![]() |
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
|
Pensons famille |
Volume 1, numéro 9, novembre 1989 |
|
Moisson Montréal : contre les illusions de la "richesse"
Le Regroupement a décidé dorénavant de présenter le portrait d'un de ses membres dans son bulletin Pensons famille . Cette nouvelle politique débute dans son numéro de Noël, avec Moisson Montréal
Moisson Montréal subvient aux besoins criants des pauvres de Montréal. Sorte de banque alimentaire, Moisson Montréal est au service des 500,000 personnes qui dans la seule région métropolitaine vivent sous le seuil de la pauvreté. Inspiré de l'organisme Second Harvest de New-York, Moisson Montréal, fondé en 1984, ramasse 1,5 millions de livres de nourriture par année.
Dans une société riche comme la nôtre, le gaspillage de nourriture est pratique courante. Ainsi, Moisson Montréal se donne comme tâche la conscientisation auprès de citoyens quant à la réalité des pauvres. Le directeur de Moisson Montréal, Pierre Legault, ancien psycho-éducateur, ajoute que les gens commencent à être sensibilisés aux besoins des pauvres. Plutôt que de jeter, ils préfèrent donner à des gens qui, de toutes façons, ne sont pas des clients potentiels .
Moisson Montréal récupère de la nourriture de bonne qualité auprès des compagnies alimentaires. Cette nourriture est ensuite distribuée aux défavorisés de la région de Montréal. Moisson Montréal desserve ainsi plus de 100 organismes tels des soupes populaires, comptoirs de dépannage, centres d'accueil, foyers pour femmes battues, handicapés, personnes âgées, etc.
Quarante pour cent de la nourriture que nous distribuons, explique M. Pierre Legault, provient de compagnies spécialisées en alimentation. Le quart est fourni par des grossistes et le reste se compose des surplus d'autres banques alimentaires, des supermarchés, des institutions et des agriculteurs .
Aujourd'hui la reconnaissance du travail de Moisson Montréal est largement répandue. Au début, nous nous sommes butés à plusieurs refus. Il a fallu démontrer que la population que nous desservions n'était pas une clientèle potentielle pour ces marchands. Il a fallu aussi apprendre aux gens à ne pas nous prendre pour un dépotoir . En septembre 1986, Moisson Montréal recevait une aide importante ($75,000) de Centraide. Vingt des soixante compagnies qui collaborent avec Moisson Montréal le font de façon régulière.
Le but ultime de Moisson Montréal est de faciliter l'intégration des plus défavorisés à la société en leur apprenant des façons de se procurer leur propre gagne-pain. Un des projets envisagés serait d'emprunter de la terre en jachère de certains fermiers pour cultiver de la nourriture. Les usagers de Moisson Montréal pourront, ainsi, se frayer une voie vers l'autonomie. M. Pierre Legault nous explique que Moisson Montréal ne veut pas encourager la dépendance envers les banques alimentaires. Il faudrait procéder à la récupération de ceux qui en bénéficient, en leur apprenant à pêcher au lieu de leur donner du poisson .
Sources : Moisson Montréal pour distribuer le surcroît du Royaume , article de Michèle Boulva. La banque d'aliments de Montréal nourrit 4 000 personnes par jour de Caroline Montpetit, La Presse, samedi le 13 décembre, 1986.