Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 18, numéro 88, décembre 2006

   
 
 
Éditorial

Madame la Ministre (Septième lettre)

Montréal, le 31 décembre 2006

Madame Carole Théberge
Ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine
425, rue Saint-Amable, 4e étage
Québec (Québec) G1R 4Z1

Madame la Ministre.

Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec, selon son habitude, profite de l'éditorial de son bulletin Pensons famille pour vous écrire et partager avec vous ses réflexions, ses contentements et ses préoccupations sur la politique familiale au Québec.

À l'occasion des Fêtes, il est peut-être bon de réfléchir justement sur ces Fêtes.

Notre société, en recherche d'identité, se demande ce qu'elle est, ce qu'elle n'est plus, ce qu'elle veut être.

Pourquoi notre société est-elle en recherche d'identité ?

Il nous semble que la mondialisation et la globalisation soient des facteurs de cette remise en question.

Précisons les termes.

Nous appelons mondialisation le fait que, par les moyens de communication qui se développent de façon spectaculaire et exponentielle – pensons à Internet - , chacun puisse rejoindre tous et chacun et être rejoint par tous et chacun.

Nous appelons globalisation le fait que, justement à cause de la mondialisation, un mode unique de penser, de vivre et d'être, tende à s'instaurer.

Nous croyons que la mondialisation est aimable et inévitable parce qu'elle permet de rayonner notre meilleure expérience et de cueillir l'excellence où qu'elle se trouve.

Mais, en même temps, nous estimons que la globalisation est haïssable et évitable parce qu'elle tend à imposer la loi du plus fort et à étouffer les chefs d'oeuvre des cultures qui ont surgi çà et là.

Revenons au temps des Fêtes, ici au Québec.

Retour sur un passé antérieur et récent.

Nous sommes venus de différents horizons, par vagues d'immigration successives, majoritairement françaises, en tassant, il faut le dire, les Premiers occupants.

L'histoire et la volonté de vivre en commun nous ont façonné également des identités successives.

Selon les temps et les lieux, nous étions, Français, Habitants, Canadiens, Britanniques, Allemands, Irlandais, Polonais, Canadiens-français, Haïtiens, Latinos, et nous en oublions.

Pour la très grande majorité, nous étions de foi chrétienne, catholique ou protestante, un certain nombre de foi juive.

Le territoire était grand et les temps tranquilles.

Tous, ensemble, nous avons façonné un État sans trop nous demander comment le qualifier.

Pour la majorité d'entre-nous, nous étions Canadiens-français et catholiques.

Puis l'histoire et le reste du monde nous ont rattrapés et nous ont fait vivre une révolution tranquille.

Lentement, nous sommes devenus, pour la majorité d'entre nous, des Québécois.

Pour les uns exclusivement Québécois, pour d'autres Canadiens et Québécois, pour d'autres Canadiens, pour d'autres

encore rien de tout cela.

Publiquement, le ciment de la foi chrétienne s'est effrité.

Puis de nouveau, l'histoire et le reste du monde nous rattrapent.

Ça s'appelle la mondialisation.

Ça s'appelle, de nouvelles vagues d'immigration continues.

Et là, ceux que nous accueillons ne sont pas toujours blancs et chrétiens.

Ça nous interroge, ça nous confronte, ça demande que nous nous définissions encore.

Alors, on cherche des repères, et il en existe quelques-uns.

Entre autres, deux réalités nous rassemblent toutes et tous : nous habitons un territoire qui s'appelle le Québec, et nous avons une langue commune qui s'appelle le Français.

Nous avons aussi d'autres repères dont nous sommes moins sûrs, comme la religion et les habitudes de vie.

Ça nous amène à des contorsions où nous remettons en question l'égalité des femmes et des hommes, à appeler un arbre de Vie ce qui est un arbre de Noël, et par craintes de la réaction des autres qui ont des convictions à mettre de côté nos propres convictions.

Doit-on souhaiter Joyeuses Fêtes ou Joyeux Noël, voilà la question que se posent beaucoup d'entre nous.

Pourquoi alors dans une société qui majoritairement fête Noël, ne pas souhaiter Joyeux Noël et laisser à ceux qui n'y croient pas le soin de s'en accommoder.

Et à nos amis qui ont d'autres coutumes et d'autres croyances, de leur souhaiter aux uns Joyeux Roche Hachana et Hanouca, aux autres Joyeux Muharram et `Id al-Fitr, à d'autres encore ce qui leur convient.

En espérant qu'ils nous diront en retour, en ces temps-ci de l'année, Joyeux Noël et Bonne Année.

À vous de même, Madame la Ministre, Joyeux Noël et Bonne Année.

Le Président  Gérard Valade

Le Directeur général Yves Lajoie

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