| Cultivons la paix Le
projet Cultivons la paix vise à lutter contre la
violence et faire la promotion d'une culture de paix et
de non-violence.
Il arrive souvent que l'on nous demande
pourquoi nous avons choisi la promotion d'une culture de
paix et de non-violence pour lutter contre la violence.
Nous partons de la prémisse que dans chaque humain, il y
a un potentiel de violence et de non-violence et que la
culture a une influence sur le développement des
potentiels que l'humain porte en lui.
Pour se développer et surtout s'intégrer
à nos manières de vivre, la culture de paix et de
non-violence doit être accompagné de recherches,
d'éducations et d'actions. Le projet Cultivons la
paix privilégie l'éducation à la paix pour
participer à la mise en place de cette culture. Ainsi,
nous pensons qu'en faisant la promotion d'une culture de
paix par le biais d'éducation à la non-violence, à la
résolution pacifique des conflits et à la communication
non-violente, nous favorisons son émergence au
détriment de la culture de violence et de guerre qui
domine actuellement.
Face à la violence, nous pouvons avoir
trois attitudes
1- La passivité
2- La contre-violence
3- La non-violence
Pour cet exposé je m'attarderai
principalement à cette dernière.
La passivité, c'est l'attitude la plus
répandue qui consiste à ne rien faire face à une
injustice ou une violence. La passivité contribue à
faire de nous des complices et c'est ce qui fait la force
des tyrans et des dictateurs.
La contre-violence, c'est face à la
violence, je deviens violente. Tu m'insultes, je
t'insulte, tu me frappes, je te frappe, tu m'attaques, je
te fais la guerre...
La contre-violence peut être spontanée
(surtout si nous n'avons pas éduqué notre potentiel de
non-violence) ou encore être réfléchie et structurée
tel les forces d'armées révolutionnaires qui face à
l'injustice combattent avec des armes.
La non-violence, c'est agir sans
violence contre l'injustice et la violence. Le mot
agir est très important, car la non-violence demande à
poser un acte.
La non-violence embrasse toutes les sphères de la
vie, c'est
une manière d'être (de vivre)
une manière de penser (de philosopher, de
raisonner, de méditer)
une manière d'agir (de faire, d'organiser, de
militer)
une manière d'avoir (de consommer)
une manière d'éduquer
Les grandes lignes de la non-violence
sont :
La non-violence est TOUJOURS au service de
la justice, de la liberté et de la paix, si
l'acte n'est pas dans cet esprit, ce n'est pas de la
non-violence.
La non-violence exige le respect dont
celui de l'adversaire. La non-violence ne
dénonce pas ou ne refuse pas les personnes mais
leurs actes.
La non-violence reconnaît ouvertement
les conflits comme faisant partie de la vie. La
non-violence ne postule pas un monde sans conflits,
plutôt une gestion de ceux-ci sans recours à la
violence, à la guerre.
La non-coopération avec ce qui
contribue à la violence est un incontournable
principe de la non-violence. Dans une société,
ce qui fait la force des injustices, c'est la
complicité, c'est-à-dire la coopération volontaire
ou passive de la majorité silencieuse des citoyens.
La cohérence entre la fin et les
moyens. Pour la non-violence la fin ne justifie
pas les moyens. D'où cette célèbre phrase de
Gandhi : « La fin est dans les moyens
comme l'arbre dans la semence ».
La promotion de la non-violence passe
essentiellement par l'éducation. Étant donné
sa nouveauté et la remise en question personnelle et
sociale qu'elle suscite, l'éducation à la
non-violence est incontournable à la promotion de
celle-ci.
La non-violence demande un exercice
d'intégration et d'intégrité afin de vivre
avec la vision du monde que nous désirons. La
non-violence porte en elle la forme des rapports
humains qu'elle vise à instaurer.
La non-violence est une force
intérieure qui a constamment besoin d'être
nourrie.
Pour qu'un feu brûle, il faut le nourrir.
Beaucoup des leaders de la non-violence ont nourri
leur spiritualité avec différentes religions. La
non-violence peut se vivre comme un itinéraire
spirituel.
La non-violence donne de l'espoir d'un
monde meilleur.
Depuis Gandhi (1869-1948), d'autres personnes ou
mouvements se sont inspirés de son combat
non-violent pour mener des luttes contre l'injustice
et la violence. Que ce soit Martin Luther King pour
la lutte pour les droits civiques des noirs aux
Etats-Unis; César Chavez pour les ouvriers mexicains
aux Etats-Unis, Nelson Mandela contre le régime de
l'Apartheids en Afrique du Sud, Greenpeace pour la
sauvegarde de l'environnement, Dalaï Lama contre
l'occupation de la Chine au Tibet, José Bové contre
la mal bouffe, la Marche Mondiale des Femmes pour
lutter contre la pauvreté et la violence, Opération
Salami pour une mondialisation juste et humaine, et
encore d'autres événements qui donnent de l'espoir
et prouvent que la non-violence est une force de
changement personnel et social.
La non-violence demande à prendre des
risques, du courage
« Si un parent disait J'aime mon enfant,
mais je ne courrais pas le risque de le sauver d'un
petit incendie, nous jugerions son amour pour le
moins suspect. Et pourtant nous percevons la
non-violence pas mal de la même manière. »
Leonard Desroches
La peur est la racine de nombreuses violences, la
non-violence ne consiste pas à n'avoir jamais peur,
mais prendre conscience de nos peurs et à agir en
dépit d'elles, et non par elles. Pour Martin Luther
King, la non-violence est une manière de vivre pour
les gens courageux.
La non-violence demande beaucoup de
créativité. La non-violence est dynamique, elle
vise à développer, à inventer, à créer des
mécanismes de résistance à la violence. La
non-violence fait souvent appel aux arts et à
l'humour.
La non-violence rompt l'équilibre des
armes. Chacun s'arme pour se défendre des autres
et chacun considère l'armement de l'autre comme une
menace. Ainsi l'armement de l'un justifie l'armement
de tous, jusqu'à une course à l'armement qui
dépasse l'entendement.
La non-violence cherche à créer des
communautés saines et ouvertes où règnent le
respect et la bienveillance. La non-violence est une
méthode noble qui ne peut qu'ennoblir la personne
qui s'en sert.
La non-violence est un choix citoyen
et la choisir signifie qu'on veut donner du sens à
sa vie et à la vie commune des humains. Elle fait
l'exercice d'un pouvoir capable d'opérer un
changement social ou politique, sans que les
opprimés d'hier deviennent les oppresseurs de
demain.
La non-violence se marie bien aux
mouvements sociaux tels : le pacifisme, le
féminisme, l'écologisme, la mondialisation des
solidarités, l'humanisme, le multiculturalisme,
l'anarchisme, etc.
Le 15 septembre 2004
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