Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 16, numéro 80, décembre 2004

     
Madame Sylvie Gougeon, t.s.   Image de la conférence  Écouter  Voir      

Chargée de projet
Cultivons la paix

 
Cultivons la paix

  Le projet Cultivons la paix vise à lutter contre la violence et faire la promotion d'une culture de paix et de non-violence.

  Il arrive souvent que l'on nous demande pourquoi nous avons choisi la promotion d'une culture de paix et de non-violence pour lutter contre la violence. Nous partons de la prémisse que dans chaque humain, il y a un potentiel de violence et de non-violence et que la culture a une influence sur le développement des potentiels que l'humain porte en lui.

  Pour se développer et surtout s'intégrer à nos manières de vivre, la culture de paix et de non-violence doit être accompagné de recherches, d'éducations et d'actions. Le projet Cultivons la paix privilégie l'éducation à la paix pour participer à la mise en place de cette culture. Ainsi, nous pensons qu'en faisant la promotion d'une culture de paix par le biais d'éducation à la non-violence, à la résolution pacifique des conflits et à la communication non-violente, nous favorisons son émergence au détriment de la culture de violence et de guerre qui domine actuellement.

  Face à la violence, nous pouvons avoir trois attitudes

1- La passivité
2- La contre-violence
3- La non-violence

  Pour cet exposé je m'attarderai principalement à cette dernière.

  La passivité, c'est l'attitude la plus répandue qui consiste à ne rien faire face à une injustice ou une violence. La passivité contribue à faire de nous des complices et c'est ce qui fait la force des tyrans et des dictateurs.

  La contre-violence, c'est face à la violence, je deviens violente. Tu m'insultes, je t'insulte, tu me frappes, je te frappe, tu m'attaques, je te fais la guerre...

  La contre-violence peut être spontanée (surtout si nous n'avons pas éduqué notre potentiel de non-violence) ou encore être réfléchie et structurée tel les forces d'armées révolutionnaires qui face à l'injustice combattent avec des armes.

  La non-violence, c'est agir sans violence contre l'injustice et la violence. Le mot agir est très important, car la non-violence demande à poser un acte.

La non-violence embrasse toutes les sphères de la vie, c'est

• une manière d'être (de vivre)
• une manière de penser (de philosopher, de raisonner, de méditer)
• une manière d'agir (de faire, d'organiser, de militer)
• une manière d'avoir (de consommer)
• une manière d'éduquer

Les grandes lignes de la non-violence sont :

• La non-violence est TOUJOURS au service de la justice, de la liberté et de la paix, si l'acte n'est pas dans cet esprit, ce n'est pas de la non-violence.

La non-violence exige le respect dont celui de l'adversaire. La non-violence ne dénonce pas ou ne refuse pas les personnes mais leurs actes.

La non-violence reconnaît ouvertement les conflits comme faisant partie de la vie. La non-violence ne postule pas un monde sans conflits, plutôt une gestion de ceux-ci sans recours à la violence, à la guerre.

La non-coopération avec ce qui contribue à la violence est un incontournable principe de la non-violence. Dans une société, ce qui fait la force des injustices, c'est la complicité, c'est-à-dire la coopération volontaire ou passive de la majorité silencieuse des citoyens.

La cohérence entre la fin et les moyens. Pour la non-violence la fin ne justifie pas les moyens. D'où cette célèbre phrase de Gandhi : « La fin est dans les moyens comme l'arbre dans la semence ».

La promotion de la non-violence passe essentiellement par l'éducation. Étant donné sa nouveauté et la remise en question personnelle et sociale qu'elle suscite, l'éducation à la non-violence est incontournable à la promotion de celle-ci.

La non-violence demande un exercice d'intégration et d'intégrité afin de vivre avec la vision du monde que nous désirons. La non-violence porte en elle la forme des rapports humains qu'elle vise à instaurer.

La non-violence est une force intérieure qui a constamment besoin d'être nourrie.

Pour qu'un feu brûle, il faut le nourrir. Beaucoup des leaders de la non-violence ont nourri leur spiritualité avec différentes religions. La non-violence peut se vivre comme un itinéraire spirituel.

La non-violence donne de l'espoir d'un monde meilleur.

Depuis Gandhi (1869-1948), d'autres personnes ou mouvements se sont inspirés de son combat non-violent pour mener des luttes contre l'injustice et la violence. Que ce soit Martin Luther King pour la lutte pour les droits civiques des noirs aux Etats-Unis; César Chavez pour les ouvriers mexicains aux Etats-Unis, Nelson Mandela contre le régime de l'Apartheids en Afrique du Sud, Greenpeace pour la sauvegarde de l'environnement, Dalaï Lama contre l'occupation de la Chine au Tibet, José Bové contre la mal bouffe, la Marche Mondiale des Femmes pour lutter contre la pauvreté et la violence, Opération Salami pour une mondialisation juste et humaine, et encore d'autres événements qui donnent de l'espoir et prouvent que la non-violence est une force de changement personnel et social.

La non-violence demande à prendre des risques, du courage

« Si un parent disait J'aime mon enfant, mais je ne courrais pas le risque de le sauver d'un petit incendie, nous jugerions son amour pour le moins suspect. Et pourtant nous percevons la non-violence pas mal de la même manière. » Leonard Desroches

La peur est la racine de nombreuses violences, la non-violence ne consiste pas à n'avoir jamais peur, mais prendre conscience de nos peurs et à agir en dépit d'elles, et non par elles. Pour Martin Luther King, la non-violence est une manière de vivre pour les gens courageux.

La non-violence demande beaucoup de créativité. La non-violence est dynamique, elle vise à développer, à inventer, à créer des mécanismes de résistance à la violence. La non-violence fait souvent appel aux arts et à l'humour.

La non-violence rompt l'équilibre des armes. Chacun s'arme pour se défendre des autres et chacun considère l'armement de l'autre comme une menace. Ainsi l'armement de l'un justifie l'armement de tous, jusqu'à une course à l'armement qui dépasse l'entendement.

La non-violence cherche à créer des communautés saines et ouvertes où règnent le respect et la bienveillance. La non-violence est une méthode noble qui ne peut qu'ennoblir la personne qui s'en sert.

La non-violence est un choix citoyen et la choisir signifie qu'on veut donner du sens à sa vie et à la vie commune des humains. Elle fait l'exercice d'un pouvoir capable d'opérer un changement social ou politique, sans que les opprimés d'hier deviennent les oppresseurs de demain.

La non-violence se marie bien aux mouvements sociaux tels : le pacifisme, le féminisme, l'écologisme, la mondialisation des solidarités, l'humanisme, le multiculturalisme, l'anarchisme, etc.

Le 15 septembre 2004


www.centremgl.org/

info@centremgl.org

sgougeon@cerntremgl.org


Table des matières  

Liste des activités