| Madame Claudette Lussier est
responsable du comité pour contrer le harcèlement et la
violence du Syndicat de l'enseignement de Champlain. Elle
nous dira comment se manifeste la violence en milieu
scolaire?
Elle nous exposera les moyens que le
Syndicat de l'enseignement de Champlain a mis en place
pour outiller et soutenir ses membres confrontés à
cette problématique.

Automne 2002 - Printemps
2003
Ressources :
Isabelle Bolla
Avocate
Syndicat de l'enseignement de Champlain
(1-450) 462-2581
1-800-361-5101 |
Claudette Lussier
Responsable du Comité pour contrer le
harcèlement
et la violence du Syndicat de l'enseignement de
Champlain
(1-450) 652-2900
claudette.lussier@csp.qc.ca |
| |
|
Alain
Paquette
Représentant à la prévention
Commission scolaire des Patriotes
(1-450) 462-2581
1-800-361-5101
(1-450) 441-2919 poste 5778
apaquette@synd-champlain.qc.ca |
Julie
Roy |
| |
|



Objectif général :
- Prévenir la violence en
milieu de travail.
Objectifs spécifiques :
- Sensibiliser le personnel
à l'existence de la violence en milieu de
travail.
- Briser le silence sur la
violence.
- Informer sur les recours
juridiques en situation de violence.
- Outiller le personnel et
les directions afin qu'ils puissent réagir
adéquatement lors
- événements violents.
- Développer des attitudes
préventives et sécuritaires.
Rôle :
- Assume le rôle d'agent
multiplicateur dans son établissement.
- Informe la personne
déléguée et l'implique dans ses démarches.
- Réfère les personnes aux
services appropriés.
- S'assure qu'il existe une
« procédure pour contrer les menaces et les
agressions à l'endroit d'un membre
du personnel » dans son établissement et veille
à son application.
- Soutient les membres de son
équipe-école dans la prévention et la gestion
d'événements violents.

3.1 Protagonistes
La violence touche différentes
catégories de personnes :
- élèves envers élèves;
- élèves envers personnel;
- parents envers personnel;
- personnel envers élèves;
- personnel envers personnel.
Ce document
touchera surtout deux volets du phénomène, soit la
violence des élèves envers le personnel et du personnel
envers les élèves, cependant les informations qui y
figurent peuvent nous aider à développer un meilleur
climat de travail avec nos collègues.
3.2 Définition de la
violence
« Lorsqu'un individu ou un
groupe d'individus, en posant une action, en
menaçant ou en tentant de faire, porte atteinte à
l'intégrité ou à la sécurité physique ou
psychologique d'une personne. Ceci inclut toute
menace verbale ou écrite (ex. : intimidation,
chantage, propos injurieux ou grossiers), tout
harcèlement ou tout autre comportement (voies de
fait, agression, vandalisme, assaut, comportement
perturbateur, [...] attitude méprisante, privation
intentionnelle...) donnant à la personne des raisons
suffisantes de croire que sa santé mentale ou
physique ou sa sécurité sont menacées. »
Damant, D.,
Dompierre, J., Jauvin, N., (1997) La violence en
milieu de travail
3.3 Manifestations
- Le vandalisme (graffitis),
atteintes aux biens (véhicules, vêtements,
instruments de travail, casiers, bureaux)
- Vols
- Taxage
- Bagarres, bousculades
- Agressions verbales
- Agressions physiques
- Menaces et intimidations
- Chantage
- Complots, règlements de
comptes (phénomène de gangs)
- Médisances
- Calomnies
- Sarcasmes
- Apostrophes accusatrices
- Mesures, comportements et
discours discriminatoires
- Railleries
- Jeter des objets par terre,
lancer des objets
- Harcèlement
- Bouc émissaire
- Insultes
- Frôlements, tapotements
(sexuels), soulever vêtement, acculer dans un
coin, pincer, caresses, téléphones (obscènes,
anonymes), viol, insinuations tendancieuses,
commentaires humiliants)
- Abus de pouvoir
- Langage grossier
- Séquestrations
- Introduction et possession
d'arme
- Violence organisée (vente
de drogue, prostitution)
- Bruits (ce qui fait le plus
bondir les enseignants)
- Suicide
- Fausses allégations
- Etc.
3.4 Banalisation
1. Facteurs
favorisant la banalisation
a) Culture du milieu
tolérante à la violence
b) Discrimination
c) Conditions de travail précaires
d) Peur des représailles
e) Manque de support
2. Formes
de banalisation
1)
Banalisation de la part des employeurs
a) Taire et nier la violence
b) Jeter le blâme sur l'incompétence de la personne
c) Ne pas tenir compte des effets de la violence et
ne pas offrir de support
d) Décourager la personne de faire appel aux recours
disponibles
e) Définir la violence comme faisant partie des
droits d'un supérieur
2)
Banalisation par les victimes
a) Nier, taire, minimiser,
tenter d'oublier la violence
b) Se sentir responsable, se blâmer
c) Tolérer ou accepter la normalisation de la
violence
3)
Banalisation par les collègues et le milieu
a) Normalisation de la
violence
b) Absence de soutien, blâmer la victime
3.5 Personnes à risque
Nous le sommes
tous. La nature même de notre travail (contenu à
passer, délais précis, besoin de calme, d'écoute,
d'ordre) nous place en situation de rapport de force avec
les élèves. Nous devons « nous imposer » à eux.
Dans votre
milieu de travail, certaines personnes (agressives,
impulsives) vous semblent à prime abord susceptibles de
se retrouver impliquées dans des situations de violence
les opposant à des élèves. En fait, nous sommes tous,
à un moment ou à un autre, à risque. Plusieurs types
de personnalités et certains comportements peuvent
placer les gens dans des situations de violence
potentielle.
Signalons que
certaines personnes risquent d'être iniatrices d'actes
violents et que d'autres sont plus susceptibles d'en
attirer. Le résultat sera le même : cette personne sera
impliquée et, par sa réaction (défense ou attaque) se
retrouvera dans une situation problématique.
- Personne agressive,
impulsive, colérique, intolérante, arrogante
- Personne peu expérimentée
avec une clientèle potentiellement violente
- Personne ayant vécu un
échec dans une situation à caractère violent
- Personne vivant des
problèmes personnels
- Personne en situation de
stress
- Personne soumise et timide
- Personne ayant peu d'estime
de soi
- Personne se sentant «
au-dessus de la mêlée »
Par des
gestes, des paroles, des attitudes, certaines personnes
se placent dans des situations à risque. Leur objectif
n'est évidemment pas d'attirer des paroles ou
comportements violents, mais plutôt de prendre ou de
garder le contrôle du groupe, d'affirmer leur autorité
comme intervenant. L'élève riposte et...c'est
l'affrontement.
Beaucoup de
situations violentes constituent en fait une lutte
ouverte pour l'obtention du pouvoir.
Annexe I, voir : «
L'élève opposant (lutte de pouvoir) »;
Annexe II, voir : « L'escalade de l'agressivité »;
Annexe III, voir « Comment intervenir dans une
bataille ».
- Avez-vous en tête des
élèves à risque?
- Avez-vous en tête des
collègues à risque?
- Et vous... Êtes-vous une
personne à risque?
C'est facile
de tomber dans le piège. En y pensant deux fois, compte
tenu que nous sommes tous à risque, faisons des efforts
de prévention.

4.1 La violence à l'école
4.1.1 La mission de l'enseignante
ou l'enseignant délégué par l'État
La Loi sur l'Instruction
publique confère à l'enseignante ou à
l'enseignant le droit et le devoir de diriger la
conduite de chaque groupe d'élèves qui lui est
confié dans le cadre du projet éducatif de l'école
et des dispositions de la Loi.
Entre autres : l'article 22
prévoit :
« La mission d'éducation
de l'enseignante et de l'enseignant, que lui confie
la société québécoise, comprend en particulier
les obligations suivantes :
a) contribuer à la
formation intellectuelle et au développement
intégral de la personnalité de chaque élève qui
lui est confié;
b) collaborer à développer
chez chaque élève qui lui est confié le goût
d'apprendre;
c) prendre les moyens
appropriés pour aider à développer chez ses
élèves le respect des droits de la personne;
d) agir d'une manière juste
et impartiale dans ses relations avec ses élèves;
e) prendre les mesures
nécessaires pour promouvoir la qualité de la langue
écrite et parlée;
f) prendre les mesures
appropriées qui lui permettent d'atteindre et de
conserver un haut degré de compétence
professionnelle;
g) collaborer à la
formation des futures enseignantes ou futurs
enseignants et à l'accompagnement des enseignantes
ou enseignants en début de carrière;
h) respecter le projet
éducatif de l'école.»
4.1.2 Délégation du pouvoir
parental pour tous les intervenants en autorité
Le Code civil du Québec reconnaît
à toute personne en autorité sur l'enfant une
mission de garde, de surveillance et d'éducation
déléguée par les parents.
Art. 601 : « Le
titulaire de l'autorité parentale peut déléguer la
garde, la surveillance ou l'éducation
de
l'enfant. »
Cette délégation confère
un devoir très particulier d'assurer à l'enfant la
protection, la sécurité et l'attention.
Art. 32 Code
civil du Québec
Art. 39 Charte des droits et libertés
de la personne
«
Tout enfant a droit à la protection, à la
sécurité et à l'attention que ses parents ou les
personnes
qui en tiennent lieu peuvent lui donner. »
4.1.3
Les poursuites criminelles et les poursuites civiles
Le droit pénal se distingue
du droit civil en raison des personnes qui peuvent
saisir l'appareil judiciaire.
Quiconque a des motifs
raisonnables et probables de croire qu'une personne a
commis une infraction peut faire une dénonciation et
déclencher le processus pénal.
En droit civil, seule la
personne qui a intérêt dans le litige peut
déclencher le processus judiciaire.
Ils se distinguent l'un de
l'autre au niveau de la responsabilité. Un acte peut
à la fois encourir à son auteur une responsabilité
civile et responsabilité pénale. Ce même acte
n'engendra une responsabilité criminelle que s'il a
été constitué en infraction par le législateur
qui prévoit une peine.
Le droit pénal se distingue
enfin du droit civil quant aux objectifs de la
sanction. L'objectif de la sanction pénale ne vise
pas à réparer un dommage.
Le droit pénal est un droit
répressif ou coercitif.
4.2 La violence des élèves
et des parents envers les membres du personnel
Dans cette situation,
quels sont les recours disponibles et les modes d'intervention
à utiliser?
4.2.1 La
plainte criminelle
Lorsqu'une enseignante, un
enseignant ou un membre du personnel est victime
d'usage de la force, de tentative ou de menace
sérieuse de recours à la force de la part d'un
élève, d'un parent ou d'un intrus, elle ou il peut
porter plainte auprès de la police.
Voies
de fait simples
Il s'agit de l'usage de la
force contre une personne sans son consentement et de
manière intentionnelle. Il peut s'agir de tentatives
ou de menaces, par un acte ou un geste, d'employer la
force (art 265 (1) Code criminel).
Voies de fait graves
Les voies de fait graves
sont le fait de blesser, de mutiler ou de défigurer
une personne ou de mettre sa vie en danger (art 268 Code
criminel).
Dans le cas de mineur de
plus de douze (12) ans, s'il y a poursuite, celle-ci
sera intentée généralement en vertu de la Loi
sur les jeunes contrevenants et l'affaire
sera entendue par la Chambre de la jeunesse de la
Cour du Québec.
Dans le cadre d'une
accusation en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants,
la culpabilité doit être prouvée hors de tout
doute raisonnable. La personne qui porte plainte sera
appelée à témoigner ainsi que les autres personnes
qui ont été témoins des événements.
4.2.2 La
loi sur les accidents du travail et les maladies
professionnelles (LATMP)
L'enseignante ou
l'enseignant ou un autre membre du personnel victime
de violence pourra réclamer les bénéfices de la Loi
sur les accidents du travail et les maladies
professionnelles.
Pour ce faire, elle ou il
devra déposer une réclamation en s'adressant à la
Commission sur la santé et la sécurité du travail
en ayant préalablement consulté son médecin
traitant le plus vite possible après l'événement.
La personne devra déclarer
l'événement à sa direction avant de quitter
l'établissement scolaire.
La personne agressée pourra
recevoir les soins appropriés payés par la CSST et
recevoir, s'il y a lieu, une indemnité de
remplacement du revenu équivalent à 90% du salaire
net.
Les conventions collectives
prévoient également le paiement représentant le
différentiel entre 90% du salaire net et 100% du
salaire brut, de sorte que la personne agressée
devrait recevoir la totalité de son salaire durant
l'absence pour son accident du travail.
4.2.3 La
loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels
(LIVAC)
La loi sur
l'indemnisation des victimes d'actes criminels permet
à toute personne blessée à la suite d'un acte
criminel de recevoir une indemnité pendant la
période où elle est incapable de travailler.
Cette loi est applicable
pour les cas qui ne pourront être considérés comme
un accident de travail, par exemple : agression par
un élève en dehors des heures d'école, la fin de
semaine.
4.2.4 Le
droit de refus
La loi sur la santé et
la sécurité du travail prévoit un droit de
refus de travailler lorsque la personne considère
que sa santé, son intégrité physique ou celle des
personnes dont elle a la charge sont en danger.
Le droit de refus est un
droit individuel.
4.2.5 Le
recours civil
Ce recours peut être
utilisé par la personne qui a été victime de
violence.
S'il s'agit de la violence
d'un parent, le recours est dirigé contre ce
dernier.
S'il s'agit de la violence d'un élève, il peut
être dirigé contre l'élève et ses parents.
Généralement c'est un
recours en dommage et intérêt qui est intenté.
S'il s'agit de la violence
d'un employeur, il faudra être très vigilant parce
que la Cour suprême a statué qu'un travailleur
victime d'une lésion professionnelle ne pouvait
intenter ni un recours civil en dommage contre son
employeur ni un grief.
Recommandation
Pour toutes situations,
consultez votre syndicat.
4.3 La violence des membres
du personnel envers les élèves
4.3.1
Les poursuites criminelles
Le recours le plus
fréquemment intenté contre le personnel d'une
école est la poursuite criminelle pour voies de fait
qui regroupe trois catégories :
1. Voies de fait simples;
2. Infliction de lésions corporelles;
3. Voies de fait graves.
Voies de faits simples
Il s'agit de l'usage de la
force contre une personne sans son consentement et de
manière intentionnelle. Il peut également s'agir de
tentatives ou de menaces, par un acte ou un geste,
d'employer la force (art. 265(1) Code criminel).
Infliction de lésions
corporelles
Lorsqu'il y a des lésions
corporelles infligées à un élève pendant un
cours, la Couronne pourra accuser les membres du
personnel de l'école d'avoir infligé des lésions
corporelles, ce qui est passible d'une peine plus
lourde (art. 267 Code criminel).
Voies de fait graves
Les voies de fait graves
sont le fait de blesser ou de défigurer une personne
ou de mettre sa vie en danger (art. 268 Code
criminel).
Les infractions
sommaires de culpabilité et les actes criminels
Les voies de fait simples
peuvent faire l'objet d'une poursuite en tant qu'acte
criminel ou en tant qu'infraction punissable sur
déclaration sommaire de culpabilité.
La décision quant au mode
de poursuite est toujours prise par la Couronne, en
tenant compte de la gravité de l'offense et des
circonstances entourant l'événement.
Les infractions punissables
sur déclaration sommaire de culpabilité sont
entendues par un juge de paix et les peines sont
généralement beaucoup moins élevées qu'au niveau
d'un acte criminel.
Dans le cas d'une poursuite
criminelle, les faits reprochés doivent être
prouvés hors de tout doute raisonnable.
4.3.2
Les moyens de défense contre les voies de fait
1. Le droit de correction;
2. La légitime défense;
3. Le mandat de contrôle et de défense;
4. L'absence d'intention coupable.
Le droit de correction
C'est le moyen qui est le
plus largement utilisé dans ce type de poursuite.
Il ne peut être utilisé que par des personnes à
qui on peut attribuer une délégation de l'autorité
parentale.
Art. 43 Code
criminel :
« Toute personne, père
ou mère, ou toute personne qui remplace le père
ou la mère est fondée à employer la force pour
corriger un élève ou un enfant, selon le cas
confié à ses soins, pourvu que la force ne
dépasse pas la mesure raisonnable dans les
circonstances. »
La légitime défense
Pour pouvoir invoquer ce
moyen de défense il faut :
- Être attaqué
illégalement et sans provocation;
- Ne pas avoir
l'intention de causer la mort ou des lésions
corporelles;
- Ne pas pousser la
violence au-delà de ce qui est nécessaire
pour se défendre.
Le mandat de contrôle et
de défense
Ce moyen de défense est
accordé à une personne qui est en possession d'un
bien immeuble et qui utilise la force pour éloigner
un intrus si elle ne fait usage que de la force
nécessaire.
L'absence d'intention
coupable
En droit criminel, la
plupart des infractions requièrent l'intention
coupable ou le « mens rea ».
Un membre du personnel d'une
école en contrôle de lui-même qui intervient en
utilisant la force raisonnable pour rétablir l'ordre
ou mettre un élève à sa place n'a pas d'intention
coupable quant à l'application de cette force.
4.4 Extrait de la
politique du Syndicat de l'enseignement de Champlain
« Défenses juridiques des
membres »
Préambule
La mission du syndicat
consiste à promouvoir et à défendre les intérêts
sociaux, économiques et professionnels de nos
membres. La défense de ces intérêts se manifeste
dans différentes activités du syndicat, dont
évidemment l'action juridique.
Même si l'on convient que
l'action juridique est loin d'être un remède à
tous les maux et qu'elle constitue un recours ultime,
elle continuera de s'avérer nécessaire. Cependant,
au cours des dernières années, nous l'avons
élargie, selon la conjoncture, à des domaines qui
ne faisaient pas partie de notre chantier
traditionnel et qui ne constituaient pas une
obligation en vertu du code du travail. Mais à
partir du moment où nous ouvrons ces nouvelles
voies, il nous incombe comme syndicat de faire preuve
d'équité et de rendre accessibles ces services à
toutes et tous, d'où l'importance de consolider
notre politique en matière d'action juridique.
Ultimement, le Conseil d'administration est
responsable de toute action juridique.
1. Membres poursuivis au
civil
À défaut de voir la
commission scolaire prendre fait et cause pour une
personne salariée poursuivie au civil relativement
à des gestes posés dans l'exercice de ses
fonctions, le syndicat en assumera sa défense dans
la mesure où il n'y a manifestement pas de
négligence grossière, que la personne retiendra le
procureur assigné par le syndicat et que le litige
ne l'oppose pas à un autre membre.
(Instruction) En
cette matière, le syndicat mandatera le bureau
Melançon, Grenier, Sciortino, Marceau & Ass.
2. Membres poursuivis au
criminel
Le syndicat fournit
l'assistance d'un avocat à un membre poursuivi au
criminel pour des événements allégués en lien
avec son emploi. Cependant, le Conseil
d'administration peut refuser ou mettre un terme à
cette assistance s'il juge que le membre a fait
preuve de négligence ou que le recours devient
dilatoire.
(Instruction) Pour
les dossiers liés aux moeurs, le syndicat assigne Me
Jean Dury. Pour les dossiers de toute autre nature,
le bureau Melançon, Grenier, Sciortino, Marceau
& Ass. est retenu.

5.1 Impact sur l'individu
Les composantes professionnelles
et individuelles à l'origine des atteintes à la santé
mentale au travail
VÉZINA, M., COUSINEAU, M.,
MERGLEA, D.,VINET,A., LAURENDEAU, M.C., (1998)
Pour donner un sens au travail, bilan des
orientations du Québec en santé mentale au travail.
Comité de la Santé Mentale au Québec. Montréal,
Gaétan Morin, éditeur

5.2 Les atteintes
Les atteintes à la santé
mentale reliées à une mauvaise organisation du travail
et à un environnement
neurotoxique

| |
Psychophysiologiques
:
- Réactions anxiodépressives
- Troubles du sommeil
- Modification de la personnalité
- Fatigue et irritabilité
- Baisse des capacités intellectuelles
(mémoire et concentration)
- Troubles fonctionnels (sommatisation)
- Sécrétions accrues d'adrénaline et de
cortisone)
- Baisse de libido
Comportementales :
- Mauvaises habitudes de vie (sédentarité
et tabagisme)
- Réduction des loisirs et des activités
sociocommunautaires
- Consommation d'alcool et de médicaments
- Absentéisme
- Roulement de personnel
- Problèmes familiaux
- Isolement
|
- Maladies psychosomatiques
- Hypertension artérielle
- Anxiété généralisée
- Troubles de l'adaptation et alcoolisme
- Maladie dépressive
- Stress post-tromatique
|
- Incapacité permanente sévère
- Encéphalopathie toxique
- Maladie cardiovasculaire
- Mortalité prématurée
- Suicide
- Maladies neuropsychiatriques
|

6.1 Attitudes
| À
PRIVILÉGIER |
À
ÉVITER ITER |
| |
|
| Se
préparer quand on anticipe une situation
difficile (prévoir gestes, paroles,
attitudes...). |
Avoir des
paroles, attitudes, comportements qui semblent
agressants, menaçants, humiliants
condescendants... |
| |
|
| Prévoir
nos exigences, les conséquences, en informer les
élèves à l'avance. |
Menacer
avec les conséquences pendant la crise, faire
une escalade de conséquences. Menacer de
représailles. |
| |
|
| Annoncer
nos limites et celles du code de vie. |
Annoncer
les conséquences pendant la crise. |
| |
|
| Rester
calme (en apparence, minimalement). |
Dire à
l'élève de se calmer. Laisser SA colère nous
atteindre. |
| |
|
Rester
conscient de notre façon de nous exprimer
(verbalement et non verbalement). |
Perdre le
contact avec nous-même. Mimiques négatives,
yeux en l'air, visage colérique. |
| |
|
| Rester
attentif à nos signaux corporels : pouls,
respiration, mains moites... |
|
| |
|
| Conserver
un ton de voix calme, confiant, posé. |
Crier,
hausser la voix, utiliser un débit rapide. |
| |
|
| Conserver
une attitude corporelle non menaçante |
Pointer du
doigt, gesticuler, mains sur les hanches,
mouvement brusque, TOUCHER L'ÉLÈVE. |
| |
|
Cesser une discussion
qui ne mène nulle part :
« ce n'est pas le moment, je dois retourner
travailler,
nous en reparlerons plus tard ». |
Argumenter,
se justifier. |
| |
|
Utiliser l'humour,
créer un effet de surprise
pour désamorcer (à utiliser avec tact). |
Ridiculiser,
rabaisser, dénigrer, dévaloriser, critiquer,
blaguer. |
| |
|
| Dédramatiser. |
Banaliser. |
| |
|
| Calmer les gens en
utilisant le silence. |
Entrer
dans l'escalade et la surenchère. |
| |
|
| S'adresser à la
personne en utilisant son nom. |
Utiliser
des surnoms ou des termes déplacés. |
| |
|
Rappeler
les rapports antérieurs harmonieux
(si c'est le cas). |
Provoquer,
défier : « répète un peu ce que tu viens de
dire!» |
| |
|
| Être
capable de donner raison à l'autre (si c'est le
cas). |
Juger,
blâmer, accuser. |
| |
|
Inviter
l'élève à quitter (s'il refuse, on peut
déplacer
l'auditoire) ou l'informer que s'il ne quitte
pas,
c'est son choix.C'est sa responsabilité. |
Sortir
nous-même l'élève en lui touchant.
Le menacer : « Si tu ne sors pas, je te sors ».
|
| |
|
| Prendre
une distance physique. |
Se livrer
à la querelle, bousculer, pousser. |
| |
|
| Revoir les
éléments ayant conduit à l'affrontement. |
Fuir. |
| |
|
| Parler
avec les collègues, échanger, ventiler. |
S'isoler. |
| |
|
| Prévoir
des conséquences et les appliquer. |
Se livrer
à des représailles, à la rancune, à la
vengeance. |
6.2 Démarche de la
personne représentée lorsque la violence concerne
:
a) un membre du personnel
envers un élève
| JURIDIQUE Aviser immédiatement la personne
déléguée syndicale.
Ne rien dire à la
police sans la présence de son avocat.
Colliger pour elle des
informations sur :
Rédiger une version
écrite de l'événement (collaboration avec le
syndicat).
Compléter le registre
(santé sécurité), si la personne est victime
de fausses allégations ou lésions physiques
et/ou psychologiques.
Indiquer à la police
que la direction possède une version écrite.
|
PERSONNELLE Se détendre (reprendre son
calme).
Ne pas rester seul avec
le problème :
Voir le PAE (programme
d'aide aux employés);
- Voir une personne
aidante naturelle;
- Ventiler auprès
d'une personne de confiance;
- En parler à ses
proches (famille, amis).
Rencontrer la personne
déléguée syndicale le plus tôt possible.
FAIRE CONFIANCE aux ressources syndicales.
Éviter la confrontation
(parents/élèves, directions, etc.).
Consulter un médecin.
Prendre un congé, si
nécessaire.
Consulter un organisme
d'aide.
|
b) des élèves et des
parents envers un membre du personnel
Les démarches sont
identiques sauf pour les points suivants :
- aviser la direction le
plus tôt possible;
- déposer une plainte à
la police.
Conseil judicieux :
Tout personnel en éducation
devrait être suivi par un médecin de famille.
6.3 Moyens organisationnels
- Faire adhérer les
intervenants de l'établissement à l'idée
d'adopter une action concertée face à la
violence.
- Se doter d'une procédure
au niveau de l'établissement. (Privilégier
certaines valeurs à l'école et à la maison).
Respecter les principes de la Commission
scolaire, le cas échéant.
- Établir des règles de
fonctionnement et fixer des limites claires.
- Se responsabiliser en
regard des gestes négatifs.
- Prévenir et intervenir
rapidement (échanges et réflexion).
- Modèles de règlement de
conflits (trouver des solutions juridiques et non
exclusivement psychosociologiques).
- Soutien aux personnes
impliquées (victimes, « agresseures »,
agresseurs, témoins).
- Établir la norme «
tolérance 0 » face à la violence.
Dénoncer.
- Favoriser :
- la déclaration;
- la solidarité;
- la cohérence dans
l'application des règles;
- la constance et l'équité;
- le consensus sur la façon
d'encadrer les élèves.
- Prévenir les séquelles
psychologiques en organisant un « debriefing »
rapidement après l'événement.
- Consulter « La démarche
de la personne représentée ».
6.4 Suggestions pour contrer
la violence
- Développer les
compétences personnelles et sociales.
- Améliorer l'estime de soi
afin de permettre aux individus d'être moins
affectés par la violence psychologique.
- Créer des solidarités,
briser le silence.
- Favoriser les échanges et
les mises en commun d'expériences vécues.
- Intervention dans les
conflits par le personnel ou autre, (arrêt
d'agir), c'est-àdire mettre quelqu'un entre les
protagonistes, ce qui suppose de former le
personnel.
- Mise en place d'un comité
« Respaix » pour promouvoir la non-violence à
l'école.
- Médiation, résolution
pacifique de conflit afin de dégager la tension
plus graduellement.
- Favoriser l'implantation
d'activités parascolaires afin d'éviter
l'affrontement en faisant passer la tension
ailleurs.
- Utiliser un local oasis
pour isoler immédiatement les élèves qui
commettent un acte de violence afin de prévenir
une dégradation de la situation.
- Réduire les frustrations
dues à des locaux inadéquats.

GORTON, Jacqueline, G. et
Partridge, Patricia. Practice and Management of Psychiatric
Emergency Care. The C.V. Morky Company.
GUBERMAN, Nancy et PLANTE,
Marie-Hélène, chercheuses. La banalisation de la
violence en milieu de travail. Centre pour
l'étude de interactions biologiques entre la santé et
l'environnement (CINBIOSE), UQAM.
JANOSZ, Michel et LECLERC,
Denis. L'intervention psychoéducative à l'école
secondaire: intervenir sur l'individu ou sur son
milieu?
LALIBERTÉ, Denis, m.d. Violence
dans le milieu de travail: de la connaissance à la prévention.
PINSONNEAULT, Linda, m.d.,
résidente V en santé communautaire. Réflexion sur
une stratégie d'action en vue de prévenir la
violence en milieu scolaire.
VERRET, Colette, psychologue. La
violence et ses différents masques
VÉZINA, M., COUSINEAU, M.,
MERGLEA, D.,VINET,A., LAURENDEAU, M.C., (1998) Pour
donner un sens au travail, bilan des orientations du
Québec en santé mentale au travail. Comité de la
Santé Mentale au Québec. Montréal, Gaétan Morin,
éditeur
La procédure pour contrer le
harcèlement et la violence, 24 novembre 1999, Syndicat
de l'enseignement de Champlain, CA99-00-11.
ANNEXE I

- Il pense qu'il peut défier
l'autorité.
- Il est optimiste quant à
ses chances de gagner.
- Il n'a pas appris de ses
expériences passées.
- Il demande aux autres
d'être équitables mais lui ne l'est pas.
- Il se venge lorsqu'il est
en colère.
- Il est fort et en est
conscient.
- Il pense venir à bout de
tous les moyens utilisés par l'intervenant.
- Il se croit égal à
l'adulte.
- Il évite de répondre aux
questions.
- Il nie avoir des
responsabilités.
L'élève possédant plusieurs
de ces caractéristiques a de bonnes chances de nous
emmener sur des terrains dangereux.
À nous d'en tenir compte et de
prendre des moyens pour ne pas le suivre. Sachant qu'il
cherchera à nous faire sortir de nos gonds, nous pouvons
nous préparer. Ainsi, il nous sera plus facile de garder
notre calme et de ne pas « entrer dans la danse ».

ANNEXE
3

Les conseils qui suivent
s'appliquent spécifiquement à des batailles entre
jeunes. N'INTERVENEZ PAS dans une bataille si vous n'avez
pas la formation nécessaire à cette fin. Ne pas
intervenir physiquement ne veut pas dire ne rien faire.
Il s'agit de tenter d'assurer la sécurité du plus grand
nombre possible de personnes.
« Envoyez quelqu'un chercher de
l'aide. Voyez avant tout à ne pas vous faire blesser.
Nommez la personne que vous envoyez à l'aide.
« Éloignez les spectateurs.
Appelez les jeunes par leur nom et dites-leur d'aller
immédiatement se mettre à un endroit particulier.
« Adressez-vous à ceux qui se
battent. Dites leur nom et dites-leur ce que vous voulez
qu'ils fassent. Donnez des commandements spécifiques et
tenez-vous à distance.
« Si vous ne savez pas le nom
des jeunes qui se battent, nommez-les par des
caractéristiques visuelles, par exemple. « toi à la
chemise rouge... »
« Faites appel aux règlements
plutôt qu'à l'autorité personnelle, par
exemple. « Pas de violence » ou « La bataille est
interdite ».
« Identifiez l'agresseur et
dites à l'autre jeune où se réfugier.2 »
2 Prévention de la
violence en milieu de travail, Centre canadien d'hygiène
et de sécurité au travail, 1999, 144 pages.
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