Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec

Rapport d'activités annuelles 1987-1988

Bien chers amis,

Je ne voudrais pas être trop exhaustive étant donné que nous avons prévu pour l'ensemble de notre assemblée d'affaires une durée maximale de deux heures. Je vais donc tenter au cours des quinze prochaines minutes de vous brosser le tableau multicolore des activités de notre conseil d'administration durant la dernière année.

1. Priorités du 28 octobre 1987

Le 28 octobre 1987 nous tenions notre assemblée générale annuelle. Le président Bernard Fortin nous présentait alors le rapport d'activités 1986-1987 du Conseil. Vous vous souvenez sans aucun doute de sa conclusion sur les priorités de travail 1987-- 1988. Au cas toutefois où certains et certaines d'entre vous auriez été distraits ou distraites, je vous rappelle ces priorités de travail 1987-1988.

1,1 Poursuite du Carrefour des affaires familiales et de ses Satellites.

Je ne m'étendrai pas longuement sur cette première priorité. Le 22 juin dernier, lors de notre dernière assemblée générale, chaque dé1égué recevait un bilan des activités du Carrefour. 11 s'agissait d'un document, fort bien élaboré d'ailleurs, d'une vingtaine de pages qui vous informait sur les recherches poursuivies concernant, d'une part, les quelque 150 programmes gouvernementaux du Québec d'aide à la famille et, d'autre part, Les huit cents organismes répertoriés informatiquement dans notre banque de données. Ce travail de documentation se poursuit toujours. Quant aux autres activités du Carrefour relativement aux satellites, précisons que nous avons enrichi en cours d'année notre banque de personnes ressources et que nous avons initié quelques satellites, ceux de famille et éducation, Famille et loisirs et, ce soir, celui de Famille et travail. Nous avons été heureux de constater dernièrement dans le cadre de la Semaine de la famille l'intérêt "naissant" des municipalités envers la famille. Nous ne pouvons qu'applaudir a cette percée familiale dans le domaine municipal et félicitons chaleureusement les responsables de cette percée.

1,2 La deuxième priorité de travail que le président soulignait était la suivante : Poursuite des attentes du Regroupement concernant le dépôt d'une politique familiale. Est-il vraiment nécessaire encore ici de s'étendre sur le sujet. N'avez-vous pas été constamment témoin des actions menés par votre conseil d'administration à ce propos durant les douze derniers mois ? N'avez-vous pas tous applaudi en décembre dernier à 1'énoncé gouvernemental d'orientation de politique familial ? N'avez-vous pas tous et toutes vécu des heures inoubliables à l'annonce du projet de loi d'un Conseil de la famille ?Ne vous e pas sentis tout aussi présents que les représentants du Regroupement, aux différentes sessions de la Commission parlementaire des affaires sociales tenues pour 1'étude de ce projet de loi ? N'avez-vous pas tous et toutes ressenti, comme les membres de notre Conseil, le sentiment d'avoir bien fait les choses lorsque. Le 2 juin dernier, l'Assemblé national adoptait la loi du Conseil de la famille ? Ne vous êtes vous pas encore montrés, très actifs lors de l'exercice que le Regroupement vous enjoignait de faire à propos des critères de sélection et du choix des futurs membres du Conseil de la famille ? Et que dire de l'annonce, le 3 octobre dernier, de la nomination de notre président, Bernard Fortin, au poste de premier président du Conseil de la famille et comme membres de ce Conseil, des nominations de Céline Signori, une des administratrices de notre Conseil d'administration, et de Marie-Suzie Weche, une dé1éguée de cette assemblée générale ! Durant toute cette dernière année, le Regroupement a été très présent dans le dossier de la politique familiale. "Penser famille" est un slogan de plus en plus populaire et le Regroupement y est pour quelque chose, nous en avons tous la conviction profonde.

1,3 La troisième priorité portait sur la recherche de membership. Lors de l'assemblée annuelle 1987, le Regroupement comptait 24 organismes membres ; il en compte aujourd'hui 51. C'est une augmentation de plus de 100 % et cela, fait à souligner, sans aucune campagne de membership. Les témoignages de nouveaux membres attestent de la vitalité du Regroupement et par là, de son attrait. Je ne vous cacherai cependant pas que nous avons élaboré en septembre dernier un plan de campagne de membership à réaliser en cours d'année.

1,4 La quatrième et dernière priorité concernait la consolidation du secrétariat du Regroupement et des moyens de financement. Voilà une priorité où les résultats obtenus ne sont pas encore à la mesure de notre espérance, bien qu'à ce sujet quelque consolation apparaisse. En effet, la subvention initiale de $30,000.00 reçue en juillet 1988 du Ministère de la Santé et Service Sociaux ne portait pas cette année le sceau de la "non récurrence". C'est un premier bon point. Par ailleurs, une deuxième subvention de $5,000.00 nous était accordée quelques semaines après l'annonce de la première subvention. Voilà un autre bon point. Beaucoup reste à faire cependant sur la question du financement du Regroupement. Vous pourrez constater tout à l'heure à l'item du rapport des états financiers 1987-1988 que notre organisme, grâce à l'octroi de trois différents projets de développement d'emploi, a eu en caisse en cours d'année un peu plus de 100,000.00 de revenus, et, à son service, une moyenne de cinq employés à l'année.

1,5 Cependant, notre secrétariat demeure toujours dans un état précaire. Vous savez tous que l'obtention de projet ne signifie pas pour autant l'acquis de ressources secrétariales. Souvent, c'est l'inverse qui se produit : le secrétariat s'engorge rapidement. Présentement nous comptons au secrétariat sur les services de Richard Sarrasin, à trois jours/semaine. Par ailleurs le trésorier, Yves Lajoie, offre également la même période de temps. Ce personnel ne reçoit aucun salaire, seuls leurs frais de représentation sont remboursés. Pour effectuer le travail clérical, nous achetons du temps à du personnel de l'0ffice de la famille de Montréal (dont le président Bernard Fortin était le directeur). Nous comptons, à l'occasion, sur la secrétaire administrative obtenue par les différents projets. L'objectif de consolidation du secrétariat et des moyens de financement est donc loin d'être atteint. Voilà donc ce qui en est des quatre priorités de travail fixées pour l'année 1987-1988 et des suites qui y ont été données.

2. Priorités du 22 juin 1988

Par ailleurs, à son assemblée générale du 22 juin 1988, les membres établissaient quatre autres priorités de travail pour les prochains mois de travail du Regroupement.

2,1 Il s'agissait en premier lieu d'axer les activités du Regroupement dans le domaine de l'entreprise. Ce soir, le forum organisé Famille et travail est une réponse concrète à ce premier objectif.

2,2 Le deuxième objectif était de viser à faire rattacher au Conseil exécutif, c'est-à-dire au bureau du Premier ministre, le Secrétariat à la famille. Faut bien dire ici que des efforts ont été tentés, mais que la réussite se fait attendre. Nous écrivions, en effet, à ce sujet à monsieur Bourassa le 31 mai dernier. Le 13 juillet suivant le Premier ministre nous répondait :

" Je prends note avec plaisir de votre satisfaction quant à 1'énoncé de politique que nous avons déposé au mois de décembre 1987 ainsi qu'au récent budget. À cet égard, je partage votre remarque à l'effet que mon Gouvernement a posé les premiers jalons pour 1'établissement d'une véritable politique familiale québécoise".

En ce qui concerne le Secrétariat à la famille, nous en sommes venus à la conclusion qu'il était préférable qu'il soit rattaché au ministère de la Santé et des Services sociaux, le ministre délégué étant responsable de la politique familiale du Gouvernement. Nous ne voyons cependant pas de raison de remettre en question les décisions ayant conduit, il y a plus de deux ans, à l'allégement du ministère du Conseil exécutif.

L'objectif n'est donc pas atteint et nous n'entendons pas démissionner à cet égard.

2,3 Contacter les ministères pour connaître leur état d'avancement en matière de politique familiale constituait une troisième priorité. A sa réunion du 23 août dernier, le Conseil d'administration a adopté le texte d'une lettre à notre envoyée à chacun des dix-huit ministères concernés par une politique de la famille. Les répondants de ces ministères en matière de politique familiale seront aussi contactés. Cette opération "contact des ministères" est en cours.

2,4 Travailler à obtenir un meilleur financement des organismes familiaux était à la quatrième et dernière priorité. Nous avons, dès le 31 mai dernier, adressé à ce sujet une demande de considération à monsieur Robert Dutil. Quoique au moment d'écrire ces lignes nous n'ayions pas encore reçu de réponse écrite relativement à un meilleur financement des organismes familiaux, nous savons que ce dossier est actuellement à 1'étude au Secrétariat à la famille. Ce dernier nous a convoqués dernièrement à une rencontre sur cette question qui devrait se tenir au début de novembre. Quant à nous, nous avons l'intention d'entreprendre avec votre collaboration, dès la fin du colloque de ce soir, une action majeure à ce sujet. Nous avons déjà élaboré un plan d'action qui nécessitera votre appui et très bientôt nous communiquerons avec vous pour compléter le dossier requis.

Voilà donc le sommaire des travaux réalisés à date par les différentes instances du Regroupement (Conseil d'administration et secrétariat) en regard des objectifs prioritaires que vous membres des assemblées générales du 28 octobre 1987 et du 22juin 1988 leur aviez confiés.

3. Les choses de la régie interne

Les réalisations des priorités de travail du Regroupement ont demandé la collaboration constante d'un grand nombre de personnes. Le Conseil d'administration a pour sa part tenu 11réunions, soit une à tous les mois. L'assemblée générale, elle, a été appelée à se rencontrer à quatre reprises, soient les 28 octobre 1987, 15 décembre 1987, 20 janvier 1988 et 22 juin 1988.

Nous avons établi avec l'État un dialogue constant. Une correspondance soutenue a été entretenue avec les autorités gouvernementales, notamment avec les bureaux du Premier ministre, ceux de madame Lavoie-Roux et de monsieur Robert Dutil. Des envois à tous les membres de 1'Assemblée nationale pour hâter la création du Conseil de la famille ont été faits à deux reprises. Nous avons également eu de nombreux contacts avec le Secrétariat à la famille. Rappelons la visite de monsieur Aubert Ouellet à l'assemblée générale du 20 janvier dernier. Nous avons notamment participé à la Commission permanente des affaires sociales qui a siégé sur le projet da loi 94 (loi du Conseil de la famille) sanctionné le 2 juin 1988. Nous avons également participé au colloque sur la politique familiale québécoise et française organisé à l'Assemblée nationale le 29 août dernier, et nous participions dernièrement au colloque sur la dénatalité organisé par la conférence régionale des CLSC de la région de Sherbrooke.

Quant à nos contacts avec les organismes membres, nous avons tenté encore cette année de nous rendre présents, lorsque c'étai possible, aux invitations qui nous étaient faites de participer à des assemblées générales ou à des colloques tenus ici et 1à. Je tiens ici à remercier tous les membres qui ont bien voulu accepter de représenter le Regroupement à l'une ou l'autre des assises organisées par les organismes membres. 11 serait onéreux d'énumérer ici toutes les participations, mais sachez combien nous apprécions vos invitations. Elles nous permettent de mieux nous connaître, de mieux nous comprendre et enfin de mieux collaborer aux destinées communes.

Nous avons aussi collaboré aux travaux d'organismes ou à certaines de leurs activités. Ainsi, nous avons délégué des représentants au Comité québécois de la Semaine de la famille et nous serons des participants actifs au prochain congrès de Service à la famille Canada. Enfin nous avons fait parvenir à la Commission des institutions, qui siégent actuellement sur les droits économiques des conjoints, un document rappelant 1'énoncé du gouvernement du Québec de décembre 1987 concernant la politique familiale et l'obligation pour la Commission de produire des travaux concordants avec cet énoncé gouvernemental sur la politique familiale.

4. L'orientation de travail 1988-1989

Le Conseil d'administration propose comme orientation majeure de travail du Regroupement pour l'année 1988-1989 de viser à donner à ses membres des services d'information, d'éducation et de formation. Pour bien saisir ce que le Regroupement entend donner comme services à ses membres, il y a 1ieu de rappeler que le Regroupement fonctionne, si l'on peut dire, à deux niveaux.

D'abord au niveau du consensus qu'établit son Assemblée générale et qui porte surtout sur l'horizontalité de la politique familiale.

Ensuite au niveau de la recherche et de l'animation pour le service des membres de groupes non-membres et de la population en général. Toute une démarche profonde et étendue d'information, d'éducation et de formation a la réalité familiale en perspective.

Cette recherche et cette animation s'effectuent surtout aux niveaux sectoriels où nous cherchons théoriquement et pratiquement à définir ce que c'est "penser famille".

Ces tâches se situent principalement au niveau du Carrefour des affaires familiales.

La mise en oeuvre de ces tâches se fait par les moyens suivants :

1. la poursuite, la création et l'animation deSatellites" portant sur tous les aspects de la vie familiale. Ces satellites se cristallisent autour de l'appellation et des champs d'action de chacun des ministères du gouvernement du Québec ;

des tables de travail, des soirées d'animation, la constitution d'une documentation en sont les principales activités ;

2. 1'établissement pour l'usage des membres d'un périodique mensuel sur les activités des membres, les réalités familiales en cours (un dossier de presse pourrait s'y joindre) des nouvelles des satellites et de la banque de données :

3. le développement de notre banque de données actuelle qui comprend :

a) des données factuelles sur les membres du gouvernements : ministères, ministres, députés, répondants ministériels à la politique familiale ;

b) des données sur des organismes familiaux ou à intérêt familial ;

c) un inventaire et des résumés sur les législations "familiales" existantes au Québec ;

trois secteurs de cette partie de la banque sont à développer : le municipal, le fédéral, l'international ;

4. la mise en place d'un centre de documentation "support papier"

5. la mise en place d'un centre de documentation et de recherche "support électronique", par l'abonnement au service iNet 2000 ;

6. l'élaboration d'un système de communication électronique par l'entremise de iNet 2000 et Envoy 100.

Voilà quelques-unes des composantes des activités assignées au Carrefour des affaires familiales. Le Conseil d'administration doit bientôt étudier le mode d'utilisation par l'externe de la banque de données, en établir la politique et en déterminer les coûts.

Toute cette entreprise n'aurait pas vu le jour sans la participation dévouée de nos collaboratrices et collaborateurs des divers projets de développement pue nous avons administrés. Ces projets au nombre de trois ont totalisé dix personnes, soit cinq personnes/année, et engagé des montants de 73,097$.

Je termine ce rapport d'activités 1987-1988 par des remerciement d'usage que je voudrais toutefois rendre les plus personnels possibles.

Denise Casimir Vice-présidente