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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 19, numéro 94, août 2008 |
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| Éditorial Montréal, le 15 août 2008 Madame Michelle Courchesne Madame la Ministre, Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec, selon son habitude, profite de l'éditorial de son bulletin Pensons famille pour vous écrire et partager avec vous ses réflexions, ses contentements et ses préoccupations sur la politique familiale au Québec. Nous prendrons comme points de départ deux événements récents qui marquent notre vie québécoise et méritent que nous nous y arrêtions. Le premier de ces événements, plus percutant, a eu lieu à Montréal-Nord. Nous n'en reprendrons qu'une chronologie sommaire. Il y a eu interpellation policière, mort d'homme, manifestation paisible, puis débordements violents. Le deuxième événement, moins éclatant, est la réception, franc de port, d'un pamphlet d'un parti politique. Ce pamphlet nommé « Sécuritaire? » titre : « Les drogués et les revendeurs de drogue n'ont pas leur place près des enfants et des familles ». Ces deux événements ont en commun qu'ils manifestent un mal-être dans notre société. Mais dans les deux cas, ce sont des personnes humaines qui vivent ou ont vécu des situations morbides qui mènent à la mort. La réflexion que nous avons est la suivante : que faisons-nous pour soulager, aider, guérir, redonner sens à la vie? Que faisons-nous pour enrayer la délinquance, favoriser la bonne entente entre citoyens, apporter la paix et la joie dans notre société? Nos premières réactions sont souvent des jugements sommaires qui condamnent les uns ou les autres, les uns et les autres, sans les entendre et par conséquent sans les comprendre. Plusieurs approches sont possibles, car ne rien faire ne peut qu'aboutir au pourrissement d'une société qui est la nôtre et qu'on veut la meilleure possible. Notre société québécoise s'est donnée et se donne des normes morales ou d'éthiques, c'est selon, pour que nous puissions vivre en paix et jouir d'un développement qui soit à la fois économique, politique et sociétal. Nous avons cependant l'obligation de dire à toutes et tous aussi, quelles sont nos valeurs et convaincre qu'il vaut la peine et le bonheur de les partager. Certaines sociétés sont enclines au laisser-faire, d'autres à la répression. Au Québec, par ailleurs, nous avons cette tendance à l'expression de nos états d'âme, à l'auto-analyse, aux dialogues, aux commissions d'enquête, d'autres diront au psychodrame! Un poète de chez nous a dit :
Au Québec, nous nous voulons conviviaux, nous préférons le dialogue à la confrontation, l'éducation à la répression. Nous ne savons pas ce qui ressortira de l'enquête sur les événements à Montréal-Nord. Ce que nous espérons, c'est qu'on n'oubliera pas que toutes les personnes impliquées ont toutes des familles, qu'ils sont nos enfants, nos frères et nos soeurs, nos parents, nos grands-parents, nos petits-enfants. Nous trouverons peut-être que certains ont fait violence, que d'autres en ont subi. La violence a des racines profondes : la faim, la pauvreté, le manque d'éducation, le chômage, les familles disloquées, que savons-nous encore! Un homme politique a un jour dit : « Je croyais avoir rencontré des personnes méchantes, avec le temps, je me suis aperçu que c'étaient simplement des personnes qui avaient trop souffert ». Quant à ce pamphlet, il offre comme solution de « Punir les revendeurs de drogues en les incarcérant plus longtemps garder les drogués dans les centres de désintoxication et les chasser de nos rues ». Là aussi, ce sont nos frères et nos soeurs! N'aurons-nous aucune compassion pour ces personnes qui souffrent et que nous devons aider à devenir plus aimables? L'approche québécoise n'est pas dans la répression, mais dans l'éducation, la prévention, les soins, et la confiance que notre société restera ouverte et conviviale. Madame la Ministre, vous êtes la ministre de la Famille et des Aînés, et aussi ministre de l'Éducation, nous vous invitons à prendre la parole pour nous redire l'importance de la famille et de l'éducation dans une société québécoise que nous voulons douce et agréable à vivre. Nous y convierez-vous à votre tour? Veuillez agréer, Madame la Ministre, l'expression de nos meilleurs sentiments. Le Président Le Directeur général |