| Un point de vue universitaire Le
texte suivant est un résumé en français,
reproduit avec l'accord de la rédaction,
d'un écrit original en anglais dans
CHOICES Vol. 9, no. 5 June 2003 ISSN 0711-0677
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Assessing Family Policy in Canada
A New Deal for Families and Children
Au cours des dernières années, l'enfance et la
famille ont occupé une place prépondérante dans le
discours social sur les politiques publiques. Ottawa et
les provinces ont tenté d'améliorer le devenir des
enfants, notamment ceux que l'on considère comme
vulnérables. Plusieurs programmes ont ainsi été
modifiés et des nouveaux mis sur pied. Mais en dépit de
l'importance de ces réaménagements, cette nouvelle
politique familiale n'a toujours pas été examinée
globalement en vue d'établir si elle offre un avenir
vraiment meilleur aux enfants canadiens, les premiers
visés par ces initiatives.
Cette étude tente de relever le défi. Elle décrit,
analyse et évalue la politique familiale d'un bout à
l'autre du pays et propose une stratégie alternative. En
marge des changements survenus depuis 1996, elle soulève
ainsi deux questions : quelles familles ont bénéficié
des changements, et comment se distribuent les gains
suivant les niveaux de revenu familial ? Des questions
dont l'examen permet de conclure à l'inefficacité des
changements opérés pour ce qui est de réduire la
pauvreté chez les enfants, en particulier la pauvreté
extrême, et d'atténuer les conséquences de la
vulnérabilité socio-économique.
L'étude démontre que les récentes initiatives
fédérales et provinciales ne respectent pas les
critères habituels d'efficacité (bénéfice aussi
élevé que possible par dollar dépensé),
d'investissement social éclairé (rendement social
important), d'incitation (encouragement aux comportements
souhaités), d'équité (traitement égal des familles)
ou de justice (égalisation des chances pour les
enfants). Elles échouent à ces tests parce qu'elles
reposent sur une vision à courte vue et ne considèrent
pas adéquatement la nature des problèmes existants.
Pour en assurer la réussite, soutiennent les auteurs,
toute politique familiale doit reposer sur deux assises
complémentaires : une perspective de cycle de vie et une
stratégie d'investissement dans le capital humain.
Dans cette perspective, les problèmes liés à la
pauvreté et à la dépendance sociale deviennent des
questions de ressources humaines, alors que l'adoption du
cycle vital comme cadre d'analyse implique que les
politiques doivent viser la situation présente des
enfants mais aussi leur situation à long terme. Tout en
proposant plusieurs réformes spécifiques, les auteurs
insistent sur les éléments suivants : Ottawa doit
exercer un leadership et adopter une politique qui
récompense fortement les efforts de travail des parents
faiblement qualifiés; la politique canadienne de
prestations fiscales est un cul-de-sac et doit être
remplacée par une allocation familiale universelle pour
chaque enfant; et, finalement, la meilleure approche pour
apporter aux enfants une aide immédiate qui les prépare
à l'école consiste à fournir des services universels
d'éducation préscolaire.
Après une courte introduction établissant les enjeux
de la politique familiale, la partie 2 décrit les
mécanismes de formation du capital humain et explique
pourquoi les familles et la société devraient investir
dans les enfants. La partie 3 décrit les choix récents
faits par les gouvernements en matière de politique
familiale et les compare aux politiques développées et
mises en place en 1974 et 1985, années représentatives
de périodes où des approches différentes de soutien
aux familles étaient en vigueur, pour illustrer comment,
historiquement, Ottawa s'est progressivement désengagé
du soutien aux familles et comment le mouvement de
balancier s'est renversé depuis peu.
La partie 4 évalue l'impact financier des initiatives
fédérales et provinciales pour un échantillon
représentatif de familles de 1996 en utilisant la banque
de données associée au modèle de simulation de
politique sociale de Statistique Canada. Dans la partie
5, ces résultats servent à illustrer les limites du
programme canadien de prestations fiscales pour enfants
par rapport à ses objectifs, qui sont de prévenir et
réduire la pauvreté des enfants, de promouvoir la
participation au marché du travail des familles pauvres,
et de réduire le chevauchement et la duplication des
programmes. La partie 6 met en lumière les principales
faiblesses de la politique fédérale et pose les assises
d'une stratégie profitable de développement du capital
humain. Des assises qui s'inspirent notamment d'un examen
des politiques à l'égard des familles aux États-Unis
et dans plusieurs pays européens, ainsi que des
résultats de recherches récentes sur les programmes
s'étant révélés efficaces en matière d'incitation au
travail pour lutter contre la pauvreté, de traitement
équitable des familles et de satisfaction des besoins
des jeunes enfants.
La dernière partie présente pour le Canada une
stratégie alternative détaillée s'appuyant sur trois
grands axes : faire coïncider les besoins des enfants
avec leur potentiel en tenant compte des circonstances
propres à chacun et de leur stade de développement
(nouveau-né, bébé, âge préscolaire ou scolaire);
offrir aux parents un choix élargi en matière de
conciliation travail-famille et ce, pour toutes les
familles sans égard à leur revenu ou à leurs
activités professionnelles; fournir une réponse au
problème de la pauvreté. L'analyse s'accompagne d'une
estimation raisonnée du coût de toutes les propositions
et des conséquences financières de celles-ci pour
Ottawa et les provinces.
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