Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 16, numéro 80, décembre 2004

     
Monsieur Steven Bélanger   Image de la conférence    Écouter    Voir

Psychologue
Coordonnateur clinique
Pro-Gam
Centre d'intervention et de recherche en violence conjugale et familiale

     
(Notes pour une présentation)
     
Les hommes aux prises avec la violence conjugale et familiale

PRO-GAM
Centre d'intervention et de recherche en violence conjugale et familiale

Présentation de l'organisme

   Fondé en 1982, Pro-gam est l'organisme pionnier, au Québec en intervention auprès d'hommes auteurs de violence en contexte conjugal et familial.

   Pro-gam offre des services de thérapie de groupe dont le programme de base est d'une durée de 14 semaines, à raison d'une rencontre par semaine. Les groupes comprennent un maximum de huit participants et sont menés par deux thérapeutes.

   Considérant que la violence conjugale est une problématique complexe, notre programme de base constitue un minimum de temps nécessaire afin de commencer à adresser des aspects plus personnels et intimes associés à la problématique.

   Il est donc possible de poursuivre la thérapie, dans le même groupe, au-delà du programme de base. Certains hommes y demeurent pendant vingt, trente, quarante rencontres et parfois beaucoup plus.

   Tout homme qui fait appel à nos services doit franchir la première étape du processus d'accueil-évaluation. Il sera vu individuellement trois fois par un thérapeute qui l'accompagnera dans le groupe.

   Toute personne intéressée à faire une demande d'aide doit appeler elle-même pour obtenir les renseignements concernant la démarche et pour prendre un premier rendez-vous, afin de procéder à l'ouverture de son dossier.

   L'équipe de Pro-gam est constituée de professionnels possédant une longue expertise dans l'aide auprès des hommes et est formée spécifiquement à la problématique de la violence conjugale.

Les spécificités de la clientèle

- Contrainte - Judiciarisée (60 - 70 %)

- Méfiante : on est souvent perçu comme étant une extension de la justice

- Transfert négatif d'emblée.

- Reconnaissance limitée du problème et de la responsabilité de la violence

- Justification, déni, minimisation, attributions externes.

- Faible niveau de motivation.

- Motivations multiples (extrinsèques).

- Clientèle masculine.

- Réticences à demander de l'aide, parce qu'incompatible avec leur notion de virilité

- Honte face à l'aveu de faiblesse

- Problématique tabou : niveau d'indésirabilité sociale élevée

- Peur d'être jugé, étiqueté, condamné...

- Taux d'abandon élevé (comparable à d'autres problématiques)

Caractéristiques des hommes violents

- Il n'y a pas de portrait type des conjoints violents

- Il y a plusieurs types d'hommes qui agressent leur conjointe

- Cela peut aller du « tyran despote » à « l'homme rose »

- Il y a différentes dynamiques relationnelles impliquant des enjeux affectifs et de pouvoir très variables d'une relation à l'autre.

- Il y a plusieurs types de systèmes familiaux violents (structures de pouvoir)

- On peut dire aussi qu'il y a plusieurs types de violence

- qui ont des fonctions différentes et des buts différents

- Il y a des « patterns » de violences qui s'inscrivent dans des relations abusives et qui sont érigés en système de domination et de contrôle

- violence plus intentionnelle et stratégique

- plus chronique (mode relationnel.)

- Il y a des « incidents » de violence (des épisodes de violence) qui surviennent ponctuellement dans des situations conflictuelles particulières.

- qui sont l'aboutissement d'une lutte entre les deux conjoints

- ou une réponse d'auto protection à une situation jugée menaçante pour l'individu qui génère des sentiments d'insécurité ou d'impuissance

- des peurs (impression.) d'abandon, de rejet. de trahison, d'humiliation

- peurs associées à des expériences douloureuses dans l'enfance qui refont surface

- II y a donc plusieurs dynamiques de violence

- Plusieurs visages de la violence.

- Plusieurs chemins peuvent mener à la violence

Une problématique mutifactorielle

- Facteurs sociaux :

- Influence des valeurs et des croyances

- Structure sociale (patriarcat)

- Religion (patriarcat)

- Qui maintiennent beaucoup de femmes dans une position d'infériorité

- Qui privent les femmes de leurs droits, de leur liberté et de leur dignité

- Facteurs individuels :

- Psycho-affectifs, reliés à l'histoire personnelle des individus

- Expérience de maltraitance :

- abus physique, sexuel, psychologique, abus d'autorité parentale

- Expériences de négligence :

- carences affectives, narcissiques, manque d'encadrement, de limites, d'autorité parentale

- Au-delà de l'image de force et de suffisance souvent projetée, on découvre des hommes qui

- manquent de confiance en eux-mêmes

- vulnérables affectivement :

- peur de ne pas être aimés

- peuvent faire beaucoup de compromis pour ne pas être rejetés, abandonnés

- dépendants de l'autre pour être valorisés et appréciés

- Contexte d'intimité

- Terrain très fertile aux confrontations avec les difficultés relationnelles et les zones de vulnérabilité personnelle

- Où les relations et les personnes prennent une importance particulière

- Les risques de faire mal, de se faire mal et de se faire faire mal sont beaucoup plus élevés

Approche clinique multidimensionnelle

   En cohérence avec notre analyse multifactorielle, nous prenons en considération tous les facteurs et toutes les facettes qui forment l'expérience de violence de chaque homme qui consulte.

- Une approche psychothérapeutique:

- Pour pouvoir adresser les multiples facteurs associés à la problématique

- Pour pouvoir adapter l'intervention aux besoins spécifiques des individus

- Parce que les différents facteurs interagissent de façons différentes selon les individus

- Pour travailler les différentes motivations qui sous-tendent les agirs violents

- Permet d'aborder les enjeux et dynamique spécifiques à chaque personne

- Les conditions minimales :

- Pour favoriser, l'ouverture, le partage des confidences, l'établissement d'une relation de confiance et l'implication du client, d'une alliance thérapeutique

- Une alliance de travail : un contrat thérapeutique

- une entente entre les deux parties à travailler conjointement vers des objectifs communs, dans un cadre et des conditions prédéfinis et acceptés par les deux parties

- Les critères d'admissibilité 

- Nécessite un minimum de reconnaissance du -problème de violence

- Un minimum de motivation à changer

- On a fait le choix d'opter pour la qualité des services plutôt que sur la quantité

- En se concentrant, minimalement, sur les personnes qui présentent une ouverture à se remettre en question

- Le respect du droit à la confidentialité

- Modalités d'échange de renseignements confidentiels, conditionnels à l'autorisation écrite du client

- Certaines prémisses de l'intervention :

- Structure organisationnelle favorisant l'accueil, le respect, la confiance mutuelle et la sécurité

- Notre client, c'est prioritairement l'homme. qui consulte

- On a un mandat d'aide au changement, complémentaire et distinct du mandat de surveillance et de contrôle du système judiciaire

- Important que ce soit clair dans l'esprit. de l'intervenant et du client

- Pour ne pas reproduire un système de contrôle dans la relation thérapeutique, un relation de pouvoir

- Éviter les effets de la triangulation

- Respect de la confidentialité (secret professionnel)

- Modalités d'échange d'informations confidentielles avec le consentement du client

- Limites à la confidentialité (Loi 180) lorsque l'on a de très sérieuses raisons de croire que la sécurité ou la vie d'une personne est menacée

- Afin de favoriser la sécurité des personnes

- Politique de gestion des situations à haut risque

- L'intervention clinique :

- Plusieurs niveaux :

- Établissement d'une relation de confiance et d'une alliance de travail

. Le processus commence souvent par un. travail sur la, sur les motivations

- La compréhension du problème

- La compréhension de l'individu (de sa réalité)

- Le travail des résistances à la thérapie et des résistances psychoaffectives (caractérielles)

- Travail des carences affectives et narcissiques

- Travail des expériences traumatiques ou d'abus dans la famille d'origine

- Etc...


Pro-gam
Centre d'intervention et de recherche
 en violence conjugale et familiale

1453, rue Beaubien Est
Montréal (Québec) H2G 3C6


Vox : (1-514) 270-8462

Fax : (1-514) 270-8849

www.familis.org/pro-gam

pro-gam@pro-gam.ca

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Liste des activités