| Éditorial Madame
la Ministre (Quatrième lettre)
Montréal, le 28
février 2006
Madame Carole Théberge
Ministre de la Famille, des Aînés et de la
Condition féminine
425, rue Saint-Amable, 4e étage
Québec (Québec) G1R 4Z1
Madame la Ministre,
Le Regroupement
inter-organismes pour une politique familiale au
Québec, selon son habitude, profite de
l'éditorial de son bulletin Pensons
famille pour vous
écrire et partager avec vous ses réflexions,
ses contentements et ses préoccupations sur la
politique familiale au Québec.
Il nous est venu à l'esprit
et à la plume, en scrutant la société et en
sentant l'air du temps, de vous entretenir,
madame la Ministre, de certaines préoccupations
qui détourneront, momentanément, votre
attention de dossiers brûlants et
inconfortables.
Nous ne vous parlerons pas
de la situation des services de garde et de
l'équité salariale, car il est de nos membres
qui vous rencontrent sur une base régulière et
qui n'ont pas les mêmes opinions sur ces sujets.
Le Regroupement, en effet,
composé de quatre-vingt-quinze membres, oeuvre
pour une politique familiale au Québec et y
oeuvre dans le consensus.
Ainsi, dans les dossiers
controversés, nous favorisons la recherche, les
échanges et les rencontres pour le mieux-être
des familles du Québec, et nous restons plutôt
discrets sur les enjeux et les solutions.
Tout le monde s'accorde
cependant pour reconnaître quatre grandes
caractéristiques à la politique familiale.
L'autonomie,
l'horizontalité, la verticalité, la
subsidiarité.
Autonome, la politique
familiale ne relève d'aucune autre mission de
l'État que le mieux-être des familles.
Horizontale, la politique
familiale s'occupe à ce que chacune des autres
missions de l'État favorise le mieux-être des
familles.
Verticale, la politique
familiale se préoccupe du mieux-être de tous
les âges des membres de la famille.
Subsidiaire, la politique
familiale ne fait pas à la place des familles,
mais vient en soutien aux familles.
Mais, si elle a quatre
grandes caractéristiques, la politique familiale
a aussi des modalités fondamentales et
essentielles.
Ainsi, le mieux-être des
familles ne saurait être sans des modalités
minimales et suffisantes en nutrition, en
vêtement, en logement, en santé, en éducation,
en travail.
Aussi, madame la Ministre de
la Famille, des Aînés et de la Condition
féminine, nous vous adressons de même qu'à
nous-mêmes ces quelques questions que vous
pourrez poser, également, à vos collègues
Ministres et au Premier ministre.
« Connaissons-nous des
familles, des aînés, et des femmes enceintes,
qui souffrent de sous-alimentation qualitative et
quantitative?
« Connaissons-nous des
familles, des aînés et des femmes, qui sont mal
vêtus et qui ont eu froid cet hiver?
« Connaissons-nous des
familles, des aînés et des femmes, qui sont mal
logés et qui sont exploités par des
propriétaires sans scrupules?
« Connaissons-nous des
familles, des aînés et des femmes, qui n'ont
pas un accès suffisant aux soins de santé?
« Connaissons-nous des
familles, des aînés et des femmes, qui faute
d'instruction et d'éducation adaptées
n'arrivent pas à opérer de façon convenable
dans la société?
« Connaissons-nous des
familles, des aînés et des femmes, qui en
Capitale, en Métropole et en Régions, n'ont pas
un travail convenable leur permettant de gagner
dignement leur vie et ainsi s'épanouir? »
Ces questions, nous les
posons aussi à toute la société québécoise.
Si nous y répondons : non,
c'est que nous sommes déconnectés de la
société et de notre peuple.
Si nous y répondons : oui,
alors que faisons-nous pour améliorer le
mieux-être de nos compatriotes?
Il est vrai que le Québec
est une société compatissante et conviviale.
On dit même qu'au Québec
les taxes y sont plus élevées qu'ailleurs, mais
souvent on oublie de dire que les services y sont
aussi plus élevés qu'ailleurs.
Chacun, personnellement et
corporativement y apporte sa contribution et sa
solution, mais la Ministre de la Famille, des
Aînés et de la Condition féminine, a un mandat
du peuple pour en organiser une réponse
effective et humanitaire.
Nous croyons qu'une
politique familiale au Québec est faite de
beaucoup de programmes et de mesures, tous aussi
bons les uns que les autres, mais il faut, de
temps en temps, et même, toujours, regarder
parmi les familles, les aînés et les femmes,
les plus défavorisés.
La qualité d'une
civilisation se mesure à l'attention qu'elle
porte aux plus démunis.
Nous vous prions, madame la
Ministre, de recevoir l'assurance de notre
meilleure collaboration et d'agréer l'expression
de nos meilleurs sentiments.
Le Président
Le Directeur général
Gérard Valade
Yves
Lajoie
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