Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 17, numéro 84, décembre 2005

     
Mme Gabrielle Pelletier  Image de la conférence   Écouter   Voir  
Coordonnatrice
Coalition Solidarité Santé

La santé à deux vite$$es : non merci

Non à la privatisation des services de santé !
Non à un système à deux vite$$es !

Montréal, le 7 décembre 2005 – La Coalition Solidarité Santé demande au gouvernement Charest de rendre publique immédiatement la réponse qu’il compte donner au jugement de la Cour suprême dans l’arrêt Chaoulli. Selon la Coalition, les élections fédérales ne justifient pas le report de publication des orientations gouvernementales et celui du débat public.

   Elle exige du gouvernement qu’il permette la plus grande participation possible des citoyennes et citoyens au débat dans un cadre plus large qu’une commission parlementaire. À l’égard d’une question aussi cruciale que celui de l’avenir de notre système de santé et de services sociaux, la population est en droit de se faire entendre. « En retardant la sortie du livre blanc de façon indue, le ministre compromet la participation de larges segments de la population au débat public. Or, comme ce sont les personnes moins bien nanties qui seront les grandes perdantes si Québec allait de l'avant avec une privatisation accrue du système de santé, il serait indécent qu'elles soient exclues du débat public sous de prétextes fallacieux », déclare Marie Pelchat de la Clinique communautaire de Pointe Saint-Charles.

   La Coalition lance un appel urgent à la population, l’invitant à se mobiliser pour contrer la privatisation des services de santé au Québec. Elle exige du gouvernement Charest qu’il ne se serve pas du jugement de la Cour suprême pour créer un système à deux vitesses.

   « L’introduction d’un système parallèle fondé sur le recours aux assurances privées engendre, entre autres, de sérieux problèmes d’équité, draine les ressources du secteur public vers le privé, accentue le problème des listes d’attente dans le secteur public et alourdit la facture des dépenses de santé », ajoute Gabrielle Pelletier, porte-parole de la Coalition Solidarité Santé. De plus, dans le contexte des traités commerciaux internationaux, une privatisation et une marchandisation des soins de santé ouvrent la porte aux puissantes entreprises américaines de soins de santé.

   Malgré les prétentions du Premier Ministre Charest, la Cour n’ordonne pas au gouvernement du Québec de mettre en place un système de soins parallèle géré par le secteur privé, mais elle lui impose de trouver une réponse à la nécessité de réduire les listes d’attente et de fournir des services de santé de qualité en temps opportun.

   La Coalition Solidarité Santé a choisi d’interpeller le gouvernement sur le problème des listes d’attente et elle formule une liste de mesures visant à 1) renforcer l’accessibilité en toute égalité pour tous aux services universels et publics, 2) réduire les listes d’attente ; 3) empêcher le développement d’un système privé parallèle.

   Il est clair, pour la Coalition, que le gouvernement Charest fait une interprétation abusive du jugement pour continuer à mettre de l’avant sa vision en faveur d’une plus grande privatisation des services publics. Le système public de santé et de services sociaux est un joyau collectif que les Québécoises et les Québécois se sont donnés pour permettre un accès universel, public et gratuit aux soins de santé.

   La Coalition Solidarité Santé lance aujourd’hui un appel à tous les citoyennes et citoyens et aux organismes de s’unir pour clamer haut et fort leur refus à un système de santé à deux vitesses. Elle réclame du gouvernement qu’il mette tout en œuvre pour protéger notre système public de santé et de services sociaux et pour assurer le droit à la santé aux Québécoises et Québécois.

La Coalition Solidarité Santé est outrée de l’ouverture gouvernementale au privé

Montréal, le 10 novembre 2005 – La Coalition Solidarité Santé est outrée de l’ouverture du gouvernement Charest au financement privé de services de santé actuellement couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec.

   Pour la Coalition, le gouvernement choisirait le pire des scénarios pour les Québécoises et Québécois. Cette réponse à la Cour suprême du Canada va satisfaire les spéculateurs du marché de la santé au lieu de garantir le droit à l’égalité dans la santé.

   Pourquoi ce choix opportuniste alors que d’autres avenues existent et n’ont pas encore été examinées. Le gouvernement Charest était-il de bonne foi quand son sous-ministre de la Santé et des Services sociaux, Juan Roberto Iglésias, indiquait récemment à la Cour suprême, « que le gouvernement du Québec procède à une analyse attentive et complète de toutes les solutions disponibles et de leurs effets sur l’environnement juridique, social, organisationnel et budgétaire du système de santé québécois avant de pouvoir déterminer quelles mesures devraient être adoptées pour réagir à la décision de la Cour ».

   Il est important de rappeler que c’est le parti libéral dans les années soixante qui faisait le constat que la maladie était le principal endettement des familles québécoises. Le système de santé et de services sociaux que la société québécoise s’est donnée collectivement assure l’accessibilité à tous, et cela sans regard aux conditions socio-économiques de la personne.

   Lors d’une soirée publique organisée par la Coalition Solidarité Santé, où elle avait invité des juristes, d’autres alternatives à l’ouverture au privé étaient présentées, visant notamment des mesures de consolidation et de protection du régime public.

   Pour la Coalition, l’ouverture aux assurances privées et au financement privé ferait en sorte, dans le contexte des traités commerciaux internationaux, de permettre l’entrée sur notre sol de puissantes entreprises américaines de soins de santé.

   Nous demandons au gouvernement Charest de faire preuve de volonté politique face à la décision de la Cour suprême, en s’assurant de tout mettre en œuvre pour protéger notre système de santé et de services sociaux et d’assurer le droit à la santé aux Québécoises et Québécois.


Madame Gabrielle Pelletier

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