| Éditorial Monsieur le Ministre
(Sixième lettre)
Madame la Ministre
Montréal, le 24
décembre 2004
Monsieur Claude Béchard
Ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale
et de la Famille
Madame Carole Théberge
Ministre responsable de la Condition des Aînés
et Ministre déléguée à la Famille
425, rue Saint-Amable,
4e étage
Québec (Québec) G1R 4Z1
Monsieur
le Ministre,
Madame la Ministre,
Le
Regroupement inter-organismes pour une politique
familiale au Québec, selon son habitude, profite
de l'éditorial de son bulletin Pensons
famille pour vous écrire et partager avec
vous ses réflexions, ses contentements, et ses
préoccupations sur la politique familiale au
Québec.
Vous
et nous en sommes les partenaires, et si certains
propos s'adressent à vous, ils nous concernent
tous.
Mais,
ils concernent, d'abord et avant tout, les
familles du Québec et leur mieux-être.
Partenaires,
nous le sommes, et vos présences, M. Béchard,
à notre Assemblée générale du 20 novembre
2003, Mme Théberge, à celle du 18 novembre
2004, sont pour nous les signes d'un respect
mutuel et d'une bonne collaboration.
Nous,
en vous invitant, nous vous manifestons notre
confiance, et vous, en y participant, vous nous
manifestez votre désir et votre volonté d'une
oeuvre commune.
Nous
ne ferons pas le travail du Gouvernement, et vous
ne ferez pas les entreprises du communautaire.
Mais,
tous et chacun, selon nos rôles et nos tâches,
contribuerons à bâtir le Québec que nous
aimons tant, mais qui ne serait rien sans les
Québécoises et les Québécois qui le
constituent.
Nous
avons noté, Mme Théberge, vos propos lors de
votre allocution du 18 novembre 2004 au
Regroupement.
En
plaçant La famille au coeur des priorités,
vous nous dites la priorité de votre coeur et
cela nous est agréable.
Nous
vous avons assurée de notre collaboration et de
notre participation à toutes les demandes de
consultations de votre part, tout en vous
demandant d'établir des lieux de concertation
qui soient nationaux, car les organismes et les
regroupements d'envergure nationale ne se
retrouvent pas lors de consultations régionales.
Nous
soulignons vos efforts, votre détermination et
vos réalisations en matière de Services de
garde.
Nous
avons noté votre démarche d'amélioration
continue de la qualité des services de garde,
votre garantie de leur viabilité à long terme
grâce à un financement plus approprié pour
assurer la pérennité du réseau dans le
contexte d'une politique familiale plus globale
et plus généreuse.
Nous
avons noté La reforme du soutien financier
qui instaure la création de deux nouvelles
mesures, le Soutien aux enfants et la Prime
au travail.
Le
Soutien aux enfants représente un
investissement et remplace trois mesures :
- l'allocation
familiale, qui vise les familles à
faible revenu
- la réduction
d'impôt à l'égard des familles,
destinée aux familles à revenu moyen
- et le crédit
d'impôt pour enfants à charge, qui vise
les familles à revenu moyen et élevé.
Nous
vous demandons cependant d'être vigilante, car
cette mesure comporte certaines iniquités pour
un certain groupe de familles, que votre
collègue, M. Béchard, semble vouloir corriger.
La
Prime au travail, pour sa part, est un
supplément de revenu de travail qui s'adresse
aux travailleurs à revenu faible et moyen, et
elle remplacera avantageusement, nous
l'espérons, le programme d'aide aux parents pour
leur revenu de travail (APPORT).
Nous
souhaitons vivement que le Régime d'assurance
parentale soit instauré le plus tôt
possible, car il sera plus souple, plus
généreux et plus inclusif que le programme
fédéral.
Nous
encourageons les démarches entreprises pour
assurer La politique sur la conciliation
travail-famille que, cependant, nous aurions
aimé nommer la conciliation famille-travail!
Elle
suscitera la mobilisation en faveur des familles,
réduira les obstacles qui freinent la
réalisation du désir d'enfant, et favorisera la
pleine participation des hommes et des femmes au
marché du travail.
Nous
reconnaissons la poursuite du partenariat avec
ces acteurs si importants dans la vie des
familles que sont les organismes communautaires
et les municipalités.
Ce
partenariat se matérialisera :
- dans le soutien aux
organismes communautaires qui viennent en
aide aux familles
- dans le programme
de subventions aux municipalités qui
désirent adopter une politique familiale
- dans l'aide à la
construction de logements à loyer
modique ou abordable
- dans l'abolition de
la taxe sur les couches, les biberons et
les autres articles d'allaitement
- dans les sommes
investies pour soutenir et encourager la
mise en place de programmes d'aide aux
devoirs.
Nous
nous sommes également grandement réjouis que le
Premier ministre vous ait nommée, il y a
quelques semaines, ministre responsable de la
Condition des Aînés.
Les
Aînés reviennent donc à la Famille : nous
l'avions demandé depuis le début de votre
gouvernement.
Monsieur
Béchard, nous avons eu un grand contentement
quand la Loi sur l'élimination de la pauvreté a
été adoptée en décembre 2002.
Cependant,
nous avions des craintes certaines devant une
adoption éventuelle du Projet de loi 57
Loi sur l'aide aux personnes et aux
familles déposé à l'Assemblée nationale,
le 11 juin 2004.
Par
contre, nous avons salué le retrait de son
adoption immédiate, le 14 décembre 2004.
En
effet, nous croyons qu'il faille revoir les
éléments suivants :
- l' indexation à
demi des prestations des personnes
assistées sociales jugées sans
contrainte à l'emploi
- l'instauration de
programmes séparés qui ouvriraient la
porte à des régimes particuliers sans
droits de recours
- la coupure de 100 $
sur une prestation de 533 $ pour des
prestataires partageant un logement avec
un parent qui n'est pas à l'aide
sociale.
Voilà
donc, Monsieur le Ministre, Madame la Ministre,
nos réflexions, nos contentements et nos
préoccupations en cette veille de Noël 2004 et
du Nouvel an 2005.
Nous
vous souhaitons un Joyeux et Noël et une Bonne
et Heureuse Année.
Et si
la Vie nous est accordée, nous vous convions au
plaisir de chaleureuses et habituelles rencontres
au Regroupement.
Le Président
Richard Sarrasin, t.s.
Membre du Conseil des aînés
Le Directeur général
Yves Lajoie
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