Un point de vue politique
1. Les familles québécoises, une
structure en évolution
Tous s'entendent pour dire que la famille représente
le fondement même de la société québécoise. Depuis
toujours, ma formation politique positionne la famille à
l'avant-plan de ses actions. Nous considérons la famille
comme une valeur essentielle et nous avons le devoir en
tant que politicien de la protéger et de la défendre
dans le contexte actuel du phénomène « d'inversion de
la pyramide d'âge » (voir la page 12). En effet, notre
société se prépare à faire face à l'important défi
du vieillissement de sa population.
Dans cette optique, nous croyons qu'il est important de
travailler à renforcer le noyau familial dans le but
d'améliorer la cohésion sociale et
intergénérationnelle. Nous devons oeuvrer à briser
l'isolement et favoriser le rassemblement des
Québécoises et des Québécois de tous âges. Ainsi,
pour contrer l'augmentation du phénomène du
vieillissement de notre population, nous devons miser sur
le développement des familles dynamiques, actives et
surtout en santé.
C'est pourquoi, nous politiciens, devons nous assurer que
toutes les familles puissent avoir accès à des services
et des ressources qui facilitent leur épanouissement.
Toutefois, avant même de s'attarder aux services, il est
essentiel de prendre en considération le fait que le
concept de famille s'est grandement transformé depuis
les cinquante dernières années. En effet, alors qu'à
l'époque, la quasi-totalité des familles étaient
constituées d'un homme et d'une femme, unis par les
liens du mariage, et de leurs enfants. La réalité est
plutôt différente aujourd'hui.
En effet, le recensement 2006 de Statistiques Canada
dénombre 2 121 600 familles au Québec. Toutefois, les
statistiques relèvent une forte augmentation des couples
vivant en union libre (la proportion des couples en union
libre est plus élevée au Québec qu'au Canada et dans
d'autres pays comme la Suède, le Danemark, le
Royaume-Uni, l'Australie, etc. *
Statistiques Canada, recensement 2006). Les
familles monoparentales ont graduellement fait leur
apparition dans la structure familiale du Québec pour
atteindre le nombre 352 825 familles en 2006. Ces
transformations au sein même de la structure familiale
engendrent parallèlement des changements dans
l'organisation et les besoins de ces familles. Notre
rôle en tant que législateur est donc de s'assurer que
les politiques familiales répondent aux besoins de
toutes les familles et également de s'assurer que les
services offerts soient adaptés aux différents modèles
familiaux qui existent au Québec.
Selon les statistiques, 60% des familles recensées en
2006 avaient des enfants. De plus, le nombre total des
naissances pour l'année 2007 a atteint un nombre record
de 82 100 naissances, ce qui a été qualifié de «
mini-baby-boom » :
Source : Conseil permanent de la jeunesse, Oui
passionnément, à la folie! Le désir d'enfant chez les
jeunes. http://www.cpj.gouv.qc.ca/fr/quoi.asp
Tous ces chiffres sont prometteurs pour contrer le
phénomène de vieillissement de la population, mais le
rapport du Conseil permanent de la jeunesse nous met en
garde du fait suivant : « Rappelons qu'il est
généralement considéré qu'un indice synthétique de
fécondité de 2,1 enfants par femme est nécessaire au
renouvellement d'une génération. P. 21 ». Le taux de
2.1 est le nombre fixé pour qu'il y ait renouvellement
naturel de la population. De plus, il faut rappeler qu'il
est essentiel de s'assurer que les ressources
nécessaires à cette augmentation des naissances suivent
la tendance.
En effet, l'augmentation du nombre de naissances a des
répercussions sur l'offre de plusieurs services reliés
aux domaines de la santé, aux services de garde, aux
politiques de soutien parental, etc. Il est de notre
devoir de veiller à ce que des services adaptés soient
disponibles partout et accessibles facilement pour toutes
les familles québécoises. La famille étant pour moi et
mes collègues une ressource inestimable, il est
impératif que tous les enfants aient droit à un accès
égal aux services.
Malheureusement, les pénuries actuelles qui frappent
notre système de santé viennent réduire l'offre de
services dans certaines régions ce qui a pour effet de
priver certains enfants d'un accès rapide à des
services de santé. Pour nous, il est déplorable que de
telles situations se produisent et nous dénonçons
surtout le fait que dans de cas-là, les parents n'ont
pas le choix des solutions. La liberté de choix est pour
nous une valeur fondamentale à laquelle tous les
citoyennes et tous les citoyens du Québec ont droit.
| Bref historique de da la politique
familiale au Québec La politique
familiale au Québec s'articule autour de
différentes mesures d'aide aux familles. Ces
mesures comprennent, entre autres choses, des
services de garde à contribution réduite, une
aide fiscale et des paiements de transfert basés
sur le revenu familial.
En avril 2003, le ministère de la Famille et de
l'Enfance est aboli. La responsabilité des
questions familiales est transférée au
ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale
et de la Famille.
En janvier 2004, la contribution réduite pour la
garde d'enfants de moins de 5 ans passe de 5 $ à
7 $. La même indexation est appliquée en
septembre 2004 dans les services de garde en
milieu scolaire.
Le 16 juin 2004, le ministre de l'Emploi, de la
Solidarité sociale et de la Famille lance une
consultation en vue de l'élaboration d'une
première politique québécoise sur la
conciliation travail-famille.
Le gouvernement du Québec introduit, en janvier
2005, deux nouveaux crédits d'impôt
remboursables pour les familles : le Soutien aux
enfants et la Prime au travail. Ces crédits
remplacent l'allocation familiale, le crédit
d'impôt pour enfant à charge, la réduction
d'impôt à l'égard de la famille et le
supplément au revenu du travail du programme
APPORT.
En février 2005 est créé le ministère de la
Famille, des Aînés et de la Condition
féminine.
|
2. Devant l'impasse actuelle du
système, le changement devient une nécessité
Accessibilité pour tous partout en
province
- Dans son état actuel le système de santé
québécois ne parvient pas à répondre à la
demande. Il craque de partout et c'est un nombre
élevé de familles québécoises qui en subit
les conséquences (listes d'attente sans fin pour
les opérations, débordement dans les urgences,
manque criant de médecins de famille). Toutes
ces répercussions du système actuel qui ne peut
subvenir à la demande grandissante de services
ne sont que la pointe de l'iceberg des problèmes
reliés au monopole que constitue notre système
de santé :
- Au cours des quatre dernières années,
les dépenses annuelles de santé sont
passées de 19 à 23,6 milliards, soit
une augmentation de 24 %. Par rapport à
2003, c'est 4,5 milliards de plus
chaque année (Cette citation exacte
est tirée du rapport déposé par Claude
Castonguay au CIRANO intitulé Santé :
Pour des changements en profondeur, p.3).
Malgré cette injection massive de fonds
publics, il n'y a évidemment pas une
amélioration dans le volume et la
qualité des soins et services * Claude Castonguay,
Santé : pour des changements en
profondeur, Cyberpresse, 16 mai 2007.
|
- La pénurie actuelle d'obstétriciens ne
vient en rien rassurer les femmes qui
attendent un bébé. Ce problème
résulte d'une combinaison de facteurs,
notamment la réduction du nombre de
médecins qui font des accouchements,
l'imposante cohorte d'obstétriciens
canadiens qui prendront leur retraite ou
réduiront leur champ d'activité au
cours des prochaines années, ainsi que
la pénurie de sages-femmes à l'échelle
nationale. Le problème s'aggravera
encore davantage dans l'avenir en raison
du nombre insuffisant d'étudiant(e)s qui
choisissent de se spécialiser en
obstétrique. Certaines femmes des
régions rurales et éloignées du Canada
doivent quitter leur maison, leur famille
et leur communauté, et souvent leur
système culturel et leur réseau de
soutien, pour pouvoir recevoir des soins
appropriés pendant l'accouchement.
Voir http://www.cwhn.ca/network-reseau/9-34f/9-34pg11.html
|
Accroître l'efficacité du système à
moindre coût
Nous croyons qu'en optimisant l'utilisation des
ressources hospitalières nous favoriserons leur
accessibilité des soins, ceci aura pour conséquence de
réduire la demande de soins et les temps d'attente.
Évidemment, il faut aussi tenir compte du fait
qu'actuellement il y a une pénurie de professionnels de
la santé. L'universalité, à la base de notre
système de santé
- L'accès universel à des soins de santé est un
acquis indiscutable. Il faut travailler
collectivement à protéger la santé et la
mettre en valeur. Des soins de qualité
accessibles à tous : tel est l'idéal vers
lequel veut tendre notre système de santé,
toutefois cet idéal semble de plus en plus
lointain.
- Aujourd'hui, après plusieurs années de
réductions budgétaires, le réseau est plus ou
moins à terre : manque criant de personnel,
établissements et équipements vétustes, manque
de lits en centres de soins de longue durée et,
surtout, manque d'argent. Ces éléments,
combinés au vieillissement galopant de la
population, rendent brûlante la question de la
survie du système de santé. Les provinces se
voient dans l'obligation de consacrer une part de
plus en plus grande de leur budget à leur
réseau, sans pour autant parvenir à en
maintenir la qualité.
Exemple régionale de pénurie de médecins de
famille en Haute-Yamaska et de ses répercussions sur les
bénéficiaires
Aux prises avec un sérieux problème de pénurie de
médecins de famille, la région de la Haute-Yamaska a
rassemblé sous un même registre les résidents de la
région qui n'ont pas de médecin de famille. En date du
7 décembre 2007, la liste s'élevait à plus de 7000
noms avec de nouvelles entrées régulièrement. Les
citoyennes et les citoyens peuvent s'inscrire par
téléphone ou par écrit (2 boîtes de réception sont
disponibles à Granby).
La clinique centrale transfère cette liste
régulièrement aux différentes cliniques de la région
afin d'informer les médecins. En plus du registre, une
équipe de bénévoles fait passer un questionnaire sur
l'état de santé des patients inscrits au registre.
Actuellement, près de 2000 questionnaires ont été
remplis.
Toutefois, les médecins qui consultent le registre
remarquent que plusieurs dossiers constituent des cas
très lourds qui nécessitent beaucoup de temps et
d'expertise. La majorité des médecins de la région
sont déjà surchargés, ils sont réticents à prendre
sous leur responsabilité des patients nécessitant
beaucoup de suivi. De plus, les nouveaux médecins sont
également réticents à prendre les cas lourds par
craintes de ne pas octroyer les soins optimaux. La
situation est donc problématique, sans compter que
plusieurs médecins de famille devant l'impasse décident
de quitter leurs fonctions.
Il est à noter que les gens sans médecins de famille
n'ont pas accès aux différentes cliniques sans
rendez-vous de la région. La seule alternative pour eux
est de se présenter à l'urgence pour voir un médecin
(quand on sait que le temps d'attente moyen est
supérieur à 5 heures) ou encore de se tourner vers une
clinique privée. On réalise que l'accessibilité et
l'universalité sont de beaux concepts en théorie, mais
que dans la réalité, le système public actuel ne peut
plus subvenir à la demande.
Devant l'impasse actuelle, la privatisation de certains
services se présente comme une piste de solution
- En 2002, ma formation politique dans un rapport
intitulé La santé autrement proposait
l'adoption d'une approche à deux paliers. Il
faut toutefois spécifier qu'en aucun cas, cette
proposition remettait en cause l'accès gratuit
pour tous. Par exemple, il est suggéré
d'éliminer les plafonnements d'intervention
imposés aux médecins : quand ceux-ci auront
atteint leur quotas au public il pourront
pratiquer en clinique privée.
- Le total des dépenses privées en santé au
Québec est estimé à 8,6 milliards $ en 2006,
soit 28,4 % des dépenses totales en santé,
alors que cette part s'établissait à 20,3 % en
1982. La part actuelle est comparable à la
moyenne canadienne de 29,7 % et plus faible que
l'ontarienne de 33 %. Les services rendus par le
secteur privé sont de différentes natures :
environ 29 % des dépenses vont à des services
non assurés selon la réglementation tels les
services dentaires, l'optométrie, la
physiothérapie et autres, 41 % vont aux
médicaments, 4,2 % pour des soins hospitaliers,
14 % pour des soins dans d'autres établissements
de santé et le reste va à d'autres dépenses et
frais d'administration *
Institut économique de Montréal, août 2007.
- Toutefois, on oublie souvent qu'il est possible
depuis toujours de faire affaire avec un tel
médecin pour n'importe quel type de soins
médicaux, seules les assurances sont interdites
(pour les services couverts par le régime
public). Ainsi, une personne assez nantie pour
payer la totalité des frais requis par un
médecin non participant a toujours pu se faire
soigner plus rapidement. L'interdiction n'a pour
effet que d'empêcher les gens aux revenus plus
modestes de souscrire à une assurance privée
afin de pouvoir faire de même * http://www.iedm.org/uploaded/pdf/aout_fr.pdf .
- Toujours selon l'Institut économique de
Montréal; « On ne doit pas craindre la
présence du secteur privé dans le système de
santé, puisqu'il a toujours apporté une
contribution significative. Le gouvernement
pourrait considérer des solutions rationnelles
et cohérentes permettant d'accroître l'offre de
services de santé en taillant au secteur privé
une place intelligente et flexible.
3. L'organisation des soins
| Les Groupes de Médecine Familiale |
- Un groupe de médecine de famille (GMF) est un
regroupement de médecins qui travaillent en
étroite collaboration avec des infirmières dans
un environnement favorisant la pratique de la
médecine de famille auprès de personnes
inscrites. Le médecin de famille appartenant à
un groupe est aussi en relation avec d'autres
professionnels du réseau de la santé et des
services sociaux dans les centres de santé et
des services sociaux (CSSS), les centres
hospitaliers, les pharmacies communautaires, etc.
Cette structure facilite l'accès du patient aux
services spécialisés du réseau.
L'implantation des groupes de médecine de
famille (GMF) fait suite à l'une des principales
recommandations du rapport de la Commission
d'étude sur les services de santé et les
services sociaux (commission Clair). Le
ministère de la Santé et des Services sociaux a
mis en place des GMF afin de favoriser pour tous
l'accès à un médecin de famille et
d'améliorer la qualité des soins médicaux
généraux, en plus de valoriser le rôle du
médecin de famille.
L'inscription auprès d'un médecin membre d'un
GMF est volontaire et gratuite. Elle constitue
une occasion unique de choisir son médecin
de famille (c'était le but initial du
projet, mais dans la réalité ce n'est pas le
cas) et d'établir une relation durable et
privilégiée avec lui. L'inscription reflète un
engagement mutuel entre la personne inscrite et
son médecin de famille. En cas d'urgence, ou
lorsqu'elle est en voyage ou à l'extérieur de
sa région, la personne inscrite peut consulter
un autre médecin. L'inscription a une durée
d'un an et se renouvelle automatiquement à moins
d'un avis écrit contraire de la personne.Il y a
plusieurs avantages à s'inscrire auprès d'un
médecin membre d'un groupe de médecine de
famille (GMF) :
- l'attention d'une équipe composée du médecin
de famille de la personne inscrite, de ses
collègues et des infirmières du groupe qui,
ensemble, collaborent à la prise en charge et au
suivi de l'état de santé de cette personne:
- la possibilité d'obtenir des services médicaux
généraux dans les bureaux du GMF, sur
rendez-vous ou sans rendez-vous si nécessaire,
ou à domicile si la personne ne peut se
déplacer en raison d'une perte majeure
d'autonomie et que sa situation l'exige.
- l'accès à des explications personnalisées, à
de l'enseignement et à un suivi par une
infirmière du groupe pour certains problèmes de
santé;
- le fait qu'une personne sache, 24 heures sur 24
et 7 jours sur 7, avec qui communiquer pour
obtenir une réponse adaptée à ses besoins;
- le fait qu'en l'absence du médecin de famille de
la personne inscrite, le travail en groupe
permette à un autre médecin membre du groupe de
suivre le dossier médical de cette personne.
En janvier 2008, il y avait 150 GMF accrédités, sur
un objectif de 300. Le plan d'action en santé mentale
2005-2010 rappelle que le gouvernement créera 300 GMF
d'ici 2010.
Dans le bilan de progrès accomplis à l'égard de
l'entente bilatérale intervenue à l'issue de la
rencontre fédérale-provinciale-territoriale des
premiers ministres déposé en septembre 2004, voici ce
qu'il disait sur les GMF :
« La planification stratégique 2005-2010 du
ministère de la Santé et des Services sociaux prévoit
la création de 300 GMF qui permettront, à terme,
l'inscription auprès d'un médecin de famille d'environ
70 % de la population québécoise. Au 26 septembre 2005,
1 128 médecins et au moins 185 infirmières
travaillaient dans les GMF. Trente-deux projets de
groupes de médecine de famille sont actuellement en
préparation. »
Problème d'accessibilité
La mise en place des GMF n'a pas pour autant réglé le
problème d'accessibilité à un médecin de famille. On
estime à environ 25 % la proportion de Québécois qui
n'ont pas de médecin de famille, alors que la moyenne
canadienne se situe à environ 14 %.
D'ailleurs, la médecine de famille semble dévalorisée.
Alors qu'il n'y a pas si longtemps, on comptait 60 % de
médecins de famille pour 40 % médecins spécialistes,
le taux de médecin de famille avoisine à peine les 30 %
aujourd'hui dans les facultés de médecins des
universités québécoises (*
Michel Venne, selon des données obtenues par le groupe
de travail Castonguay), ajouté aux postes de
résidences en médecine familiale restés vacants...
Cette situation n'est pas sans inquiéter la
Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec
(FMOQ). Les médecins qui pratiquent en clinique manquent
de soutien. Ils ont de la difficulté à obtenir des
examens et des services dont leurs patients ont besoin.
Les GMF sont gérées selon les règles fixées par
l'État. Les médecins y pratiquant sont soumis à des
contraintes trop rigides, et surtout les jeunes, selon la
FMOQ. D'où le désintéressement dans la profession.
| Les Coopératives de santé |
Les coopératives de santé sont modelées comme les
coopératives de solidarité, structurées selon le
modèle d'organisme à but non lucratif, avec adhésion
volontaire de la population et offrant une accessibilité
aux services de santé assurés par l'État, sans
contrainte ni discrimination d'appartenance à la
coopérative. Une gamme de services de santé primaires
peuvent y être regroupés (physiothérapie, pharmacie,
clinique médicale et dentaire, centre visuel, etc.), le
tout en lien avec les orientations et le plan
d'organisation des services du centre de santé et de
services sociaux et de l'agence concernée.
Au sens strict, un projet de coopérative de services de
santé est un projet privé : ce sont des gens qui, sur
une base libre et volontaire, se regroupent au sein d'une
association qui va opérer une entreprise pour répondre
à un ou des besoins. Une fois fondée, la coopérative
devient une personne morale qui a un statut privé.
Cependant si la coopérative a un statut privé, il ne
faut pas procéder par amalgame et la confondre avec
d'autres corporations privées, telle la société par
actions. Sa finalité est radicalement différente; elle
cherche avant tout à satisfaire les besoins de ses
membres (logique d'usage) plutôt que de rechercher le
rendement sur le capital, dégager les profits maximums
en vue de satisfaire les détenteurs d'actions. En outre,
le pouvoir en son sein n'est pas lié à la détention du
capital, mais procède selon une règle d'égalité entre
les membres.
C'est pourquoi, par sa finalité, certains vont
associer les coopératives au troisième secteur ou au
tiers secteur, à l'économie sociale, ou encore, comme
le suggère le rapport du groupe Arpin (1999), du privé,
mais à finalité non lucrative.
En général, lorsque l'on évoque la notion de
privatisation dans le domaine de la santé, on comprend
un ensemble de processus conduisant à défrayer
soi-même, ou avec le concours d'une assurance privée,
des actes couverts par le régime public.
Depuis 1995, plus d'une dizaine de projets de
coopératives de services de santé ont été menés au
Québec, des projets jalonnés de réussites, de
demi-réussites ou demi-échecs et d'autres d'échecs. On
en retrouve notamment en Mauricie et Centre-du-Québec,
en Outaouais et dans les Laurentides.
Dans ces coopératives, les utilisateurs, les
travailleurs et les médecins sont membres avec le même
pouvoir. Cette façon de faire offre beaucoup de
souplesse aux travailleurs-médecins et aux utilisateurs.
Les chartes de coopérative sont délivrées par le
ministère du Développement économique, de l'Innovation
et de l'Exportation du Québec.
Nous croyons depuis longtemps que les coopératives de
santé pourraient jouer un rôle important pour
améliorer l'accessibilité aux soins de santé des
citoyennes et des citoyens. Lors de la dernière campagne
électoralel, nous nous sommes engagés à appuyer le
développement des coopératives afin de permettre à la
population de se réapproprier l'organisation de ses
soins de santé.
Le jugement pris par le Cour suprême en juin 2005
dans ce qui est convenu d'appeler « l'affaire Chaoulli
» de lever l'interdiction de payer pour des services de
santé et d'acheter des assurances privées a ouvert les
portes du réseau de la santé à la privatisation des
soins de santé.
Depuis, une multitude d'intervenants de tous domaines
ont pris position et/ou se questionnent sur la place que
peut occuper le privé dans le domaine de la santé. À
ces voix s'est ajoutée celle de Mme Monique
Jérome-Forget et du gouvernement libéral, qui a fait
l'annonce, en mai 2007, de la création d'un groupe de
travail présidé par M. Claude Castonguay et chargé
d'examiner les moyens d'assurer un financement adéquat
de la santé lors du dépôt du dernier budget. « On ne
peut continuer à vampiriser » les autres missions de
l'État parce que les coûts de la santé ne cessent de
croître de façon exponentielle, avait alors commenté
Mme Jérôme-Forget. M. Castonguay sera alors épaulé
par Mme Johanne Marcotte, représentant l'ADQ et M.
Michel Venne, représentant le PQ
.Le groupe Castonguay s'est vu confié le mandat
d'éclairer le gouvernement sur les 4 points suivants :
- Les sources additionnelles de financement qui
pourraient être consacrées à la santé
(identifier des sources de revenus
additionnelles, inciter les dispensateurs de
soins à offrir et à utiliser les traitements
les plus efficaces et les plus performants). Le
rôle que le secteur privé peut jouer afin
d'améliorer l'accès au soins et de réduire les
délais d'attente. La structure d'un nouveau «
compte santé »
- Les modifications qui pourraient être
nécessaires à la loi canadienne sur la santé.
En mai dernier, M. Claude Castonguay avait présenté
le résultat de ses propres réflexions sur l'état du
système de santé actuel. Il avait ainsi proposé 7
pistes de solution s'inspirant de l'exemple des pays
européens et permettant de sauvegarder à la fois notre
système de santé et son caractère universel :
- L'attribution à une régie remaniée de
l'assurance-maladie, ayant mission de dynamiser
le système, des fonctions d'acheteurs de soins
et d'évaluation de la performance des
établissements.
- Le développement accéléré des cliniques
médicales
- L'optimisation de l'utilisation des équipements
hospitaliers
- Une politique de couverture de service pour les
personnes en perte d'autonomie.
- L'abolition de la prohibition à l'égard de
l'assurance privée
- L'abolition de la cloison entre le public et le
privé dans un cadre approprié
- La révision de la Loi canadienne sur la santé
Plusieurs des propositions de M. Castonguay rejoignent
la plate-forme de ma formation politique en matière de
santé, notamment le développement d'un véritable
système de santé mixte, la révision des modes de
financement des établissements et l'autorisation, pour
les médecins, d'oeuvrer à la fois dans le secteur
public et le secteur concurrentiel.
De plus, l'Association médicale canadienne, par la
bouche de son président, le Dr Brian Day, s'est
prononcée l'automne dernier en faveur d'une
participation accrue du secteur privé pour atténuer la
crise vers laquelle se dirige le régime public. « Les
Canadiens devraient avoir le droit de contracter une
assurance privée lorsque le système public ne leur
assure pas un accès aux soins en temps opportun »
déclarait le Dr Day.
Le rapport du groupe de travail présidé par M.
Castonguay est attendu pour le 15 février prochain. Mais
déjà, en fin de semaine dernière, M. Venne exprimait
l'idée, au cours d'une conférence prononcée dans le
cadre du colloque médical étudiant du Québec, que le
secteur privé pouvait devenir un important allié de
l'ensemble du système de santé, tout en assurant que le
rapport viserait d'abord la pérennité du système de
santé public * Le privé est là pour rester -
La Presse, 20 janvier 2008, p.A6.
Malgré les investissement massifs des dernières
années, force est de constater que les problème
d'accessibilité aux soins de premières lignes et aux
médecins de familles se font toujours sentir.
Actuellement, nous sommes en train de réaliser que
l'augmentation de l'argent investit ne garantie pas
nécessairement une meilleure offre de soins. En tant que
société, nous devons nous pencher sur des moyens de
bonifier l'offre actuelle de services en santé. Il ne
fait aucun doute que l'offre doit être augmentée par
une ouverture intelligente et balisée à des
alternatives comme la mixité du système.
À l'approche de cette période de transition, il ne
faut pas oublier de vous rappeler les objectifs qui
guident nos actions. Nous pensons que chaque citoyenne et
chaque citoyen du Québec a le droit de se faire soigner
à temps. Actuellement, il est essentiel de travailler à
désengorger les urgences afin d'avoir accès à des
services de première ligne dans un délai raisonnable.
Nous croyons également que la prévention représente un
des meilleurs moyens d'investir dans l'avenir du Québec.
C'est pourquoi les familles d'aujourd'hui et de demain
ont un rôle si capital. Notre devoir en tant que
politicien est de veiller à ce que nos objectifs soient
atteints et que les familles du Québec s'épanouissent
en santé.

Source : Si la tendance se
maintient&hellipPerspectives démographiques, Québec
et régions 2001-2025.
http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/demograp/pdf/tendance2001_2051.pdf,
p. 21
|