Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 19, numéro 92, décembre 2007

     
Mme Sylvie Théodule      Image de la conférence   Texte   Voir la présentation  
Recherchiste animatrice                                                                          
Les familles et l'environnement - le 26 septembre 2007
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec

L'environnement, la famille et les jeunes

Sommaire

1. Description de la problématique et introduction

2. L'environnement
    2.1 Qu'est-ce que l'on entend par « environnement »
    2.2 Qu'est-ce que l'on entend par « changements climatiques »
    2.3 L'apport des Québécois et des Canadiens
    2.4 Le point de vue du gouvernement québécois
    2.5 Le point de vue du gouvernement canadien

3. Un regard sur le climat du passé : que nous révèle-t-il?

4. Des opinions différentes
   4.1 Que disent les sceptiques.

5. Le Québec et les changements climatiques : quelles sont les perspectives d'avenir
   5.1 Quelle est l'opinion des Québécois sur l'environnement
   5.2 Quelles sont les préoccupations des jeunes face à l'environnement

6. Kyoto : pour ou contre
   6.1 En quoi consiste le protocole de Kyoto
   6.2 Quels sont les arguments favorables et défavorables et les enjeux

7. L'environnement et l'économie : la relation qui existe entre les deux
   7.1 La protection de l'environnement représente-t-il un danger pour l'économie

8. Les OGM et l'environnement
   8.1 Les OGM représentent-ils un risque pour l'environnement?

9 . Conclusion

Les différents acteurs et organismes de l'environnement

Bibliographie et médiagraphie

1. Description de la problématique et introduction

   Les gouvernements canadien et québécois s'entendent pour dire qu'il faut accorder une place importante à la protection de l'environnement.

   Le 13 avril 2006, le Québec adopte la loi sur le développement durable qui affirme les objectifs suivants :

   « Repenser les rapports qu'entretiennent les êtres humains entre eux et avec la nature est une aspiration que partage un nombre grandissant de femmes et d'hommes. Ils posent un regard critique sur un mode de développement qui, trop souvent, porte atteinte à l'environnement et relègue la majorité de l'humanité dans la pauvreté. Le développement durable est issu de cette idée que tout ne peut pas continuer comme avant, qu'il faut remédier aux insuffisances d'un modèle de développement axé sur la seule croissance économique en reconsidérant nos façons de faire compte tenu de nouvelles priorités.

   Il faut donc :

   - Maintenir l'intégrité de l'environnement pour assurer la santé et la sécurité des communautés humaines et des écosystèmes qui entretiennent la vie.

   - Assurer l'équité sociale pour permettre le plein épanouissement de toutes les femmes et de tous les hommes, l'essor des communautés et le respect de la diversité.

   - Viser l'efficience économique pour créer une économie innovante et prospère, écologiquement et socialement » [1].

   Le Québec accorde donc une priorité à l'environnement en considérant les générations futures.

   Au Québec, le développement durable s'entend donc d'« un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s'appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement » [2].

   Et selon environnement Canada :

« Pour les Canadiens et le gouvernement du Canada, la santé du milieu naturel est une question fortement prioritaire. Tout ce que nous faisons, notre santé, notre identité, et notre survie dépend de la santé à long terme de l'environnement et peut-être touché par les effets de la pollution atmosphérique » [3].

   Ce qu'il faut noter, c'est que les enjeux environnementaux actuels affectent tout particulièrement l'avenir des générations futures. Je fais référence ici aux changements climatiques : l'eau qui devient de plus en plus une ressource à protéger, la pollution atmosphérique, la gestion des déchets, la biodiversité, la faune, la flore et la qualité de l'air.

   Quel est le discours dominant que l'on retrouve chez les jeunes et chez les adultes?

   Quels sont les enjeux qui existent dans l'engagement ou dans le non-engagement des provinces en ce qui concerne la protection de l'environnement?

2. L'environnement

   2.1 Qu'est-ce que l'on entend par « environnement » ?

   Les principales préoccupations actuelles de l'environnement réfèrent surtout au réchauffement de la planète, à la qualité de l'air, à la préservation de l'eau et à la protection de la faune et de la flore. Selon le dictionnaire le Petit Robert l'environnement se définit par l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) dans lesquelles l'organisme vivant, en particulier l'homme, se développe.

   Environnement Canada définit les changements climatiques comme étant « des modifications des régimes météorologiques moyens à long terme qui peuvent inclure des changements de température et de précipitations » [4].

   De plus, un grand nombre de scientifiques sur le plan international s'entendent pour dire que le climat mondial a connu un changement significatif au cours des dernières années.

   Cependant, sur quoi se basent exactement ces préoccupations? Sur deux mille (2000) scientifiques, venant de tous les coins du monde, étudiant depuis 10 ans les aspects physiques, chimiques, biologiques, économiques, sociaux et sanitaires reliés aux phénomènes climatiques dont les travaux ont été publiés sous l'égide du Groupe d'experts inter gouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC).

   2.2 Qu'est-ce que l'on entend par « changements climatiques? »

   La majorité de ces scientifiques mettent de l'avant la pensée que la température moyenne de la planète a augmenté et affirment que les températures les plus chaudes ont été enregistrées au cours des onze dernières années.

   Les scientifiques attribuent aux différentes activités humaines, notamment aux émissions de gaz à effet de serre, l'augmentation de la température moyenne.

   Selon le rapport du GIEC, « le climat de la planète dépend de nombreux facteurs, principalement de la quantité d'énergie provenant du soleil, mais aussi de facteurs tels que la teneur en gaz à effet de serre et en aérosols de l'atmosphère, ou les propriétés de la surface de la Terre, qui conditionnent la quantité d'énergie solaire qui sera absorbée ou réfléchie dans l'espace » [5].

   Les gaz à effet de serre sont certains gaz présents dans l'atmosphère qui contribuent à retenir la chaleur près de la surface de la Terre.

   « Les gaz à effet de serre retiennent dans les basses couches de l'atmosphère une partie du rayonnement infrarouge émis vers l'espace par la surface de la Terre, réchauffée par le Soleil.

   « Appelé « effet de serre », ce processus naturel a permis le développement et le maintien de la vie sur Terre » [6].

   De plus, on souligne dans l'atmosphère la présence de gaz à effet de serre de plus en plus accrue tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux (N2O) suite à l'utilisation de combustibles fossiles et les changements d'affectation des terres et l'agriculture.

   Ce qui signifie qu'une augmentation de ces gaz à effet de serre dans l'atmosphère a pour effet d'emprisonner plus de chaleur et que la température globale augmente.

   Par ailleurs, les scientifiques soulignent que la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère est présentement bien plus élevée qu'au cours des 650 000 dernières années et que celle-ci a augmenté plus rapidement au cours des dix dernières années.

   Les scientifiques croient que les actions des êtres humains ont affecté le réchauffement de la planète depuis 1750, c'est-à-dire depuis la révolution industrielle.

   Ils estiment qu'aux cours des dernières années, la température moyenne a augmenté de 0,74 degré Celsius.

   Ils observent aussi une hausse des températures de l'atmosphère et des océans, la fonte généralisée de la neige et de la glace, et l'élévation du niveau des mers.

   C'est ainsi que le monde scientifique prévoit une élévation des températures de 0,2 degré Celsius par décennie au cours des prochaines décennies si le rythme des émissions de gaz à effet de serre reste le même ou dépasse celui du rythme actuel.

   Les scientifiques prévoient ainsi des changements climatiques importants au cours du XXIe siècle et considèrent que les changements climatiques représentent un risque important pour la santé humaine, les écosystèmes et l'économie.

   Il faut souligner que le réchauffement de la planète n'est pas enregistré sur l'ensemble de la planète, il y a certaines régions qui connaissent un refroidissement alors que d'autres parties de la planète se réchauffent.

   C'est d'une manière globale que ces fluctuations de température amènent une augmentation des températures qu'on associe aux changements climatiques.

   2.3 L'apport des Québécois et des Canadiens

   Comme l'a mentionné Louise Vandelac dans son texte Familles et environnement publié par le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec [7], chaque Québécois émet annuellement 11,6 tonnes de gaz à effet de serre comparativement à 23,1 tonnes par Canadien et 24,1 tonnes par Américain.

   Elle note aussi que cela s'explique essentiellement grâce à l'énergie hydroélectrique.

   Entre 1962 et 2002. la demande totale d'énergie a plus que doublé au Québec.

  Chaque Canadien consomme annuellement 8 800kg d'équivalents pétrole, comparativement à 7 050kg par américain.

   Par rapport aux déchets, chaque Québécois génère en moyenne une demi-tonne de déchets par année.

   Enfin, elle explique que l'empreinte écologique est l'ensemble des énergies, des matières premières et des ressources qui sont nécessaires à un individu pour maintenir un rythme de vie donné compte tenu de la consommation des individus.

   C'est ainsi que l'empreinte écologique d'un Canadien par habitant devrait être 1,4 hectare afin d'assurer les besoins essentiels de tous les êtres humains en respectant les limites écologiques de la planète.

   Cependant, celui-ci se situe à 7,2 hectares, ce qui veut dire qu'il est dépassé de 5 à 6 fois et même que l'empreinte écologique est 6 fois supérieure à celle d'un pays à faible revenu.

   2.4 Le point de vue du gouvernement québécois

   Le point de vue du gouvernement du Québec se définit surtout par l'intermédiaire de la loi sur le développement durable qui a seize (16) principes qui doivent être pris en considération par l'ensemble des ministères et des organismes publics dans leurs interventions. Ces seize principes se résument comme suit :

a. « santé et qualité de vie » : les personnes, la protection de leur santé et l'amélioration de leur qualité de vie sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Les personnes ont droit à une vie saine et productive, en harmonie avec la nature;

b. « équité et solidarité sociales » : les actions de développement doivent être entreprises dans un souci d'équité intra et intergénérationnelle ainsi que d'éthique et de solidarité sociales;

c. « protection de l'environnement » : pour parvenir à un développement durable, la protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement;

d. « efficacité économique » : l'économie du Québec et de ses régions doit être performante, porteuse d'innovation et d'une prospérité économique favorable au progrès social et respectueuse de l'environnement;

e. « participation et engagement » : la participation et l'engagement des citoyens et des groupes qui les représentent sont nécessaires pour définir une vision concertée du développement et assurer sa durabilité sur les plans environnemental, social et économique;

f. « accès au savoir » : les mesures favorisant l'éducation, l'accès à l'information et la recherche doivent être encouragés de manière à stimuler l'innovation ainsi qu'à améliorer la sensibilisation et la participation effectives du public à la mise en oeuvre du développement durable;

g. « subsidiarité » : les pouvoirs et les responsabilités doivent être délégués au niveau approprié d'autorité. Une répartition adéquate des lieux de décision doit être recherchée, en ayant le souci de les rapprocher le plus possible des citoyens et des communautés concernés;

h. « partenariat et coopération intergouvernementale » : les gouvernements doivent collaborer afin de rendre durable le développement sur les plans environnemental, social et économique. Les actions entreprises sur un territoire doivent prendre en considération leurs impacts à l'extérieur de celui-ci;

i. « prévention » : en présence d'un risque connu, des actions de prévention, d'atténuation et de correction doivent être mises en place, en priorité à la source;

j. « précaution » : lorsqu'il y a un risque de dommage grave ou irréversible, l'absence de certitude scientifique complète ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir une dégradation de l'environnement;

k. « protection du patrimoine culturel » : le patrimoine culturel, constitué de biens, de lieux, de paysages, de traditions et de savoirs, reflète l'identité d'une société. Il transmet les valeurs de celle-ci de génération en génération et sa conservation favorise le caractère durable du développement. Il importe d'assurer son identification, sa protection et sa mise en valeur, en tenant compte des composantes de rareté et de fragilité qui le caractérisent;

l. « préservation de la biodiversité » : la diversité biologique rend des services inestimables et doit être conservée pour le bénéfice des générations actuelles et futures. Le maintien des espèces, des écosystèmes et des processus naturels qui entretiennent la vie est essentiel pour assurer la qualité de vie des citoyens;

m. « respect de la capacité de support des écosystèmes » : les activités humaines doivent être respectueuses de la capacité de support des écosystèmes et en assurer la pérennité;

n. « production et consommation responsables » : des changements doivent être apportés dans les modes de production et de consommation en vue de rendre ces dernières plus viables et plus responsables sur les plans social et environnemental, entre autres par l'adoption d'une approche d'écoefficience, qui évite le gaspillage et qui optimise l'utilisation des ressources;

o. « pollueur payeur » : les personnes qui génèrent de la pollution ou dont les actions dégradent autrement l'environnement doivent assumer leur part des coûts des mesures de prévention, de réduction et de contrôle des atteintes à la qualité de l'environnement et de la lutte contre celles-ci;

p. « internalisation des coûts » : la valeur des biens et des services doit refléter l'ensemble des coûts qu'ils occasionnent à la société durant tout leur cycle de vie, de leur conception jusqu'à leur consommation et leur disposition finale » [8].

   En ce qui concerne les jeunes, leur site Internet offre une section spéciale aux jeunes pour expliquer tous les domaines et les problématiques qui touchent l'environnement

   2.5 Le point de vue du gouvernement canadien

   Même si le gouvernement canadien recule devant son engagement de la ratification du protocole de Kyoto, il reste qu'il offre certaines stratégies en lien avec le développement durable qui ont pour but de protéger l'écosystème.

   En effet, ces stratégies ont des buts et des objectifs.

   Les buts du gouvernement fédéral en matière de développement durable : les qualités environnementales :

   1.1 Conserver et protéger les écosystèmes aquatiques (marins et d'eau douce) et la biodiversité

      1.1.1 Protection des ressources marines et dulçaquicoles et soutien continu des écosystèmes et de la biodiversité

      1.1.2 Accroissement des connaissances sur les ressources en eau

   2.1 Réduire les effets environnementaux de la pollution atmosphérique sur les écosystèmes, ainsi que sur le patrimoine naturel et bâti

      2.1.1 Réduction et atténuation des menaces que représente la pollution atmosphérique pour les écosystèmes et le patrimoine naturel et bâti

   3.1 Atténuer et réduire les émissions qui contribuent aux changements climatiques

      3.1.1 Réduction des émissions

   Les objectifs fédéraux en matière de gestion du développement durable se présentent en buts et en objectifs :

   Buts et Objectifs et résultats connexes

   4. Les collectivités bénéficient d'une économie prospère, d'une société dynamique et équitable et d'un environnement sain pour les générations actuelles et futures

      4.1 Maintenir et promouvoir le bien-être social dans les collectivités

         4.1.1 Les collectivités sont en mesure d'assurer un développement social durable

      4.2 Encourager des économies locales dynamiques et concurrentielles

         4.2.1 Les collectivités sont en mesure de s'adapter et de maintenir ou générer des activités économiques durables

      4.3 Promouvoir un haut degré de qualité environnementale au sein des collectivités

         4.3.1 Application, dans les collectivités canadiennes, de saines pratiques de gestion des ressources naturelles, d'initiatives d'intendance et de conservation de la biodiversité

         4.3.2 Réduction des risques pour la santé humaine et écosystématique posés par les substances nocives (p. ex. assainissement des sites contaminés fédéraux)

   5. Développement et utilisation durables des ressources naturelles

      5.1 Réduire les effets négatifs sur les écosystèmes et la santé publique de l'utilisation des ressources

         5.1.1 Accroissement de l'intégration à la prise de décisions des connaissances au sujet des effets sur la santé et l'environnement

      5.2 Maintenir et renforcer la compétitivité de l'économie canadienne par le développement et l'utilisation durables des ressources naturelles

         5.2.1 Promotion de la consommation et de la production durables des ressources naturelles

      5.3 Promouvoir l'utilisation responsable des ressources naturelles de manière à préserver et protéger la qualité de l'environnement

         5.3.1 Promotion de l'exploitation durable des ressources naturelles

   6. Renforcer les mécanismes fédéraux de gouvernance et de prise de décisions afin de soutenir le développement durable

      6.1 Des structures et des processus organisationnels soutiennent des objectifs de développement durable valables et importants

         6.1.1 Intégration des engagements des SDD aux processus principaux de planification et de production de rapports des ministères et des organismes

         6.1.2 Mécanismes de gouvernance clairs et efficaces pour l'intégration du développement durable à la prise de décisions [p. ex. Évaluation environnementale stratégique (EES)]

3. Un regard sur le climat du passé : que nous révèle-t-il?

   La planète Terre a connu des moments d'instabilité en ce qui a trait à la variation de la température. En effet, des changements climatiques importants ont eu lieu sans l'interférence de l'être humain et peuvent nous aider à comprendre et à évaluer les changements climatiques que l'on connaît aujourd'hui :

   « Enfin, l'étude du passé et son lien avec la modélisation du futur nous aident à comprendre pourquoi on doit s'inquiéter des conséquences du réchauffement de global » [9].

   Par exemple, des récits historiques montrent qu'entre 800 et 1200 de notre ère, l'Europe a connu une période chaude appelée « optimum médiéval » quelque peu semblable à celle que nous vivons présentement et qui a été marquée par des hivers doux et des étés chauds et secs.

   À partir de 1350 et jusqu'à 1850, le climat européen et nord-américain se refroidit pour donner ce que les scientifiques appellent le Petit Âge glaciaire.

   Dans un article publié à l'été 2001, Wallace Broeker, de l'Université Columbia, souligne : « la grande incertitude qui entoure les températures de la reconstitution de Mann et indique que l'optimum médiéval pourrait avoir été un réchauffement semblable à celui que nous observons aujourd'hui, relèverait d'un phénomène naturel qui affecterait le climat planétaire tous les 1200 ans environ. Cela expliquerait pourquoi les températures moyennes ont commencé à s'élever rapidement à la fin du 19e siècle, sans que les concentrations du CO2 n'aient crûes de façon significative à cette époque » [10].

   Broeker ne remet toutefois pas en doute la contribution anthropique au réchauffement climatique et se contente de souligner que la rapidité de l'augmentation observée pourrait être attribuable à la combinaison des deux phénomènes.

   Ceci dit, cela témoigne des différentes fluctuations climatiques qui ne peuvent être associées aux gestes posés par les êtres humains, mais là où le problème se pose est qu'une présence accrue de gaz à effet de serre dans l'atmosphère devrait augmenter cette instabilité et l'accentuer.

   Les différentes variations climatiques que connaît la Terre peuvent être influencées par le déplacement de la planète autour du Soleil qui modifie la quantité de radiations que la planète reçoit de l'astre chaque année.

   Par la suite, les variations dans la quantité de radiations, d'énergie de source solaire, reçues par la Terre peuvent amener, pour la planète, des réchauffements et des refroidissements moyens importants.

4. Des opinions différentes

   4.1 Que disent les sceptiques.

   Bien qu'un grand nombre de scientifiques appuient l'idée que le réchauffement de la planète est problématique pour les populations et que l'être humain en est certainement responsable et que l'on doit agir le plus tôt possible, il reste que certains scientifiques présentent quelques contre-arguments et ne voient pas de quelle manière l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère peut affecter les générations futures.

   C'est ce que relate, M. Allègre, récipient de prix en sciences de la Terre : « L'augmentation des teneurs en CO2 dans l'atmosphère est un fait d'observation, et l'homme en est certainement responsable. À terme, cette augmentation deviendra sans nul doute une pollution néfaste, mais son rôle exact sur le climat est moins clair. Divers paramètres nous paraissent plus importants que le CO2 » [11]. Premièrement, plusieurs considèrent que le réchauffement de la planète n'est pas un cas inquiétant puisque le climat n'a pas cessé de changer depuis que la Terre existe et que les populations n'ont rien à voir avec le changement de température.

   C'est ce que relève un article paru dans la Presse du mardi 5 juin 2007 intitulé Les giboulées de l'histoire : « Sur des périodes de plusieurs années, la température moyenne du globe a varié énormément, et plus d'une fois » [12].

   Des époques chaudes ou froides entrecoupées de périodes transitoires peuvent aussi alterner en l'espace de quelques siècles, bien que les différences soient moins marquées. Le météorologue William M. Gray fait part des différentes fluctuations de la température au cours de l'histoire.

   « Dans un texte publié sur le site de la BBC, M. Gray signale qu'un très petit réchauffement a eu lieu entre environ 1900 et 1945, suivi d'un infime refroidissement de 1945 à 1982, puis d'un autre subtil réchauffement au cours des années 80 et 90. Le refroidissement du milieu du siècle, alors que les émissions de CO2 étaient élevées, indique que ces dernières n'ont que peu ou pas d'effet, croient certains chercheurs » [13].

   De plus, le climat de la planète est très complexe et est influencé par beaucoup d'éléments. Les scientifiques qui attribuent les changements climatiques aux activités humaines répliquent qu'effectivement la terre a connu des changements de température importants qui ne peuvent être imputés à l'homme, par contre, la hausse de température que l'on connaît actuellement est trop importante pour dire qu'il s'agit d'un cycle naturel.

   D'autre part, plusieurs considèrent que le CO2 (dioxyde de carbone) ne peut être le responsable du réchauffement de la planète puisque celui-ci ne constitue qu'une petite partie de l'atmosphère.

   En revanche, plusieurs disent que même en petite quantité le dioxyde de carbone influence grandement notre climat puisqu'il a pour priorité d'absorber la chaleur et les êtres humains ont augmenté la concentration de ce gaz suite à la révolution industrielle.

   D'autres pensent que la hausse du dioxyde de carbone est survenue après le réchauffement de la planète et non avant.

   Selon, The Royal society, les scientifiques supportent l'idée, qu'en effet, les fluctuations des températures qui sont responsables de l'ère glaciaire ont été initiées par le changement de l'orbite de la Terre autour du soleil qui par la suite a créé une augmentation du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

   D'ailleurs, des archives scientifiques indiquent qu'il y a eu une élévation des températures et que par la suite il y a eu une hausse du dioxyde de carbone.

   Par contre, ils répliquent que la croissance que l'on connaît aujourd'hui de 30% du dioxyde de carbone et ce depuis les cent dernières années n'est pas un processus naturel, mais bien le résultat de la combustion de fossiles.

   Ceux qui voient le réchauffement de la planète comme un processus naturel disent que ce sont les variations de l'activité solaire et non les gaz à effet de serre qui expliquent le réchauffement de la planète.

   Les scientifiques s'accordent pour dire qu'il en a un lien entre l'activité solaire et les réchauffements survenus au début du 20e siècle, mais des données relevées par des satellites montrent que l'activité du soleil depuis les trente dernières années a connu peu de changement et qu'elle a même connu une légère régression, ce qui veut dire qu'elle ne peut être liée au réchauffement de la planète.

   Enfin, d'autres déclarent que les effets négatifs des changements climatiques sont quelque peu exagérés.

   En effet, on prévoit une augmentation des températures de 2 à 3 degré Celsius et un changement des températures jamais connues auparavant et il sera difficile pour les populations et les écosystèmes de s'y adapter.

   Cependant, à court terme, quelques parties de la planète pourront bénéficier des changements climatiques.

   En effet, les régions plus au nord pourraient jouir de saisons plus longues pour les récoltes et le rendement des récoltes pourrait aussi augmenter parce qu'une hausse du dioxyde de carbone peut agir comme fertilisant sur les plantes.

   C'est à long terme que les conséquences du réchauffement climatique risquent d'être très négatives puisque qu'il y aura une augmentation des fréquences des vagues de chaleur, des inondations et des tempêtes.

   Aussi, cela va affecter négativement les pays en voie de développement et les pays les plus pauvres car ils n'auront pas nécessairement les moyens de s'adapter.

   C'est ainsi qu'un changement important du climat va engendrer des inégalités en santé et l'accès à l'eau et à de la nourriture adéquate.

   D'autre part, certains s'inquiètent de l'impact négatif qu'il pourrait avoir sur l'économie puisque cela peut avoir pour effet d'avoir des impacts bénéfiques pour les pays en émergence, plus précisément la Chine au détriment de l'économie américaine.

   Cela pose surtout problème pour les représentants de l'industrie pétrolière et de ses alliés. C'est ce que souligne l'ouvrage Vivre les changements climatiques, l'effet de serre expliqué : « Le modèle élaboré en 1996 par W.D Montgomery docteur en économie associé de la firme de consultants Charles River Associates et mandaté par l'American Petrolum Institute, avançait un coût variant de 0,2 à 4,0 % du PIB pour réduire les émissions de 2000 au niveau de 1990 » [14].

5. Le Québec et les changements climatiques : quelles sont les perspectives d'avenir

   Le Québec n'est pas à l'abri des effets négatifs que les changements climatiques vont apporter. Il faut noter qu'ils peuvent aussi apporter des effets positifs.

   La Presse dresse un portrait des conséquences positives et négatives que les changements climatiques peuvent apporter au Québec en 2100.

   Selon environnement Québec, le Québec a eu en 2003 des émissions de GES de 91 millions de tonnes.

   Pour le secteur des transports, ce pourcentage s'élève à 38%, pour celui des déchets 5%, pour le chauffage 12%, pour l'agriculture 10%, pour l'électricité 2% et pour les industries 33%.

   Sur le plan de l'activité humaine et la santé, la perspective des étés plus chauds avec plusieurs épisodes caniculaires qui par la suite vont engendrer la hausse de la pollution de l'air peut causer une croissance du taux de mortalité et de maladies respiratoires et cardiovasculaires.

   En ce qui concerne l'hydroélectricité, l'économie québécoise pourra bénéficier des modifications de l'environnement puisqu'il y a une forte probabilité que les précipitations en hiver augmentent de 10 à 25% et même jusqu'à 40% dans les régions plus au Nord qui sont les plus près des grands bassins hydroélectriques.

   En été, les précipitations augmenteront de 5 à 10 %. « Le réchauffement des températures aurait deux effets directs et opposés sur la demande d'énergie en fonction des saisons : des besoins de chauffage moindres en hiver et des besoins de climatisation accrus en été [15] ».

   Les conséquences positives pourront se faire ressentir sur le plan de la forêt et l'agriculture, car comme il a été mentionné une élévation de CO2 peut accroître la productivité.

   À l'opposé, cela pourrait amplifier la présence des populations d'insectes nuisibles, les maladies et d'événements climatiques tels que verglas, vents violents et sécheresses.

   De plus, s'il y a de plus en plus de sécheresse additionnée à une plus grande fréquence des orages, cela fera en sorte d'augmenter les fréquences des incendies de forêt.

   En ce qui concerne l'eau et le Saint-Laurent, on anticipe une baisse du niveau du Saint-Laurent, ce qui pourrait avoir des impacts économiques importants.

   Par ailleurs, la qualité de l'eau potable sera affectée parce que des débits plus bas et le réchauffement des cours d'eau nuiront à la qualité de l'eau potable et occasionneront une moindre dilution des polluants.

5.1 Quelle est l'opinion des Québécois sur l'environnement

   Selon un sondage SOM/La Presse les québécois sont parmi les citoyens les plus sensibles à l'environnement de la planète. 90% des Québécois croient que le réchauffement de la planète représente un danger pour la planète et que l'Homme en est responsable, alors que ce pourcentage s'élève à 77% pour les Américains et les Canadiens, 75% pour les Suisses et 51% pour les Français. Cependant, ce que ce sondage montre est que leurs actions ne reflètent pas leurs pensées. D'abord, si 87 % des Québécois affirment déposer leur bac à chaque semaine, la réalité est que seulement 23 % des déchets ont été recyclés grâce à la collecte sélective confirme Recyc-Québec.

   Par ailleurs, les résultats révèlent que ce sont les 24-44 ans qui jettent le plus de matière recyclable à la poubelle : environ 45 % d'entre eux alors que 24,5 % des 45-54 le font et pour les 18-24, ce taux s'élève à 37,9 %.

   En ce qui concerne l'utilisation des transports en commun, 24 % des répondants disent prendre davantage les transports en commun qu'il y a cinq ans. 44,4 % des 18-24 utilisent les transports en commun, contre 14 % pour les 35-44.

   Par contre, 44 % des répondants affirment avoir réduit leur déplacement en automobile au cours des dernières années.
94 % croient que les changements climatiques sont en cours, mais 62 % pensent que les Québécois ont agi pour réduire leur impact sur l'environnement. 69 % disent avoir réduit leur consommation d'électricité, or la consommation a bondi de 5,6 % entre 1998 et 2005.

   De plus, un rapport publié par l'Institut National de Santé du Québec intitulé Changements climatiques au Québec méridional : perceptions de la population générale et suggestions d'adaptation future présente les préoccupations et les différentes pensées de la population.

   Il s'agit d'une étude effectuée par téléphone au printemps et à l'automne 2005 auprès de 5080 québécois âgés de 18 ans et plus habitant le Québec méridional.

   Par rapport à la possibilité d'éventuels événements climatiques extrêmes tels que vagues de froid, vagues de chaleur, tornades, orages, sécheresse, feux de forêt, éboulements, glissements de terrains ou avalanches, les résultats obtenus sont que 35,1 % des répondants, dont la majorité jugeaient leur région de résidence très propice aux périodes de refroidissement intense, alors que 45,1 % la qualifiaient moyennement propice et 15,3 % de peu propice.

   Ce qu'il faut noter est que seulement 3,9 % des répondants jugeaient leur région peu propice au refroidissement. Ce sont surtout les gens situés au Nord du Québec méridional, (41,5 %), Montréal et Laval (41,1 %) qui jugent leur lieu de résidence plus vulnérable à des vagues de froid. En ce qui concerne les vagues de chaleur, les réponses sont similaires à celles sur les vagues de froid, ce sont les individus résidant à Montréal et à Laval (34,6 %) ou au Nord du Québec (31,6 %) qui considèrent leur région plus sensible aux vagues de chaleur.

   De surcroît, 27,4 % des répondants estiment leur région très propice aux vagues de chaleur, tandis que 47,9 % croient qu'elle est moyennement propice et 18,5 % peu propice.

   En ce qui a trait aux stratégies d'atténuation de gaz à effet de serre ou d'adaptation, on a demandé aux répondants de donner leurs opinions sur ce sujet.

   Au moins, trois répondants sur quatre étaient tout à fait d'accord  avec une augmentation de la surveillance de la pollution liée au commerce et à l'industrie; une augmentation de la surveillance de la coupe des arbres; davantage de recyclage dans toutes les municipalités; la réparation et l'amélioration des systèmes d'approvisionnement en eau potable ou aqueduc; la reconstruction des routes pour qu'elles soient plus résistantes au dégel et à l'érosion; et davantage de services à domicile pour les personnes malades ou âgées et à faible revenu » [16].

   Un fait qui est intéressant de noter par rapport à cette recherche est que moins de 2 répondants tenaient définitivement à ce qu'il y ait une augmentation du nombre de piscines municipales et de parcs avec fontaine, à une tarification de l'eau potable selon la quantité utilisée, à ce que l'on empêche le chauffage au bois en hiver en période de smog, à ce que les autobus soient climatisés ou encore des automobiles neuves de façon standard, à ce que les garderies reçoivent une subvention afin qu'elles soient climatisées et à ce qu'il y ait une hausse de la taxe d'achat d'une automobile neuve.

   Ce sondage semble appuyer celui effectuer par La Presse qui affirme que les Québécois croient que les changements climatiques sont de nature anthropique parce que les données révèlent que la moitié des répondants soit 50,6 % croyait fermement que les êtres humains causaient présentement les changements climatiques alors que 29,6 % y croyaient plus ou moins, 11,4 % faiblement et 7,6 % des répondants n'y croyaient pas du tout.

   Ce qui est important de mentionner est que cette tendance de penser que les changements climatiques résultent des activités humaines est plus élevée chez les moins de 65 ans.

   En effet, chez les 18-43, ce pourcentage s'élève à 53,8 %, 52,5 % chez les 35-64 ans contre 41,3 % chez les 65 ans et plus qui adhéraient fortement à cette croyance.

   C'est dans l'augmentation de l'utilisation des transports que l'opinion publique est partagée par tous.

   Il n'y a aucune différence selon le sexe, l'âge, le statut d'activité ou le revenu des douze derniers mois.

   5.2 Quelles sont les préoccupations des jeunes

   Au cours de cette recherche, j'ai eu la possibilité d'avoir un entretien avec David Fricout, le coordonnateur pour la formation à Environnement Jeunesse qui est un organisme lucratif qui existe depuis 1979 et qui a pour mission de stimuler le développement d'une conscience environnementale et d'une pensée critique auprès des jeunes afin qu'ils exercent des actions citoyennes pour un avenir viable.

   Il aide surtout à diffuser l'information, à remettre les choses en ligne et à éduquer ceux qui ne connaissent rien sur le sujet.

   Cet entretien m'a permis de mieux connaître la position des jeunes sur l'environnement. Premièrement, cet organisme fait de la sensibilisation auprès des jeunes par le milieu scolaire. Ils atteignent de 12 à 15 000 jeunes de 6 à 29 ans par an dans tout le Québec et compte 1000 membres. Ils offrent aussi différentes conférences et colloques sur l'environnement.

   Ils ont aussi plusieurs projets, notamment Cégep Vert dont 25 cégeps y participent, ce qui représente près de 60 000 étudiants. Ce projet consiste à créer une culture de gestion environnementale tout en éduquant et en formant les acteurs impliqués dans la vie du collège pour un avenir viable. Il a pour objectif de doter les collèges et cégeps de structures de gestion prenant en compte le développement durable selon un principe d'amélioration continue.

   Il y a trois niveaux de certification pour les Cégeps participants : le niveau 1 fait en sorte que l'établissement certifié a mis en place les bases d'une gestion environnementale et intègre certaines notions de l'éducation relative à l'environnement.

   Au niveau 2, cela signifie que l'établissement certifié, en plus de répondre aux critères de certification de niveau 1, applique une gestion environnementale et intègre certaines notions de l'éducation relative à l'environnement.

   Au niveau 3, l'établissement certifié, en plus de répondre aux critères de certification de niveau 1 et 2, applique une gestion environnementale et intègre certaines notions de l'éducation relative à l'environnement.

   Enfin, le niveau excellence veut dire que l'établissement certifié, en plus de répondre aux critères de certification de niveau 1, 2 et 3, continue de dresser un bilan annuel (audit) et d'appliquer le principe d'amélioration continue à chaque année subséquente.

   Par rapport au discours dominant que l'on retrouve chez les jeunes, le responsable d'Environnement Jeunesse souligne que les jeunes sont beaucoup plus préoccupés par l'environnement que les adultes, même qu'en tant qu'organisme, il se sert des jeunes pour sensibiliser les adultes.

   Les jeunes se questionnent surtout sur leur avenir, ils demandent s'ils vont mourir et si les problèmes environnementaux vont se terminer un jour.

   De plus, ce qui se retrouve au centre de leurs préoccupations est surtout le réchauffement de la planète, la pollution, la gestion des déchets, l'alimentation, l'agriculture, les transports et le compostage.

   Par ailleurs, pour eux, il n'y a pas de perspective d'avenir et ils se rendent compte qu'ils ne sont pas informés.

   Ils font part de beaucoup plus d'initiative que les adultes.

   Par exemple, des jeunes sont partis en vélo pour aller voir la Ministre de l'Environnement à Québec avec sept recommandations dont 5 ont été adoptées.

   L'une d'entre elles est d'inclure dans les livres de conduite, un volet théorique sur l'impact de la conduite sur l'environnement.

   En ce qui a trait à leur position sur les changements climatiques et le protocole de Kyoto, Environnement Jeunesse présente leur point de vue dans un mémoire intitulé Pour un Québec « cool » envers le climat : Une perspective jeunesse sur la proposition de stratégie québécoise.

   D'abord, il offre une certaine critique du Plan de Kyoto : « Cependant, nous trouvons que le plan d'implantation du protocole de Kyoto présente certaines lacunes. En effet, le plan manque de cohérence générale et de vision. Il faudrait que le plan regarde au-delà de la période d'engagement de 2008 à 2012 : le gouvernement doit envisager une stratégie à long terme qui englobe de la cohérence dans tous ces programmes et actions ». [17]

   De plus, ils croient qu'il est plus acceptable de contraindre le Québec d'atteindre un objectif de réduction des GES de 6 % en deçà de son niveau de 1990 que de permettre la réalisation des nombreuses catastrophes annoncées par le GIECC et l'Ouranos (consortium de recherche sur la climatologie et sur l'adaptation aux changements climatiques mis en place par le gouvernement du Québec) :

   « L'objectif de réduire les émissions de GES de 6 % sous le niveau de 1990 est un strict minimum que l'on doit dépasser. Ce niveau d'émissions doit s'inscrire dans la réalisation d'un objectif plus large soit : la réduction de 60 à 80 % d'émissions de GES sous les niveaux de 1990, d'ici 2050 (Académie des sciences du Royaume-Uni). [...] Une prévision à long terme ne peut qu'être bénéfique : elle limite les coûts de choix non judicieux et maximise les bénéfices. Les objectifs de 2008-2012 n'ont de sens que dans la poursuite d'objectifs plus larges. Pour nous, c'est essentiel. À cette fin, nous proposons que le Québec s'engage dès aujourd'hui à réduire ses émissions de GES de moitié d'ici 2030 » [18].

   Ils offrent aussi quelques initiatives dans le domaine du transport.

   Comme les adultes, ils considèrent qu'il faut réduire l'utilisation de l'automobile et que celle-ci devient de plus en plus chère.

   Le rapport stipule aussi que ce sont les jeunes qui sont les plus disposés à augmenter les coûts liés à l'utilisation de l'automobile : « Les jeunes gens âgés de 18 ans et 34 ans (22,1 %) adhéraient plus souvent que leurs aînés (35-64 ans:17,5 %, 65 ans et plus : 14,6 %) à l'augmentation de la taxe de l'automobile » [19].

   Selon Environnement jeunesse, une hausse des coûts liés à la conduite d'une automobile fera en sorte de réduire sa surutilisation : « Il importe que les vrais coûts environnementaux de l'automobile soient calculés dans les coûts de sa mise en marché. Il faut que conduire une automobile devienne beaucoup plus dispendieux afin de dissuader sa surutilisation » [20].

6. Kyoto : Pour ou contre

   6.1 En quoi consiste le protocole de Kyoto

   L'ouvrage changement climatique : Les politiques nationales et le protocole de Kyoto présentent les éléments clés du protocole de Kyoto où les parties ont donné leur accord lors de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à Kyoto, au Japon, en décembre 1997.

   Le Protocole :

  • « Renforce les engagements des pays industrialisés à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) en établissant des objectifs juridiquement contraignants, pour la période de 2008-2012, pour un « panier » de six catégories de gaz à effet de serre (CO2, CH4, NO2, PFC, HFC, et SF6);
  • « Vise à atteindre une réduction d'au moins 5 % des émissions des pays industrialisés (annexe I) au cours de la période 2008-2012 par rapport au niveau de 1990;
  • « Établit des objectifs d'émissions chiffrés, contraignants et différenciés pour les pays visés à l'annexe I;
  • « Autorise le recours à un certain nombre de mécanismes de marché pour permettre aux pays d'atteindre ces objectifs au plan international d'une manière efficace par rapport à son coût. Les « mécanismes de Kyoto » sont les conjointes entre les pays visés à l'annexe I, et un mécanisme pour un développement propre, dont l'objectif est d'améliorer la coopération entre les pays industrialisés et les pays en développement. La mise en réserve des réductions d'une période d'engagement à une autre est également autorisée;
  • « Prévoit des communications nationales régulières et des systèmes nationaux pour la préparation d'inventaires; donne une importance accrue à l'examen pour suivre et identifier les problèmes de mise en oeuvre; affirme l'importance de la vérification des performances des pays visés à l'annexe I par rapport aux objectifs et dans le contexte des nouveaux mécanismes » [21].

   Les pays en question sont l'Allemagne, l'Australie, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Canada, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, les États-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Islande, l'Italie, le Japon, la Lettonie, le Lichtenstein, la Lituanie, le Luxembourg, Monaco, La Nouvelle-Zélande, La Norvège, Les Pays-Bas, La Pologne, Le Portugal, La République Tchèque, La Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse, l'Ukraine et l'Union Européenne.

   Le Canada se voit fixer une réduction de l'ordre de 6 %, les États-Unis, 7 %, l'Union européenne, 8 %, alors que certains États se voient accorder une augmentation de leurs émissions, telle l'Australie avec 8 %.

   6.2 Quels sont les arguments favorables, défavorables et les enjeux.

   Comme il a été mentionné, le protocole de Kyoto représente un grand défi à surmonter, mais quels sont les différents arguments et les enjeux au coeur des différents enjeux. D'abord, ce protocole ne fait pas l'unanimité et ce pour plusieurs raisons.

   En ce moment, le Québec et les autres provinces canadiennes sont d'accord pour dire qu'on doit contrer les changements climatiques, mais n'arrivent pas à un consensus sur les moyens à utiliser :

   « Sans surprise, les positions divergentes, voire opposées de l'Ontario et de l'Alberta notamment, ont mené à une déclaration finale édulcorée où tous s'engagent simplement à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans leur province ou territoire. Seul engagement significatif de l'ensemble des Premiers ministres, l'adhésion à un registre nord-américain du climat (avec 36 États américains), qui permettra de mesurer les émissions et les progrès réalisés » [22].

   Le point où il y a des opinions opposées est sur l'adoption des réglementations d'émissions de GES pour les véhicules :

   « Les 12 autres provinces et territoires ont choisi d'adhérer aux normes californiennes, qui prévoient une réduction des émissions de GES de 25 à 30 % sur les véhicules, D'ici 2016. L'Ontario, qui possède l'essentiel de l'industrie automobile au Canada, avait déjà affiché ses couleurs en matinée. M. McGuinty s'était dit prêt à accepter ces normes californiennes lourdes de conséquences pour sa province, seulement si, dans un effort collectif, l'Alberta acceptait de plafonner ses émissions de GES. « Nous ne sommes pas prêts à faire le travail pour l'Alberta ou les autres provinces qui se fient aux revenus du pétrole et du gaz. Nous faisons déjà beaucoup en réduisant nos centrales au charbon. Nous sommes prêts à faire autre chose dans les secteurs de l'automobile, mais il va falloir que les autres fassent leur part aussi. C'est un enjeu national qui requiert une réponse nationale, et non une réponse seulement ontarienne. Le Premier ministre albertain, Ed Stelmach, a rejeté du début à la fin l'idée d'un éventuel plafond des émissions. Il n'était pas question, pour lui, de faire un compromis qui nuirait au boom économique de sa province [23] ».

   Malgré le fait qu'il y a un accord sur le fait qu'à long terme le protocole de Kyoto n'aura pas beaucoup d'impacts, il reste que plusieurs le défend farouchement, cependant quels sont les arguments des détracteurs de ce protocole. 

   Premièrement, comme il a été mentionné, il s'agit d'une politique à court terme dont les coûts risque d'être très élevés : « Même si le Protocole de Kyoto était appliqué mondialement, le résultat serait une baisse étonnamment faible de la température à des coûts économiques et sociaux astronomiques : hausse des impôts et taxes des citoyens, hausse des coûts énergétiques en particulier du pétrole, hausse des prix des automobiles, etc. » [24].

   De plus, les pays industrialisés sont contraints à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, tandis que les pays en voie de développement n'ont aucune limite sur leurs émissions et il ne tient pas compte des autres types de pollution telles que la pollution chimique, locales et domestiques.

   Pour d'autres, cela ne règlera pas le problème de la glace de la Baie d'Hudson qui depuis une dizaine d'années a changé.

   En effet, de nos jours, c'est en décembre que l'on peut voir sa surface recouverte de glace, alors qu'auparavant cela survenait en octobre.

   Il faut noter que ceux dont l'engagement de réduire les émissions de GES représente une menace sont surtout les industries du pétrole et du charbon, ainsi que les fabricants d'automobiles, les aciéries et autres industries lourdes.

   Ce sont surtout les États-Unis qui sont réticents à signer le protocole de Kyoto et mettent de la pression sur le Canada pour qu'il refuse aussi de le signer : « Quelles étaient les principales objections? D'abord, l'extraction du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta libère trop de gaz à effet de serre pour qu'on puisse atteindre les objectifs de Kyoto. De plus, notre situation de notre pays nordique crée des conditions climatiques particulières. La facture risque donc d'être salée » [25].

   Par ailleurs, pour certains, l'argent investit dans Kyoto ne règlera pas le problème d'approvisionnement d'eau potable.

   Les États-Unis qui à eux seuls sont responsables de 40 % de l'ensemble des émissions des pays industrialisés ont refusé catégoriquement de signer l'entente par crainte de ralentissement économique de leur pays par rapport aux pays en voie de développement qui n'ont pas de contraintes à réduire leurs émissions.

   Pour ceux, qui pensent que le protocole a sa raison d'être, malgré le fait qu'ils sont d'accord pour affirmer que le protocole de Kyoto n'est pas suffisant pour contrer les changements climatiques, il représente quand même le premier pas à faire pour régler ce problème et pensent que c'est plutôt le fait de ne pas agir qui risque de causer des conséquences négatives.

   En effet, les positions des différents ministres et des gouvernements résument bien le débat qui est soulevé par le protocole de Kyoto.

   Selon le ministre de l'Environnement Canada John Baird, l'application du protocole de Kyoto aura pour le Canada des conséquences dévastatrices, par contre ce constat n'est pas considéré véridique pour tout le monde : « Se basant sur une étude intitulée Coût du projet de loi C-288 pour les entreprises et les familles canadiennes, le ministre a indiqué que si le Canada appliquait intégralement ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre, cela plongerait le pays en pleine récession, entraînant notamment la perte de 275 000 emplois » [26].

   Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, n'est pas du même avis : « Le chef libéral reconnaît qu'il doit y avoir des ajustements, mais que si on n'agit pas, on se retrouvera en 2012 avec une économie moins moderne et moins efficace que si on agit. Kyoto est l'incitation à faire la bonne chose », a ajouté M. Dion, en indiquant « que l'économie canadienne sortirait gagnante, à terme de l'exercice ».  [27]

   Le discours de John Baird a aussi fait réagir négativement le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe et celui du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton.

   Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi réagi sévèrement. Il a affirmé que le gouvernement voulait protéger les profits des pétrolières de l'ouest du pays.

   Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, à quant à lui indiquer que l'étude sur laquelle se base le gouvernement est irresponsable, puisqu'elle ne parle pas des coûts économiques associés à la dégradation de l'environnement.

   Ceci a aussi suscité des réactions au Québec. Selon le Premier ministre Jean Charest suite à une entrevue accordé à Radio-Canada [28], la vraie question était plutôt de savoir quels seraient les coûts associés à l'inaction.

   La Ministre de l'Environnement du Québec a eu aussi son mot à dire lorsqu'elle s'est présentée devant les journalistes : « Mme Beauchamp a reconnu que le protocole de Kyoto aura des impacts économiques, mais a affirmé que les impacts environnementaux et socioéconomiques seraient tout aussi importants et sévères si on n'appliquait pas les engagements de Kyoto » [29].

7. L'environnement et l'économie : la relation qui existe entre les deux

   À mon avis, il est impératif d'inclure un chapitre sur l'économie lorsqu'on parle d'environnement puisque aujourd'hui, les entreprises doivent tenir compte des pressions des gouvernements et des attentes de la société pour qu'ils protègent l'environnement, mais à quel prix?

   S'il y en a certains qui croient que la protection de l'économie représente une menace pour les entreprises, d'autres affirment au contraire que cela peut être bénéfique.

   De plus, certains, comme les États-Unis dans leur refus de signer le protocole de Kyoto, estiment que la volonté de protéger l'environnement représente une menace pour l'économie de leur pays.

   Ces idées sont-elles réellement fondées?

   Il existe deux hypothèses qui dictent la relation qui existe entre l'économie et la protection de l'environnement.

   La première issue intitulée le modèle classique ou l'environnement comme une contrainte économique et sociétale : « Selon l'approche classique des relations entre les enjeux économiques et environnementaux, les pressions écologiques apparaissent comme des contraintes et des coûts économiques susceptibles de menacer la pérennité des organisations ».

   La raison est qu'en voulant protéger l'environnement cela entraîne des coûts qui ne sont pas prévus par l'entreprise ou qui ne sont pas inclus dans le prix de leurs produits, donc les coûts reliés à la protection de l'environnement sont donc supérieurs à ceux déjà anticipés : « Selon l'approche économique classique, les nuisances environnementales causés par l'activité industrielles se traduisent par des coûts qui ne sont pas supportés par l'entreprise ni intégrés dans le prix de ses produits: problèmes de santé, accélération de la corrosion, pertes de récoltes, détérioration d'un site récréatif ou touristique, épuisement des ressources naturelles, etc. Ces coûts sont donc externalisés, c'est-à-dire reportés à la charge de la collectivité. Les pressions environnementales et les normes réglementaires vont conduire les entreprises à internaliser ces coûts par des actions visant à réduire les impacts sur le milieu naturel. Ces actions de dépollution vont ainsi se traduire par des charges liées en particulier à l'acquisition d'équipements environnementaux (épurateurs d'air, filtres, procédés plus propres etc.) et aux dépenses de fonctionnement (main-d'oeuvre, maintenance, entretien etc.) » [30].

   C'est ainsi que certaines études affirment que les investissements reliés à la réglementation environnementale tend à affecter négativement la productivité des entreprises :

   « Par exemple, dans les années 90, les coûts annuels additionnels associés aux normes environnementales imposées par le Clean Air Act Américain ont été estimés à 4 à 5 milliards de dollars devraient se traduire par des coûts additionnels annuels de 4 à 5 milliards de dollars pour contrôler les émissions de dioxyde de soufre dans les centrales électriques américaines et par des investissements de plus de 37 milliards de dollars pour les raffineries de pétrole » [31].

   À l'opposé, les critiques du modèle classique se sont imposés vers la fin des années 80 avec le développement du principe de « développement durable » qui selon la commission Mondiale sur l'environnement et le développement « soutient que la reprise de la croissance, associée à une redistribution plus équitable des richesses et au respect des équilibres naturels est indispensable pour assurer un mode de développement soutenable, c'est-à-dire un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». [32]

   C'est alors qu'à partir du développement de cette stratégie qui promouvoit l'équilibre entre l'économie et l'écologie que différents pays comme le Canada, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Italie, la Norvège ou les Pays-Bas ont mis en place des « plans verts » vers les années 90 pour promouvoir une stratégie de développement durable qui dicte une harmonie entre l'économie et l'environnement.

   L'hypothèse qui affirme que les enjeux environnementaux sont un moyen pour améliorer la productivité et la compétitivité de l'entreprise s'intitule l'« hypothèse de Porter » ou bien l'environnement au service de la productivité, par contre, celle-ci ne contredit pas le caractère contraignant des attentes environnementales.

   « Selon Porter, le développement de la réglementation environnementale appelle au contraire des dépenses et des transformations susceptibles d'alourdir les coûts. Cependant, la réponse à ces contraintes entraîne également des efforts d'innovation afin d'améliorer les procédés, d'utiliser de façon plus efficiente les intrants et de trouver de nouveaux débouchés pour les sous-produits de la production. Exemples, à l'appui, Porter estime que les bénéfices résultant de ces mesures excèdent en définitive leurs coûts. De fait, le renforcement des contraintes réglementaires dans certains pays, loin de freiner la compétitivité des entreprises par rapport à des concurrents qui ne sont pas soumis aux mêmes normes, la stimule tend à améliorer la position concurrentielle des firmes les moins polluantes sur les marchés internationaux » [33].

   Par exemple, la compagnie Interface a mis en place au sein de son organisation une politique environnementale centrée sur la recherche d'éco-efficience qui a complètement changé la majorité de leurs secteurs d'activité tels que la conception des produits, procédés, programmes de qualité, formation des employés, politique de commercialisation, etc.

   Cette nouvelle politique a permis à cette entreprise d'économiser près de 80 millions de dollars et d'augmenter leurs revenus de 20 % et par le fait même de diminuer considérablement les déchets et la consommation de matières premières.

   Ce qu'il faut souligner est que des études ont aussi contredit l'hypothèse de Porter, ce qui peut expliquer par le fait que les enjeux environnementaux demeurent complexes et que d'analyser ce problème par rapport aux « coûts-bénéfices » se montre quelque peu réducteur.

   Ce qui signifie que le lien entre les réglementations environnementales et l'économie n'est pas clairement défini.

   Il est vrai que certaines entreprises peuvent connaître une croissance économique à long terme dans leurs actions de dépollution, par contre cela peut aussi représenter de lourdes conséquences sur le plan économique pour les entreprises et de même que leur causer des difficultés financières importantes.

   Ce qui veut dire que les actions environnementales et leurs retombées économiques dépendent de plusieurs facteurs tels que le type d'industrie et la nature des contaminants considérés : « les programmes environnementaux des entreprises et leurs impacts économiques ne constituent donc pas une réalité homogène, monolithique et universelle. Certaines initiatives débouchent sur des économies de matières ou d'énergie alors que d'autres impliquent au contraire des coûts nets souvent considérables [34] ».

   En somme, comme le souligne Olivier entraîne dans son texte Environnement et économie une relations équivoque, la relation entre l'économie et l'environnement ne doit pas être réduite a une simple question de bénéfices ou de pertes, mais bien à trouver un équilibre entre les deux et non considéré que l'un est plus important que l'autre car toute action implique un risque et que le respect de l'environnement est important.

   « Les implications économiques des investissements verts peuvent varier considérablement suivant le secteur d'activités, les objectifs visés, le contexte industriel et la réglementation ainsi que le type d'action considéré. La complexité des problèmes écologiques ainsi que la pluralité et la diversité des actions pouvant être mises en oeuvre pour réduire l'impact des activités industrielles sur le milieu naturel rendent simplificatrice l'opposition classique entre la perspective économiste traditionnelle et l'hypothèse de Porter. Les actions environnementales impliquent comme tout investissement, un risque qui sera d'autant plus grand que les dépenses seront élevées et que l'incertitude rendra plus difficiles les prévisions des décideurs » [35].

8. L'environnement et les OGM

   Les OGM font référence aux organismes génétiquement modifiés. Les informations sur ce sujet sont peu nombreuses, mais cela représente aussi un des enjeux importants relatifs à l'environnement. Qu'est ce que l'on entend par OGM?

   Selon la Commission de l'éthique de la science et de la technologie du Québec, un organisme génétiquement modifié est « un microorganisme, une plante ou un animal dont le patrimoine génétique a été modifié par génie génétique pour lui attribuer des caractéristiques qu'il ne possède pas du tout ou qu'il possède déjà, mais à un degré jugé insatisfaisant à son état naturel, ou pour lui enlever ou atténuer certaines caractéristiques jugées indésirables » [36].

   Il faut noter que selon les informations divulguées sur le site Internet du Gouvernement du Québec stipule que 97 % de la superficie mondiale cultivée en OGM se retrouvent seulement dans 7 pays : les États-Unis, 55 % de la superficie; l'Argentine, 19 % de la superficie; le Brésil, 10 % de la superficie; le Canada, 6 % de la superficie; la Chine, 4 % de la superficie; le Paraguay, 2 % de la superficie; l'Inde, 1 % de la superficie.

   Par ailleurs, les OGM sont l'un des points soulevés par Environnement Jeunesse dans leur mémoire intitulé La jeunesse en faveur d'une vision écologique socialement responsable de la sécurité alimentaire puisqu'ils représentent un danger potentiel pour l'environnement :

   « À part l'étiquetage, on ne retrouve aucun questionnement critique sur l'utilisation même des OGM. Pourtant, les OGM représentent une menace potentielle pour la sécurité alimentaire. Certains risques reliés à l'utilisation des OGM sont à considérer à l'égard de la santé humaine telles que la création de nouvelles toxines, la multiplication des allergies alimentaires ainsi que la croissance de l'inefficacité des antibiotiques pour le traitement des maladies humaines. En ce qui concerne l'environnement, plusieurs risques par rapport aux OGM sont également envisageables tels que le transfert des gènes de résistance aux herbicides chez les mauvaises herbes et l'avènement de superinsectes également résistants aux insecticides, entraînant dans les deux cas une escalade chimique relative au recours de plus grandes quantités de pesticides. De plus, l'uniformisation du patrimoine génétique chez nombre d'espèces végétales pourrait diminuer la biodiversité planétaire. Finalement, la mainmise de quelques multinationales sur les brevets de semences génétiquement modifiées pourrait donner lieu à un monopole mondial au sein du marché des semences » [37].

   Environnement Jeunesse offre aussi quelques recommandations à la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation et au gouvernement du Québec.

   L'organisme propose d'adopter plusieurs actions :

  • Adopter un système d'étiquetage obligatoire des aliments issus partiellement ou totalement des OGM comme celui de l'Union européenne;
  • Maintenir la certification obligatoire de tous les produits biologiques produits localement ou importés au Québec;
  • Uniformiser l'utilisation des mots « biologique », « organique » et « écologique » sur les emballages en choisissant un seul terme pour désigner les produits biologiques;
  • Réglementer l'utilisation des mots « naturel » et « pur » afin d'éviter la confusion ou l'utilisation trompeuse de ces termes sur les emballages par rapport à la mention « biologique »;
  • Réglementer l'utilisation de la mention « commerce équitable » sur les emballages;
  • Identifier sur les emballages le nom et l'adresse avec le pays d'origine du fabricant, de l'importateur ET du distributeur de l'aliment;
  • Mettre sur pied une commission d'enquête sur les OGM afin d'évaluer les risques environnementaux, sociaux et économiques de cette nouvelle pratique.

9. Conclusion

   Pour conclure, par le biais de cette recherche, j'ai tenté de tenir compte de tous les arguments, les points de vue et les actions qui touchent l'environnement et les différents enjeux parce que nous sommes présentement bombardés de prévisions alarmistes dans les médias qui d'une manière ou d'une autre affecteront les générations futures et notre quotidien.

   À mon avis, c'est lorsqu'on a regardé et analysé toutes les informations et les arguments que l'on peut former notre propre opinion. Je suis tout à fait d'accord avec le fait que la protection de l'environnement est importante et que l'on doit prendre notre responsabilité en tant qu'individu et société pour que les générations futures ne soient pas obligées de faire face aux conséquences négatives de nos actions et parce que nous avons tendance à penser que les ressources sur la planète sont illimitées.

   Je crois que cette recherche m'a permis de réaliser l'ampleur des problèmes et des préoccupations relatives à l'environnement et la divergence entre la pensée des jeunes et des adultes. En ce qui concerne, mes critiques personnelles, je n'ai pas eu la possibilité de m'entretenir avec beaucoup de gens afin qu'ils puissent me présenter leur point de vue sur ce sujet.

   Par contre, je crois que dans l'ensemble j'ai obtenu une bonne vision de la population québécoise, des jeunes et des gouvernements sur ce sujet. Ce qu'il faut souligner, surtout lorsqu'on réfère au point de vue des gouvernements et de la population est qu'il y une importante différence entre la volonté de protéger l'environnement et les actions accomplies pour le faire. La plupart du temps, on se dit oui, on est prêt à faire quelque chose, mais à quel prix? Il est évident que cela représente un énorme travail pour la société, mais selon moi, l'intégrité des écosystèmes n'a pas de prix et c'est à nous de trouver les solutions afin de remédier aux problèmes que nous avons créés.


Les différents organismes environnementaux.

Action Communiterre
www.actioncommuniterre.qc.ca/
info@actioncommuniterre.qc.ca

AQPERE (Association québécoise pour la promotion relative à l'environnement)
www.aqpere.qc.ca/
aqpere@crosemont.qc.ca

Conseil régional de l'environnement
www.cremlt.qc.ca
info@cremlt.qc.ca

Environnement Canada
www.ec.gc.ca/
enviroinfo@ec.gc.ca

Environnement Jeunesse
www.enjeu.qc.ca/
infoenjeu@enjeu.qc.ca

Équiterre
www.equiterre.qc.ca/
info@equiterre.qc.ca

Fondation Québécoise en environnement
www.fqe.qc.ca/
info@fqe.qc.ca

Green Peace Canada
www.greenpeace.org/
gp.membres@yoto,greenpeace.org

Réseau environnement
www.reseau-environnement.com/
info@reseau-environnement.com


Bibliographie et médiagraphie

Environnement Canada
www.eg.gc.ca

Environnement Jeunesse
www.enjeu.qc.ca

Gouvernement du Québec
www.ogm.gouv.qc.ca/info_quoi.html

Greenfacts
www.greenfacts.org/

La Presse
www.cyberpresse.ca

Ministère du développement durable, environnement et parcs
www.menv.gouv.qc.ca

OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), Changements climatiques: Les politiques nationales et le protocole de Kyoto, Paris, 1999, 210 pages
www.oecd.org/topic/0,3373,fr_2649_37465_1_1_1_1_37465,00.html

Radio-Canada
www.radio-canada.ca

Vertigo
www.vertigo.uqam.ca/

Villeneuve, Claude, Richard, François, Vivre les changements climatiques, l'effet de serre expliqué Sainte-Foy, Éditions Multimondes, 382 pages, 2005


Notes

[1] Ministère du Développement durable, Environnement et Parcs, [http://www.menv.gouv.qc.ca/developpement/principe.htm]

[2] Ibid.

[3] Environnement Canada, [http://www.ec.gc.ca]

[4] Environnement Canada, [http: www.eg.gc.ca]

[5] Greenfacts: [http: //www.greenfacts.org/]

[6] Ministère du Développement durable, environnement et parcs: [« http: //www.menv.gouv.qc.ca]

[7] http://www.familis.org/riopfq/publication/pensons81/vandelac.html

[8] Ministère du développement durable, environnement et parcs, [http://www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/principe.htm]

[9] Villeneuve, Claude, Richard, François, Vivre les changements climatiques, l'effet de serre expliqué, p.68

[10] Villeneuve, Claude, Richard, François, Vivre les changements climatiques, l'effet de serre expliqué, p.68

[11] Cliche, Jean-François Le côté obscur du réchauffement, La Presse, jeudi 9 août 2007

[12] Cliche, Jean-François, Les giboulées de l'histoire, La Presse, mardi 5 juin 2007

[13] Cliche, Jean-François, Les giboulées de l'histoire, La Presse, mardi 5 juin 2007

[14] Villeneuve, Claude, Richard, François, Vivre les changements climatiques, L'effet de serre expliqué, p. 192

[15] « Les changements climatiques êtes-vous prêts » http://www.cyberpresse.ca/

[16] Institut national de santé public au Québec, Changements climatiques au Québec méridional: perceptions de la population générale et suggestions d'adaptations futures: [http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/618-ChangClimatMeridionalPercep.pdf

[17] Coignaud, René, Dugas, Richard, Pour un Québec « cool » envers le climat: une perspective jeunesse sur la proposition de stratégie québécoise, [http://www.enjeu.qc.ca/positions/mémoires/2003_02_mémoirekyoto.pdf

[18] Ibid.

[19] Institut national de santé public au Québec, Changements climatiques au Québec méridional: perceptions de la population générale et suggestions d'adaptations futures: [http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/618-ChangClimatMeridionalPercep.pdf

[20] Coignaud, René, Dugas, Richard, Pour un Québec « cool » envers le climat: une perspective jeunesse sur la proposition de stratégie québécoise, [http://www.enjeu.qc.ca/positions/mémoires/2003_02_mémoirekyoto.pdf]

[21] OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), Changements climatiques: Les politiques nationales et le protocole de Kyoto, Paris, 1999, p.17

[22] Beauchemin, Malorie, Changements climatiques: des avancées significatives, La Presse, Samedi 11 août 2007

[23] Ibid.

[24] Ménard, Luc, Contre Kyoto, La Presse, le mardi 31 octobre 2006

[25] Science et conscience [http://www.radio-canada.ca/actualité/decouverte/dossiers/70_sciienceConscience/kyoto_0

[26] Radio-Canada, [http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politiques/2007/04/19/009-Kyoto-Baird-Reax.shtml

[27] Ibid.

[28] Boiral, Olivier, Environnement et économie une relations équivoque, [http: //www.vertigo.uqam.ca/vol5no2/art11vol5no2/olivier_boira.html]

[29] Radio-Canada, [http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politiques/2007/04/19/009-Kyoto-Baird-Reax.shtml]

[30] Boiral, Olivier, Environnement et économie une relations équivoque, [http: //www.vertigo.uqam.ca/vol5no2/art11vol5no2/olivier_boira.html]

[31] Ibid.

[32] Ibid.

[33] Boiral, Olivier, Environnement et économie une relations équivoque [http//www.vertigo.uqam.ca/vol5no2/art11vol5no2/olivier_boira.html]

[34] Boiral, Olivier, Environnement et économie une relations équivoque[http//www.vertigo.uqam.ca/vol5no2/art11vol5no2/olivier_boira.html]

[35] Ibid.

[36] Gouvernement du Québec : Source d'information sur les organismes génétiquement modifiés [http://www.ogm.gouv.qc.ca/info_quoi.html]

[37] Ménard Robert, La jeunesse en faveur d'une vision écologique et socialement responsable de la sécurité alimentaire, p. 8 [http://www.enjeu.qc.ca/positions/index.html]



Mme Sylvie Théodule

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