Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 18, numéro 89, mars 2007

     
Dre Suzanne Parenteau  Image de la conférence    Écouter   Voir  
Médecin-conseil
Seréna

Le mercredi 21 février 2007


L'influence de l'environnement sur la santé et la fertilité

Diminution de la fertilité humaine

Facteurs biologiques et environnementaux

Quelques définitions

Fertilité : capacité de concevoir

Fécondité : ayant conçu et mené un enfant à terme.

Santé reproductive ajoute la santé de l’enfant et son développement normal

Sub-fertilité, pas de conception après un an sans contraception.

Retard de conception, ou délai à concevoir, mesure permettant aux chercheurs de comparer des groupes de couples pour mesurer l’effet de divers facteurs.

Diminution de la fertilité des couples

   On rencontre de plus en plus de couples qui sont déçus de ne pas réussir immédiatement une grossesse dès le moment où ils laissent la contraception. Souvent l’examen médical ne trouve aucune cause précise et identifiable. On recourt de plus en plus fréquemment à la reproduction assistée. Si la première tentative de conception se produit tard, les chances de succès sont moindres. Est-ce l’âge en lui-même, ou est-ce que toutes sortes d’obstacles se sont accumulés avec les années ?

Diminution de la qualité du sperme

   La nature avait prévu une grande générosité quant à la quantité de spermatozoïdes présents dans une éjaculation. Or, lorsqu’on étudie la tendance sur quelques décennies, et même si certaines études sont contradictoires, la majorité démontre

une diminution de la proportion des hommes qui ont un compte spermatique au-dessus de la norme, en même temps qu’une augmentation de la proportion des hommes qui ont un compte au-dessous [1] .

   Pour évaluer la qualité du sperme, on considère la concentration, c’est-à-dire la quantité de spermatozoïdes par ml. On considère aussi la morphologie, le pourcentage de formes normales (une seule tête, un seul flagelle, etc). Finalement, on compte la motilité, le pourcentage de spermatozoïdes mobiles.

L’évolution dans le temps nous fait constater aussi l’augmentation de deux autres problèmes reliés à la reproduction masculine : les cancers des testicules chez les hommes jeunes, et la cryptorchidie à la naissance des garçons (testicules restés dans l’abdomen et non descendus dans les bourses). Les savants relient ces problèmes à la pollution, comme d’autres problèmes hormonaux ou sexuels constatés chez les animaux. Qu’on se rappelle les reportages sur les poissons et batraciens des Grands Lacs, du Saint-Laurent et de nos rivières…

Obstacles à la fertilité

Infections génito-urinaires

   Qu’elles soient en phase active, ou permanentes, ou récidivantes, ou aient laissé des séquelles, elles peuvent être des obstacles à la fertilité chez l’homme comme chez la femme, soit à cause des toxines bactériennes en phase active, soit à plus long terme à cause du rétrécissement causé par les cicatrices bloquant plus ou moins les canaux minuscules par où les cellules reproductrices doivent passer pour se rejoindre.

« Timing » des relations sexuelles

    D’après un gynécologue d’expérience, plusieurs délais de conception s’expliquent par le fait que les couples n’ont pas assez de relations sexuelles, en fait pas assez au moment favorable. Une étude américaine [2] a constaté une survie du sperme de 6 jours, mais beaucoup d’hommes n’ont pas un sperme viable si longtemps. Pour que la grossesse soit possible, il faut que le sperme puisse profiter d’une glaire cervicale favorable, ce qui se produit dans les jours précédant l’ovulation.

Séquelles de la contraception

   Les femmes qui viennent de laisser « la pilule » ou le stérilet prennent un peu plus de temps en moyenne avant d’obtenir une grossesse. Après « la pilule », certaines souffrent d’un délai exceptionnel de plusieurs mois avant d’ovuler de nouveau. Dans le cas des injections contraceptives, les délais de conception peuvent durer jusqu’à 9-10 mois [3] .

Tabagisme

   Non seulement la fumée du tabac introduit dans l’organisme de nombreux polluants, mais les compagnies en ajoutent d’autres dans les cigarettes, en particulier pour augmenter l’accoutumance. Les couples où les femmes fument ou sont exposées à la fumée des autres connaissent plus de « retard de conception »[4] . Les fumeurs démontrent une qualité inférieure du sperme (nombre et anomalies) [5], [6]. Les femmes qui fument ont eu des résultats de 2 à 3 fois plus défavorables après des traitements d’infertilité, y compris la fécondation in vitro [7] . De plus, les femmes qui fument pendant la grossesse ont un risque plus élevé de toutes les complications de la grossesse et de l’accouchement.

Alcool

   Il est bien reconnu que la prise d’alcool durant la grossesse n’est pas sécuritaire. Mais il est moins connu que les retards de conception peuvent aussi être reliés à la prise d’alcool, chez les deux partenaires [9], [11]. Ce dont on n’entend pas parler non plus, c’est qu’une prise importante d’alcool par le père deux à trois mois avant la conception peut être reliée à des fausses-couches et à des anomalies congénitales. En effet, les spermatozoïdes prennent entre presque trois mois pour se développer dans les testicules et sont particulièrement vulnérables aux variations génétiques au début de leur développement [8] .

Drogues récréatives

   Même la marijuana, qu’on croit souvent inoffensive, a prouvé nuire aux spermatozoïdes (nombre, motilité et normalité de la forme). Chez la femme, elle serait un facteur de problèmes d’ovulation, d’irrégularité menstruelle et est associée à l’infertilité [11] .

Pesticides

   Le Collège des médecins de famille de l’Ontario a fait une revue de l’effet des pesticides sur la santé [9]. Les pesticides peuvent entrer dans notre corps par la peau, par la respiration, par le système digestif (lorsque contenus dans l’eau et les aliments). En plus d’être un facteur de cancer et d’allergies, ils peuvent l’être de problèmes de la santé reproductive (anomalie du sperme, problèmes érectiles, sub-fertilité, anomalies congénitales, fausses-couches, mort des bébés avant ou juste après la naissance, problèmes de santé chez les bébés).

   Par exemple, une étude en région agricole a montré que les risques d’infertilité étaient beaucoup plus grands si la femme avait mélangé ou appliqué des herbicides au cours des deux ans avant d’essayer de concevoir, et trois fois plus grands si elle avait utilisé des fongicides [9] .

   Des études ont montré à répétition la diminution de qualité du sperme si l’homme était exposé à des pesticides durant les trois mois précédant l’examen. Par ailleurs, il semble que le chromosome Y, présent dans les spermatozoïdes responsables de la conception des garçons soit encore plus vulnérable que les autres, car des accidents dans des usines de dioxine ont causé un déficit de garçons parmi les naissances qui ont suivi lorsque c’était le père qui travaillait à l’usine [10].

Pollution industrielle

   L’Association canadienne de droit en environnement et Défense environnementale, ont relevé la libération par l’industrie, dans l’air, en 2002, de plus de 14 millions de kilogrammes de produits chimiques reconnus pour causer des problèmes de santé reproductive, en plus de presqu’un milliard de kilogrammes de monoxyde de carbone causant les mêmes dangers. (Cela n’inclut même pas le monoxyde de carbone résultant du transport). Même si l’industrie est encouragée à réduire ses émissions toxiques, elles ont augmenté au total de 21% dans l’air, de 139 % dans l’eau et de 23 % dans le sol, entre 1995 et 2002 (dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles).

Pollution reliée à notre vie quotidienne

   Des composantes toxiques, dommageables pour la reproduction, se retrouvent à faible dose dans de nombreux produits de notre vie quotidienne [11], [12] , pour le nettoyage de la maison ou l’entretien corporel et le maquillage, les appareils électroniques, le rembourrage de meubles et de véhicules, les ustensiles de cuisson non-adhésifs, la pellicule plastique avec laquelle on enveloppe des aliments, les tissus de la maison ou des vêtements et les matériaux de construction.

   Beaucoup viennent de l’industrie du pétrole sous forme de produits plastiques ou de composantes plastiques de produits qui sont destinés à nous rendre la vie plus facile ou moins chère; les traitements antifroissage des vêtements ou de la literie, les traitements antitaches des tapis, meubles et tissus, le revêtement antiadhésif des casseroles, les agglomérés de bois, les rideaux de douche en vinyle, des bouteilles et contenants de plastique, des jouets, et divers articles de maison et de bureau. Certains produits ont justement été inventés pour nous protéger, comme les ignifuges. On les retrouve dans les meubles rembourrés, les rideaux, les tapis et les appareils électroniques. Ils ont été retrouvés dans la poussière de la maison, le sang et le lait humains. Les phtalates sont intégrés à beaucoup de produits courants contenant du vinyle et à des matériaux de construction, et aussi ils permettent aux parfums artificiels des produits de soins corporels et cosmétiques, de lessive, de nettoyage et d’ambiance de persister plus longtemps. Malheureusement, le plaisir de notre odorat se paie par la présence de phtalates dans l’eau à boire, le sol, la poussière de nos maisons, le gras des aliments et dans le sang humain et le lait maternel humain. Ils perturbent les hormones et peuvent causer des anomalies congénitales des organes mâles.

   Les dommages (prouvés) peuvent toucher les hormones (androgènes, estrogènes, hormone thyroïdienne), ou la reproduction (cancer des testicules, anomalies du système reproducteur mâle ou du sperme ; endométriose, problèmes d’ovulation, grossesses ectopiques et fausses-couches).

   On peut dire que les émissions sont trop faibles pour nuire. Il faut tenir compte de la persistance, capacité d’une substance à résister à la digestion, au pourrissement ou à toute forme de dégradation; c’est ainsi que les faibles doses s’additionnent les unes aux autres et que les résidus de divers produits peuvent interagir de diverses façons. Il faut aussi compter avec la bioaccumulation : la capacité d’une substance de se transmettre d’un vivant à l’autre. Par exemple, des contaminants des algues aux petits poissons, aux moyens, aux gros jusqu’à notre assiette. Et le rapport 2006 sur la présence de substances toxiques dans les membres de familles canadiennes a trouvé chez des enfants des dérivés de produits dont l’usage est défendu depuis bien avant leur naissance .

Alimentation

   La relation entre la pollution et l’alimentation est à double sens : nos aliments peuvent contenir des polluants mais nous pouvons aussi trouver dans une saine alimentation des éléments qui peuvent nous aider à contrer les effets de la pollution.

   La nourriture peut contenir des substances nuisibles puisées dans le sol, l’eau ou l’air, y compris des pesticides persistants.

   D’autre part, une alimentation variée, riche en légumes, fruits et grains entiers, préférablement biologiques, peut fournir à notre organisme une variété d’éléments qui non seulement apportent nourriture à nos cellules, mais encore contribuent au contrôle du métabolisme cellulaire et contrebalancent les dérives initiées par les polluants.

Que faire ?

   La pollution nous entoure de toutes parts. On peut être défaitiste et se dire que de toute façon, on n’y peut rien. Mais on peut aussi décider de faire notre part en participant aux actions communautaires antipollution et changer quelques habitudes de notre vie personnelle. Ceux qui ne se sentent pas concernés par la diminution de fertilité le seront peut-être par les autres perturbations des systèmes reproducteurs : cancers génitaux des hommes et des femmes, déréglage des cycles menstruels, endométriose, ménopause difficile, etc

   On peut garder l’œil ouvert sur les actions de nos divers paliers de gouvernement par rapport par exemple, au contrôle des pesticides les plus nuisibles, à la réglementation des substances chimiques néfastes pour la santé, à l’étiquetage des produits, au contrôle de la qualité des eaux, s’informer à des sources fiables et participer à l’action des groupes de citoyens concernés.

   Sachant que le monoxyde de carbone est un polluant produisant des effets hormonaux et reproducteurs adverses, on peut se joindre à l’effort de ceux qui visent une diminution de la pollution due aux transports : amélioration du transport en commun, co-voiturage, Communauto, bicyclette et marche, autos moins polluantes, etc.

   Dans notre alimentation, nous privilégierons les aliments biologiques, mangerons en abondance légumes et fruits frais, légumineuses, noix, et toutes formes de grains entiers, huiles de qualité. Nous éviterons de soumettre à la chaleur les contenants en plastique non prévus à cet effet; nous utiliserons surtout du verre pour ranger la nourriture au frigo ou au congélateur; nous éviterons autant que possible les casseroles antiadhésives et la pellicule plastique pour emballer les aliments. Nous éviterons le contact des aliments acides avec les contenants ou la pellicule d’aluminium.

   Dans nos maisons et nos bureaux, il y a bien des petites améliorations qui ne sont pas tellement difficiles et qui réduiront l’exposition risquée. Quelques minutes à chaque heure, nous nous éloignerons de notre ordinateur pour diminuer l’aspiration des substances ignifuges et l’exposition au rayonnement, nous nous tiendrons à distance du poste de télévision, du système de son et du four à micro-ondes, nous remplacerons notre rideau de douche en vinyle par du tissu. Lors des prochains achats de tissus, tentures, nappes, vêtements, meubles rembourrés, tapis, nous nous informerons s’ils sont traités antitache. Nous aérerons régulièrement la maison et l’automobile plutôt que d’utiliser des parfums artificiels. Nous compterons surtout sur l’eau, autant pour l’hygiène personnelle que pour le nettoyage domestique, et utiliserons des produits de nettoyage écologiques en nous en tenant aux quantités minimales nécessaires. Lors des prochaines constructions ou rénovations, nous rechercherons les produits les moins toxiques, à la fois pour la durée des travaux et à long terme.

Conclusion

   S’il y a diminution de la fertilité et perturbation des fonctions reproductrices dans notre société, nous pouvons en identifier quelques facteurs reliés à des formes de pollution. Une fois additionnés les uns aux autres, et au long des années, ils finissent par compter. Contre certains de ces polluants, notre seul recours est collectif; contre d’autres, nous avons le pouvoir de changer de petites habitudes de notre vie quotidienne.

Quelques références générales

La fertilité naturelle, Nikki Bradford, Hurtubise, Montréal, 2003

www.greenpeace.org/France/press/reports/ Chercher Attention fragile

www.environmentaldefence.ca/toxicnation/home.php Voir le rapport sur les familles (2006), en français. Make your home a healthy home n’existe qu’en anglais.

Le groupe britannique FORESIGHT aide depuis plusieurs années, avec une approche proactive naturelle préconceptionnelle, les couples qui ont des problèmes de fertilité et de fausses-couches. www.foresight-preconception.org

www.environnementsainpourlesenfants.ca Toxiques à éviter avant et pendant la grossesse, et pour les jeunes enfants

Références spécifiques au texte

A Seréna-Québec, 6646 Saint-Denis, Montréal, Québec H2S 2R9 514-273-7531 info@serena.ca-www.serena.ca

[1] Carlsen E et al. Evidence for decreasing quality of semen during past 50 years. Br Med J 305 (1992):609-613.

[2] Wilcox AJ et al. Timing of Sexual Intercourse in Relation to Ovulation. N Engl J Med 333 (1995): 1517-21

[3] Hatcher RA, Depo-Provera, Injections, Implants, and Progestin-only Pills. In: Hatcher RA et al. Contraceptive Technology, 18th Rev. Ed. New York: Ardent Media Inc., 2004: 466

[4] Greenlee AR Risk factors for female infertility in an agricultural region. Epidemiology 2003 ; 14(4) : 429-436.

[5] Vine, MF. Smoking and Male Reproduction: A Review. Int J Androl. 19.6 (1996): 323-37

[6] Forman R and al Drug-induced infertility and sexual dysfunction. Cambridge University Press, Cambridge, Great Britain, 1996, pp 106-123.

[7] Neal, MS et al. Sidestream Smoking is equally as damaging as mainstream smoking on IVF outcomes. Hum Reprod (2005) May 26

[8] www.greenpeace.org/france/press/reports/ Choisir Attention fragile

[9] www.ocfp.on.ca/English/ocfp/Communications/currentissues/pesticides/

[10] Ryan JJ et al. Sex Ratios of Children of Russian Pesticide Producers Exposed to Dioxin. Environ Health Perspect 2002, 110(11) :699-701

[11] www.greenpeace.org/france/press/reports/ Choisir Attention fragile

[12] www.environmentaldefence.ca/toxicnation/home.php Les rapports 2005 et 2006 existent aussi en français. Make your home a healthy home n'existe qu'en anglais.


RAPPORT SUR LA POLLUTION CHEZ LES FAMILLES CANADIENNES

   L'organisme canadien Défense environnementale a fait deux études pour déterminer la présence de contaminants chez l'être humain. [13]

   La première, publiée en 2005, s'intitule UNE NATION TOXIQUE : Rapport sur la pollution chez les Canadiens. Elle révèle la présence de 60 des 88 produits chimiques ciblés chez 11 adultes volontaires choisis à travers le pays, et présentant des occupations et des modes de vie divers. “ On a détecté en moyenne 44 produits chimiques chez chaque volontaire, dont 41 cancérigènes, 27 dérégulateurs hormonaux, 21 toxines respiratoires et 53 agents toxiques pour la fécondité et le développement ” des enfants. “ Bien que les PBC aient été interdits dans les années 1970, ils ont été détectés chez tous les volontaires, y compris les personnes nées au début des années 1980 ”, mais heureusement en quantité moindre chez ces derniers.

   La deuxième étude, publiée en 2006, s'intitule DES ENFANTS EMPOISONNÉS – UNE NATION TOXIQUE : Rapport sur la pollution chez les familles canadiennes.

   On a trouvé la présence de 46 des 68 produits ciblés chez les enfants, parents et grands-parents de 5 familles canadiennes (13 personnes). “ Au total, on a détecté chez les volontaires la présence de 38 cancérigènes, 23 perturbateurs hormonaux, 12 toxines respiratoires, 38 toxines nocives pour la reproduction ou le développement et 19 neurotoxines”. “ Bien que les PBC et de nombreux pesticides organochlorés aient été interdits avant la naissance des enfants de l'étude, ces produits chimiques ont été détectés chez tous les enfants et chez tous les parents. ” Toutefois ces produits étaient moins nombreux et moins concentrés chez les enfants. “ Dans plusieurs cas, la contamination par certains produits chimiques toujours en usage était plus grande chez les enfants que chez leurs parents. ”

Sensibilité particulière des enfants aux polluants

  • Les enfants mangent plus que les adultes, en comparaison de leur poids.
  • Vu leur taille inférieure, une même quantité de polluants cause une plus grande concentration.
  • Les enfants respirent plus vite et absorbent plus de polluants transmis par l'air.
  • Les jeunes enfants jouent près du sol et absorbent plus de poussière, souvent chargée de particules chimiques. On a démontré que les vapeurs des pesticides sont plus concentrées à la hauteur des enfants.
  • Les jeunes enfants touchent à tout et goûtent tout.
  • L'organisme immature des enfants n'a pas encore appris à bien se défendre contre les agressions chimiques.
  • La croissance rapide s'accompagne d'une plus grande vulnérabilité.

Familles à faible revenu : souvent plus grand risque

  • Logements de qualité inférieure, plus susceptibles de contenir du plomb et de l'amiante.
  • Immeubles à logements vulnérables aux coquerelles souvent exposés aux pesticides.
  • Vieux meubles et tapis souvent chargés de plomb, pesticides et autres contaminants.
  • Quartiers pauvres souvent situés à proximité de zones industrielles, d'artères à haute concentration routière, de dépotoirs.
  • A Toronto, deux fois plus d'hospitalisations pour troubles respiratoires d'enfants de quartiers défavorisés.
  • Nutrition déficiente rend la santé plus vulnérable aux contaminants environnementaux. Manque de protéines, de calcium et de fer augmente l'effet de l'exposition aux substances toxiques, en diminuant la capacité de l'organisme à se défendre. Faible revenu diminue la possibilité de recourir à la protection que fournirait l'abondance de fruits et légumes frais, et encore plus des produits biologiques.

Extraits et résumé par Suzanne Parenteau, médecin-conseil à Seréna 19 février 2007

Seréna, 6646 rue Saint-Denis, Montréal, Québec, H2S 2R9. 514-273-7531

Notes

[13] www.environmentaldefence.ca/toxicnation/home.php On peut avoir les deux rapports en français et en anglais. Un document pratique : Make your home a healthy home n'existe qu'en anglais.


SUBSTANCES CHIMIQUES PRÉOCCUPANTES

POUR LA SANTÉ ET LA REPRODUCTION HUMAINES

FAMILLE CHIMIQUE USAGES COURANTS PRÉOCCUPATIONS pour la SANTÉ et la REPRODUCTION
Alkylphénols

et substances apparentées
(en particulier éthoxylates d'alkylphénol, ou APE)

  • Anciennement dans les secteurs de l'entretien industriel et institutionnel
    (y compris l'entretien domestique)
  • Finition textile et cuir
  • Produits de toilette
  • Production de pesticides
  • Action similaire à celle des hormones
  • Infertilité masculine accrue, diminution de la taille des testicules et de la qualité du sperme
Phtalates

(esthers de phtalates)

  • Plastifiants du PVC et certaines applications pour polymères
  • Agents gélifiants
  • Solvants et fixateurs dans les cosmétiques et autres produits de soin du corps
  • Produits parfumés artificiellement
  • Toxique pour les testicules
  • Distance anogénitale réduite, fissure de la verge, hypospadias et absence de descente des testicules chez les jeunes garçons
  • Réduction de la fertilité chez les hommes et les femmes
  • Toxique pour le foetus (susceptible d'entraîner la mort ou des malformations)
Retardateurs de flamme bromés

(en particulier les diphényl éthers polybromés, ou PDBE, l'hexabromocyclododécane,
ou HBCD,
et le tétrabromobisphénol-A
ou TBBPA

  • Retardateurs de flamme dans appareils industriels et électriques, véhicules, éclairage, câblage et textiles, matériaux de rembourrage et d'isolation (polystyrène)
  • Imitation des oestrogènes
  • Malformations congénitales observées chez les rongeurs
  • Impacts sur le système nerveux et le développement comportemental
  • cancer
Composés organoétains

(dont mono, di, et tributylétain
et triphénylétain)

  • Stabilisateurs UV du PVC
  • Produits agrochimiques et biocides
  • Revêtements antisalissures
  • Catalyseurs
  • inhibition de la production d'hormone stéroïde
  • impact négatif sur le développement in utero du foetus, dont anomalies du développement génital chez le foetus mâle
  • cancer
Bisphénol-A et ses dérivés
  • production de plastique polycarbonate utilisé par exemple pour les biberons, les CD, les pare-brises de véhicules légers, etc
  • production de résines époxy utilisées par exemple dans les revêtements des emballages alimentaires
  • activité oestrogénique
  • altération des organes de reproduction mâles
  • induction de puberté précoce
  • réduction de la capacité d'allaitement maternel
Formaldéhyde
  • Traitement antifroissage des tissus
  • cancer
  • maladies respiratoires
Muscs artificiels

(dont les muscs nitrés tels que le musc xylène et le musc cétone, ainsi que les muscs polycycliques tels que le HHCB, ou galaxolide et l'AHTN, ou tonalide)

  • mélange de fragrances pour détergents, tissus, après-shampoing, agents nettoyants, rafraîchisseurs d'ambiance et autres produits domestiques
  • produits cosmétiques tels que savons, shampoings et parfums
  • activité oestrogénique
  • activité antioestrogénique
  • troubles du système nerveux
  • asthme
  • cancer

Références :
www.greenpeace.org/raw/content/international/press/reports/fragile-our-reproductive-heal.pdf
et  
www.environmentaldefence.ca/toxicnation/french/homefrench.htm

2007-02-19 Suzanne Parenteau, médecin-conseil à Seréna.

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