La
précarité du travail ET la sécurité du revenu
Notes du
Regroupement :
- Le
jour même du déjeuner-croissants - le
mercredi 18 avril 2007 - paraissaît à la
Une du journal Le Devoir une nouvelle sur «
La charité des proches pénalisée à l'aide
sociale » où la journaliste Clairandrée
Cauchy analysait la situation de « Fernand
» bénéficiaire de l'aide sociale.
- Le
matin même, Nicole Jetté réagissait dans
les médias et au Regroupement.
- Le
mercredi 25 avril 2007, Nicole Jetté nous
envoie une synthèse de ses propos du 18
avril et commente des événements et des
propos qui sont survenus depuis.
- Mme
Michèle Courchesne a été ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale
jusqu'à 15 heures, ce même 18 avril. Lui a
succédé, au même moment, M. Sam Hamad.
- Nous
vous présentons ici :
La
charité des proches pénalisée à l'aide sociale
- Clairandrée Cauchy - Édition du mercredi 18 avril
2007
Soupçonné de recevoir de l'aide d'amis pour
se nourrir, un assisté social s'est vu couper
entièrement son chèque d'aide sociale le mois dernier,
après avoir refusé de produire une liste des
coordonnées de ses amis et la nature de leur soutien.
Le prestataire de la sécurité du
revenu, qu'on appellera Fernand, se
débrouille depuis plusieurs années avec un chèque
mensuel d'aide sociale de 548 $ par mois pour payer un
loyer de 400 $. Une fois ses comptes payés, il lui reste
seulement
50 $ pour se nourrir. En février dernier, son agent
d'aide sociale l'a convoqué pour lui demander comment il
arrivait à boucler son budget. On lui a alors demandé
de présenter une liste des personnes qui l'aident, que
ce soit en lui donnant de l'argent, de la nourriture ou
en lui offrant des repas.
Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu
copie, ce dernier a répondu qu'outre quelques
invitations très occasionnelles à souper chez des amis,
il se débrouillait seul. « J'ai appris à cuisiner et
je fais tous mes repas moi-même, souvent en style
asiatique, avec des fèves, des légumineuses et du riz
», écrit-il, énumérant des magasins où on peut
s'approvisionner à faible coût.
Jugeant qu'il avait omis de produire un
« document ou un renseignement nécessaire à la
vérification de son admissibilité et à
l'établissement du montant accordé », les autorités
de la sécurité du revenu lui ont coupé son aide
sociale.
La situation fait bondir la
coordonnatrice du Groupe-ressource du Plateau-Mont-Royal,
Louise Bergeron. « C'est clair que le chèque d'aide
sociale n'est pas suffisant pour se nourrir. C'est un
piège. S'il dit qu'il reçoit de l'aide, son chèque
sera coupé d'autant, s'il dit qu'il n'en reçoit pas, on
le coupe parce qu'on ne le croit pas », s'insurge Mme
Bergeron.
Fernand a demandé
récemment une révision de la décision, en vain. Il la
conteste maintenant devant le Tribunal administratif du
Québec. En attendant que la cause soit jugée, une juge
a ordonné qu'on lui verse une aide de dépannage
d'urgence, qu'il devra rembourser si jamais il perd.
L'entraide familiale pénalisée
Si Fernand avait
affirmé qu'il recevait de l'aide de proches ou de
parents d'une façon régulière, il aurait également
été pénalisé. On aurait alors déduit de son chèque
mensuel la valeur de l'aide accordée, même s'il s'agit
de nourriture.
Dans un cas relaté par la porte-parole
du Front commun des personnes assistées sociales, Nicole
Jetté, un homme qui vit avec un montant de 588
$ par mois (ayant des contraintes temporaires à
l'emploi) et paie un loyer de 450 $ a ainsi été
convoqué par son agent d'aide sociale pour expliquer
comment il se débrouille pour manger. « Il lui a dit
que sa mère l'aidait en faisant deux épiceries par
mois, d'une valeur de 35 à 50 $, depuis deux ans.
L'agente a fait une moyenne du montant reçu en deux ans
et lui a dit qu'il avait une dette d'autant », explique Mme
Jetté.
Si, au lieu de compter sur l'aide de sa
mère, la personne en question avait fréquenté les
banques alimentaires ou les soupes populaires, cette aide
n'aurait pas été comptabilisée, explique Mme
Jetté. « C'est impossible d'avoir une
solidarité sociale dans la dignité. Il faut être
quêteux et aller chercher de quoi manger dans des
organismes, avec une étiquette », s'indigne
Mme Jetté.
Au cabinet de la ministre de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne,
on préfère référer le dossier au niveau
administratif. Le responsable des relations avec les
médias du ministère, Claude Morin, confirme qu'une aide
régulière de la part d'amis ou de membres de la famille
est déduite des prestations d'aide sociale,
contrairement à celle reçue de la part d'organismes de
charité. « L'aide de proches ou de la famille est
considérée comme un « avantage comptabilisable »
lorsqu'elle a un caractère régulier. C'est assimilé à
un revenu », explique M. Morin. Il précise qu'une telle
enquête n'est pas systématique, elle survient lorsqu'un
agent d'aide sociale constate que le budget du
prestataire peut difficilement être équilibré.
Le soutien prodigué par des organismes
de charité est cependant considéré comme une «aide
ponctuelle », poursuit M. Morin.
Le ministère s'appuie sur une logique
d'équité pour justifier une telle pratique. « Il faut
que le calcul soit équitable pour tous ceux qui
reçoivent de l'aide. [...] À la base, c'est une aide de
dernier recours. Si une personne a un recours régulier
à de la famille ou un proche, cela signifie que la
personne a d'autres recours. L'État prend quelqu'un en
charge seulement quand il n'y a pas d'autres recours »,
explique M. Morin.
Fait à noter, cette aide sous forme «
d'avantage comptabilisable » est entièrement déduite
du montant d'aide sociale, alors que les premiers 200 $
par mois en gain de travail sont exemptés.
Le Collectif pour un Québec sans
pauvreté, qui réclame depuis des années
l'établissement d'un barème plancher à l'aide sociale
qui couvrirait les besoins essentiels, juge cette
pratique incohérente avec le discours gouvernemental. «
Dans son plan d'action, la Ministre vante l'importance
que tous les acteurs de la société se mettent ensemble
pour vaincre la pauvreté, on incite la société à
soutenir les personnes, mais aussitôt que la famille
entre en compte, cela entraîne des réductions de
chèque », critique le porte-parole du collectif,
Jean-Pierre Hétu.
Cette pénalité à l'entraide choque
également Nicole Jetté, qui pousse
plus loin la réflexion en déplorant les pénalités
imposées aux assistés sociaux qui restent avec des
parents. « On a dit que c'étaient des jeunes, mais la
réalité, c'est que ce sont des gens de plus de 40 ans
qui vivent avec des parents âgés. On parle d'aidants
naturels et le gouvernement donne des crédits d'impôt
pour cela, mais quand il s'agit d'assistés sociaux, on
les coupe! »
http://www.ledevoir.com/2007/04/18/139887.html
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2. La synthèse des
propos 18 avril et les commentaires sur la suite des
événements
Bonjour,
Un mot rapide pour donner un point de
vue sur la conjoncture en lien avec la réalité des
personnes assistées sociales. Je suis consciente que
Jean-Pierre (Hétu) a été impliqué aux diverses
étapes des événements rappelés et que François
(Labbé) et monsieur Lajoie en ont eu de larges échos.
Je vous envoie tout de même la synthèse rédigée ce
matin à la demande de groupes un peu moins au coeur des
l'action. En pièce attachée, vous trouverez le contenu
de l'article publié dans Le Journal de
Montréal, lundi, le 23 avril ainsi que certaines
informations du déroulement chronologique du suivi à la
déclaration Hamad.
Je me permets de rappeler que ces
sorties viennent à la suite de la mise en lumière
dune des aberrations de la gestion à laide
sociale soit la diminution et même lannulation des
prestations suite à des dons en nourriture venant de la
famille et/ou de personnes amies. L'article paru
à la Une du Devoir, le 18 avril, a déclenché
un mouvement d'indignation assez
réconfortant. De nombreuses personnes assitées sociales
ont pris la parole pour confirmer que la situation de
Fernand n'était pas un cas isolé et nommer d'autres
aberrations que, personnellement, je qualifie de
harcèlement.
Les propos du ministre Hamad rapportés
par Le Journal de Québec mettent au grand jour la
pensée de plusieurs politiciens et politiciennes (même
si elles sont en moins grand nombre). Ceux-ci créent
et/ou alimentent les préjugés. Par la suite, ils se
sentent justifiés de tirer la conclusion que beaucoup de
monde pense comme eux. L'événement « Fernand
» a démontré qu'une bonne proportion de la population
réagit tout autrement lorsque la réalité est
véritablement illustrée.
Comme FCPASQ, que comptons-nous faire :
- - continuer à
utiliser toutes les tribunes possibles pour
informer
- - profiter du
mouvement de solidarité déclenché avec
l'événement « Fernand » pour exiger la
disparition des catégories c'est-à-dire que la
prestation de 828 $ par mois soit accordée à
toutes les personnes à l'aide sociale. En vue du
prochain budget, le ministre (article du 23
avril, dit qu'il demandera une augmentation au
Trésor, est-il prêt à s'engager à utiliser
toute augmentation au budget de l'aide sociale
pour éliminer les catégories? Pour nous, c'est
l'urgence tant pour améliorer les conditions
minimales de vie que pour aller à l'encontre des
préjugés. C'est aussi une étape essentielle
pour faire avancer les revendications concernant
l'augmentation du salaire minimum et un revenu
social garanti universel dans le respect des
droits économiques, sociaux et culturels tels
que précisés dans le PIDESC.
- - maintenir aussi
les autres revendications urgentes :
- La fin du
détournement des pensions alimentaires
versées aux enfants dont les parents sont à
l'aide sociale ou aux prêts et bourses;
- Inscrire dans
la loi le principe de l'indexation complète
des prestations et de le confirmer par
règlement
- Un financement
adéquat des organismes de défense
collective des droits afin que l'état assure
véritablement sa responsabilité d'assurer
le respect des droits humains tels que
précisés dans la Déclaration des droits
humains (60e anniversaire en 2008).
De
plus, nous avions déjà prévu, durant La semaine de la
dignité, du 7 au 11 mai, rendre visite ou envoyer par
poste un message aux élus du 26 mars. L'objectif de
cette démarche : profiter aussi de cette semaine pour
expliciter les revendications urgentes et demander aux
différents candidats de prendre position et de la
motiver : accord - désaccord - refus de donner
publiquement son opinion - autre (préciser). La semaine
prochaine, nous vous ferons parvenir plus de précisions
sur cette action en espérant que de vos groupes membres
pourront aussi participer à cette campagne de
sensibilisation qui demande aux élus de se positionner.
La solidarité
en marche,
Nicole Jetté
Le Front commun des
personnes
assistées sociales du Québec
(FCPASQ)65, rue de Castelnau O. #302
Montréal, Québec H2 R 2 W3
|
Téléphone
: (1) 514-987-1989 Télécopieur (1) 514-987-1918
|
Administration:
sol@fcpasq.qc.ca Personnel : nicolej@fcpasq.qc.ca
Site: www.fcpasq.qc.ca
|
SANS
LINDIGNATION, ON SHABITUE À FAIRE LE BIEN À
LA PLACE DE LA JUSTICE SOCIALE.
Foglia, La Presse 23 janvier 2007, en mémoire de
labbé Pierre.
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3. L'article du Journal de
Montréal, le lundi 23 avril 2007, rapportant les
propos de M. Sam Hamad, ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale.
DÉCLARATIONS DU MINISTRE Hamad
RAPPEL DU DÉROULEMENT DES ÉVÉNEMENTS
:
Lundi, 23 avril, Le Journal de Québec publie
un article exclusif : AUX TROUSSES DES BOUGONS.
En voici des extraits :
« Ils ont tout...» Le ministre Hamad
« Les BS qui n'ont pas de contraintes sévères à
l'emploi ne sont pas intéressés à aller travailler
actuellement. Ils ont tout : les soins dentaires, les
médicaments. Ils ont même trois jours de
garderie ».
Le nouveau ministre de l'Emploi et
de la Solidarité sociale, Sam Hamad, entend bien
attaquer de front le problème du faible taux de
réinsertion au travail des bénéficiaires de l'aide
sociale : il préconisera des mesures financières
incitatives mais aussi des méthodes coercitives.
M. Hamad complète son installation
dans ses nouvelles fonctions. ... Il a aussi eu des
premières rencontres d'information avec les hauts
fonctionnaires de son ministère.
Il en retient que l'objectif
avancé par Mario Dumont en campagne électorale de
forcer le retour au travail de 25 000 bénéficiaires en
neuf mois est tout à fait irréaliste. « Pour ramener
25 000 personnes dans le marché de l'emploi, il faut
travailler sur 75 000 à 80 000 cas de gens sans
contraintes majeures à l'emploi. Ce n'est donc pas
faisable ni en termes de durée ni en terme de nombre »
, retient-il des explications fournies par les hauts
fonctionnaires.
Le Québec se classe toutefois au neuvième
rang au Canada ... La loi actuelle n'est pas assez
coercitive, analyse M. Hamad. Ce dernier ne devrait
pas avoir trop de difficultés à convaincre l'Action
démocratique de Mario Dumont d'appuyer un projet de loi
pour modifier les règles du jeu à l'intention des
bénéficiaires qui ne présentent pas de contraintes
sévères ni de « caractéristiques » qui diminuent
leur chance de trouver un emploi, comme les travailleurs
qui sont âgés de plus de 55 ans par exemple, puisque
l'ADQ partage le même objectif.
...
La série télévisée Les Bougon a sensibilisé la
population aux abus commis et aux avantages
qu'offre le régime actuel au Québec, croit le ministre.
....
L'autre outil examiné par le ministre Hamad
est à caractère incitatif et il s'adressera à
cette fin à sa collègue des Finances, Monique
Jérôme-Forget, en prévision de son premier budget qui
sera déposé au début de mai. Il faut investir
davantage pour ramener les gens au travail, croit-il. Par
exemple le retrait de certains avantages liés à
l'aide sociale pourrait être étalé dans le temps pour
en diminuer l'impact. Il serait possible de jouer avec la
fiscalité afin de rendre le travail plus attrayant
pour ces personnes.
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4. Certaines informations du
déroulement chronologique du suivi à la déclaration
Hamad.
La journée même, TVA et LCN
demandent les réactions de
- l'ADQ : le porte-parole dit son désaccord
avec la coercition tout en réaffirmant la
nécessité de retourner les personnes
assistées sociales sur le marché du travail
- le Front commun des personnes assistées
sociales du Québec (FCPASQ) et des membres
de l'ADDS QM sont également appelés à
donner leur analyse;
- le Ministre ne répond à aucun appel des
médias car il est en séance de breafing avec
des hauts fonctionnaires;
- le Syndcat de la fonction publique a émis un
communiqué pour dénoncer les affirmations
du ministre;
- en après-midi, téléphone d'un attaché
politique du ministre, monsieur Luc
Archambault communique avec le FCOASQ : il
transmet la demande suivante : le ministre
veut rencontrer de façon urgente le FCPASQ.
Mardi, 24 avril :
- Le Journal de Québec publie les
réactions recueillies la veille
- Je donne une entrevue à Maisonneuve à
l'écoute à titre de porte parole du FCPASQ
- Une militante de l'ADDS QM a été traitée
avec mépris par un animateur d'uneradio de
la région de Québec
- Des articles ont aussi été publiés dans
d'autres médias dont Le Journal de Montréal
Mercredi, 25 avril :
- Article de Robert Dutrissac publié dans Le
Devoir ayant comme titre :
Hamad veut bonifier la prime au travail
Et sous-titre : Le ministre n'envisage pas
de revenir à des mesures coercitives
Le ministre n'a pas parlé au journaliste. Son
attaché de presse, Nicolas Rochette soutient :
« Le ministre est dans un esprit positif.
Il faut mettre l'accent sur les mesures incitatives
qui peuvent être mises en avant pour aider le
plus grand nombre de prestataires aptes au
travail et sans contrainte à réintégrer un
emploi. Ça, c'est vraiment le défi du
ministre et c'est le défi du gouvernement ».
Il peut y avoir d'autres articles et reportages car je
n'ai pas fait de relevé exhaustif.
Nicole Jetté
FCPASQ
25 avril 2007.
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