Unis, au Lesotho, en République Sud Africaine, au Brésil, à Tahiti, à Madagascar ou ailleurs. Si jamais vous y venez, vous serez à même de sentir l'odeur des galettes chaudes de la Maison des Grands-Parents ». Quant à Madame Marie Rose De Groof, première vice-présidente, elle nous confie: « Nous pressentions que ces petits ouvriraient pour nous, grands-parents, la porte à bien des joies, peut-être à des soucis et même à des tracas, mais que nous saurions fondre tout cela dans une même envolée d'amour. Nous ne savions pas encore qu'ils nous apporteraient cent fois plus que ce que nous nous proposions de leur offrir. « À l'époque de la fondation de la Maison des Grands-Parents, je vivais sagement dans un petit appartement de la rue de la Montagne où je passais le plus clair de mon temps à réviser des manuscrits d'édition. Un beau jour, ma proche voisine, Priscille Lambert, m'invite chez elle pour y rencontrer Clément Vallières... À la place d'honneur, sur une table, trône une belle grande maison en carton bleu, symbole de la Maison des grands-Parents de Sherbrooke ! « L'idée de fonder à Sherbrooke une maison de grands-parents nous avait déjà taquiné l'esprit, mais elle était demeurée à l'état de vague projet. Celui-ci paraît enfin prendre corps. Soeur Germaine Pouliot et l'abbé Claude Laberge, deux amis très chers et de bon conseil, se montrent fort intéressés. Priscille et Clément avaient rencontré les fondatrices de la Maison des Grands-Parents de Villeray la première du genre à Montréal, et ils étaient revenus enchantés de cette réunion fort amicale. « Notre enthousiasme va croissant. Rien ne semblait plus s'opposer à ce que nous les imitions. Quelques soirées se passent à jeter sur papier les bases concrètes de notre future entreprise, à organiser les détails de sa structure, de son implantation et de ses diverses activités. Des soirées passionnantes, pleines d'élans d'affection pour tous ces enfants encore inconnus que nous avions l'intention de réunir sous un même toit, dans le but de leur procurer quelques heures de détente après l'école. « Je m'interrogeais entre-temps sur les motifs qui me poussaient à participer à une telle aventure, dans un pays où je n'étais pas née et où je n'avais passé ni enfance ni adolescence, ces deux périodes de la vie qui nous marquent si profondément... Que pourrais-je, moi, apporter à ces chers enfants ? « J'ai réfléchi, j'ai revu ma petite enfance passée pour une part au coeur de l'Afrique et pour l'autre en Europe, ainsi que celle de mes quatre bouts de chou nés sur trois continents différents. C'était une floraison d'expériences que tout cela ! Et le projet était fort emballant. J'allais pouvoir communiquer aux fillettes et aux garçonnets d'ici mille et mille détails de ma propre jeunesse et de celle de mes enfants. « Ce serait à charge de revanche, bien entendu. Sans doute apprendrai-je d'eux des choses que j'ignorais : chansons, histoires pour rire, mots nouveaux, jeux amusants, coutumes familiales, que sais-je encore ! Vivre dans un nouveau pays, c'est comme vivre une seconde fois. Et vice versa : écouter parler une personne d'origine étrangère, c'est s'ouvrir à des horizons nouveaux et peut-être puiser d'autres rêves ou affermir un idéal dans ses paroles, le ton de sa voix, l'éclat de son regard. « Je souriais d'avance à ces immenses paysages que j'allais pouvoir étaler devant ces petites filles et ces petits garçons que j'aimais déjà d'avance. Merci, Maison des Grands-Parents de Sherbrooke, vous m'avez rendue heureuse ! » Priscille Lambert nous dit que, pour elle, les grands-parents qu'elle a côtoyés : « Ce sont des étoiles en forme de coeur tout autour de moi et tout le temps ! C'est de cette enveloppe d'amour que j'ai été nourrie durant cinq ans. Je me souviens de l'expression unique et précieuse des grands et des petits, empreinte de joie de vivre, de tendresse, de reconnaissance. Je me souviens de l'émerveillement, des mimiques, des rires, des talents, des histoires. Je me souviens de la chaleur du réconfort dans une atmosphère de détente, du plaisir parfumé des bonnes galettes chaudes. Le miroir du bonheur et du goût de la vie ! Je souhaite que tous les enfants de la terre rencontrent ce miroir ». Et Clément Vallières, le partenaire de Priscille dès la première heure, en rajoute : « Que le temps passe vite ! Je ne savais trop à quoi m'attendre, en fait. Je prenais conscience de l'importance du rapprochement intergénérationnel. C'était disons, pour moi, un peu théorique, comme cela doit l'être avant de se lancer vers l'avant. « Imaginez ! Réunir en un même lieu, une Maison, ces grands-parents, ces gamins et gamines, pour faire du bricolage, des collages, des chansons, des biscuits... toutes des actions vouées à être ensemble et à grandir mutuellement. « Ensuite, la tendresse, ma foi ! La tendresse ! Le temps de prendre le temps. D'être là, tout tendrement. Les yeux doux de grand-père, les gestes apaisants et le sourire réconfortant de grand-mère, le temps s'adoucit. « Et moi, témoin entre deux wagons, ni jeune, ni vieux, laissant à chaque fois, la magie s'installer. Et j'apprenais de cette magie. Je laissais monter l'émotion de cette beauté créée par le plaisir d'être, entre vous, par cheveux blancs, par cheveux blonds. Merci à la vie de m'avoir fait croiser vos chemins, chers grands-parents ». Ses principes et ses objectifs [Haut] Cette équipe fondatrice a légué à l'organisme des principes et des objectifs qui demeurent, depuis, les mêmes. Ils sont l'essentiel du projet éducatif dont s'est doté l'organisme. Les membres actuels se font un devoir de mettre à profit cet héritage qui concerne autant les grands-parents que les enfants. Les objectifs de l'organisme visent à redonner aux PERSONNES AINÉES un rôle social et familial en leur permettant de s'engage rauprès des plus jeunes (enfants, adolescents et parents), un rôle culturel en leur donnant la possibilité de transmettre l'histoire, la tradition, la culture et les valeurs essentielles et un rôle d'accueil et d'intégration auprès des familles émigrantes nombreuses dans le quartier. Rassembler ces générations autour d'un projet commun permet l'actualisation du potentiel de chaque individu et ainsi le met à contribution, de façon constructive, positive et créative dans le milieu scolaire, familial et social. La Maison des Grands-Parents est un milieu de vie, un lieu d'action et de solidarité entre les générations où se forgent les maillons manquants de la chaîne de la vie humaine. Ce sont les personnes aînées qui peuvent renouveler, solidifier ces liens et assurer ainsi le maintien d'une société plus solidaire et, par conséquent, en meilleure santé. Cela peut se faire essentiellement par l'entremise d'activités et de projets intergénérationnels qui favorisent la création de liens significatifs et durables : c'est leur but ultime et essentiel. Les activités et les projets sont choisis par les grands-parents eux-mêmes selon leurs intérêts, leurs talents et leurs compétences. Ils sont les artisans de projets qui font appel à leur dynamisme et à leur créativité. Cependant ces projets sont mis sur pied quand une équipe peut en assurer la stabilité et la durabilité. C'est une façon de faire contre-poids à l'éphémère et à l'instabilité que le monde vit aujourd'hui. Une attention particulière est accordée à la gestion participative des bénévoles. Ceux-ci sont invités à s'impliquer dans les comités de services intergénérationnels, de financement, de promotion-communication, dans les activités de recrutement et de sensibilisation. La Maison des Grands-Parents est un lieu pour transmettre le savoir, le savoir-être et le savoir-faire des personnes aînées. Elles y retrouvent aussi d'autres personnes de leur âge qui partagent ce désir d'être actifs et créatifs dans la société. Ses objectifs concernent aussi LES ENFANTS. Ils y trouvent un lieu où règnent le respect, l'écoute, le droit de parole, l'affection sans condition. Ils y rencontrent aussi des adultes pour qui le processus de vieillissement est une étape intéressante de la vie et non une maladie. Les projets intergénérationnels créent des liens significatifs et des contacts affectifs avec des aînés. Ils augmentent leur confiance en soi, font vivre des moments privilégiés et développent un sentiment d'appartenance. Ils favorisent l'enrichissement de leurs moyens d'expression. Les enfants se sentent accompagnés et encouragés dans leurs différents apprentissages. Des faits marquants [Haut] Sans contredit, la première date importante est la promulgation de la charte provinciale, le 7 mai 1998. Pour souligner le premier anniversaire de sa fondation, la Maison des Grands-Parents reçoit la visite de l'Honorable Mme Lise Thibault, lieutenant-gouverneur du Québec, le 14 mai 1999. Cette même année, l'organisme se mérite le prix « Père-Marcel-de-la-Sablonnière » décerné par la FADOQ. Il a retenu l'attention du jury non seulement pour la diversité des activités intergénérationnelles offertes, mais également parce que celles-ci réunissent en un même temps les trois générations. En 1999, la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke a reçu le prix spécial « Famille et Aîné » de la Fédération des unions de familles du Québec pour l'ensemble de ses activités auprès des aînés et des jeunes familles de la communauté sherbrookoise. Ses actions contribuent à entretenir nos racines, elles permettent aux aînés de se sentir utiles et de demeurer actifs dans la société tout en partageant leur expérience et leur vécu. La Maison des Grands-Parents recrée une habitude de convivialité entre les générations souvent éloignées par l'éclatement des familles. On y retrouve l'esprit d'entraide d'autrefois par le biais de projets intergénérationnels à caractère éducatif, culturel et récréatif. En 2001, La Maison des Grands-Parents de Sherbrooke est reconnue comme « Organisme d'honneur 2001 » par la Corporation de la semaine du bénévolat de Sherbrooke. La Corporation reconnaît que l'organisme est une initiative novatrice et unique à Sherbrooke et qu'elle répond à de nouveaux besoins liés aux nouvelles réalités des aînés et des familles. Le 4 août 2002, la Corporation de la Maison des Grands-Parents de Sherbrooke devient propriétaire de la maison qui l'a vue naître, au 890, rue Raoul Bruneau, à Sherbrooke. Des programmes intergénérationnels [Haut]
|
![]() |
La Maison des
Grands-Parents de Sherbrooke 890, rue Raoul-Bruneau, app. 4 Sherbrooke (Québec) J1H 2X9 |
Vox : (1-819) 820-9803 Fax : (1-819) 569-8782 |
|