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| Mme
Caroline Béliveau
Image de la conférence Texte Voir la présentation Responsable Commission de la famille et de la petite enfance. Québec solidaire Les familles et la politique - le 20 février 2008 |
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| Présentation
de Caroline Béliveau au sujet de la politique familiale de Québec Solidaire Montréal le 20 février 2008 Introduction Il me fait grand plaisir d'être ici aujourd'hui parmi vous pour parler de la place qu'occupe les familles au sein de QS. Comme plusieurs d'entre vous le savent déjà, QS est un jeune parti qui fête ses deux ans. Il est né de la fusion d'Option Citoyenne et de l'Union des Forces Progressistes. À ce titre, la politique familiale est en construction. Cependant, cela ne signifie en rien qu'il n'y a pas eu un gros travail entrepris et une large réflexion faite sur les familles, grandement alimentée (c'est ce qui est merveilleux dans ce parti) par des personnes sur le terrain. Des personnes qui travaillent au sein des organismes communautaires ainsi que des parents, des aînés, des proches aidants. Suite à ces efforts communs, des engagements concrets seront présentés sous peu à la population. Cependant cela ne m'empêche pas de vous exposer ici les principes et les balises qui ont servi à construire ces engagements. Principes et Balises Je pourrais commencer en disant qu'il y a tel nombre de famille X, Y ou Z mais en fait, tous les Québécois et Québécoises font partie d'une famille à un moment ou l'autre de leur vie : enfants, adolescents, jeunes adultes, parents, grands-parents, proches aidants, frères, soeurs etc. La vie est ponctuée de phase et nous sommes tous et toutes appelés à un moment ou l'autre à vivre ces phases. La famille fait partie intégrante de la vie et elle a droit à la reconnaissance et au soutien nécessaires à son plein épanouissement. Les familles sont aujourd'hui de plus en plus diversifiées : « traditionnelles » certes, mais aussi monoparentales, homosexuelles, immigrantes, recomposées, mixtes et autochtones. La pluralité des modèles de famille met en évidence le fait qu'il existe aujourd'hui plus d'ouvertures et plus d'avenues possibles quant au choix de vie des uns et des autres. Toutefois, l'enjeu majeur est d'offrir collectivement aux familles, aux hommes et aux femmes, le soutien social et politique nécessaire afin qu'ils et elles puissent cultiver les engagements durables qu'implique souvent le fait de naître et/ou de grandir dans une famille. Au Québec, près du quart des familles ayant des enfants mineurs vivent sous le seuil de la pauvreté; près d'une famille monoparentale sur deux soutenue par une femme possède un revenu en dessous de ce seuil. Il importe que l'État soutienne les familles monoparentales et celles qui sont à faibles revenus avec des mesures fiscales plus appropriées. Aussi, l'on doit s'interroger sur la propension des instances gouvernementales à associer toute personne en dehors du circuit du marché du travail à un être vulnérable à prendre à charge ou comme parent d'une « famille à risque » (ce qui fait en sorte de sous-estimer, dès le départ, ce que cette personne fait pour les autres et ses capacités créatives). Les familles monoparentales et à faibles revenus doivent être aidées davantage financièrement. Aussi, il faut voir que les gens exclus (volontairement ou non) du marché du travail se retrouvent trop souvent marginalisés dans la société. Il faut assurer une meilleure circulation (contacts, idées, informations, participations) entre les sphères privées et publiques pour éviter la stigmatisation des personnes qui sont sans salaire et offrir des moyens concrets à ces personnes de maintenir l'estime de soi et la confiance durant les périodes de leur vie où elles s'occupent de proche. Les choix individuels des personnes se font en fonction de ce qu'elles se sentent appelées à vivre à un moment donné (cela peut changer au cours de la vie) et des responsabilités qu'elles peuvent vouloir assumer à ce moment-là. Dans cette logique, les mères (ou les pères) à la maison, de même que les proches aidants doivent être soutenus et valorisés dans leur choix de s'occuper d'autres personnes, alors que ce faisant, elles ne peuvent s'investir pleinement dans le marché du travail. Il ne faut pas que ce choix les pénalise indûment. Dix ans après l'Année internationale de la famille, il est essentiel, de proposer une vaste réflexion collective sur les familles d'aujourd'hui et de définir les actions concertées qui s'imposent pour la prochaine décennie. Force est de constater que malgré les efforts consentis, de grands progrès restent à accomplir. Les familles ont assurément la volonté d'assumer pleinement leurs responsabilités. Dans le contexte actuel, par contre, nombre d'entre elles témoignent de leurs difficultés à trouver des formes de soutien appropriées, font face aux contraintes grandissantes du quotidien et éprouvent un réel sentiment de difficulté d'accomplissement et de valorisation à travers leur rôle, ce qui se traduit trop souvent par une véritable détresse psychologique. Ainsi, on ne peut le nier, la pauvreté gagne du terrain et, sur le plan financier, plusieurs familles en portent lourd sur les épaules. Cette précarité économique est une question des plus préoccupantes qui a pour effet de déposséder fréquemment les familles de leurs forces. Cela exige une prompte mise en place de solutions tangibles. Autre réalité à souligner: la « professionnalisation » et le mode d'approche de l'organisation des services sociaux, éducatifs et de santé amènent fréquemment les familles à se sentir dépossédées de leurs forces et de leur potentiel. Il n'est pas rare que ces dernières aient l'impression que les « experts » occupent toute la place. Résultat : les familles ont l'impression de ne pas être à la hauteur de la situation et ont du mal à développer un sentiment de compétence et de confiance en leurs propres ressources mais surtout, elles développent un fort sentiment de dévalorisation face à leur rôle social de parent. Un nombre croissant de parents témoignent de leur déception face à de telles attitudes qui démontrent le peu d'importance accordée à leur point de vue et à leur désir d'être partie prenante des décisions. Les propos recueillis chaque jour le confirment, les parents se sentent disqualifiés par rapport à leur rôle et les familles, se sentent à l'écart, non seulement des réseaux formels d'intervention,mais également de l'organisation sociale, de l'organisation du travail et des lieux de pouvoir économique et politique. De leur côté, les organismes communautaires se questionnent sur la place que les familles occupent dans les débats qui les concernent. Trop souvent, la « logique de service » tend à s'installer. Aussi, plusieurs estiment qu'il devient essentiel que les familles se réapproprient la réflexion sociale et, qu'en « toute citoyenneté », elles prennent la part qui leur revient dans la recherche de réponses ajustées à leurs réalités. Défi de taille puisque très souvent les membres des familles, homme comme femme mais particulièrement les femmes ont une pression immense dans l'organisation du temps et, dans le contexte actuel, ont très peu ou pas du tout de temps à consacrer à la militance ou à la participation citoyenne. Résultat, leur réalité est sous représentée ou représentée par des personnes qui ne vivent pas les mêmes réalités. De là s'explique en partie le net recul des conditions de vie des familles depuis la dernière décennie. Ajoutons à cela, l'esprit néolibéralisme galopant qui prône et valorise l'efficacité sans contrainte, stigmatisant les familles et leurs membres comme des obstacles à la productivité tout azimut. À Québec Solidaire, nous disons qu'il faut que cela cesse et, nos engagements électoraux soient construits en fonction de soutenir cette idée. Une plus grande participation aux forces vives de la collectivité permettrait assurément aux familles de trouver des solutions mieux adaptées à leurs multiples réalités et besoins au plan, par exemple, du soutien à la parentalité et aux proches aidants, de la conciliation famille-travail, de la juridictarisation des conflits familiaux ou à la place des aînés, des enfants dans nos sociétés. Elle contribuerait, d'autre part, à renforcer leur capacité à faire face aux nombreux défis liés aux mutations sociales (instabilité des couples, augmentation du nombre de familles recomposées, entrée massive des femmes sur le marché du travail, redéfinition de la paternité, garde partagée, équité parentale, augmentation significative des personnes en perte d'autonomie, besoin des proches aidants etc.). Cependant, il faut des mesures concrètes pour favoriser cette participation citoyenne. La société des trente dernières années, par grignotements insidieux, a contribué, prônant tout azimut la performance, à fragiliser la situation des familles et à les exclure des débats sociaux, alors que, partout et depuis toujours, celles-ci développent les solidarités naturelles et qu'elles sont partout l'ultime refuge des exclus de la société. La conclusion est claire : un changement radical de cap s'impose, puisque le devoir de l'État coïncide avec son intérêt; il doit aider les familles. Bien pour ses membres, les familles sont aussi un bien pour la société. Mais bien plus que cela, il faut repenser notre rapport au monde. Le faire comme on le fait depuis 20 ans sur des impératifs strictement économiques est destructeur. Il faut repenser notre façon de voir et de faire à tous les niveaux. Le malaise des familles est qu'un exemple parmi tant d'autres que le néolibéralisme actuel ne fonctionne pas. Quelle sorte de politique familiale Pour Québec solidaire, c'est d'une politique familiale globale dont les familles québécoises ont besoin, et non d'un ensemble de mesures qui mettent l'emphase sur leurs problèmes. Cette politique doit développer des conditions favorables à leur épanouissement, à une plus grande égalité entre les familles avec ou sans enfants ou personnes à charge et entre les hommes et les femmes, dans le respect des choix de vie de chacune. Cette politique doit leur permettre d'accroître leur autosuffisance économique certes, mais aussi d'avoir accès à un emploi décent et flexible, à de la formation, à des services éducatifs de garde de qualité qui sont adaptés aux besoins réels des familles, à des loisirs et à la culture. Cette politique doit aussi être transversale, c'est-à-dire avoir des effets structurants sur les autres politiques et programmes gérés par l'ensemble des ministères, des institutions et des organismes gouvernementaux. Bref, comme considérant son rôle de levier social, la politique familiale de Québec Solidaire est construite de sorte que le choix d'avoir un enfant ou de s'occuper d'un proche ne soit plus une entrave mais une richesse reconnue valoriser. Aujourd'hui choisir d'avoir un enfant ou de s'occuper d'un proche malade équivaut à s'appauvrir ou à vivre des moments de grande détresse. Il faut que ça cesse. Il faut encourager, valoriser, soutenir les liens de solidarité naturelle et non pas les écraser. Le défi majeur est de réussir à bâtir une politique qui prend en compte les différentes formes de familles (statut légal, reconstituée, appartenant à un milieu défavorisé ou non, multi-ethnique, immigrante, famille avec conjoints de même sexe) en cherchant à redistribuer la richesse sans étouffer les familles de classe moyenne. La politique familiale globale, environnementale, féministe et de gauche de Québec Solidaire : - N'impose pas un modèle familial mais soutient les différentes familles qui existent au sein de notre société. - Nous constatons également divers modes de vie : certains parents font le choix d'être à la maison d'autres de travailler à l'extérieur, à temps plein, temps partiel etc. Tout ça varie également au cours d'une vie. Nous voulons également soutenir tous les modes de vie dans le respect des familles. - La recherche de justice sociale et la couverture des besoins essentiels des familles est au coeur de nos préoccupations. - Des rapports égalitaires entre femmes et hommes et entre les femmes elles-mêmes sont importants et ce, en accord avec notre vision féministe de la famille. Objectifs des propositions :
De nombreux engagements seront présentés à la population bientôt. Bien qu'ils y en aient qui concernent directement les familles, tous les autres auront des incidences positives sur l'épanouissement des familles puisque ces dernières sont au coeur du projet de société que veut construire Québec Solidaire. Car s'occuper de ses enfants, ses aînés, les personnes en difficulté ça ne se résume pas à des mesures ici et là. Tout le projet politique du Québec doit remettre ceux-ci au centre des préoccupations. Avec des engagements ambitieux et innovateurs concernant l'environnement, la santé, l'éducation, la lutte à la pauvreté, l'exclusion sociale, l'économie solidaire et j'en passe, Québec Solidaire propose un véritable projet social qui englobe plusieurs dimensions et où plus personne n'est exclu. Je vous invite à prendre connaissance de ces propositions sur le site de Québec Solidaire : www.quebecsolidaire.net. Finalement j'aimerais remercier Québec Solidaire car je suis l'exemple même ici aujourd'hui que la volonté du parti d'encourager les familles à parler de leur réalité et de se réapproprier l'espace public. Pour QS, ce n'est pas qu'un voeu pieux. Mère, longtemps monoparentale, j'ai connu toutes sortes de situations semblables aux milliers de mères de notre époque. Mon statut précaire de mère monoparentale ne m'a pas permis de m'investir entièrement dans un plan de carrière, mais je suis tout de même là devant vous à parler de notre parti. C'est selon moi une très grande force de QS et je suis très fière d'en faire partie. Merci de votre attention. |
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