Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 17, numéro 85, mai 2006

     
Mme Diane Gariépy  Image de la conférence   Écouter   Voir
Rédactrice en chef du bulletin Simpli-Cité
Réseau québécois pour la simplicité volontaire

Au sujet de la simplicité volontaire

Qu'est-ce que la simplicité volontaire ?

   En réalité, personne ne peut définir la simplicité volontaire à 100%. La simplicité volontaire est une mode aux contours un peu flou. Tout le monde peut quand même essayer de la définir parce que ce n'est pas une appellation contrôlée. Personnellement, je dis toujours que c'est une réflexion sur l'art de vivre qui commence par un refus de se laisser mener par la société de consommation.

Un vieux truc

   La simplicité volontaire est une mode... En fait, c'est à la fois une mode et un très vieux truc. À chaque fois dans l'histoire de l'humanité que les êtres humains ont exagéré dans l'utilisation des biens, des sages se sont levés pour rappeler que la modération a bien meilleur goût. On peut ainsi expliquer pourquoi la simplicité volontaire est tellement populaire à partir du XX ème siècle. Considérons trois dates clés en Amérique du Nord :

1920 
   C'est le début de la publicité. On commence à nous vendre ce dont on n'a pas vraiment besoin mais qui nous fait envie.

1950 
   C'est le début de la fabrication de réfrigérateurs qui ne durent pas plus de 10 ans. C'est ce qu'on appelle la désuétude planifiée.

1980 
   Le pouvoir financier veut endiguer l'inflation en haussant les taux d'intérêt; il en résulte que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres (endettés) de plus en plus pauvres. On nous vend alors le néo-libéralisme...et son cortège d'aberrations : tout devient une marchandise, même l'eau, toute mesure sociale est perçue comme une entrave à la liberté de commerce, etc.

   On peut dire que, oui, la simplicité volontaire arrive à point pour remettre en question la course au profit.

Quatre motivations pour pratiquer la SV

Justice 

   Est-ce juste que nous prenions 64% des richesses de la planète alors que nous ne représentons que 16% de la population mondiale ?

   Dépenser moins, ça permet d'avoir des sous pour la solidarité, pour les campagnes de Centraide. C'est avoir l'argent pour des achats équitables, des aliments biologiques même s'ils coûtent un peu plus cher.

   Dépenser moins, ça permet aussi de moins travailler contre salaire. Travailler moins, ça libère du temps pour être plus proches des gens qu'on aime et pour s'engager socialement.

Environnement 

   Dépenser moins, réutiliser, recycler, voilà des mesures qui protègent notre planète en vue des besoins des générations futures. Si nous mettions une cloche de verre au-dessus de la ville de Montréal, combien de temps pourrions-nous survivre avec l'organisation actuelle ? Ne devrions-nous pas emprunter les transports en commun et convertir les stationnements des centres d'achats en jardins ? Il est préférable d'amener la campagne en ville que de transporter la ville à la campagne.

   Consommer moins, c'est s'assurer que demain va pouvoir exister.

Santé 

   Trop de biens et trop de consommation, ça provoque l'encombrement, le stress, les inquiétudes : Dans les pays dits développés, on remarque de plus en plus les “ maladies du trop ” : trop de graisse (obésité), trop de travail et de stress (burn out) , trop de stress (infarctus).

Spiritualité (le soin de son âme)

   On a beau avoir rejeté les grandes religions, il demeure que quelque chose, en nous, veut grandir. C'est la spiritualité. L'appel au dépassement. On se demande :  Est-ce que je réussis ma vie ?    Qu'est-ce que je voulais faire de ma vie quand j'étais jeune ? Il arrive parfois qu'on a l'impression de marcher à côté de sa vie. Or, la simplicité volontaire, avec le temps qu'elle libère, permet de répondre aux questions philosophiques, à retrouver ses valeurs dans le melting pot des prêts-à-penser modernes.

   La simplicité volontaire, parce qu'elle encourage des budgets équilibrés et non l'endettement, permet également la liberté de pouvoir changer d'employeur ou même de profession pour toujours exercer l'emploi qui correspond à ses valeurs.

Les familles et la sv

   Je vous propose deux idées :

  • Plus vous allez répondre aux besoins relationnels de vos enfants, plus ils seront équipés pour résister aux pièges de la société de consommation.
  • Dépensez moins pour le standing social et donnez plus de temps à vos enfants et ils vous en remercieront, un jour.

Quels sont ces besoins relationnels des enfants ?

  • Se sentir aimé sans conditions, gars ou fille, hyperactif ou tranquille, intelligent ou dernier de classe
  • Se sentir en sécurité, ce qui exige la permanence des parents, divorcés ou pas
    Permanence veut dire disponibilité mentale : pas épuisé par le travail ou les rénovations...
  • La confiance en soi : des encouragements, de la compréhension dans les difficultés, de l'accompagnement
  • L'affirmation de soi et l'apprentissage de la gestion des conflits : leurs chicanes devraient nous mobiliser plutôt que nous impatienter
  • La ténacité : il nous faut leur montrer à mener des projets à terme...en respectant leur âge
  • La capacité d'analyse, l'endurance, dans le respect de leurs limites et de celles des autres
  • Savoir reconnaître ses torts, savoir s'excuser, savoir demander de l'aide plutôt que de faire semblant, savoir s'évaluer correctement  (de se prendre ni pour Dieu ni pour diable)
  • Savoir se faire des amis et surtout les conserver

   On s'éloigne de la simplicité volontaire ? Pas du tout ! C'est une question de focus ! Moins se concentrer sur les biens et considérer davantage les relations humaines.

   On pourrait dire autrement : Donnez à vos jeunes la capacité de vivre en solidarité avec les autres et vous les protégerez beaucoup plus qu'en leur achetant tout ce qu'il faut pour qu'ils soient autosuffisants.

   N'oublions pas que l'être humain est un animal grégaire. Comme les loups, il doit sa survie au fait qu'il vit avec ses semblables. Quand la grippe aviaire nous aura rejoints, ce ne sont pas tant les vaccins qui vont nous sauver de la mort, mais notre capacité à respecter les règles, à résister à la tentation de passer devant les autres dans les salles d'attente, à utiliser ses contacts personnels pour se procurer des médicaments, etc.

On commence par quoi ?

   La pratique de la simplicité volontaire vous intéresse ? Voici quelques conseils.

  • Rapprochez-vous de ceux et celles autour de vous qui représentent la simplicité volontaire à laquelle vous aspirez.
  • Prenez rendez-vous avec vous-mêmes. Fermez la télé, apprenez à méditer, prenez un livre pour vous aider à penser.
  • Faites des progrès...réalistes, qui respectent votre histoire personnelle. Ça ne sert à rien de se débarrasser de 50% de vos biens dans le ménage du printemps si vous êtes pour recommencer à les acheter à la première vente d'entrepôt !

   Un dernier conseil : joignez-vous au Réseau québécois pour la simplicité volontaire!


Mme Diane Gariépy

Réseau québécois
pour la simplicité volontaire

1710, rue Beaudry, local 3.3
Montréal (Québec) H2L 3E7

Vox: (1) 514-937-3159

rqsv@simplicitevolontaire.org



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